samedi 29 mars 2014

"DU DANGER DE LA KUNDALINI, LA FIN D'UN MYTHE, LE DEBUT DE LA VIE" 4


 Par Jean-Michel Jutge
(Copyright 1999 - 2014)


Revenons plus précisément sur les différentes formes d’expression que peut emprunter la kundalini. Nous avions présenté la kundalini non pas comme un type de force en particulier mais comme un processus que peut emprunter l’énergie. Et selon ce qu’est cette énergie les résultats peuvent être tout à fait différents. Il est tout à fait important de souligner ce fait. Car dans l’ignorance et la confusion générale, nous avons tendance à considérer la kundalini comme un mécanisme unique, devant mener forcement vers le Divin, ou ce qui lui est associé. Or, bien souvent, ce n’est pas le cas. Et les courants actuels, s’ils empruntent un langage spirituel pour présenter le processus de la kundalini, ne font qu’orienter bien trop souvent les chercheurs vers des forces intermédiaires. La plupart s’en contenteraient, car grand nombre de ces forces nourrissent avec grande facilité les besoins sensuels du vital, ou la sensation de pouvoir et de puissance sur le monde. Si ce n’est que cela a lieu au détriment de l’âme, qui s’en trouve la plupart du temps étouffée, ou détruite lorsqu’un dieu quelconque a pris totalement le pouvoir de notre esprit. Certains des courants existant s’inscrivent toutefois dans une démarche spirituelle authentique.


Quels dangers y a t il à développer la kundalini ! Sachons donc de quelle kundalini nous parlons. Elles sont de trois types :


1-    Celles manifestant les forces inférieures ou astrales, éveillant l’esprit à la magie, la sorcellerie, ou l’occultisme.

2-    Celles manifestant les divinités supérieures de la conscience, éveillant l’esprit à la puissance, laissant le pouvoir du serpent dévorer l’identité. Et que ces divinités soient tantriques, égyptiennes, aztèques ou autres ne change rien à l’affaire.

3-    Et celles manifestant les forces divines ou forces créatrices, éveillant l’âme à sa propre existence et au Créateur.


Du danger des premières est la perte de la conscience et la perte de soi dans des sphères des dimensions astrales que l’esprit ne saura gérer, pouvant entraîner dans les cas extrêmes folie et suicide. Ou bien le développement hypertrophique de l’ego, par la mise à disposition de pouvoirs servant l’individu et les entités associées de ces mêmes sphères, entraînant manipulation, mensonge, mégalomanie, déviation sexuelle etc.… Ce type de kundalini se rencontre beaucoup dans les sociétés anciennes ou animiques empreintes de rituels magiques ou autres liés aux forces de la nature vitale inférieure. Les forces qui en résultent ont dominé l’humanité bien avant l’apparition de l’âme et de la nature divine dans l’homme. Bien qu’on trouve encore à notre époque quelques grands sorciers et occultistes développant de tels pouvoirs et les maîtrisant parfaitement, j’en ai moi-même rencontré, nombre de ces forces furent neutralisées au fil des siècles par l’évolution humaine, la prise de conscience de l’âme et le passage de quelques grands prophètes et avatars divins en notre monde.


Du danger du second type est l’étouffement de l’âme, au profit du développement de l’esprit, par la prise en possession des dieux qui se nourriront de la personnalité et de l’ego pour asseoir leurs pouvoirs à travers, par exemple, un prêtre, un religieux, un dévot, un gourou, un disciple, ou tout individu qui aura choisi de s’abandonner à ces forces. Jusqu’à ce que l’individu, ayant disparu, n’incarne plus que les forces et leurs dieux, tenant le vital et la conscience par la béatitude et le pouvoir. On rencontre encore beaucoup, à l’heure actuelle de telles puissances qui prennent le visage de la spiritualité et ont su se répandre sur la planète. La facilité avec laquelle elles se développent tient du fait qu’elles n’ont pas besoin de l’accord de l’individu pour le pénétrer. Ces forces se transmettent sans difficulté, nous donnant l’impression de détenir maîtrise et pouvoir, sans nous rendre compte que nous ne sommes alors que les instruments d’un monde invisible qui a rejeté le Créateur.


