mercredi 20 juin 2012

"GUERIR L'ESPRIT, DECLENCHER L'EVEIL SPIRITUEL"


Entretien avec Richard Moss

QUESTION 1 : Dans votre livre, vous dites que pour travailler à la guérison, il faut développer une intention aimante. Comment cela se produit-il ?

RICHARD MOSS : La clé pour travailler comme guérisseur, ou pour oeuvrer à sa propre guérison, est d'être capable de s'ouvrir à une vision plus large de la vie dans sa totalité. La maladie nous rend craintifs, nous nous contractons, nous nous sentons plus isolés. Ce sentiment de séparation nous affaiblit, notre niveau d'énergie baisse et nous avons moins de force de vie pour asseoir notre état de santé naturel. Le fait de se sentir relié à quelque chose de plus grand et de plus complet (que le soi séparé), ne serait-ce que pour un instant, peut être une profonde source de guérison. Nous pouvons apprendre à nous ouvrir à un espace plus grand par la prière, la méditation et la relaxation profonde. Le simple fait d'apprécier la musique ou de parler gentiment à quelqu'un d'autre nous aide à guérir, car si nous voulons être heureux et en bonne santé, nous devons aider les autres à l'être également. Il est important de se rappeler que, si notre corps nous appartient effectivement, il n'est pas nous.

QUESTION 2 : Est-ce que cette intention aimante est liée à une compréhension plus large de la vie dans sa totalité ? Est-ce cela que la conscience élargie permet ?

RICHARD MOSS : A la racine de notre souffrance, et particulièrement de l'anxiété, la tristesse et la honte que nous pouvons ressentir, se trouve un faux sentiment de séparation. Nous sommes des corps séparés les uns des autres, mais nos corps sont nourris par l'ensemble des interconnections du réseau de la vie. De la même manière, notre conscience prend racine dans l'univers tout entier. La séparation est illusoire. C'est dans la nature qu'il est le plus facile de reconnaître cette connection vivante : tout est dans tout. Mais nous avons, pour la plupart, perdu notre capacité à être ouvert, à être réceptif. Nous avons tendance à vivre trop dans nos têtes et nous sommes trop guidés par des buts étroits. Cela nous coupe de la capacité à percevoir qui nous sommes réellement. La conscience élargie n'est pas quelque chose de spécial, réservé à une élite. Elle est là, maintenant. C'est notre état naturel quand nous nous détendons et que nous lâchons prise. Nous pouvons alors aisément sentir que nous sommes parfaitement suffisants tels que nous sommes. Il n'y a rien qui cloche, au coeur de votre être. Vous êtes déjà celui ou celle que vous cherchez.

QUESTION 3 : Quand il s'agit de spiritualité, nous avons tendance à essayer de la trouver dans des groupes, avec des maîtres, des religions. Pensez-vous qu'il est possible de vivre cette spiritualité dans notre vie quotidienne, en développant une attention particulière, indépendamment de maîtres, écoles ou sectes ?

RICHARD MOSS : Le chemin de chacun vers une spiritualité vivante est unique. Certains trouvent un véritable maître qui les oriente vers leur propre maison ; d'autres sont guidés par une simple observation de la Nature. Les religions, en général, n'ont pas réussi à nous amener à une véritable illumination. Elles nous divisent là où il n'y a pas de réelle division. Elles nous séparent les uns des autres quand nous avons des croyances différentes, et surtout nous séparent de Dieu justement parce qu'elles le placent à l'extérieur.
La relation à Dieu - qui est la spiritualité - est une chose très personnelle, intime et sacrée. L'aspiration à connaître Dieu est inscrite en chacun de nous et dans toutes les choses. Une fleur connaît Dieu en s'ouvrant. Elle se fiche de savoir si quelqu'un la regarde. Un oiseau connaît Dieu en chantant son chant et en construisant son nid. Mais comment un humain connaît-il Dieu ? C'est une grande question. Pour moi la réponse est : en devenant un être humain. Et pour cela il n'y a pas d'endroit en particulier, de vêtement ou de rituel spécifique. Simplement être humain. Mais nous avons perdu le sens de notre humanité. Nous sommes devenus des unités économiques, des consommateurs, des esclaves du salaire. Nous vivons de l'extérieur vers l'intérieur, essayant de conformer nos vies à des idées et des images au lieu de vivre à partir de notre propre authenticité humaine. Nous sommes devenus les victimes de notre mental et de nos émotions, car nous avons perdu le sens de l'émerveillement devant le miracle de notre propre corps et perdu nos racines terrestres. Etre humain c'est être de cette Terre.
La spiritualité est ce que nous découvrons qui nous aide à devenir meilleur, quoi que ce soit. Bien sûr, certains types d'expériences mystiques nous extraient pour un temps de la vie ordinaire, mais ultimement, l'illumination n'a aucun sens, si ce n'est dans la manière dont nous prenons soin de nous-mêmes, les uns des autres et de la Terre. Dans un futur proche, c'est le fait de nous honorer les uns les autres, d'oeuvrer à la restauration et à la protection de l'environnement, qui définira un être humain spirituel. Sans quoi, la Terre nous conduira à l'extinction, car nous n'aurons pas appris comment être humains.

QUESTION 4 : Vos livres semblent destinés à des personnes qui ont connu un processus d'éveil spirituel. Votre but était-il de souligner les risques liés à un processus de ce type, quand il n'est pas bien mené ?

RICHARD MOSS : J'ai écrit à propos du processus de l'éveil pour guider les gens qui font l'expérience d'une énergie nouvelle, de nouvelles capacités de conscience, afin qu'ils aient moins peur. Et apparemment, d'après les échos que j'ai eus, le but a été atteint.
En chacun de nous réside une intelligence profonde qui nous guidera, mais il y a également des parties de notre conscience - de vieilles blessures, des peurs particulières, l'orgueil, le sentiment d'insécurité, les ambitions - qui peuvent contaminer l'éveil et nous amener à faire fausse route. Il est bon d'être averti du danger, mais encore meilleur d'être appelé à de nouveaux possibles. Quand une personne s'éveille, elle se met graduellement au service de l'intelligence plus profonde de la Vie. Elle peut alors aider les autres à guérir, nous rappeler à notre nature véritable, faire renaître la sagesse dans la société. C'est une bénédiction profonde que de laisser l'intelligence de Dieu vivre à travers vous, de connaître la paix qui « transmet la compréhension », d'offrir sa vie pour que d'autres puissent vivre avec plus de liberté et de dignité.

QUESTION 5 : Si votre but est de rendre les gens plus conscients des risques, doit-on comprendre que vous avez eu une mauvaise expérience ?

RICHARD MOSS : Il n'existe pas de mauvaise expérience. Il est vrai que quelques personnes deviennent folles ou tombent malades, ou se perdent dans l'ambition et l'auto-importance car elles n'arrivent pas à intégrer ces nouvelles énergies. Ceci peut se produire dans n'importe quel domaine de notre vie, quand nous accédons à un niveau d'énergie plus élevé et différent. Le succès, par exemple, a détruit la vie de nombreux acteurs, musiciens et artistes. Marilyn Monroe en est un exemple. Mais dans une perspective plus large, la Vie trouve un chemin. Nous apprenons tous des erreurs des autres, tout comme nous apprenons de leurs réussites. Rien n'est garanti à quiconque simplement parce qu'il ou elle a vu une porte s'ouvrir et a eu un aperçu de l'illumination. Il y a des forces puissantes dans la Vie et dans notre propre psyché qui font de nous ce que nous sommes ; et nous avons chacun à les rencontrer aussi bien que nous le pouvons. C'est un choix d'aimer Dieu et la Vie. C'est un choix de consacrer sa vie au bien de tous.
L'éveil spirituel n'est pas une expérience privée destinée à notre accroissement personnel. C'est le mystère de la Vie qui vous appelle à aller plus profondément en vous-même. Et si vous descendez dans vos propres profondeurs, vous verrez que nous sommes tous Un en Esprit et vous deviendrez un ami de la Vie et le serviteur plein de gratitude de l'éveil des autres. Mais parfois nos egos s'emparent de l'éveil et essaient d'utiliser ces nouveaux dons et ces nouveaux pouvoirs en suivant l'ancienne manière : celle de la compétition et de l'expansion personnelle. Mais cet univers suit le principe de Coopération. Tout coopère avec tout. Donc l'illumination personnelle et égoiste est simplement une expérience incomplète.

