mardi 25 février 2014

"KUNDALINI ET EVOLUTION" 1

 KUNDALINI; LE RECIT DE JEAN-MICHEL JUTGE

Je vous propose ici, avec l'accord de Jean-Michel Jutge, le récit de son expérience d'éveil de la kundalini, processus complexe qui ne peut, à mon sens être décrit que par une personne l'ayant elle-même expérimenté

Ces textes vont inévitablement susciter des questionnements: aussi, Jean-Michel se tient prêt à y répondre.N'hésitez donc pas à poser vos questions dans les commentaires du texte..






Kundalini et évolution
Par Jean-Michel Jutge
(Copyright 1999  - 2014)



 Je vous propose d’aborder par une série d’articles différents aspects du développement de cette force que l’on appelle la kundalini, et ses liens avec le yoga et la spiritualité en générale.

L’éveil de la kundalini est un aspect très précis du développement de l’énergie, quelle qu’elle soit. Celle-ci emprunte dans ce développement et dans un mouvement ascendant le système des chakras et des nadis, deux termes qui sont originaires de l’Inde. Pour simplifier, disons que les chakras sont les centres qu’elle active lors de son développement, et les nadis les circuits subtils qu’elle emprunte. Les chakras et les nadis trouvent leur équivalent sur tous les plans de la nature humaine et de la création, du plus physique au plus subtil. Nous reviendrons plus tard sur cet aspect des choses pour une description plus complète de ce système.

Pour le sujet qui nous occupe on a pu lire et entendre ici et là, même émanant d’auteurs reconnus et compétents en leur domaine, toutes sortes de choses. Et beaucoup ont tendance à traduire le phénomène de la kundalini en fonction de leur expérience en propre. Comme nous le verrons il s’agit d’un phénomène vaste et complexe qui ne peut se traduire en quelques mots, furent-ils justes, ni en un type d’expérience, ou une forme d’éveil.

Car le phénomène de la kundalini n’appartient à aucune tradition ou culture, aucune époque ou religion, aucun système de pensée, science ou philosophie, mais peut tout à fait s’éveiller dans n’importe lequel de ces cadres si l’approche est adéquate. L’être humain étant terriblement encombré, spirituellement parlant, l’esprit humain et ses créations ne trouvent que très rarement la créativité et l’alignement nécessaires pour permettre un tel éveil. Toutefois, il se trouve que certains aspects du yoga, notamment du hatha yoga, peuvent jouer le rôle de catalyseur dans ce développement. Mais bien entendu, la technique seule ne suffit pas, car alors le phénomène aurait déjà été exploré et conquis par tous ceux ayant quelque peu approfondi ces techniques. Il n’y a donc pas de recette pour celui qui veut faire ce travail, et l’on peut alors se demander quel peut être le véritable élément déclencheur.

Mon but n’est pas ici de vous permettre d’éveiller cette force mais plutôt de faire comprendre ce qu’elle est ou n’est pas et les liens qui pourraient la rattacher ou non au yoga car c’est souvent à travers cette approche qu’on en entend parler. Car si le yoga et le processus de la kundalini peuvent être quelque part rattachés, la kundalini en tant que force de vie et d’évolution transcende en elle-même toutes les techniques ou systèmes tentant de l’approcher. Elle appartient à l’humain et l’humanité et non à une quelconque tradition ou mode de pensée. Toutefois, faisons la part des choses. Nous parlons ici d’une certaine forme de la kundalini. Comme je l’expliquerai dans d’autres articles, en tant que processus d’énergie, ces formes sont multiples ; mais parmi toutes ces formes certaines appartiennent à l’humain en tant qu’espèce et permettent de le placer en contact avec sa propre Divinité ou essence primordiale indépendamment de toute influence ou orientation n’appartenant pas à l’être humain. Ainsi, les aspects passant par exemple par les divinités aztèques, hindouistes, tantriques, de l’antique Egypte ou d’autres puissances occultes, n’appartiennent pas à l’humain mais à d’autres mondes et, si leurs kundalinis en propres nous relient à la conscience de ces entités en nous faisant vivre de profondes expériences, de grandes béatitudes ou en nous offrant de grands pouvoirs, elles ne permettent pas de toucher l’essence Divine propre à l’homme se trouvant au-delà de ces plans, qualitativement parlant. Il n’y a donc pas d’amalgame à faire entre les différents types d’expériences rattachés aux différents types de kundalini. Pour celui n’ayant développé qu’un seul processus, voire aucun, tout ceci peut paraître bien compliqué et l’on peut se demander la nécessité de souligner ce fait. Tous ceux parlant de la kundalini ne parleraient donc pas de la même chose ? Ceci nous amène une autre question, la kundalini pourquoi et pourquoi faire ? Pour répondre à cette question, il faut replacer l’homme dans son contexte universel et voir les raisons même de la création.

Examinons tout d’abord la structure même de développement de l’univers. On peut, bien entendu ne pas partager les points de vue de l’auteur. Toutefois, je tiens à préciser que cette vision des choses procède d’une profonde perception du réel et non de quelconques spéculations.