Du danger des troisièmes est la déstructuration de nos cristallisations, la perte de nos croyances, la confrontation à la réalité de la vie et de soi qui, dépouillée de son illusion, oblige à avancer sans cesse vers plus de vérité, de sagesse, de liberté et d’éternité dans une confrontation permanente à ce qui constitue son antithèse, la présence des pouvoirs inférieurs. Mais il n’y a pas plus de danger à vivre cette confrontation qu’à ne pas la vivre, car nous sommes déjà mortels, maladifs, ignorants, et cette confrontation n’est que l’émergence, la percée, l’échappée hors de cette obscurité. Si la Kundalini nous déstabilise alors, c’est que nous étions déjà instables. Sans elle, cette instabilité se serait révélée autrement, au travers d’une maladie, d’une psychose, ou autre. La faute n’en incombe pas à la Kundalini mais à notre nature. Elle n’agit que comme révélatrice de notre réalité, décuplant notre nature joyeuse ou notre nature dépressive selon le cas. Mais aucune fatalité en cela.


Les deux premiers types de kundalini sont commandés par le pouvoir du serpent, à la fois symbole et réalité inhérente à toutes les forces qui constituent le monde rebelle. Vu par les yeux du Créateur le serpent est la forme que prend le voile de la réalité lorsqu’elle est dominée par ce monde rebelle, un univers dans l’univers réel, qui a su se maintenir et se développer en usurpant les forces de vies et créatrices et en les pervertissant, créant ainsi toutes les shaktis du serpent par lesquelles beaucoup se laissent séduire. Le manteau du serpent fut jeté par Dieu Lui-même sur la création rebelle afin que l’âme sache où Il est et où Il n’est pas.


L’Esprit Divin commande au troisième type de kundalini et nous ne parlerons plus dans ce qui suit que de celui-ci, les deux premiers types ne présentant guère d’intérêt spirituellement parlant.


« Il n’y a pas plus de danger à travailler la Kundalini qu’à ne pas la travailler » Affirmer cela va à contresens des idées reçues, de la superstition et de l’ignorance régnant sur le sujet. Lorsqu’on entend ce mot : « Kundalini », il résonne souvent magiquement de l’envie et de la crainte de la merveille inaccessible et effrayante, comme une sorte de mythe. Mais au-delà du mythe et de la superstition se trouve le début de la vie, la réalité d’un phénomène qui porte en lui-même l’essence de la création et de sa composante dans l’homme. A moins que l’amour et l’humanisme habitent notre vie, ne pas travailler la Kundalini à son développement, ou ne pas développer l’âme à travers une force créatrice ou divine, qu’elle soit de source Christique, Bouddhique, Supramentale ou autre, nous prive de ce qui fera la nourriture de cette âme et favorisera sa croissance. A travailler et développer la Kundalini, on prendra un grand risque, certes, qui est celui de modifier nos structures cristallisées, structures de fixation, éclatement de ce qui constitue nos attaches illusoires à une vie qui n’est le plus souvent que recherche de sécurité et de plaisance. Non pas que cela soit condamnable, mais il ne peut y avoir de sécurité et de plaisir absolu sans une part de la vie spirituelle dans notre vie temporelle, et, précisément, nous en avons peur, de peur de perdre nos attaches qui sont d’abord attaches à soi-même et nos structures, car il n’y a que là que se situe l’attachement. Alors, face au vide de l’ignorance, l’esprit se remplit de croyances et de superstitions, et certains même, interprétant le bruit qui court, lui donnent vie et l’érigent en dogme.


Physiquement, quels sont les risques à développer une Kundalini de nature divine ? Aucun, si cela est fait correctement et si certaines règles de base sont respectées qui sont des règles d’hygiène physique et morale. Notre culture occidentale nous a déjà inculqué la plupart de ces règles d’hygiène et cela fait partie de la vie de la plupart des individus, et sauf exception pour le cas de toxicomanie, un dérèglement mental ou une dépression extrême, le corps affaibli par une maladie grave, une amoralité excessive ou toute autre situation exceptionnelle, tout le monde peut développer une Kundalini de manière supportable, souvent agréable, sans que cela ait des conséquences déstabilisantes sur l’individu. Trente années d’enseignement dans ce domaine viennent confirmer ces dires. Mais que l’on ne joue pas avec le feu. Une pureté d’intention est nécessaire. Celui qui recherchera consciemment à travers cela le pouvoir, la notoriété, la compétition ou toute autre forme malvenue sera vite confronté à ses propres déformations, engendrant alors un conflit intérieur duquel l’une ou l’autre partie sortira victorieuse : la force créatrice propulsant alors l’individu vers une remise en question, ou la force de l’ego éteignant parfois définitivement l’émergence de la vie. Mieux vaut alors ne pas commencer le travail que de le commencer dans de mauvaises conditions. Le développement de la Kundalini est une œuvre sacrée, et comme toute œuvre sacrée elle nécessite l’approche adéquate.


