vendredi 13 janvier 2012

"L'ENERGIE UNIVERSELLE"


A force d’exercices et de méditations, l’énergie universelle se contrôle, se dirige, se canalise et peut être utilisée pour soigner. Une seule condition est nécessaire : une pensée calme, apaisée, centrée .

L’homme est un être électromagnétique, un organisme traversé par une force infime mais continue, légère comme de la vapeur et pourtant essentielle à notre équilibre. Correctement mise en mouvement, animée d’une ferme intention, cette force intérieure est capable d’influencer le cours de nos émotions comme le monde extérieur. Quitte à accomplir des miracles. La voie de la cohérence ?

Les quelque dix mille milliards de cellules vivantes qui nous composent abritent une activité électrique constante et intense. Des variations de potentiel, mesurées en millièmes voire en millionièmes de volt de part et d’autre de la membrane de toute cellule, que les biologistes appellent « polarisation » ou « dépolarisation » cellulaire. La répétition de ces courants électriques infimes et extrêmement brefs génère une flopée de signaux électromagnétiques ultra-faibles. Répercuté à l’ensemble de notre organisme, ce système de communication cellulaire cumule des millions de pulsations et d’impulsions à la seconde. En 1993, dans un rapport sur l’état des connaissances en matière de champs électromagnétiques naturels et artificiels, l’OMS soulignait que « le corps humain émet des champs électromagnétiques à des fréquences allant jusqu’à 300 gigahertz ». C’est-à-dire au beau milieu, mais aussi au-delà, des gammes de fréquences aujourd’hui utilisées par la radio-diffusion, les transmissions satellites, la téléphonie mobile, le Wi-fi, le Wimax… jusqu’aux frontières de l’infrarouge. « Nos cellules chuchotent entre elles » disait ainsi l’ancien chercheur à la NASA et président du conseil américain de protection contre les radiations Ross Adey. Tous les éléments de notre être conversent, et se répondent, sans discontinuer dans un immense brouhaha d’ondes radiobiologiques.

Voyage aux rythmes du cerveau

Pour les tenants de la neurobiologie la plus moderne, notre pensée se situe quelque part dans cet agrégat cellulaire singulier que l’on dénomme le cerveau. Elle résulterait de la somme des interconnexions observées entre neurones, via les terminaisons de leurs synapses… et la centaine de molécules relais dont les neurotransmetteurs ou neuromédiateurs sont les catégories les plus connues. Vos pensées actuelles, le dialogue intérieur en cours, ces quelques lignes que vous lisez, peuvent ainsi se réduire à des processus chimiques et électriques incessants, se déroulant de part et d’autre des aires cérébrales. De neurone à neurone. Cette activité électrique soutenue repose sur l’absorption ou la diffusion de molécules chimiques dotées de charges électriques, des ions. Ce sont les neurotransmetteurs répertoriés par la biologie moléculaire. Pour passionnant que soit ce savoir électrochimique, l’essentiel n’est pas là. La pensée, en effet, ce n’est pas que des paquets de cellules. C’est aussi une onde. Disons plutôt des ondes, des échos de l’activité cérébrale. Car les éclairs de courant que s’échangent nos neurones ne se déroulent pas au hasard. Notre cerveau obéit à des rythmes, à une vaste partition aux caractéristiques très précises. Une sorte de symphonie personnelle dont les portées s’entrelacent. Si les premiers relevés d’ondes cérébrales datent du milieu des années 1920, les techniques d’imagerie médicale les plus récentes ont confirmé la relative cohérence de notre activité cérébrale. Elle oscille, varie, circule dans notre cerveau à un rythme, une vitesse, selon différents temps synchronisés entre eux. De l’arrière vers l’avant, puis l’inverse. Ce flux et reflux nous balaye l’encéphale plusieurs fois par seconde, sans s’interrompre. Comme une vague continue, vivifiante et régulière. Témoins fidèles mais subjectifs de notre état psychique conscient ou non, les ondes cérébrales se disposent également en familles. Selon leur allure, leur amplitude, leur périodicité. En termes scientifiques, on va parler de fréquences et d’intensités électriques. Ces ondes sont triées selon les lettres de l’alphabet grec : alpha, bêta, gamma, delta, thêta. Leur composition entraîne des états de conscience distincts. A l’état de la conscience ordinaire, les ondes alpha et bêta cohabitent. Mais la prédominance de l’une, l’excès de l’autre, va entraîner ce que les spécialistes appellent des états « modifiés » de conscience. Une vingtaine d’entre eux sont répertoriés. Le rêve, le sommeil, la méditation, la transe ou le stress par exemple.