Au départ, il n’y a que le Créateur, cette extraordinaire force d’intelligence, d’énergie, de puissance créatrice que nul être humain ne pourra jamais appréhender dans toute sa plénitude. Cette force divine est Dieu, Allah, Paramatman, peu importe le nom qui lui est donné, et elle ne peut être représentée. Mais dire « au départ » est impropre, car cette puissance se situe hors du temps et de l’espace. Ses qualités sont liberté, individualité, créativité, amour et expression, et forment une unité, l’homme étant la seule créature dans les différents mondes partageant ainsi ces qualités avec le Créateur Lui-Même. Cette puissance n’est pas statique, elle est profondément évolutive, et l’évolution est une caractéristique même de la créativité et de l’amour. Hors de Dieu, il n’y a rien, et c’est précisément à partir de ce rien qu’est né notre univers. Comment expliquer cela ? Prenons l’exemple de la tasse : c’est le vide de la tasse qui lui donne toute sa fonctionnalité. Sans ce vide, nous ne pourrions y mettre de liquides et l’utiliser pour boire, mais ce vide n’est pas la tasse, il n’a pas d’existence propre, seule la tasse existe, pourtant toute la tasse s‘est organisé autour de son absence, de ce vide, pour devenir un objet fonctionnel avec son individualité propre. Quelque chose de nouveau est née de cette rencontre entre quelque chose qui existe, la tasse, et quelque chose qui n’existe pas, le vide. Le Créateur a fait de même en organisant le rien, le néant, il a construit l’univers sur sa propre inexistence et ceci a donné le temps, l’espace, la matière, les mondes intermédiaires etc... Ainsi, dans cette création, il y a ce qui vient de Dieu, ce qui est réel, qui a une existence concrète, et ce qui vient du vide, du chaos autour duquel le Créateur s’est organisé. Nous voyons donc que ce chaos fait partie de la nature même de la création, et cette création n’est pas achevée, le chaos continu d’être organisé de manière toujours plus parfaite, ce qui constitue l’évolution. Mais chaque fois que nous donnons une réalité à ce chaos, nous nous illusionnons, nous donnons une existence à quelque chose qui n’en a pas. C’est ainsi que par exemple, nous opposons le jour et la nuit, alors que seul le jour a une existence concrète, le noir n’étant que l’absence et le retrait de la lumière. Le noir n’a pas d’existence propre et la conscience ne lui en donne une que par comparaison avec la lumière. Mais si nous considérons le noir comme un phénomène propre, nous nous illusionnons. Seule la lumière vient de Dieu. De la même manière, nous opposons l’homme et la femme, le chaud et le froid, le moi et le reste etc. Chaque fois que l’homme donne une réalité concrète à ce qui n’est que l’absence du réel, il devient arbitraire et rentre dans le mensonge. Toute la création est donc tendue vers un schéma d’évolution où l’influence de Dieu est réelle, certes, mais où le pouvoir divin est encore insuffisant, du fait de l’existence d’une grande part de chaos d’où il reste absent. Si Dieu était totalement présent sur cette terre et dans le cœur des hommes cela se verrait. La réalisation divine n’est donc pas quelque chose de déjà accompli qu’il faille atteindre mais quelque chose à construire. Sinon cela nous opposerait fatalement à ce but en nous plaçant dans son contraire, ce qui nierait le principe d’évolution lui-même. La réalisation divine est un potentiel en phase d’évolution infinie. Ainsi, l’homme a peu d’âme s’il ne fait rien pour la développer, celle-ci n’existant que potentiellement. De la même manière nous pouvons collaborer au plan créateur et permettre à celui-ci de se développer plus, parce que justement tout en étant organisé autour du chaos nous acceptons une part de Dieu ; et de ce fait, nous pouvons servir de pont entre lui et sa création. Le développement de la kundalini est la reconstruction de ce pont, et tous les aspects de l’être humain, même s’ils ne sont pas parfaits, se trouvent alors reliés les uns aux autres, de l’aspect matériel le plus grossier à l’aspect divin le plus subtil. L’essence divine dans cet éveil ne doit pas être prise pour Dieu lui-même mais pour sa composante dans l’homme. Elle en possède les mêmes qualités mais de manière infiniment plus limitée. Toutefois, ces qualités peuvent rentrer en expansion infinie, ce qui est le propre de la joie de la découverte, de la relation à l’inconnu. Cette expansion est alors mouvement d’incarnation, où le créateur, en union avec la créature pénètre alors son univers à travers un amour et un parfum de créativité unique, et propre à l’individu porteur de cette union.

Vu sous ce jour, la véritable question à se poser n’est donc pas comment est-il possible d’éveiller sa kundalini, mais plutôt suis-je prêt à transcender ma nature humaine pour permettre à la force d’évolution de l’univers, la force créatrice, de passer par moi. Suis-je prêt à accepter toutes les implications de cela quelles qu’elles puissent être sachant que l’individualité participe alors elle-même de sa propre évolution, de celle de l’univers et de l’humanité. Le simple fait de répondre par l’affirmative, et avec sincérité, à cette question implique un alignement dans la conscience du moi vers les lois divines de la créativité. La grâce peut alors s’exprimer et l’éveil de l’Etre devenir effectif, que celui-ci passe ou non par l’éveil de la kundalini. En cela consiste l’élément indispensable à toute approche, en dehors de tout dogme et religion, de système de pensée et philosophie, tel un mouvement d’auto révélation, libre de toute forme d’influence venant du monde visible ou invisible.

Enregistrer un commentaire