QUESTION 6 : Le processus d'éveil peut-il être préjudiciable à la personne qui le connaît?

RICHARD MOSS : Le processus d'éveil n'est pas personnel. C'est comme le temps ou les marées : il obéit à des lois fondamentales et impersonnelles. D'une certaine manière, l'éveil ne cause pas plus de tort à quiconque qu'il n'est causé de tort à une femme qui meurt en donnant naissance à son enfant. La Vie pousse en avant et dépasse le niveau d'une créature. Et donc nous devons nous éveiller. Consciemment ou inconsciemment nous irons frapper à la porte de Dieu et la réponse viendra toujours. Peut-être qu'individuellement nous ne serons pas prêts à entendre la réponse, tout comme chaque naissance n'épargne pas nécessairement la mère ou l'enfant. Mais le processus continuera ; il doit continuer. Et il est vrai que le danger est bien plus grand aujourd'hui qu'il n'y ait pas un nombre suffisant de personnesqui s'éveillent pour changer le courant de la conscience qui domine le monde actuellement et qui, si elle n'est pas transformée, détruira la vie telle que nous la connaissons sur Terre. Ce n'est pas l'éveil qu'il faut craindre mais plutôt l'état d'esprit actuel de la majorité de l'humanité. Il y a encore trop de personnes qui pensent que l'Homme est Roi et que la Terre est là pour que nous l'exploitions, que l'accomplissement de l'homme est plus important que l'accomplissement de l'ensemble de la création divine. Et ce, la plupart du temps, avec l'aval des principales religions et des institutions politiques et économiques. C'est la folie qu'on devrait craindre. Même si l'éveil peut être difficile, rester endormi sera certainement fatal à tous.

QUESTION 7 : Est-il possible que des gens qui auraient le pouvoir de provoquer le processus d'éveil chez les autres le fassent uniquement dans le but de manipuler ou de créer une dépendance ?

RICHARD MOSS : C'est une question difficile. Personne ne peut réellement connaître la motivation de quelqu'un d'autre, et même si le but était la domination, il n'en résulterait pas nécessairement que les gens soient dominés. L'énergie spirituelle est neutre. Même si la personne qui l'exprime présente une personalité qui a des failles, l'effet sur quelqu'un d'autre peut être positif si l'énergie est reçue par un coeur honnête. Et, en fait, même une personne sainte peut avoir un effet négatif sur quelqu'un d'autre si l'on donne une définition restrictive à ce qu'on considère comme négatif. Ce qu'on peut dire, c'est que le processus d'éveil nous force à faire face à notre malhonnêteté et à notre ignorance et que cela peut être très perturbant, en tout cas pendant un certain temps. Il serait probablement plus juste de dire qu'une personne qui a le pouvoir de catalyser le processus d'éveil chez les autres n'a cependant jamais la capacité à amener cette autre personne à un éveil complet. Car c'est quelque chose dont chacun doit faire l'expérience par lui-même.
Il est sage, je pense, d'admettre qu'aucun maître spirituel n'est parfait. Chacun a sa propre structure psychologique personnelle, des zones d'ombre, sans quoi on ne les verrait pas : ils seraient psychologiquement invisibles. C'est seulement la manière dont vous vous offrez à un soi-disant maître qui rend celui-ci bénéfique ou maléfique pour vous. Il n'y pas de victimes, mais seulement des personnes qui pensent l'être. Bien sûr on pourrait changer de point de vue et dire l'inverse : chaque maître est parfait si vous êtes capable d'apprendre et de grandir par tout ce qu'il ou elle vous apporte.

QUESTION 8 : Quelle est votre opinion sur la relation entre maîtres et disciples qui est tellement essentielle dans la plupart des courants ésotériques ? Que pensez-vous des gens qui se rassemblent pour suivre une personne qui a un haut niveau d'énergie ?

RICHARD MOSS : Je ne peux parler que de moi. Quand je me trouve dans une relation profonde avec quelqu'un qui a choisi d'apprendre à mes côtés, c'est une grâce. Et ce n'est pas la mienne mais celle de la Vie. Je ne suis le maître de personne. La seule personne dont je doive être le maître, c'est moi-même. Je me considère seulement comme un ami spirituel. Sur la base de ce qui s'est éveillé en moi, je peux être un miroir pour certaines personnes et l'énergie qui émane de moi peut soutenir leur croissance. Mais je n'ai pas de disciples. J'ai juste des relations qui sont nées dans la grâce, que j'honore dans le temps et chacune est déliée par la volonté de Dieu.

QUESTION 9 : Pensez-vous que les gens qui travaillent au processus d'éveil peuvent devenir accrocs à un haut niveau d'énergie ? Comment peut-on être conscient de ce risque ? Comment distinguer un réel intérêt d'une forme de dépendance à l'énergie ?

RICHARD MOSS : Une partie de l'éveil consiste à apprendre à devenir conscient de l'Energie Universelle, parfois appelée Lumière ou Chi. Il est plus facile de développer cette conscience dans un groupe car l'énergie collective du groupe rend l'expérience de la présence plus intense. Cette énergie amplifiée a une composante psycho-physiologique : l'énergie que nous ressentons est à la fois en nous et transcendante. Comme elle est en nous - c'est notre vie, elle fait battre notre coeur, elle nous fait respirer - nous pouvons la sentir dans notre corps et autour de nous. C'est la composante physique de cette énergie universelle. Mais elle a aussi une composante psychique : elle peut nous aider à réaliser notre unité avec toute chose et nous pouvons faire l'expérience de l'énergie comme Amour Universel. Il est très émouvant de faire cette expérience et, dans la mesure où nos egos s'identifient à cette émotion en expansion, nous devenons dépendants de cette expérience que nous voulons répéter sans arrêt. Nous pouvons aussi commencer à nous identifier au groupe ou à la communauté dans laquelle nous avons exploré ces nouvelles expériences, et oublier que c'est un état de conscience accessible partout et entre toutes sortes de personnes, quel que soit leur âge, sexe, race, nationalité. La dépendance à l'énergie résulte d'une confusion entre le phénomène et l'essence. L'essence est la qualité de notre attention qui amène le Chi à la conscience et non pas les sensations, émotions ou tout autre phénomène qui l'accompagnent. Au bout du compte, les aspects psycho-physiologiques du Chi deviennent sans importance et nous nous reposons dans une attention pure et dégagée de tout obstacle. Et nous sommes alors une lumière en toute circonstance et il n'y a pas d'énergie ou de communauté particulière. Chacun et tout est notre communauté sacrée.

QUESTION 10 :Vous mentionnez un événement qui vous a rendu jaloux de quelqu'un et dans lequel vous avez réussi à élever votre niveau d'énergie jusqu'à ressentir un sentiment d'amour inconditionnel. Pouvez-vous nous dire si la relation inter-personnelle, dans le cas où une des personnes accroît son niveau d'énergie, suffit à élever l'énergie de tous ?

