mardi 12 novembre 2013

"INTERVIEW DU DR JEAN-JACQUES CHARBONNIER"




Dr Jean-Jacques Charbonier

Médecin anesthésiste-réanimateur à Toulouse, il collabore depuis 2006 à La Revue de l’Au-delà où il présente chaque mois sa Chronique.

Conférencier, il est l’infatigable animateur de nombreuses réunions au sein d’associations et participe à des colloques et rencontres en France et en Europe.

ll est l’auteur de plusieurs ouvrages :
Coma dépassé - éd. CL
Derrière la lumière - éd. CLC
Éternelle Jeunesse - éd. CLC
L’après-vie existe - éd. CLC
La mort décodée - éd. Exergue
La médecine face à l'Au-delà - Guy Trédaniel Éditeur

Site internet de Jean-Jacques Charbonier : www.charbonier.fr

Le nouveau livre du Dr Jean-Jacques Charbonier:


"Les 7 bonnes raisons de croire à l'Au-delà"
aux éditions Guy Trédaniel.

La Revue : Beaucoup de gens commencent à vous connaître, mais ne savent pas que vous êtes un miraculé. Voulez-vous nous parler de cet accident qui est survenu quand vous étiez enfant ?

Dr Jean-Jacques Charbonier : J’avais 9 ans, quand un jour de printemps en jouant au ballon dans la cour de l’école, je suis tombé lourdement sur le côté droit. Cette chute brutale me provoqua une intense douleur au niveau de l’épaule. Elle était due à une fracture polyfragmentaire de la tête humérale. Je fus plâtré du cou jusqu’au pubis et restais ainsi tout l’été.

Quand, après plusieurs mois, on m’enleva enfin le plâtre, il fallut commencer la rééducation qui se révéla fort pénible et sans effet puisque je n’arrivais même pas à soulever mon coude. Mes parents se gardaient bien de me dire la vérité, mais ils savaient que je risquais en fait de rester invalide à vie, sauf à recevoir une prothèse à l’âge adulte.

Un jour de décembre, je surpris d’ailleurs leur conversation. Ma mère très angoissée, et que mon père s’efforçait de rassurer, s’interrogeait sur le difficile avenir que j’aurais compte tenu de cet handicap…

 
Pourquoi avez-vous demandé à aller à Lourdes ?

À vrai dire je n’en savais rien, sauf que je voulais y aller. C’était un sentiment très fort au plus profond de mon être. Mes parents et moi sommes partis en voiture avec ma grand-mère qui très pratiquante récita des chapelets durant tout le voyage.


Que s’est-il passé à Lourdes ? Dans quel état d’esprit étiez-vous ?

Nous avons avancé avec la procession et j’ai déjà ressenti une émotion très intense. C’est assez difficile à expliquer : on est porté par un élan de foi. Il y a une véritable communion…                                               

Lorsque nous sommes arrivés à la grotte, et que j’ai eu ce contact avec la roche froide usée par les lèvres des gens qui viennent déposer leur amour, mon émotion a été de nouveau très grande et j’ai prié de toutes mes forces. Je n’ai pas sollicité de guérir de mon épaule à laquelle je ne pensais pas, mais j’ai demandé des grâces pour tous ces malades qui m’entouraient. C’était comme un élan d’amour tourné vers les autres.


Et au retour ?

Je ne pensais pas être guéri, souffrant toujours de mon épaule. Et pourtant j’étais heureux d’avoir fait ce voyage à Lourdes qui m’avait apporté la sérénité.

Nous étions presque arrivés chez moi lorsque j’ai ressenti une chaleur irradier dans mon épaule avec en même temps l’impression d’une pression, comme une main qui l’aurait enserrée. J’ai compris dès cet instant que j’allais guérir. De fait, le lendemain matin, en me réveillant, j’ai constaté que mon épaule était redevenue normale, comme si je n’avais rien eu avant.