L’excès d’ondes bêta est sans doute le plus nocif, car il marque un état de stress chronique. Insomnie, épuisement, le temps du repos devient impossible. Une dominante thêta ou alpha, au contraire, accompagne l’accès à des états moins communs : créativité, intuition, jusqu’à des phénomènes paranormaux comme la perception extrasensorielle ou les transes, avec insensibilité à la douleur et contrôle absolu du corps.

Les portes de la cohérence

L’accès aux palettes des états modifiés de conscience tient à des petits riens. Un peu de musique, une posture particulière, des respirations profondes ou en hyperventilation. Le plus souvent, ces techniques archaïques s’accompagnent de stimulations rythmées, optiques ou acoustiques. Le son des tambours, les impulsions lumineuses d’un stroboscope agissent en effet comme des « inducteurs d’états de conscience ». Pas à cause du risque d’épilepsie, plutôt de la capacité naturelle du cerveau humain à se mettre à l’unisson de sons et lumières produits selon certaines fréquences. Mise en évidence en 1975, cette faculté du cerveau à se synchroniser avec des rythmes extérieurs a pris le nom de Réponse d’Adoption de Fréquence (RAF), ou Frequency Following Response (FFR) en anglais, et a donné naissance à toute une batterie d’outils « technos » à même de modifier le flux de nos ondes cérébrales.

Lunettes à diodes clignotantes, logiciel générant des battements préprogrammés, musique d’ambiance à effet binaural... Avec ces instruments plus ou moins perfectionnés, encore confidentiels en France mais d’usage assez courants en Amérique du Nord, l’école de la méditation devient accessible aux plus réfractaires d’entre nous. Plus besoin de prendre une pilule rouge ou bleue, ou de rester assis sous un arbre à attendre que le soleil se couche. C’est une question de rendez-vous avec soi-même. Un moment de quiétude, de sérénité, de bien-être aux allures de cours particuliers. Juste entre vous et vos ondes cérébrales.

Etat de conscience à part entière, proche du repos et de la relaxation, la méditation peut être superficielle mais aussi très profonde. Si profonde qu’elle peut suspendre des réactions instinctives que des décennies d’entraînement répété ne parviennent pas à effacer – à l’image du sursaut résultant du bruit d’une détonation.

Des études faites en Chine pour évaluer l’influence du Qi Gong sur l’activité du cerveau ont montré que les ondes cérébrales des maîtres avec plus de 10 ans d’expérience étaient différentes des débutants ou des groupes de contrôle invités à respirer profondément les yeux clos. Celles des maîtres ne se contentaient pas d’atteindre des états de calme et de plénitude bien plus profonds et plus rapidement qu’un novice. Leurs ondes avaient tendance au cours de l’exercice à se ralentir, gagner en amplitude et se synchroniser. Bref, à montrer plus de cohérence. Comme si les deux hémisphères du cerveau se mettaient à fonctionner de concert. En phase. La qualité de la méditation serait directement en rapport avec l’expérience du méditant. Une surprise de taille !