RICHARD MOSS : L'expérience à laquelle vous faites référence n'était pas quelque chose que j'ai fait consciemment : cela m'est plutôt arrivé. Je me sentais très contracté par la jalousie ( je n'avais pas encore trente ans) et, sans que je m'y attende, j'ai changé la direction de mon attention vers mon coeur. Tout à coup, la jalousie et le sentiment de compétition se sont transformés en Amour. J'étais stupéfait. Tout de suite, j'ai souhaité le meilleur pour la personne qui, un moment plus tôt, était mon rival. La première fois où cela s'est produit, c'était une grâce. On me montrait que nos émotions et nos pensées n'ont qu'une réalité relative : elles dépendent de notre niveau de conscience à ce moment-là. Depuis, j'ai appris à m'ouvrir plus consciemment à cet amour plus profond, mais, encore aujourd'hui, si je suis pris par l'ambition, l'esprit de compétition ou l'égoisme, l'amour disparaît. Donc une conscience plus élevée est un choix fait à chaque instant.
Si vous avez fait ce choix, au plus profond de votre âme, la paix émane de vous et cela a un effet sur tous les autres. Souvenez-vous que nous ne sommes pas séparés : ce n'est qu'une partie étroite de nous qui perçoit les choses ainsi.

QUESTION 11 : Connaissez-vous une technique qui utilise les symboles tibétains pour initier les gens et qui s'appelle le Reiki ? D'après un maître de Reiki, ces symboles activent l'énergie de la Kundalini. Pouvez-vous nous en dire quelque chose ?

RICHARD MOSS : Je n'ai qu'une petite expérience du Reiki, mais pour ce qui est du symbole, la nature d'un symbole est de nous relier à quelque chose de plus grand. Faites cette expérience : fermez les yeux et devenez conscients de votre souffle, laissez le calme envahir votre esprit. Maintenant pensez à un endroit dans la nature que vous aimiez particulièrement quand vous étiez enfant - un jardin, une rivière, un arbre. En amenant une de ces images dans votre esprit, vous allez remarquer un changement dans vos sentiments. C'est le pouvoir d'un symbole. J'aime penser que le moment présent est ma bien-aimée. J'utilise le symbole du Bien-aimé comme une manière d'indiquer la direction du mystère de l'instant présent. Et en faisant cela, je me sens en expansion. Mon coeur devient plus chaud, mes mains rayonnent d'énergie et je me sens simplement reconnaissant. C'est un bon point de départ à chaque instant. Il est bon de partir de cet espace en soi pour parler ou pour toucher quelqu'un qui ressentira alors l'énergie transmise par les mains. Cela peut même supprimer la douleur.

QUESTION 12 : Si l'énergie dela Kundalini est éveillée dans les initiations au Reiki, des critères plus sévères sont-il nécessaires pour faire des initiations ?

RICHARD MOSS : Ne vous laissez pas trop embarquer par l'histoire de la Kundalini. C'est seulement un nom pour quelque chose que nous connaissons tous : le lieu dans lequel la présence de Dieu réside en chacun de nous. La Kundalini peut prendre différentes formes suivant la partie de nous qui exprime cette énergie. Cela peut être l'avidité, la peur de l'amour. Quand la Kundalini « s'éveille », cela signifie que nous pouvons être plus proches de la source de Vie en nous-mêmes. Comme nous avons dû réprimer beaucoup de choses pour développer notre persona - le masque psychologique que nous portons dans le monde qui a aussi une composante physiologique qui nous influence au niveau métabolique, au niveau de notre perception, de notre vitalité, etc. - quand cette énergie commence à être plus présente en nous, elle remue beaucoup de choses. Mais il s'agit seulement de Dieu qui revient à la maison, en nous. Notre tâche est de tourner notre attention vers ce nouveau niveau d'expérience et d'apprendre à savoir ce dont il a besoin : comment on doit manger, faire de l'exercice, de combien de repos nous avons besoin, combien de temps dans la nature, comment prier, etc. L'éveil de la Kundalini devient notre enseignant, mais c'est nous qui décidons de ce que nous allons apprendre. Bon, et ça c'est une initiation et toutes les initiations comportent une part de risque. Mais encore une fois, vous n'êtes pas une victime : une partie de vous a appelé cette initiation. Que ce soit par le Reiki ou par d'autres moyens, nous répondons tous à l'appel de notre profonde aspiration à savoir qui nous sommes et pourquoi nous sommes là et ce que nous avons à vivre. C'est seulement la peur qui s'inquiète de contrôler le processus de l'initiation. Il n'y a aucun moyen de savoir qui est et qui n'est pas prêt, donc la seule chose à faire, c'est d'être honnête envers soi-même. Que vous soyez enseignant ou élève (et nous sommes tous des élèves), c'est la Loi.

QUESTION 13 : Dans votre livre, les concepts du Yi-King sont clairement compris, et même cités à la fin. Avez-vous intégré ces concepts ?

RICHARD MOSS : Oui. Le Yi-King a été pour moi une des plus grandes sources de sagesse écrite. Il reflète pour moi ce que ma vie m'a enseigné et il m'invite à revenir à mon vrai Soi.

QUESTION 14 : Comment peut-on vivre l'éveil dans la vie quotidienne ?

RICHARD MOSS : Aider les autres à avoir ce que vous voudriez avoir pour vous-même. Si vous vous sentez seul(e) soyez accueillant(e). Si vous avez l'impression de n'être pas vu(e), voyez les autres, et dites-leur comment vous les voyez. Si vous voulez l'amour, soyez aimant(e). Si vous voulez la reconnaissance, reconnaissez les autres. Si vous voulez l'approbation, honorez les autres et parlez d'eux avec sincérité. Si vous voulez être vu(e), apprenez d'abord à voir l'autre. C'est aussi simple que ça. Il n'y a que Vous, et quand vous savez cela, il n'y a que l'Amour.

http://www.reikido-france.com/guerirl%27esprit.html


"L'ESSOR DES THERAPIES QUANTIQUES"


Basée sur les découvertes de la physique quantique, une nouvelle façon de se soigner fait de plus en plus parler d’elle. Son postulat : nos cellules émettent des informations, qui déterminent notre état de santé et sur lesquelles il est possible d’agir. Explications.


« Il y a dix ans, on m’a diagnostiqué un lupus érythémateux, une maladie auto-immune chronique, raconte Lucia, une artiste de 50 ans. Depuis, suivie à l’hôpital, j’en étais arrivée à prendre onze médicaments par jour… Il y a six mois, un ami est venu me voir bouleversé après avoir essayé une nouvelle technique de soin qui, disait-il, n’avait rien à voir ni avec la médecine conventionnelle, ni avec les médecines naturelles. Une “machine” donnait des résultats dont l’exactitude l’avait dérouté. Je suis cartésienne et je n’ai pas peur des expériences nouvelles. J’ai donc consulté un thérapeute qui utilise cet appareil de biofeedback. En quelques minutes, l’écran a affiché clairement tout mon parcours médical ! Puis cette machine a effectué un traitement très étrange, consistant à envoyer des “informations” dans le corps. Après quelques séances, la plupart de mes symptômes ont disparu et, aujourd’hui, avec l’accord de mon médecin, je ne prends plus qu’un médicament par jour. »

