samedi 31 mai 2014

"CINQ LECONS DE SAGESSE MASSAI"



Chercher et trouver sa cohérence intérieure, rester relié aux autres et à l’univers, c’est ce à quoi nous invite le peuple massaï. L’anthropologue Xavier Péron nous fait découvrir ce mode de vie dans son dernier livre, également manuel de développement personnel.
Flavia Mazelin-Salvi
Sommaire

    Ilmao : accepter la dualité
    Encipaï : être dans la joie
    Osina kishon : accueillir la « souffrance-don »
    Eunoto : devenir un planteur
    Aingoru enkitoo : rechercher le bon ordre

D’eux, on ne connaît que leur longue silhouette au port altier drapée de rouge. Les Massaïs, un peuple d’éleveurs et de guerriers, figurants photogéniques dans Out of Africa (film de Sidney Pollack, 1986) ou des documentaires sur le Kenya. Ce que l’on ignorait, jusqu’au travail de l’anthropologue Xavier Péron, c’est qu’ils se transmettent de génération en génération une spiritualité riche, vécue au quotidien, d’une portée universelle et qui conçoit l’homme comme le cocréateur de l’univers.

Pour les Massaïs, comme dans la spiritualité amérindienne ou le taoïsme, l’humain est avant tout un être relié. Aux autres, à son environnement et à une force intelligence qui le dépasse et qu’eux-mêmes nomment Enk’Aï, « la déesse-mère, source de toute vie, explique Xavier Péron. Elle prend différents aspects, multiplie ses manifestations, et chacun est en relation collective et individuelle avec elle, par les prières, les danses, les pensées comme par les actes. Enk’Aï envoie par exemple la pluie qui nourrit les bêtes et les hommes, mais aussi les épreuves qui leur permettent de grandir spirituellement ». 




Xavier Péron est enseignant-chercheur en anthropologie politique et expert des peuples premiers. Il est l’auteur des Neuf Leçons du guerrier massaï (Jouvence Éditions, 2013). Dans ce récit initiatique, l’auteur nous présente la spiritualité massaï et la façon de mettre en pratique ses principes au quotidien.

L’anthropologue a vécu pendant des années parmi eux, a été initié à leurs rites et, depuis trente ans, poursuit une relation spirituelle intense avec Kenny, son ami et guide massaï. « Chez eux, remarque-t-il, il n’existe ni philosophie ni dogme religieux ; ils vivent la réalité en faisant corps avec elle, tout en ayant conscience de ce qu’ils doivent apporter en tant qu’individus et membres d’une collectivité pour maintenir l’équilibre et l’harmonie dans la grande chaîne de la vie. »

Selon lui, leur spiritualité peut se traduire par ces lignes de force : vaincre ses peurs, rester relié, ne pas créer de division en soi et autour de soi, tirer parti des épreuves, faire l’expérience de ce qui est.

« C’est ce que je m’efforce de pratiquer au quotidien et qui a changé ma vie, et c’est pour cela que je me sens leur passeur en Occident. Pour les hommes séparés, dispersés, agités que nous sommes devenus, il me semble important de diffuser leur message d’appel à l’unité intérieure, à l’ouverture de la conscience, deux ferments essentiels d’un vivre-ensemble plus juste et plus humain. » C’est cette voix que nous avons eu envie de faire entendre. Non pas pour idéaliser une culture ou un mode de vie, mais plutôt pour nous nourrir et nous inspirer. En découvrant les cinq piliers de la spiritualité massaï.
Ilmao : accepter la dualité


Le terme « massaï » provient du mot ilmao (« les jumeaux »), qui exprime la croyance selon laquelle toutes les choses sont reliées à d’autres pour former des paires d’éléments complémentaires
. Comme dans le tao et sa figure du yin et du yang, les contraires existent, mais ils ne sont pas antagonistes. La dualité règne à l’extérieur, comme le jour et la nuit, la pluie et la sécheresse ; et à l’intérieur de soi, où s’entrechoquent les élans altruistes et les désirs égoïstes, la peur et le courage… La refuser est, pour les Massaïs, le meilleur moyen de souffrir et d’être en conflit avec les autres. D’où la nécessaire acceptation de la dualité du monde et des êtres. Une posture qui favorise la patience et la bienveillance.

LA PRATIQUE

Identifiez vos jumeaux intérieurs. Dressez la liste de vos qualités et corrélez chacune d’entre elles à un défaut et à des comportements qui ont pu vous conduire à des échecs ou à des conflits. Exemple : « généreux » peut aller de pair avec « inconséquent », la générosité peut aussi devenir attente de réciprocité et être source de désaccord lorsqu’elle reste à sens unique. Le but est de poser sur soi et sur les autres un regard nuancé et indulgent.

Mettez en adéquation vos mots et vos actes pour éviter les dissonances et les antagonismes, sources de déséquilibre personnel et relationnel. Actes et mots doivent être jumeaux. Aucune différence entre le dire et le faire chez les Massaïs, qui savent par expérience que cette cohérence est la garantie de relations saines et durables


Encipaï : être dans la joie

Pour les Massaïs, la joie n’est pas un but mais un point de départ. Elle est la manifestation du lien vivant qui les unit à la déesse-mère, source de toute vie. La gratitude nourrit la joie, qui, à son tour, renforce le sentiment de gratitude. Gratitude d’être en vie, de pouvoir se nourrir, de pouvoir partager les épreuves et les réjouissances… Partager et se réjouir ensemble, mettre en lumière ce qui va bien, faire preuve d’humour sont autant de pratiques qui entretiennent chaque jour la joie de vivre. Être dans la joie est également une forme de politesse que l’on doit aux autres, elle génère un confort relationnel dont chacun profite. D’ailleurs, les Massaïs ont l’habitude d’annoncer une mauvaise nouvelle en la « coinçant » entre deux bonnes. Cette formulation met du baume au coeur de celui qui la reçoit et allège le fardeau de celui qui la transmet.