Ma mère a été très émue quand je lui ai appris la bonne nouvelle. Un rendez-vous a été pris aussitôt avec le chirurgien qui, après une radio, a exprimé sa stupéfaction et en même temps son incompréhension du phénomène puisqu’il déclara que l’on aurait pu croire que l’épaule n’avait jamais été cassée !


Votre vie en a-t-elle changée par la suite ?

Cette guérison m’a marqué pour toute ma vie et j’ai gardé depuis une grande dévotion pour Marie. Je m’adresse à elle spontanément dans mes prières, d’une façon très directe. Et elle me donne les grâces que je sollicite pour ceux que j’estime avoir besoin d’une aide.

Je l’ai priée avant le décès de mon père survenu l’été dernier. Il était cardiaque et arrivé au dernier stade de l’évolution de sa maladie, ses artères se bouchant, malgré tous les soins qui lui avaient été prodigués. Comme c’était quelqu’un de très actif qui avait encore des projets, il aurait souffert beaucoup de rester immobilisé. Mais il commençait déjà à s’affaiblir et son chirurgien m’avait confié que ses jours étaient comptés à bref délai. Nous avions envisagé de le prendre à la maison pour mieux l’entourer dans ses derniers moments.

J’ai donc demandé à Marie qu’il ne souffre pas, qu’il ne vive pas une déchéance physique et que la famille soit réunie. Marie m’a exaucé en quelque sorte, même si je ne voyais pas les choses tout à fait comme ça, puisque, une semaine après, mon père est mort dans son sommeil ; notre famille a retrouvé son unité pour ses funérailles, unité qui perdure.


Vous aviez beaucoup d’affinités avec votre père !

Mon père était très attaché à tout ce que je faisais, sans doute parce qu’il avait vécu des choses étonnantes. Il avait eu ainsi la vision de sa tante, deux jours après sa mort, dans le couloir de sa maison. Il avait vu également sa maman, qui était décédée depuis de nombreuses années, quelques mois plus tard, et toujours dans le couloir.

Il nous avait confié, un jour, qu’il était sûr que la vie ne s’arrêtait pas avec la mort. Et il avait ajouté que lorsque son heure serait venue, il nous donnerait un signe avec la pendule, une pendule franc-comtoise qui était dans le salon de sa maison. Lorsque mon père est parti durant sa sieste, le quatre juillet dernier, la pendule s’est effectivement arrêtée à 15 h 20. Ma mère s’en étant rendu compte, un peu plus tard, a voulu aller le réveiller et lui dire que la pendule s’était arrêtée… Il venait de décéder.                                         

Nous avons eu depuis un autre signe très émouvant. Il avait une Vierge en ivoire qu’il avait ramenée d’Afrique où il avait travaillé. Il savait, bien sûr que j’étais attaché à Marie et il m’a légué cette statuette que j’ai placée sur ma table de nuit. Courant août, en pleine nuit, la lumière s’est allumée trois fois, et le cadran de mon portable s’est allumé aussi éclairant la Vierge !…

Un autre soir, alors que nous étions couchés dans notre appartement, ma femme me dit à propos d’un ventilateur de plafond qui était en panne que mon père lui avait donné une adresse d’électricien pour le faire réparer, mais que malheureusement elle ne se rappelait plus où elle l’avait mise. À ce moment-là la lumière de la chambre s’allume trois fois encore et je vois dans ma tête six chiffres lumineux qui s’alignent, comme sur un écran de gare, correspondant à un numéro de téléphone. Le papier avec l’adresse ayant été finalement retrouvé, il s’est avéré que les 6 des chiffres que j’avais vus correspondaient dans l’ordre à ceux du numéro recherché !


La prière, c’est important pour vous, aujourd’hui ?

Bien sûr. Je prie la Force divine, Marie. Je prie, certes à ma façon, sans me référer à la religion. Je prie notamment quand j’ai quelque chose à demander. Quand j’ai peur, cela m’arrive, je demande à Marie de me donner la force de faire face.