Un diagnostic global

Un appareil capable d’effectuer un diagnostic précis et de traiter aussi rapidement une maladie auto-immune ? Si un cas ne vaut pas pour tous, les résultats sont étonnants. Et ce n’est qu’un des aspects de cette approche de la santé physique et psychique, qui se répand au point que certains médecins et chercheurs n’hésitent plus à dire qu’un changement de paradigme est en train de s’opérer. Le premier congrès sur les thérapies quantiques d’Aix-en- Provence, en novembre 2010, a réuni des scientifiques du monde entier, parmi lesquels l’équipe du professeur Luc Montagnier, prix Nobel de médecine 2008. Depuis, les livres sur le sujet, les congrès affichant complets, les appareils de biofeedback ou les méthodes quantiques se multiplient…

Les « thérapies quantiques », ou la « médecine quantique », nous demandent de voir la vie, la santé et la maladie d’une tout autre façon : notre corps n’est plus un assemblage d’organes à traiter séparément, comme le fait la médecine conventionnelle, c’est un champ vibratoire et énergétique constitué de milliards de particules de lumière – des photons – qui échangent en permanence des informations, un univers lumineux dans lequel l’esprit et la matière ne font qu’un. Avec une idée clé : ce ne sont pas les échanges biochimiques de nos cellules qui déterminent notre état de santé, mais les informations qu’elles se communiquent entre elles. Ici, l’origine de la maladie n’est donc pas un problème purement biologique, mais un défaut d’information ; le symptôme n’est qu’une réaction à ce dernier.

Pour celui qui ne connaît pas le monde scientifique, l’idée peut sembler délirante. Pourtant, elle repose sur des dizaines d’années de recherches, commencées il y a un siècle avec Albert Einstein et ses travaux sur la nature de la lumière. Au fil des décennies, la physique quantique – qui décrit le comportement des atomes et des particules subatomiques – s’est développée en marge de la physique classique, car elle ne répond pas aux mêmes règles. La plus importante, pour comprendre le fondement de la médecine quantique : les ondes électromagnétiques sont en même temps des photons. Ces photons du corps humain sont loin d’être des vues de l’esprit : au cours des années 1970, Fritz-Albert Popp, un biophysicien allemand, a découvert l’existence de ce qu’il a appelé les « biophotons », des particules de lumière émises par nos cellules, qu’il a réussi à filmer. Ces minuscules courants lumineux, invisibles à l’oeil nu, portent les informations et contrôlent notre organisme. Mais pas n’importe comment.

Des capacités d’autoguérison stimulées

L’une des découvertes les plus importantes de la physique quantique, reprise et développée dans la thérapie quantique, est, en effet, la théorie des « champs énergétiques » : ce sont eux qui organisent et contrôlent notre corps. Ils forment un tout. En somme, le corps humain est une structure organisée d’informations. Ce que les Chinois ont compris depuis longtemps avec l’acupuncture, qui traite les flux d’énergie du corps ; ou les Indiens, avec leur médecine ayurvédique qui traite le « corps de lumière » et ses chakras…

Les appareils de biofeedback quantiques sont conçus pour détecter les ondes électromagnétiques, les « fréquences » émises par chacune des cellules de notre corps. Lorsque certaines sont brouillées ou « fausses », l’appareil renvoie des fréquences « justes » afin de corriger le problème. Imaginez que vous ayez un coup de déprime. Vous appelez votre meilleur ami. Ses paroles rassurantes vous remontent le moral et vous retrouvez assez d’énergie pour reprendre le cours normal de votre vie. L’aide reçue n’est pas « physique », mais vient des mots réconfortants. Or ce flot d’informations vous a été transmis par les fréquences du téléphone. Voilà, de manière imagée, comment fonctionnent les appareils de médecine quantique : ils envoient des ondes extrêmement fines qui « parlent » à nos cellules et leur transmettent des informations, elles-mêmes portées par les photons. Pour reprendre la métaphore, on pourrait dire que les fréquences sont les phrases réconfortantes de votre ami ; et les photons, les mots, avec leur sens.

Si la thérapie quantique fait usage d’appareils électroniques de plus en plus sophistiqués, comme le Scio, le Korotkov, le Mora ou le Life, cette approche de la médecine n’est pour autant pas mécaniste : les machines ne fonctionnent pas seules. « En “dialoguant” avec notre champ d’informations, ces appareils stimulent nos capacités d’autoguérison, explique la journaliste et conférencière Lynn McTaggart, auteure du Lien quantique (Macro 2012). Mais rien ne peut se faire sans la présence d’un médecin ou d’un thérapeute. » Une interaction d’autant plus importante que cette nouvelle vision de la santé, donc de la vie, implique non seulement une relation entre le corps et l’esprit, mais l’union fondamentale de l’esprit et de la matière.

Erik Pigani

http://www.psychologies.com/Bien-etre/Sante/Se-soigner-autrement/Articles-et-Dossiers/L-essor-des-therapies-quantique/

mercredi 23 mai 2012

"BOUDDHISME ET NEUROSCIENCES"


Pour la majorité des scientifiques, seul le cerveau est source de pensée. Pourtant on peut se demander s'il n'est pas possible que l'esprit à son tour, produise sur le cerveau des « altérations physiques » dans la substance même d'où il est censé émaner. Dans ce cas la pensée pure modifierait la chimie et l'activité électrique du cerveau, ses circuits, voire sa structure.

Le bouddhisme se refuse à réduire l'esprit à la seule matière, et cette position est un levier considérable quand il s'agit de trouver un terrain d'entente entre bouddhisme et neurosciences.  Ce qu'affirme le bouddhisme depuis 2500 ans...

La dernière des Quatre Nobles Vérités fait référence au pouvoir de l'esprit et déclare que même si la vie est souffrance, et que la souffrance est issue des soifs et des désirs, il existe une voie qui permet d'y échapper. Grâce à l'entraînement mental et plus spécifiquement, à la pratique assidue de la méditation, il est possible de modifier activement nos états émotifs, nos attitudes, notre tempérament.

Depuis 2500 ans, le bouddhisme considère donc que l'esprit est doué d'un formidable pouvoir d'auto transformation.  La méditation, la forme la plus hautement élaborée d'entraînement mental, consiste à accéder à une perception nouvelle de la réalité et de la nature de l'esprit, à cultiver des qualités qui ne sont pas innées jusqu'à ce qu'elles fassent partie intégrante de notre être.La pensée peut modifier le fonctionnement du cerveau.

Le bouddhisme et la science souscrivent à l'idée qu'il existe des lois naturelles régissant le développement de la personne et du monde. « À l'instar de la science, le bouddhisme cherche à établir de manière analytique, non de manière dogmatique, l'existence des lois universelles. » (Jose Cabezon)

En octobre 1987, le dalaï-lama fut l'hôte à Dharmapala de la première conférence tenue par le Mind and Life Institute fondé par Engle et Varela.Cinq scientifiques et un philosophe engagèrent des échanges informels sur la science cognitive et le bouddhisme. La formule servit ensuite d'archétype aux dialogues ultérieurs entre le dalaï-lama et les scientifiques : pendant une semaine, chaque spécialiste présente le matin son travail, et l’après midi,  les scientifiques, le dalaï-lama et les autres érudits bouddhistes invités, échangent sur le sujet..

Le dalaï-lama affirme que   « le bouddhisme accorde l'autorité suprême à l'expérience, la raison vient en second et les Ecritures en dernier ». Si la science prouve que l'une des croyances du bouddhisme est erronée, qu'elle va à l'encontre de l'une des vérités scientifiques irréfutables, alors le bouddhisme doit renoncer à cette vue ou à cet enseignement scriptural même s'il prévaut depuis des millénaires. Le bouddhisme se doit d'admettre les faits. » Il souligne qu'il faudra revoir la physique bouddhiste qui soutient par exemple, que la forme, le goût, l'odeur et la sensation tactile sont des constituants fondamentaux de la matière.