Reformulé en tracés de physiologiste, il apparaît que plus on médite et plus les ondes alpha laissent la place à des ondes encore plus lentes. Des ondes thêta ou delta. Des rythmes que l’on croyait réservés au sommeil paradoxal. Le moment où l’on rêve. Pour décrire ces états mêlant sérénité et concentration, les chercheurs n’utilisent plus forcément le terme de méditation, jugé trop vague ou trop réducteur. Ils préfèrent parler d’éveil paradoxal. Dans cet état, tout paraît simple. On a le sentiment, la certitude, de ne faire qu’un avec l’univers. Les intuitions les plus géniales vous traversent. Inspiration et compréhension du monde, de ses secrets intimes coulent de source. Avec netteté et évidence.

Le plus important, ce n’est pas la spiritualité ou la technique pratiquée, mais la qualité du vécu. L’essence de l’expérience éprouvée. Que l’on soit cyber-disciple, maitre yogi, moine zen ou adepte du qi gong, tous se rejoignent sur l’importance cruciale de la compassion et l’amour de son prochain. Car c’est en passant par son cœur qu’il est possible d’entraîner son cerveau.

Maxence Layet


lundi 14 février 2011

"HARA, LA FORCE VIENT DU VENTRE"


Les Japonais l’assurent : notre ventre ou “hara” est le réservoir de notre énergie. Centrés sur lui, nous faisons preuve d’assurance et de sérénité. Coupés de lui, le moindre choc peut nous faire vaciller…


L‘avenir nous inquiète et nous nous montrons particulièrement irascibles avec notre entourage. Stress, insomnie, mal de dos, problèmes digestifs sont notre lot quotidien. Directeur du centre Dürckheim – un centre de méditation –, Jacques Castermane l’affirme : « La plupart de nos maux ont pour origine la perte de contact avec notre “hara”. »
Ce hara ou "rayonnement de notre force vitale" est une zone située juste trois doigts en dessous du nombril, une sorte de puits sans fond qui irradie de l’abdomen au bas-ventre, dont nous pourrions tirer force et sécurité. Bonne nouvelle : ceux qui arborent un petit ventre bombé posséderaient la géométrie idéale pour le cultiver !

Ce sont les Japonais qui ont le plus développé la conscience du hara. Encore appelé "océan de l’énergie", il est considéré comme le centre de la vie instinctive et intuitive, dont dépendent toutes nos fonctions physiologiques mais aussi psychologiques

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Un enracinement naturel

Comment reconnaître une personne centrée sur son hara ? « Elle est solidement ancrée sur terre », explique Jacques Castermane. A l’inverse, un individu décentré manifeste un déséquilibre : poitrine en avant, ventre rentré, épaules contractées. Chez lui, la tête domine. La fonction intellectuelle prime sur l’instinct. Déconnecté de son bassin, un simple choc peut alors l’ébranler. Qu’il soit physique ou émotionnel. On peut en faire soi-même l’expérience dans le métro. Si une simple bousculade nous fait vaciller, il y a de grandes chances pour que nous ne soyons plus en harmonie avec notre hara.

« Certains enfants sont un très bon exemple du fait que “demeurer dans son propre ventre” est une chose extrêmement naturelle, écrit L. Jolly dans “Le Do-in hara” (De Vecchi, 1997). On voit des enfants âgés de 2 ou 3 ans, assis par terre, dans une attitude royale. Ils se tiennent droits sans effort. Ils n’ont pas besoin d’un appui pour leur dos, à l’inverse de la majorité des adultes. Leurs jambes reposent sans tension sur le sol. On dirait qu’une force mystérieuse, comparable à la sève des plantes, parcourt leur buste, afin qu’ils conservent cette position sans fatigue. Cette force provient du hara. »

Dialoguer de ventre à ventre

Se recentrer sur notre ventre peut aussi aider à mieux communiquer avec les autres et à gérer nos émotions. « Une vraie conversation doit être menée de ventre à ventre, et pas seulement de bouche à oreille, suggère Jacques Castermane. Les individus irritables qui se montent la tête facilement portent souvent le “ventre haut”. Une personne au “ventre bas” ne réagit pas si vivement. »

Explication : lorsqu’une contrariété nous conduit à nous échauffer, à hausser le ton, une bonne maîtrise du hara permettrait de « tasser cette énergie dans la région des hanches pour éviter qu’elle nous déborde ». Attention : il n’est nullement question de refouler nos émotions, mais de leur offrir un espace corporel pour pouvoir les observer sans se laisser submerger.