Quand je suis chez moi à la campagne, je me rends dans la montagne voisine, toute proche de Montségur et là, à un endroit précis, j’ai l’impression de me recharger. Je fais le vide complet, et je reste quelques minutes à contempler le château. C’est une sorte de méditation qui me recharge complètement en énergie, quelle que soit ma fatigue.

C’est sans doute un endroit tellurique qui dégage une énergie puissante, où l’on se sent très bien, mais aussi pour certains très mal, comme j’ai pu le constater avec un ami.


Changeons de sujet. Dans le domaine des NDE, après l’effervescence médiatique de cet été, les choses évoluent-elles, et notamment sur le plan de la recherche ?

Il y a eu tout un tintamarre avec un neurochirurgien, Olaf Blanke, qui a donné un commentaire à l’Agence France-Presse. Il prétendait expliquer la sortie du corps de la NDE par l’excitation du gyrus angulaire. Dans ce cas-là, a-t-il dit, les personnes voient leur corps dessus, dessous ou sur le côté. C’est donc, d’après lui une hallucination. On situe son corps dans l’espace comme chacun peut le faire en fermant les yeux. Ce qui porte le nom en médecine de propiosection et l’image de son corps se projette par la stimulation du gyrrus angulaire.

Cela n’a rien à voir avec les phénomènes qui se déroulent lors d’une NDE. Non seulement, les expérienceurs peuvent donner leur position dans l’espace, mais ils conservent toutes leurs capacités cognitives et sensorielles. Ils peuvent ainsi donner des détails que leur état comateux devrait les empêcher d’ailleurs de connaître, comme a pu le faire Jean Morzelle avec la plaque qu’il a lue sous la table d’opération sur laquelle il était installé. Enfin, il est bien connu, que les experienceurs parlent aussi de ce qu’ils ont pu voir ou entendre dans d’autres endroits, d’autres pièces que celle où leur corps était étendu.

Finalement, en essayant de prouver que par l’excitation du gyrus angulaire on pouvait expliquer la NDE, il a prouvé le contraire. Car, justement, il ne s’agit que de la sortie du corps et non de tous les phénomènes vécus par l’experienceur infiniment plus complexes. Par ailleurs, faut-il rappeler que l’on constate des sorties du corps dans des comas profonds où l’activité cérébrale est quasi nulle…

C’est à se demander comment un membre éminent du corps chirurgical a pu se livrer à de telles conclusions, alors qu’apparemment il montre une méconnaissance assez troublante du vécu des NDE.


Peut-on dire aujourd’hui que monde médical bouge depuis Martigues ?

Il bouge et même il bouge beaucoup. Je le constate à travers mes conférences auxquelles assistent de plus Les intervenants de Martigues en plus de médecins et également d’infirmières. Les gens commencent à admettre que l’on ne comprend rien aux phénomènes. Et cela est déjà un grand pas, même si la majorité du monde médical reste fermé. En tout cas, ceux qui bougent s’interrogent énormément. Et cela m’encourage à continuer !


Votre site reçoit-il beaucoup de visites ?

Disons que je n’en suis pas mécontent. Nous devons aujourd’hui tourner à un peu plus de 5 000 visiteurs ! C’est beaucoup moins que celui de Sonia Barkallah qui connaît un grand succès.

Indéniablement Martigues a marqué les esprits. D’ailleurs, maintenant, dans mon historique sur les NDE, j’introduis la réunion de Martigues qui reste absolument exceptionnelle. La preuve en est que récemment, aux Etats-Unis, à Huston, une réunion du même type a été organisée par Iands-Usa avec un succès mitigé, puisqu’elle n’a attiré que 400 personnes !

On comprend dans ces conditions que Raymond Moody veuille sortir son prochain ouvrage en France, ainsi qu’il a été annoncé à Martigues !