Pour les matérialistes l'esprit est uniquement la conséquence de l'activité cérébrale, les sentiments et les pensées sont l'expression de l'activité du cerveau. Il ne peut donc y avoir de relation que de bas en haut. Pour les bouddhistes,  la pensée peut modifier le cerveau : cette relation est donc bi-univoque.A la lumière des croyances bouddhistes, le dalaï-lama a posé des questions fondamentales aux scientifiques lors de la conférence Mind and Life en 2004 :Si le cerveau est source de pensée, sentiments et autres manifestations cognitives constituant ce phénomène que l'on nomme « esprit » ne serait-il pas possible que l'esprit à son tour produise sur le cerveau des altérations physiques dans la substance même d'où il est censé émaner ?  La pensée survient-t-elle avant que les changements ne se produisent dans le cerveau ?Si oui, la pensée pure peut-elle modifier la chimie et l'activité électrique du cerveau, ses circuits, voire sa structure ?

Les certitudes immuables des matérialistes : le dogme fixiste En 1913, Santiago Ramon y Cajal, neuroanatomiste espagnol, prix Nobel de médecine, écrivait dans son traité sur le système nerveux : « Dans les centres matures, les conduits nerveux sont fixes, achevés et immuables. » La doctrine établie soutenait que le cerveau adulte est immuable de deux points de vues : il est câblé de manière irréversible et ne produit pas de nouveaux neurones. Un groupe de neurones est donc affecté à une fonction et il ne fait rien d'autre.On considérait impossible une transformation globale comme l'extension du nerf responsable d'une fonction mentale spécifique, les modifications dans le câblage reliant une zone à une autre. Les seuls changements admis étaient des détails comme quelques synapses supplémentaires ou la consolidation de deux ou trois dendrites pour améliorer la communication entre des neurones voisins. Cela impliquait, par exemple, qu'il était inutile de perdre son temps à tenter de réhabiliter des adultes ayant subi des dommages suite à un AVC.

Ce paradigme prévalait dans tous les amphithéâtres et livres de médecine du monde. Il a fallu attendre les dernières années du XXe siècle pour que quelques neuroscientifiques iconoclastes remettent en cause ce dogme.La remise en cause du dogme fixiste et les avancées de la neuroplasticité. Les exemples présentés dans les sections suivantes ne sont qu’une petite partie des travaux des chercheurs sur le sujet. On en trouvera bien d'autres dans les ouvrages mentionnés dans la page Sources Documentaires. Kaas et Merzenich montrèrent dans les années 70, que le cerveau pouvait se réorganiser. La région du cortex moteur somato-sensoriel correspondant aux nerfs médians d'un singe, avait été "colonisée" moins d'un mois après que son nerf ait été sectionné : elle réagissait à la stimulation d'autres secteurs voisins, de la main du singe.

Dès 1980, Schwarz, de UCLA, réussit à sensiblement améliorer l'état mental de ses patients qui souffraient de trouble obsessionnel compulsif (TOC) en utilisant la «pleine conscience». Il leur permettait de devenir conscients de la nature véritable de leurs obsessions et par conséquent, de mieux en détourner leur attention.  Les patients se mirent à considérer leurs symptômes comme des manifestations de processus cérébraux pathologiques et au bout d'une semaine ils avaient l'impression désormais d'avoir un moyen d'y remédier. Aucun patient ne prenait de médicaments pour soigner le TOC. La thérapie avait réussi à modifier le métabolisme du circuit du TOC dans le cerveau. Ce fut la première étude qui établissait qu'une thérapie cognito- comportementale avait le pouvoir de transformer systématiquement une chimie cérébrale déréglée en un circuit cérébral bien défini. 

En 1990, Pascual-Leone démontra que l'exercice mental peut suffire à promouvoir la modulation plastique des circuits neuraux. Il divisa un groupe de pianistes de même niveau en deux sous- groupes. Le premier sous-groupe devait apprendre un morceau de musique et le jouer. Le second devait faire le même exercice mais uniquement mentalement. Chaque jour pendant quelques minutes, il cartographia au moyen de la Stimulation Magnétique Transcranienne (SMT), les frontières de la bande du cortex moteur qui contrôle l'affection et l'extension des doigts. Il constata que la région du cortex moteur responsable des doigts exécutant le morceau s'était étendue de la même manière dans le cerveau des sujets des deux groupes. Les répétitions mentales avaient activé les mêmes circuits que les répétitions dans les gestes, avec les mêmes résultats.

En 1996, Gage démontra que le cerveau des personnes de plus de 50 ans produisait de nouveaux neurones : entre 500 et 1000 par jour. Les neurones naissent dans la zone de l’hippocampe puis migrent dans d’autres zones du cerveau pour devenir des neurones matures. Et ces nouveaux neurones accompagnent les patients jusqu’à leur mort.Par la suite, il a apporté la preuve que l’exercice physique favorise la neurogénese.

En 2004, Teasdale et Helen Ma démontrèrent que la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience réduisait le taux de rechute des malades de dépression. Une étude sur 55 malades révèle que chez ceux qui avaient connu au moins trois épisodes de dépression sévère, le taux de récidive qui était de 78 % avec les traitements habituels chutait à 36 % pour le groupe bénéficiant de thérapie cognitive basée sur la pleine conscience. En surveillant leurs pensées, les dépressifs qui s'exercent à la pleine conscience sont en mesure d'empêcher les produits dysfonctionnels de leur psyché de dégénérer en dépression déclarée. La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience agit du haut en bas par opposition à un médicament qui agit de bas en haut. Elle empêche le circuit de la dépression de terminer son parcours.

Ces exemples remettent sérieusement en cause le déterminisme neurogénétique qui soutient qu'il existe une relation causale directe entre le gène et le comportement : une femme est dépressive parce qu'elle a les gènes de la dépression, les alcooliques s'enivrent parce qu'ils ont les gènes de l'alcoolisme…

La neuroplasticité et la faculté du cerveau de se transformer, s'interposent entre les gènes et le comportement. Si le cerveau peut changer, alors les gènes de tel ou tel comportement sont beaucoup moins déterministes.Le cerveau peut être recâblé par un entrainement intensif, comme les muscles du corps peuvent être sculptés ! En 1994, Sadato, à la lumière des découvertes de Pascual Leone, voulait vérifier si des aveugles de naissance lecteurs de braille avaient développé la partie du cortex correspondant à la sensibilité des doigts. Il compara donc l'activité du cortex de voyants (connaissant le braille) et de non voyants pendant qu'ils déchiffraient les mêmes signes en braille. A sa grande surprise, il découvrit que le groupe des aveugles de naissance présentait une particularité par rapport au groupe des voyants : une région du cerveau supposée être câblée de manière définitive pour le champ visuel, en la circonstance le cortex visuel, avait été recâblé en partie pour la sensation des doigts comme on le voit sur le cliché.


Vilayanur Ramachandran dirige le centre pour le cerveau et la commission de l'université de Californie à San Diego. Confronté aux douleurs fantômes ressenties par les personnes qui avaient eu un membre amputé, il se posa la question suivante: les douleurs fantômes peuvent-elles être désapprises ? Il inventa une boîte à miroir conçue pour leurrer le cerveau du patient et modifier la fausse information inscrite dans le cerveau. Si le sujet, par exemple, a perdu sa main gauche, il introduit sa main valide dans le compartiment de droite de la boîte et on lui demande d'imaginer qu'il place sa main fantôme dans le compartiment de gauche.  La cloison séparant les deux compartiments est un miroir vertical qui reflète la main valide. Le patient peut donc voir l'image de sa bonne main à la  place  de  sa  main  amputée.  Lorsqu'il  bouge  la  main  valide  elle  se superpose à la main fantôme et celle-ci « ressuscite » aux yeux du patient en paraissant douée de la même mobilité. En faisant des exercices quotidiens avec la boîte, les patients de Ramachandran ont vu au bout de quelques semaines les douleurs disparaître. Le cerveau avait intégré les nouvelles données : le membre amputé n'existait plus.