Comment le fortifier

Si nous ressentons souvent de la fatigue après une journée de travail, c’est peut-être aussi parce que nous ne sommes pas dans notre hara. En nous appuyant sur les seules forces de l’ego, du mental, nous nous sommes coupés des forces profondes de l’être.

Le "zazen", le shintaïdo et le massage respiratoire peuvent nous aider à retrouver notre centre.

La posture “zazen”

En position "seiza" (assis sur les talons, les genoux plus bas que le bassin, dos bien droit, épaules détendues), la respiration est calme et se déroule dans l’abdomen. Une gageure pour la plupart d’entre nous qui respirons seulement par le haut du corps. En amenant la respiration sous le diaphragme, nous en venons à nourrir tout naturellement notre centre énergétique.

Bénéfice immédiat : une sensation de vitalité accompagnée d’un grand calme. « En se concentrant pleinement sur le moment présent, l’énergie du hara s’accroît », explique Katia Rebel, responsable du Dojo Zen de Paris, où se pratique le "zazen" ("assise" en français). Au début, la posture est difficile à tenir. Mais plus on se montre assidu, plus l’équilibre, tant physique que psychologique, augmente. « Au bureau, dans des moments de grande fatigue, je m’inspire de cette posture en restant bien droite sur ma chaise, et je me sens vite moins débordée », assure Elisabeth, 45 ans, informaticienne.


Le shintaïdo

« Dès les premiers cours, j’ai été encouragé à ouvrir les hanches et le ventre, mais aussi la poitrine, les mains et la bouche », raconte Hugues, 32 ans, comédien. Dans la galaxie des arts martiaux japonais, le shintaïdo est la seule discipline à faire appel à cette nécessité d’ouverture. « Pour nous, au-delà de la désignation du ventre, le mot hara fait référence aux différentes énergies qui en émanent : puissance, dynamisme et profondeur », explique Pierre Quettier, responsable du centre Richesses du Japon.

La technique est exigeante : les sauts en font sa spécificité. Paumes de main ouvertes, tout comme le bassin, la bouche et les yeux, le corps s’arc-boute dans une totale ouverture. Ces exercices ont pour but d’ouvrir le hara, mais aussi de renforcer le bas du corps et d’assouplir. « L’énergie libérée augmente aussi la faculté d’une personne à influer sur son environnement », poursuit Pierre Quettier.

Cadre dans une compagnie aérienne, Mario, 38 ans, confirme : « J’étais un chef de service assez tyrannique. Depuis que je pratique le shintaïdo, mes relations professionnelles se sont nettement améliorées : je suis devenu plus souple. » Ainsi, on dira d’un responsable d’entreprise qu’il a le hara "ouvert" s’il laisse se développer des réseaux d’affinité et favorise l’autonomie de ceux qui travaillent avec lui. Considérer son collègue de bureau comme un partenaire et non un adversaire, c’est aussi, selon la philosophie du shintaïdo, une affaire de hara. 