En mars, vous serez à l’association de Sète. Vous êtes de plus en plus souvent invité dans les associations ? Quel ressenti en retirez-vous, notamment par rapport à l’intérêt du public ?

Je ne me leurre pas, les gens ne viennent pas pour mon personnage. En revanche le fait que je sois un médecin anesthésiste-réanimateur n’est sans doute pas anodin, car ils le situent à la croisée des chemins entre le spirituel, le philosophique et le scientifique.


Vous avez aussi plusieurs projets à l’étranger : au Canada et en Italie, je crois, dans l’immédiat !

Je suis invité par Iands-Québec qui veut organiser en octobre prochain une réunion qui serait en quelque sorte similaire à celle de Martigues et où je donnerai une conférence. L’invitation m’a été transmise par le Le conférencierchercheur en neuro-sciences Beauregard qui étudie les effets de la prière sur le cerveau, notamment chez les carmélites.

Les scientifiques et les médecins veulent toujours trouver une explication à tout et ils continuent de vouloir trouver une explication matérielle au spirituel. Je ne suis pas certain qu’en l’occurrence cela soit très porteur. Le cerveau se modifie pendant la prière, c’est certain. Mais cela est-il fondamental ? je n’en suis pas convaincu. La réponse est peut-être bien ailleurs… Mais, de toute façon, le débat ne peut que nous faire avancer !


Et en ce qui concerne l’Italie ?

C’est tout à fait récent. Il s’agit d’une invitation qui m’a été transmise par le Père Brune à un colloque international auquel participeront des scientifiques du 13 au 15  avril prochain à Rémini.


Vous étiez très proche de votre oncle Gaston qui vous a donné de nombreux signes. Est-ce toujours le cas ?

À priori, avec lui cela paraît terminé. À moins qu’il ne se manifeste encore à travers les chats auxquels il était très attaché et qui viennent spontanément à moi. Mais j’avoue ne pas savoir comme lui décrypter leur comportement et ce qu’ils peuvent nous transmettre. Quand il est mort, il était d’ailleurs entouré de chats !


En mai dernier, vous aviez deux projets d’écriture en cours. Compte tenu de vos nombreuses occupations, avez-vous pu les faire avancer ? Il s’agissait d’abord d’un projet visant à faire le rapport entre les NDE et la physique quantique?                                                                                           

Pour l’instant, j’en suis encore au stade des notes. Il me faudrait maintenant les mettre en ordre.


Et puis, vous parliez d’un nouveau roman initiatique : Médiomania !

Ce livre est déjà bien avancé. Il s’agit d’un roman de type initiatique où je parle notamment de médiums, de la prière. Mon but n’est pas de faire un livre trop ciblé, car on finit par intéresser toujours les mêmes lecteurs. Je voudrais toucher à travers ce roman un public plus large, moins averti et le sensibiliser à ce qu’il ne connaît pas, comme par exemple l’écriture automatique.

Dans L’après-vie existe, mon dernier livre, c’était le contraire. Il s’adressait à des gens plutôt en recherche, un public bien défini. Nous en avons vendu quand même une dizaine de milliers d’exemplaires.


S’il vous fallait faire un bilan de l’année écoulé en ce qui vous concerne que diriez-vous ?


J’aurais d’abord une pensée pour mon papa qui est parti l’été dernier. C’est à la fois merveilleux, puisqu’il s’est manifesté, et triste… Mais si on dit triste cela se réfère aussi à une forme d’égoïsme. L’essentiel n’est-il pas que lui soit heureux, aujourd’hui, là où il a trouvé sa place ?

Cette année 2006, aura été aussi marquée par ces conférences que j’ai commencé à faire dans les associations. J’ai l’impression depuis ma première rencontre avec Sonia Barkallah, puis avec la Revue, que tout s’est enchaîné rapidement.
 