Dans une étude que Merzenich présenta fin de 2005, des sujets du troisième âge, allant de soixante et un ans à quatre- vingt-quatorze ans subirent un entraînement informatique de huit semaines afin d'améliorer la faculté du cerveau à discerner les sons du langage. Les résultats ont montré que leur cerveau traitait mieux la parole et se souvenait plus clairement des choses. En plus, la majorité d'entre eux fit des progrès de dix années ou plus, en termes de statut neurocognitifs. « Avec un peu plus d'entraînement, je crois que nous pourrions réduire l'âge neurocognitif de 25 ans » dit Merzenich.

On pourrait citer encore de nombreux exemples comme celui de Michelle Mack. Suite à une attaque cérébrale, alors qu'elle était encore dans le ventre de sa mère, elle est née avec seulement le lobe cervical droit. Son lobe gauche s’est entièrement « recâblé » dans le cerveau droit, ne générant que de légers handicaps moteurs ou intellectuels. Elle a même acquis des capacités exceptionnelles que l'on ne trouve que chez certains autistes ou surdoués. Agée aujourd'hui 38 ans, elle vit pratiquement normalement.

Les extraordinaires découvertes de Richard Davidson L’imagerie cérébrale allait montrer avec exactitude comment la méditation sur l'attention entraîne l'esprit pour modifier le câblage cérébral.  Dès 1992, Richard Davidson avec le soutien du dalaï-lama avait tenté d'étudier le cerveau de moines bouddhistes ayant une grande expérience de la méditation. Ceux-ci répondirent que « pour connaître l'effet de la méditation il fallait être soi-même un grand méditant ». Il a fallu plus de 10 ans pour que Davidson et le dalaï-lama convainquent les anachorètes de venir aux États-Unis dans le laboratoire de l'université du Wisconsin à Madison. Les moines qui allaient prêter leur cerveau aux neurosciences s'étaient adonnés à la méditation pendant au minimum 10 000 heures. L'en d’entre eux avait même accumulé 50 000 heures. Tous avaient accompli au moins une retraite de trois ans.Davidson voulait savoir si il y avait des formes d'entraînement mental qui pouvaient transformer le schéma fondamental d'activation préfrontal, pour éveiller plus souvent les émotions positives. Puisque la méditation sur la pleine conscience parvient à altérer des schémas fondamentaux d'activité cérébrale chez les dépressifs ou les victimes de TOC, l'on pouvait penser que même des formes rudimentaires d'entraînement mental pouvaient induire des changements plastiques dans le cerveau.

La première expérience eut lieu en mai 2001 avec l'abbé d'un monastère bouddhiste en Inde qui s'était adonné à la méditation sur la compassion pendant 30 ans. Davidson constata que pendant la méditation sur la compassion, l'activité de son cortex préfrontal gauche surpassait de 99,7 % celle des sujets jamais testés jusque-là. En Occident on ne conçoit pas que l’on puisse se former au bonheur. Pourtant, c'était la démonstration que le bonheur est une chose que l'on peut cultiver délibérément grâce à un entraînement mental qui agit sur le cerveau. 

Avec l'I.R.M.f, il mesura l'activité dans l'amygdale, une région active lorsque surviennent des émotions perturbatrices comme la détresse, la peur, la colère ou l'anxiété. Il constata que les individus présentant une activité plus importante du cortex préfrontal relié par des connexions neuronales avec l'amygdale, réussissent à moduler leur cerveau et à réduire l'activation dans l'amygdale pour soulager la souffrance. Le signal dans l'amygdale générant la peur et la colère peut donc être régulé par l'entraînement mental.

Le compte rendu d'une autre série d'expériences menées avec Antoine Lutz, fut publié en 2004 dans la prestigieuse revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences. Huit moines bouddhistes, dont Matthieu Ricard, et huit étudiants de l'université du Wisconsin entraînés à la méditation et servant de cas témoins, allaient s'adonner à la méditation sur la compassion pure. Les électrodes de l'électroencéphalogramme captaient les ondes gamma que le cerveau émettait en état neutre ou en état de méditation.Quand Matthieu Ricard enchaînait de l'État neutre à l'État méditatif, sur demande des scientifiques, l'augmentation de l'activité gamma était la plus importante jamais observée en neurosciences, et ne diminuait pas pendant les périodes de repos entre les méditations.  Si les cas témoins présentaient une augmentation légère mais significative du signal gamma, celui-ci ne durait que quelques centaines de millisecondes. Chez les moines il durait cinq minutes. Cela confirmait le pouvoir de l'entraînement mental à engendrer une perception accrue, une résolution de problèmes amplifiée et une conscience élargie.

La même expérience fut ensuite conduite avec analyse par l'I.R.M.f. Lorsqu'il générait la compassion pure, le cerveau de tous les sujets, moines ou néophytes, montrait une activité dans les régions responsables de la gestion des émotions, de la planification des mouvements et les sentiments positifs comme le bonheur. Les régions qui maintiennent la conscience du « moi » et de « l'autre » s'apaisaient. Des aires qui s'activent avec les émotions négatives, comme le mécontentement et l'anxiété présentaient également une activité décrue. Mais chez les moines il y avait une activation beaucoup plus importante que chez les néophytes dans l’insula droite et le noyau caudé, aires associées à l'empathie et à l'amour maternel. Plus les moines avaient à leur actif un grand nombre d'heures de méditation, plus l'écart était important. Autre résultat étonnant : lorsque les moines s'absorbaient dans la méditation sur la compassion, il y avait une activité accrue dans les régions cérébrales responsables du mouvement planifié, comme si le cerveau était prêt à voler au secours des personnes en détresse.Enfin pendant que les moines faisaient naître la compassion, l'activité dans le préfrontal gauche (site associé au bonheur) noya celle du préfrontal droit (associé aux humeurs noires, au mécontentement…) avec une intensité encore jamais observée. En revanche, les étudiants qui servaient de cas témoins, ne présentaient pas ces écarts entre les cortex préfrontaux gauche et droit.La science a longtemps prétendu que la régulation affective et que les réactions émotionnelles étaient des aptitudes statiques qui ne changent pas beaucoup à l'âge adulte.

Ces résultats démontrent que l'entraînement mental qui fait appel à la concentration et à la pensée, modifie les connexions entre le cerveau pensant et le cerveau de l'émotion. La méditation peut modifier la fonction du cerveau et ce, de manière permanente. La puissance de l'esprit sur le cerveau : l'histoire vraie de Lopon-la.Lopon-la était un moine bouddhiste ami du dalaï-lama. Il fut incarcéré par les Chinois pendant 18 ans et, une fois libéré, il s'enfuit vers l'Inde où il retrouva le dalaï-lama à Dharamsala. « Il n'avait pas changé, » confie le dalaï-lama. « Son esprit était toujours pénétrant, même après tant d'années passées en prison. C'était toujours le même moine affable… En prison, il avait été torturé à maintes reprises. Je lui ai demandé si jamais il n'avait eu peur. Il m'a avoué avoir eu peur de perdre sa compassion pour les Chinois. J'étais profondément ému en entendant cela, et aussi très inspiré… Le pardon l'avait aidé au fil de son séjour en geôle. Grâce au pardon, son expérience douloureuse avec les Chinois ne s'aggrava pas sur le plan mental émotionnel, il n'a pas trop souffert. »