Le massage respiratoire

Plus accessible et plus doux : le soin du hara. Un massage respiratoire proposé par Thibault Marlin, spécialiste des techniques asiatiques chez Lancôme. Le but : rééduquer la tonicité de l’abdomen en ramenant l’énergie au centre du corps, dans la zone située en avant du sacrum et de la cinquième lombaire, « afin de célébrer les noces du ciel et de la terre, c’est-à-dire notre verticalité ». Au départ, Thibault effectue un diagnostic sur la façon dont nous habitons notre hara : « Quand l’énergie est trop haute, les épaules sont relevées, et les tensions viennent s’y loger, provoquant, au fil du temps, des douleurs dorsales chroniques. Si elle est trop basse, la circulation des jambes ralentit, occasionnant lourdeurs et gonflements. »

Première étape : on expire avec force et conscience pour ramener la sensibilité dans le bassin. En même temps, Thibault accompagne ce massage respiratoire interne par un massage extérieur avec les mains. Entre deux expirations profondes, il encourage à pousser de gros soupirs, comme pour évacuer nos soucis. Au final, on ressent une profonde détente et un sentiment d’unité entre les trois étages de notre corps : le bassin, les poumons et la tête. Un soin pour reconstruire en douceur son hara et, qui sait, trouver l’équilibre nécessaire pour vivre de façon plus positive.

Exercices

Les pieds sur terre

Pour s’épanouir, le hara a besoin d’un appui solide : les jambes. Il est donc nécessaire de bien poser les pieds sur terre.

- Le matin, pieds nus, marchez lentement en déroulant vos pieds sur le sol. Commencez par le talon, la plante des pieds, puis les orteils. Faites-le en conscience.

- Au bureau, bien assis dans votre bassin, faites glisser vos pieds sur des petits rouleaux de massage en bois. Mais pas de façon mécanique : focalisez toute votre attention sur ce geste.

- Le soir, prenez votre pied gauche dans votre main droite. Doigts de pied et doigts de main croisés, écartez vos orteils et utilisez votre paume pour relancer la circulation dans la voûte plantaire. Changez de pied.

La détente

Difficile de développer son hara le ventre noué par le stress. Apprenez à vous détendre. Pour faire le vide et chasser les tensions corporelles, répétez cet exercice : une main sur la poitrine, l’autre sur l’abdomen, inspirez en gonflant le ventre et expirez en dégonflant. Puis haussez les épaules, en inspirant (par le buste). Maintenez quelques secondes, et relâchez en expirant (par le ventre). Cinq fois.

Catherine Maillard

http://www.psychologies.com/Bien-etre/Sante/Se-soigner-autrement/Articles-et-Dossiers/Hara-la-force-vient-du-ventre




LE HARA

Par  Jean-Michel Jutge


Le mot hara est un terme japonais qui désigne un centre énergétique abdominal lié au système vital. Chez les chinois ce centre est désigné par le mot "Tan Tien." En yoga et selon la terminologie indienne c'est le Kindu.

Dans la tradition japonaise ou chinoise, le Hara ou Tantien est le lieu d'expression du Ki/Chi qui est une force vitale fondamentale qui sous-tend la vie et son expression. C'est une force de la nature. Mais les arts comme le chikong, taï chi chuan, kung fu, ou les art matiaux comme l'aïkido etc... mettent en oeuvre cette énergie afin de pouvoir en bénéficier de multiples manières, en général dans les domaines de la santé, de la résistance du corps, ou de la force ainsi disponible. Le Ki/Chi est directement lié au corps éthérique.

Mais ce centre d'énergie est aussi le lieu d'expression de la force spirituelle du Bouddha. Ainsi il est mis à contribution dès que l'on se relie à Bouddha, que ce soit à travers le Zen, la méditation Vipassana ou d'autres formes de bouddhisme, ou même que l'on se relie directement à Bouddha lui-même. C'est l'un des trois foyers d'expression de la nature de l'éveil, les deux autres se situant dans le coeur, et dans l'esprit.

Ainsi à travers la méditation zen par exemple c'est dans le hara qu'est transformé la force du désir et de la peur, deux modes d'expression de la sphère vitale, ce qui libère l'esprit d'une part et nourrie positivement la sphère vitale d'autre part.