Les gens souvent me disent que je suis courageux. Je ne le ressens pas comme ça. En fait, je n’ai pas l’impression d’avoir le choix de faire autrement, d’avoir tout mon libre-arbitre. Je me sens, pour tout dire, comme porté par ce que je fais…

Mes amis se demandent parfois comment j’arrive à faire face à toutes mes activités, celles qui sont médicales et toutes les autres (livres, conférences, contacts avec la presse, etc.). Mais, si je suis fatigué, je vais à Montségur me ressourcer, comme je l’ai dit tout à l’heure, et je me sens en forme à nouveau. De plus, je dois dire que tous ces contacts avec les personnes que je rencontre dans toute la France sont aussi très enrichissants pour moi. J’espère qu’il en sera longtemps ainsi.

 
http://www.larevuedelaudela.com/nos-collaborateurs/dr-jean-jacques-charbonier.htm

Voir la vidéo:



'LA SCIENCE FACE AUX EXPERIENCES DE MORT EMINENTES"

Une réalité pour des millions de personnes dans le monde, une simple hallucination pour d'autres. Quelqu'un dont le cœur s’est arrêté de battre et dont le cerveau ne produit plus d'activité peut-il vivre l’expérience d’une autre réalité et s’en souvenir ? Que dit la science sur les expériences de mort imminente ?
Alors qu’elles ont été déclarées cliniquement mortes lors d’une opération, des milliers de personnes relatent être sorties de leur corps et avoir vu et entendu tout ce qu’il se passait : les propos échangés entre médecins et infirmières, la musique écoutée durant l’opération, etc… Des détails visuels et des propos souvent vérifiés et confirmés une fois la personne revenue à la vie par l’équipe médicale… déstabilisée par une réalité difficilement explicable suggérant l’hypothèse d’une conscience délocalisée.

En 1969, le Dr Pim van Lommel, considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs spécialistes des expériences de mort imminente au monde, alors jeune cardiologue, arrive à « ressusciter » un patient victime d’un arrêt cardiaque. A l’époque, c’est extrêmement rare. Avant l’apparition des techniques de réanimation cardio-pulmonaire, les victimes d’arrêt cardiaque mouraient. L’équipe est donc très satisfaite de cette réussite. Le patient, lui, est au contraire « déçu »... Il raconte alors ce qu’il vient de vivre : le tunnel, la lumière, les paysages magnifiques… Ce témoignage constitue une véritable surprise pour le jeune médecin. Il n’a encore jamais entendu parler des EMI : « J’avais toujours appris dans mes études médicales que la conscience était le produit de nos fonctions physiques », précise-t-il lors d’une conférence organisée par l’INREES. Plusieurs années passent et dans les années 80, le Dr Pim van Lommel découvre le livre Retour de l’au-delà de George Ritchie, médecin, racontant son expérience de mort imminente lors d’un arrêt cardiaque et d’un arrêt du cerveau ayant duré six minutes. C’est le déclic. Nous sommes en 1986 et le Dr Van Lommel décide de s’intéresser au sujet. Il demande à ses patients ayant survécu à un arrêt cardiaque s’ils ont eu une EMI. En deux ans, douze sur une cinquantaine lui affirment que c’est bien le cas. « Selon la science de l’époque, c’était impossible. Il y a une théorie consensuelle qui postule que la conscience est un produit du cerveau. Dès lors, quand le cerveau ne fonctionne pas, il ne peut pas y avoir de conscience. » analyse le cardiologue. Or, les personnes rapportant leur EMI montrent au contraire qu’elles ont un état de conscience alors que leur cœur s’est arrêté de battre et que leur cerveau ne fonctionne plus.