Conclusion : Vers un homme meilleur ? Les découvertes sur la neuroplasticité et la plasticité autogérée se diffusent peu à peu. L'attitude de transformer de plein gré le cerveau doit faire désormais partie intégrante de notre vie et de notre conception de l'être humain.La neuroplasticité qui transforme le cerveau de l'émotion, débouche sur un univers de possibilités. Nous ne sommes pas bloqués avec le cerveau qui nous a été accordé à la naissance, mais nous avons la capacité d'orienter volontairement quelles fonctions s'épanouiront, quelles fonctions périront, quelles compétences morales apparaîtront, lesquelles ne se manifesteront pas, quelles émotions prospéreront et lesquels s'atténueront.  Les recherches de Davidson confirment qu'il est possible de modifier physiquement les connexions entre les neurones par l'entraînement mental, comme l'on sculpte ses biceps par l'entraînement physique. Le câblage cérébral responsable des émotions négatives s'atrophie et celui qui gère la compassion et le bonheur se consolide. Entraîner l'esprit relève du processus consistant à devenir un être humain meilleur, dans notre propre intérêt et pour le bien d'autrui. « Le message que m'inspirent mes propres travaux, c'est que je peux décider de mes réactions, que la personne que je suis est responsable des choix que j'effectue; donc, tout repose entièrement sur ma responsabilité. »

Richard Davidson

http://www.deullin.com/bouddhisme%20et%20neurosciences.html

lundi 21 mai 2012

"JILL BOLTE TAYLOR: VOYAGE AU DELA DE MON CERVEAU"


Dr Jill Bolte Taylor: Extraits

Jill Bolte Taylor a mis huit ans à "récupérer" toutes ses facultés, suite à son AVC. Sa mère l'a accompagnée pendant les moments les plus difficiles, lui faisant faire des exercices qui n'étaient pas courants en 1996, époque où l'on considérait que les séquelles étaient inévitables. Ce qui est le plus étonnant dans ce qu'elle raconte, c'est la similitude avec ce que les méditants bouddhistes expriment.On trouvera en fin de page, une vidéo, sous-titrée en français, composée des principaux extraits de la conférence que Jill Bolte Taylor donne à travers le monde pour relater son expérience.

Page 42 Notre empathie, notre capacité à nous mettre à la place d'autrui, prend naissance dans notre cortex frontal droit.Notre hémisphère gauche traite l'information d'une manière en tous points différente. Il rattache les uns aux autres, selon un ordre chronologique, les instants riches de sensations dont nous prenons conscience dans notre hémisphère droit. Il ne cesse de comparer les particularités de tel moment donné à celles du précédent. En retraçant l'évolution au fil du temps de ce qui a caractérisé un instant ou un autre, notre hémisphère gauche nous donne une idée du passé, du présent et du futur. Leur succession dans le cadre d'une structure établie nous permet de comprendre qu'il faut accomplir telle action au préalable à telle autre.….Tandis que notre hémisphère droit pense par images, en se formant une vue d'ensemble de l'instant présent, notre hémisphère gauche, lui, s'attache aux détails, à une infinité de détails.

Page 88 Je dois avouer que la nécessité d'admettre que notre vision du monde extérieur et notre relation à lui découlent de notre « câblage » neurologique, m'a libérée tout en me posant un défi de taille. Jusque-là, je n'étais donc que le pur produit de mon imagination ! ….La cérébralité de mon hémisphère gauche, pour l’heure en veilleuse, ne refoulait plus ma conviction innée d'incarner une force de vie à l'état pur. Je gardais conscience d'un changement en moi mais pas une seule fois mon hémisphère droit ne m'a laissé entendre que je valais moins qu'avant. Me voilà devenue un être de lumière dont l'énergie se diffusait dans le reste du monde !

Page 93 Depuis que mon hémisphère droit régnait en maître sur ma conscience, je débordais d'empathie.

 Page 98 Imaginez-vous, si vous le voulez bien, privé petit à petit de l'ensemble de vos facultés mentales. |…] Votre incapacité à vous rendre compte des variations de température ou de la position de vos membres, modifie votre perception de votre corps. Votre énergie se diffuse à tous ceux qui vous entourent. Voilà que vous atteignez les dimensions de l'univers ! La petite voix dans votre tête, qui vous rappelle qui vous est et où vous habitez, se tait. Vous oubliez les émotions qui vous ont façonné au fil des ans. La plénitude de l'instant présent vous absorbe tout entier. Tout, y compris la force vitale à l'œuvre en vous, rayonne d'énergie à l'état pur. Mû par une curiosité enfantine, votre esprit découvre la possibilité inédite de baigner dans une mer d'euphorie et votre cœur connaît enfin la paix. Demandez-vous alors : seriez-vous vraiment motivé pour renouer avec les contraintes d'une routine établie.

 Pages 163-164 Au cours du long processus de ma guérison, je me suis efforcée de parvenir à un équilibre harmonieux entre les deux hémisphères et surtout de déterminer quelles tendances prendraient le pas à tel moment donné. Cela me tenait à cœur dans la mesure où une profonde inquiétude mêlée de compassion pour le reste de l'humanité habite mon hémisphère droit. Plus nous mobilisons les réseaux de neurones qui suscitent en nous sérénité et sympathie pour autrui, plus notre entourage le ressentira et plus la paix s'étendra par contagion, si je puis dire, sur notre planète. D'un point de vue neuroanatomique, la paix intérieure a envahi mon hémisphère droit quand le centre du langage et l'aire associative pour l'orientation de mon hémisphère gauche ont cessé de fonctionner.….Des moines tibétains et des sœurs franciscaines ont été invités à méditer ou prier dans l'appareil d'imagerie cérébrale puis à tirer sur une cordelette quand ils se sentaient au plus proche de Dieu ou au plus haut degré de leur méditation. Des modifications de leur activité neurologique dans certaines régions spécifiques de leur cerveau ont été observées à ce moment-là. Les centres du langage de leur hémisphère gauche ont cessé de fonctionner et la petite voix qui babillait d'ordinaire en eux s’est tue. Leur aire associative pour l'orientation s'est mise en veilleuse dans la circonvolution pariétale de leur hémisphère gauche, la région du cerveau qui nous permet de nous représenter dans l'espace. Quand celle-ci ralentit son activité ou que notre système sensoriel ne lui envoie plus d'informations, nous ne savons plus où commence et où finit notre corps qui tend à se confondre pour nous avec notre environnement immédiat.

 Pages 167-170 En tant que créature biologique, nous disposons d'une emprise extraordinaire sur nous- mêmes. Nos neurones communiquent entre eux en fonction de circuits établis, ce qui rend au final leur activation assez prévisible. Plus nous nous concentrons sur un réseau de cellules en particulier, c'est-à-dire plus nous passons de temps à entretenir telle ou telle pensée, plus notre influx nerveux aura tendance à suivre le même parcours à l'avenir. En un sens, nos esprits ressemblent à des programmes de recherche sophistiqués qui se concentrent presque exclusivement sur l'objet de leur quête. Si je prends plaisir à voir du rouge autour de moi, je ne tarderai pas à en repérer un peu partout. Peut-être pas tant que ça au départ mais, plus je me focaliserai sur mon envie de rouge, plus j’en distinguerai dans mon environnement. Chacun de mes deux hémisphères voit les choses sous un angle différent. Mon hémisphère droit ne  se  soucie  que  de  l'ici  et  maintenant. Il sourit sans cesse et se montre très amical.  Mon hémisphère gauche s'attache quant à lui aux détails en organisant mon quotidien. C'est lui qui me pose des limites et juge de ce qui est bon ou pas, juste ou non. Mon cerveau droit se concentre sur la plénitude de l'instant présent. Il jouit de ce qui fait la richesse de ma vie au quotidien. Éternellement satisfait, il ne renonce jamais à son optimisme. Il ne juge pas en termes de bien ni de mal ; tout existe de son point de vue dans un continuum ; tout est relatif.C'est dans mon hémisphère droit que résident les tendances mystiques, ma sagesse, mes facultés d'observation, d'intuition, de clairvoyance. Mon cerveau droit en perpétuel éveil se laisse happer par l'écoulement du temps. Mon cerveau droit (d'autant plus libre qu'il ne s'attache à aucune limite) affirme que j'appartiens à un tout qui me dépasse.