Mais rien de bien dangereux dans tout cela, pas plus dangereux que ce qu’est la vie elle-même et ce que nous y avons construit car la vie est un balancement permanent entre la sollicitation vers la créativité par la poussée de l’évolution, et la force du chaos s’y opposant plus par résistance et ignorance que par intention pure. Faire naître la Kundalini au sein de cette balance c’est faire pencher le plateau du côté de l’évolution, non pas parce que le poids de l’obscurité disparaîtra, mais parce que celui de la lumière augmentera, propulsant alors l’individu vers une évolution accélérée. Ne pas entreprendre cette œuvre, ou toute autre œuvre évolutive, c’est assurément laisser le poids de l’obscurité nous rattraper, car nous sommes mortels par nature, et le potentiel de vie reçu à notre naissance n’est renouvelable qu’en de rares exceptions. Notre peur n’est donc que celle existante déjà face à notre vie, car que savons-nous de l’inconnu, peut-on avoir peur de ce que nous ignorons, si ce n’est par projection de ce que nous connaissons ? La peur étant par nature un phénomène contagieux, nous pouvons observer avec quelle facilité nous pouvons perpétuer celle-ci. Ainsi, pour beaucoup, la Kundalini est devenue par ce fait un symbole d'angoisse. Il est dommage de constater à quel point un phénomène de la vie, sensé entre autre, nous apporter les réponses à notre condition traumatique puisse devenir exactement son contraire, l'objet même de nos peurs.


Indépendamment du fait que la Kundalini puisse s’éveiller chez tout être humain naturellement et sans condition particulière, qu’est-ce qui fait que le yoga puisse particulièrement favoriser le phénomène ou être utilisé pour cela ?

En fait, il suffirait que l’individu soit, ne serait-ce qu’un instant, totalement aligné sur la fréquence de sa nature divine pour que cela puisse se produire. Nous avons déjà parlé de cela dans un article précédent. Créer cet alignement n’est pas chose difficile si nous savons nous y prendre. Le hatha yoga ou yoga des postures, favorise l’équilibre des forces physiques, les pranayamas ou exercices respiratoires, la purification du corps d’énergie, et la méditation l’apaisement du corps subtil. Respectivement ces trois aspects du yoga, menés adéquatement suffisent à eux seuls à créer les conditions de cet alignement. L’Etre Divin peut alors intervenir et appeler sa composante inverse, la Kundalini enracinée dans le corps, car plus rien alors ne le sépare d’elle. Son éveil est alors spontané, puissant et complet. Mais tout ceci peut aussi se réaliser progressivement par une approche plus extérieure et un développement progressif de l’énergie. Dans un cas comme dans l’autre, nul risque particulier si ce ne sont ceux déjà cités, et même là le résultat final ne pourra être qu’un mieux de ce qui aurait de toute manière été sans.


1 Lorsque le K majuscule est employé il désigne uniquement la Kundalini du 3e type



 

Jean-Michel Jutge


Dossier complet:

http://serenagaia.blogspot.fr/search/label/KUNDALINI%20ET%20EVOLUTION%201


http://serenagaia.blogspot.fr/search/label/KUNDALINI%20ET%20SPIRITUALITE%202


http://serenagaia.blogspot.fr/search/label/L%27ESSENCE%20DIVINE%203


http://serenagaia.blogspot.fr/2014/03/du-danger-de-la-kundalini-la-fin-dun.html


http://serenagaia.blogspot.fr/2014/05/la-physiologie-des-chakras-5.html

http://serenagaia.blogspot.fr/search/label/JEAN-MICHEL%20JUTGE%3A%20DERNIER%20VOLET



Enregistrer un commentaire