Bien entendu tout cela n'a pas de lien directe avec la sphère supramentale et l'expression de la force du même nom. Non plus avec le système des chakras qui sont directement liés à l'expression de la kundalini ou de différentes shaktis. Développer le hara ne permet pas de développer les chakras, ou seulement indirectement par effet secondaire, et ne permet pas de développer la kundalini, bien que cela soit malgré tout parfois arrivé à certains praticiens sans le vouloir ...

Jean-Michel Jutge


http://lumieredesorigines.blogspot.fr/search?updated-min=2008-01-01T00:00:00-08:00&updated-max=2009-01-01T00:00:00-08:00&max-results=6


vendredi 26 novembre 2010

"L'INTELLIGENCE SPIRITUELLE"


L’intelligence spirituelle, tel que les psychologues la définissent, est étroitement liée à l’accomplissement d’un besoin profond de l’être humain – celui de sentir que tout a un sens. Son développement est la garantie même de la santé psychique, disent les psychologues. Mais elle représente seulement une modalité de réunir dans un cadre scientifique des concepts que le Yoga  connaît et développe depuis des millénaires..

A présent la plupart des gens connaissent le coefficient d’intelligence, le célèbre QI. L’embauche dans certains domaines d’activité est conditionnée par l’existence d’un certain niveau de QI. Bientôt nous pourrons calculer notre coefficient d’intelligence spirituelle (QS), qui nous montrera quelles sont les qualités spirituelles que nous avons encore à développer.

Les psychologues disent qu’il existe plusieurs types d’intelligence...

Au début du XX-ème siècle les psychologues ont découvert des méthodes pour mesurer l’intelligence. Le calcule du QI (quotient intellectuel) est devenu une vraie mode. A l’époque l’intelligence était seulement regardée comme une fonction purement cognitive de l’être humain. La vision ultérieure s’est enrichie, prenant aussi en considération le plan verbal. Finalement il est arrivé que l’intelligence soit unanimement définie par les psychologues comme "l’aptitude à comprendre les relations qui existent entre les éléments d’une situation et à s’adapter de manière a ce que l’on puisse réaliser les buts personnels.” (1) Une vision assez limitée, pourrions-nous dire.

En 1993, William Gardner a montré que l’intelligence est beaucoup plus que cela. Il a attiré l’attention sur les multiples facettes de l’intelligence, en montrant qu’il n’est pas possible de parler seulement de l’intelligence cognitive, mais aussi d’une :

- intelligence kinesthésique – liée à la conscientisation du corps physique, d’un bon contrôle sur ses fonctions, de son utilisation différenciée et nuancée;
- intelligence musicale – liée à la conscientisation des sons et des harmonies;
- intelligence intra-personnelle – la conscientisation des états et des pensées personnelles et leur contrôle;
- intelligence inter-personnelle – liée à la façon d’interagir avec les autres et au succès social.

En 1995, Daniel Goleman a popularisé ses recherches concernant l’intelligence émotionnelle et a généré un nouveau courant dans le monde des psychologues, et en même temps une nouvelles obsession qui a remplacé le calcule du QI par le calcule du QE (le quotient émotionnel). Ceci a pour base l’intelligence intra-personnelle et l’intelligence inter-personnelle et suppose des qualités comme : l’habileté à communiquer et surtout à écouter les autres, la capacité d’accepter leur feed-back, l’empathie, l’acceptation de certains points de vue différents.  

Mais quelque chose manquait toujours, aspect qui a été complété par la psychologie trans-personnelle qui a commencé à parler, de plus en plus, de l’intelligence spirituelle. Ainsi la psychologie est arrivée à reconnaître et à étudier des aspects qui sont connus et surtout vécus directement dans la pratique du Yoga depuis des millénaires.