 Page 174 Non content d'échafauder des contes à dormir debout qu'il prenait ensuite pour argent comptant, mon cerveau gauche manifestait une fâcheuse tendance à la redondance, c'est-à-dire à ressasser sans arrêt les mêmes idées. Beaucoup d'entre nous voient leurs pensées s'enchaîner sans répit et se surprennent plus souvent qu'à leur tour à imaginer les scénarios catastrophes. Hélas ! Notre société n'apprend pas aux enfants à cultiver le jardin de leur esprit.J'ai décidé de tirer une croix sur la partie de mon hémisphère gauche qui m'incitait à la mesquinerie, aux tracasseries incessantes et au dénigrement de moi-même et des autres. Mieux valait renoncer aux circuits neuronaux qui ravivaient en moi des souvenirs douloureux. La vie me paraît trop courte pour que je me soucie encore des souffrances qui appartiennent au passé.

Pages 175-176 Certains programmes de notre système limbique (à l'origine de nos émotions) se déclenchent par automatisme en libérant des substances chimiques qui se diffusent dans l'ensemble de notre organisme, mais disparaissent en moins d'une minute et demie de notre circulation sanguine. Prenons l'exemple de la colère : il nous arrive de nous emporter comme par réflexe dans certaines circonstances. Des substances chimiques qui perturbent notre équilibre physiologique nous envahissent alors pendant une minute et demie. Elles se dissipent ensuite et notre réaction automatique n'a plus lieu d'être. En résumé : ma colère ne persiste plus d'une minute et demie que lorsque je laisse le circuit neuronal correspondant activé en boucle. Je n'en reste pas moins libre à tout moment d'attendre que ma réaction se dissipe en me concentrant sur l'instant présent plutôt que de me laisser happer par le fonctionnement répétitif de mes neurones. Le « câblage » de notre système limbique a tellement tendance à programmer nos réactions que nous avançons souvent dans la vie en pilotage automatique. J'ai découvert que, plus les cellules de mon cortex supérieur se montraient attentives à ce qui se passait au sein de mon système limbique, mieux je maîtrisais mes pensées et mes sentiments. La surveillance des cellules responsables de mes réactions automatiques m’aide à maintenir mon emprise sur moi-même en m’amenant à prendre conscience des décisions de mon organisme. À long terme, j'assume ainsi la responsabilité de ce à quoi ressemble ma vie au quotidien. Rien ne m'a plus donné confiance en moi que de me découvrir enfin libre, de ne plus ressasser des pensées génératrices de souffrance.Quelle délivrance que de me convaincre qu'il ne dépendait que de moi de me laisser envahir par l'amour et la quiétude « de mon hémisphère droit », peu importe ce qui m'arrivait ! Il me suffisait de « virer à droite » en me focalisant sur l'instant présent.

Page 179 L'un de mes excellents amis, le docteur Jerry Jesseph, a pour maxime : « Mieux vaut prendre la paix intérieure pour point de départ que se la fixer pour objectif. »

Page 181 Si je veux échapper aux idées noires que mon hémisphère gauche prend un malin plaisir à ressasser, il est impératif que je les identifie au plus vite. Dès que je repère un circuit cognitif en train de s'activer dans mon cerveau, je me concentre sur ce que je ressens au plus profond de moi-même. Comment qualifierais-je mon état ? Mes pupilles se dilatent ? Le souffle me manque ? Mon cœur se serre ? La tête me tourne ? Mon estomac se noue ? L'anxiété me gagne ? Toutes sortes de stimuli sont susceptibles de mettre en branle le circuit de nos neurones qui suscitent en nous la crainte ou la colère, en provoquant une réaction physiologique type qu'il nous est par ailleurs loisible d'étudier.

Page 188 Quand j'éprouve une douleur quelconque, je me tais le temps de panser les plaies en cédant à ma souffrance, ce qui lui permet de se dissiper plus rapidement. La douleur avertit notre cerveau qu'une partie de notre organisme vient de subir un traumatisme et qu'il ferait bien d'en prendre note. Une fois parvenue à ma conscience, ma douleur a joué son rôle et si elle ne disparaît pas complètement, du moins elle s'estompe.

Pages 190-191 Si je me fie à mon expérience, la paix intérieure provient d'un circuit de neurones dans le cerveau droit qui, parce qu'ils ne se reposent jamais tout à fait, restent susceptibles de prendre le pas sur les autres à tout moment. Notre sentiment de quiétude s’ancre dans l'instant présent. Il ne nous vient pas d'un souvenir du passé ni d'une projection dans l'avenir. Pour atteindre la paix intérieure, il me semble impératif de se laisser absorber par l'ici et maintenant. Il ne faut pas s'en étonner : nos sociétés occidentales attachent plus de valeur aux facultés actives de notre hémisphère gauche que celle du droit, plus contemplatif. S'il vous semble malaisé de laisser s'exprimer votre hémisphère droit, c'est sans doute parce que vous avez trop bien retenu ce que l'on vous a enseigné toute votre enfance. Ce qui me met sur la voie de la paix intérieure, c'est d'abord de me rappeler que j'appartiens à un tout qui me dépasse, un flot d'énergie éternelle dont je ne saurais me dissocier. Cela me rassure de me dire que je me rattache au flux cosmique de l'univers tout entier. Il me semble alors que le paradis m'attend sur terre. Mon hémisphère gauche me considère comme un individu fragile qui risque fatalement, à un moment ou un autre, de perdre la vie. Mon hémisphère droit s'attache au contraire à l'essence éternelle de mon être. Peu importe si je meurs. Mon énergie se diluera dans le vaste monde qui m'environne.            

Page 202 Un moyen d'échapper à la rumination de notre hémisphère gauche consiste à le prier tout bonnement de chasser les pensées nocives qui nous perturbent. On ne saurait sous-estimer l'efficacité des incantations répétitives telles que les mantras (un terme qui signifie littéralement « lieu de repos de l'esprit »). Il me suffit de respirer à pleins poumons en répétant « Je déborde d'allégresse » « Je ne désire rien de plus que ce que je possède » ou encore « Je suis l'un des merveilleux enfants de notre mère la terre » pour basculer aussitôt dans la conscience de mon hémisphère droit. Le retour à la méditation (qui me conduit à un enchaînement d'idées riches en émotions) me fournit encore un autre moyen d'éloigner de ma conscience les pensées dont je ne veux pas. La prière, par laquelle nous substituons un ordre de réflexion à un autre, nous permet aussi d'échapper aux pièges du ressassement au bénéfice de notre tranquillité d'esprit.

Page 207 La douleur ne relève pas d'un choix conscient alors que la souffrance, si.

[Dr Jill Bolte Taylor
"Voyage au-delà de mon cerveau" (éd.j'ai lu)]

Vidéo Extraits de la conférence du Dr Jill Bolte Taylor Durée : 18’25”

http://www.dailymotion.com/video/x8agq2_jill-bolte-taylor-sous-titre-franca_tech