Une étude scientifique et des questions

Pour le cardiologue, cela devient une curiosité scientifique. En 1988, il décide de mener une étude prospective sur 344 survivants d’arrêt cardiaque dans dix hôpitaux hollandais. Ces patients sont interrogés cinq, puis huit ans après l’incident. 18% d’entre eux rapportent avoir vécu une EMI. En 2001, les résultats de cette étude sont publiés dans la célèbre revue médicale The Lancet et font l’effet d’une bombe : « Cette étude a démontré qu’une conscience lucide, avec des souvenirs et des perceptions, est possible pendant une période d’inconscience, donc indépendamment du cerveau et de l’organisme, explique le Dr Pim van Lommel. Cette conclusion s’est imposée à partir de preuves incontestables que l’EMI se produit bien pendant la période de mort clinique, et non juste avant ou juste après un arrêt cardiaque. Il s’agit d’une expérience authentique, qui ne peut être attribuée ni à l’imagination du patient, ni à sa peur de la mort, ni à une hallucination, une psychose, des médicaments, ou tout autre cause physiologique ». Ces résultats interpellent non seulement sur la survie de la conscience après la mort du cerveau mais aussi sur sa localisation : « Les patients qui m’ont raconté avoir fait une EMI pendant un arrêt cardiaque avaient perçu clairement leur environnement et le récit qu’ils en faisaient pouvait être clairement vérifié. Si l’hypothèse selon laquelle la conscience et les souvenirs sont localisés dans le cerveau était exacte, il ne pourrait y avoir aucun signe de conscience au moment où le cerveau ne manifeste plus d’activité. Cette découverte nous contraint à reconsidérer la relation entre cerveau et conscience. Car comment pourrait-on jouir d’une conscience exceptionnellement lucide pendant une période d’interruption de toutes les fonctions mesurables du cerveau ? » s’interroge le cardiologue.


Le cerveau émetteur-récepteur de la conscience

En prouvant que les EMI se produisent dans les moments d’inconscience, précisément quand le cerveau ne peut plus fonctionner, les résultats de cette étude prospective remettent en cause l’hypothèse, jamais démontrée, selon laquelle la conscience est produite par le fonctionnement du cerveau. « Quand on parle du cerveau et de la conscience, selon mon opinion, le cerveau ne produit pas la conscience. Le cerveau est un facilitateur, il rend possible le fait de faire l’expérience de la conscience. Le cerveau, mais également le corps, sont des émetteurs-transmetteurs. Comparez cela avec un ordinateur. Vous pouvez recevoir plus de 1 milliard de sites web, mais ces derniers ne sont pas produits par votre ordinateur. Pour recevoir la conscience, nous avons besoin de notre corps. Votre cerveau est l’instrument, mais ce n’est pas lui qui produit la conscience. Il ne fait que la transmettre. La conscience n’est pas localisée dans le cerveau, elle a un aspect non-local, c’est-à-dire en dehors de l’espace et du temps. » explique le spécialiste des EMI.


La frontière de la mort sans cesse repoussée

Cette hypothèse pourrait expliquer pourquoi les personnes ayant vécu une expérience de mort imminente rapportent par exemple des souvenirs du passé retrouvés lors du panorama de vie, ou la vision d’évènements futurs. Mais pas seulement. « Ce modèle de cerveau émetteur-récepteur de conscience permettrait d’expliquer à la fois la médiumnité, c’est-à-dire la réception d’informations qui viendraient d’une autre dimension mais aussi des phénomènes télépathiques. » observe le Dr Jean-Jacques Charbonier, médecin et anesthésiste. Au sujet des EMI, il préfère employer l’expression d’expérience de mort provisoire (EMP) : « Les personnes sont véritablement mortes durant le laps de temps où le cœur s’est arrêté de battre et où leur cerveau n’était plus en activité. On a en effet pu démontrer que dans les quinze secondes qui suivent le dernier battement cardiaque, il n’y a plus aucune activité électrique décelable au niveau du cortex cérébral. On peut donc dire que toutes les personnes qui ont vécu un arrêt cardiaque et sont revenues ont bien vécu un état de mort clinique. ». En soins intensifs de réanimation, pour diagnostiquer un arrêt cardiaque, il y a une période incompressible d’au moins une minute avant que l’infirmière ne se rende auprès de la personne et lui fasse les premiers massages cardiaques. Les personnes ayant vécu une « expérience de mort provisoire » parlent d’une frontière qu’elles n’ont pas pu franchir, explique le Dr Charbonier, qui a suivi les progrès en matière de réanimation permettant d’aller rechercher les personnes de plus en plus loin dans le processus de la mort. « Peut-être qu'un jour le point de non retour actuel évoluera en fonction de nos capacités de réanimation, et qu'il sera alors possible de franchir cette frontière. Des gens nous diront peut-être "Je suis quand-même passé au-delà de la frontière, derrière la lumière" ». Ce jour là, nous serons peut-être en mesure d’en savoir plus sur l’existence éventuelle d’une vie après la vie.