Frances Vaughn, docteur en  psychologie, psychothérapeute avec plus de 30 ans d’expérience et ancien président de l’Association Américaine pour la Psychologie Transpersonnelle, écrivait: ”En travaillant en tant que psychothérapeute, ma conviction est que l’intelligence spirituelle ouvre le cœur, illumine le mental et inspire l’âme, connectant le psychisme humain individuel au substrat de base de l’être. L’intelligence spirituelle peut être développée par la pratique et peut aider une personne à distinguer la réalité de l’illusion. Elle s’exprime en toute culture en tant qu’amour, sagesse et être dans le service des autres” (2)

Un autre auteur écrit sur l’intelligence spirituelle dans les termes suivants: ”si dans le cas de l’intelligence cognitive il s’agit de penser, dans le cas de l’intelligence émotionnelle de sentir, dans le cas de l’intelligence spirituelle il s’agit d’être.” (3)

Les signes du développement de l’intelligence spirituelle

Le concept d’intelligence spirituelle, tel qu’il est abordé dans la psychologie transpersonnelle, est très proche de celui de maturité spirituelle.

”La maturité spirituelle en tant qu’expression de l’intelligence spirituelle réunit un certain degré de maturité émotionnelle et morale ainsi qu’un comportement éthique. La maturité spirituelle s’exprime par sagesse et action pleine de compassion dans le monde. Tel que je la comprend, la maturité spirituelle implique de la sagesse et de la compassion manifestées face aux autres gens, quel que soit le sexe, la croyance, l’origine ethnique, l’âge, en tant que forme de respect pour toute forme de vie. Elle suppose aussi un certain sens de l’introspection et de la compréhension basée sur le désir de reconnaître les illusions, de se détacher de ce qui est éphémère et d’éclaircir les questions liées à la liberté existentielle et à la mort. Elle implique la connexion de la vie intérieure à la vie extérieure, avec les actions et le service offert à l’humanité. Être conscient de soi est essentiel pour le développement de la maturité spirituelle ” (2).

À l’heure actuelle il n’existe pas une définition généralement acceptée de l’intelligence spirituelle. Frances Vaughn a réussi à cerner quelques aspects dont nous devons tenir compte dans la démarche de la définition de l’intelligence spirituelle.

Nous les avons synthétisé ainsi:

1) Intuition
2) Ouverture face à la connaissance contemplative
3) La capacité de regarder les choses de plusieurs perspectives, le raffinement des perceptions
4) Liberté en pensée, ré-examen des croyances et des conceptions concernant la réalité
5) Recherche et pratique spirituelle
6) Discernement
7) Vision holistique
8) Respect pour tous les êtres, l’acception des différences
9) Capacité d’aimer – recevoir et d’offrir de l’amour
10) Se mettre de façon désintéressée au service des autres, bonté, générosité
11) Compassion
12) Pouvoir de pardonner
13) Sensibilité esthétique et appréciation de la beauté
14) Humilité
15) Intégrité, se conduire dans la vie selon des valeurs spirituelles et être conséquent en les respectant
16) Sagesse
17) Cultiver l’authenticité et la conscience de soi
18) Courage
19) Paix intérieure
20) Contrôle de soi

La conclusion des psychologues trans-personnalistes est unanime: avoir une vie spirituelle et être impliqué assidûment dans une pratique spirituelle sur une voie authentique sont des garanties d’une santé psychologique et de l’accomplissement de l’être humain. ”Les expériences spirituelles comme l’inspiration sont associées aux sentiments de clarté, de connexion, d’ouverture et d’énergisation. Lorsque quelqu’un se sent inspiré, il se sent revitalisé, rafraîchi, renouvelé” (2)

Bibliographie:
(1) Norbet Sillam - Dictionnaire de psychologie Larousse, Univers encyclopédique, 1996,  page 161
(2) Frances Vaughn - What is spiritual intelligence, http://francesvaughan.com/work1.htm
(3) McMullen B.  - Cognitive Intelligence, revue StudentBMJ, 2002

 
Par Angela Anghel (professeur de yoga)