Depuis peu, nous savons qu’un EEG devient plat dans les quinze secondes qui suivent un arrêt cardiaque. Etant donné que dans les meilleures conditions de surveillance, comme c’est le cas en soins intensifs, il existe une période incompressible d’au moins une minute pour porter les premiers secours, on peut considérer que toutes les victimes réanimées après un arrêt cardiaque ont bien connu une mort clinique. Et c’est sans compter les personnes isolées à la campagne dont les cœurs sont repartis au bout de plusieurs dizaines de minutes après l’intervention du SAMU le plus proche !

Nos études ont montré qu’environ 18% des sujets réanimés d’un arrêt cardiaque racontaient la fameuse expérience décrite au début (de ce chapitre). Les termes de near death experience (NDE) employé par les Anglo-Saxons depuis les années soixante dix, d’expérience imminente (EMI) ou encore d’expérience aux frontières de la mort (EFM) sont par conséquent aujourd’hui complètement dépassés. Il est désormais plus juste de parler d’expérience de mort provisoire (EMP). La mort clinique est en effet déjà là quand les patients sont réanimés puisque l’activité cérébrale est nulle dès le moment du premier massage cardiaque. Le propriétaire d’un cœur arrêté n’est pas « proche de la mort » ni « aux frontières de la mort » ou en « état de mort imminente » ; il est déjà mort et souvent depuis de nombreuses minutes !


http://www.inrees.com/articles/La-science-face-aux-experiences-de-mort-imminente/

« D’après la pensée scientifique occidentale, tout ce qui n’est pas scientifiquement prouvé n’est pas réel », observe le Dr Jean-Jacques Charbonier. Il aime rappeler la citation de Schopenhauer : « Toute grande idée est d’abord ridiculisée, puis violemment combattue, avant d’être acceptée comme étant une vérité. » Pour avoir interrogé des centaines de personnes ayant vécu cette expérience, il assure que la totalité d’entre elles savent qu’il existe quelque chose après la mort et n’ont pas besoin de preuve scientifique. « Aucune n’a jamais émis de doute là-dessus. Vivre l’expérience est bien plus fort qu’une démonstration scientifique. » 

"LES MEDECINS FACE A L'AU-DELA"

Découvrez la Conférence du médecin anesthésiste Jean-Jacques Charbonier

Comment les médecins gèrent-ils la mort ? Que représente-t-elle pour ceux-là même qui la combattent avec la plus grande vigueur ? Chaque année 525 000 personnes meurent en moyenne en France. Une soixantaine toutes les heures. Une toutes les minutes.

Comment le monde médical est-il formé pour y faire face ? L’est-il seulement ? Et puis alors, comment les médecins perçoivent-ils les phénomènes inexpliqués auxquels ils sont nombreux à être quotidiennement confrontés : expériences de mort imminente, expérience de « visions » au seuil de la mort, phénomènes de conscience accrue en fin de vie ? Eléments de réponse avec le Dr Jean-Jacques Charbonier, médecin anesthésiste réanimateur.








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