LA PRATIQUE

Cultivez la gratitude au quotidien, en commençant par prendre conscience des dons, aussi minuscules soient-ils, que vous recevez. La porte que l’on vous tient, le sourire que l’on vous adresse, le repas que vous partagez… Donnez à votre tour, en conscience, du temps, des compliments, des conseils, toutes ces petites choses qui adoucissent et embellissent les journées de ceux qui vous entourent.

Positivez en « enserrant » une pensée ou un fait négatif entre deux pensées ou faits positifs, comme le font les Massaïs.

Reconnectez-vous à l’énergie de la nature. C’est elle qui nous fait nous sentir maillons de la grande chaîne du vivant. Rien de tel que de s’adosser à un arbre et de perdre son regard dans sa frondaison jusqu’à se sentir un avec lui pour retrouver sérénité et force intérieure. Deux éléments constitutifs du bonheur d’être.


Osina kishon : accueillir la « souffrance-don »


(Pour aller plus loin:
Xavier Péron donne des conférences d’éveil à la spiritualité massaï. Rens. : xavierperon.com.)

Sans souffrance, pas d’éveil. C’est la conviction profonde des Massaïs, qui voient, dans les épreuves envoyées par Enk’Aï, l’opportunité de grandir. Un de leurs proverbes sacrés en témoigne : « La chair qui n’est pas douloureuse ne ressent rien. » Dans cette perspective, ils remercient la déesse-mère de placer l’épreuve-opportunité sur leur chemin. Leur rituel collectif consiste alors à « nouer son coeur » en faisant huit noeuds (représentant l’épreuve) sur une corde (le coeur), qu’ils vont dénouer (symbole de la résolution), montrant ainsi que, encore une fois, tout est duel et que l’on ne peut délier un problème qu’en le reconnaissant comme sien puis en affrontant la difficulté pour la résoudre.

LA PRATIQUE

Procédez comme les Massaïs, qui visualisent leurs émotions (peur, tristesse, colère, abattement, désir de vengeance…) après le rituel collectif de la corde, et les transportent vers leur coeur pour les brûler et les transformer en vive énergie, à la manière de l’alchimiste qui, dans son athanor, transforme le plomb en or.

Interrogez ensuite votre épreuve comme le Massaï qui parle à l’épreuve en ami. Que veux-tu me dire ? Quelle est ma responsabilité ? Dois-je attendre ou agir ? Quelle direction dois-je prendre ?

Notez toutes les réponses qui vous viennent spontanément sans les censurer ni les juger.


Eunoto : devenir un planteur


À la posture du constructeur, les Massaïs préfèrent celle du planteur. Alors que le premier se concentre uniquement sur la réalisation de l’objectif qu’il s’est fixé, la construction, le second plante son arbre, le soigne, mais accepte de faire avec ce qui lui échappe (le rythme de croissance, les aléas de la météo…). Concrètement, être planteur, c’est se mettre en phase avec le moment présent, s’adapter et se maintenir dans un état entre vigilance et confiance, volonté et humilité. Cette souplesse est facteur de sérénité, de patience et met à l’abri de la colère et de la déception.

LA PRATIQUE

Ancrez-vous, comme l’arbre, dans le moment présent. Les Massaïs disent : « Le passé est un pays où je n’habite plus. » Ici et maintenant, que ressentez-vous ? Comment pouvez-vous composer au mieux avec la situation et les personnes présentes ? Que charriez-vous d’inutile et de pesant du passé ? Quelles projections anxieuses vous empêchent de goûter à la saveur du présent ?

Plantez un arbre, prenez soin d’une plante. Cela vous incitera à mettre momentanément les « je veux » sur la touche et vous aidera à faire simplement avec ce qui est.


Aingoru enkitoo : rechercher le bon ordre

Être dans la justesse – dans ses mots, dans ses actions –, cela signifie pour les Massaïs être reliés à Enk’Aï. Une posture qu’exprime l’expression « avoir le regard clair et la démarche alerte ». La clarté du regard signifiant que la cohérence intérieure se voit de l’extérieur, et la démarche alerte témoignant d’un sentiment de légèreté et de sécurité dû à la certitude de marcher sur son bon chemin. Troubles, conflits, agitation sont, en revanche, les signes que l’on s’est décentré et que l’on s’est éloigné de sa « mission ». Car, pour les Massaïs, être en quête du bon ordre, c’est aussi chercher ce que l’on est venu faire sur terre.

LA PRATIQUE

Écoutez les messages de votre corps lorsque vous avez fait un choix, pris une décision. S’ils sont justes, sous les émotions superficielles (appréhension, excitation), vous devez ressentir une vague de calme, une sensation de paix intérieure, qui peut se traduire en mots par « ce n’est pas facile, mais c’est juste ». En revanche, interrogez-vous si vous ressentez des tiraillements, de l’inconfort, de l’agitation mentale et physique, et que ces sensations durent ou se manifestent chaque fois que vous pensez à votre choix ou à votre décision.



jeudi 22 mai 2014

"NOS PENSEES CONTROLENT-ELLES NOTRE SYSTEME IMMUNITARE?"


de Danielle Duperret

Les mauvaises nouvelles d'abord

Les médias nous font part, presque quotidiennement, de l’apparition de foyers de maladies de part le monde, ainsi que de découvertes de nouveaux virus et de nouvelles bactéries résistantes aux antibiotiques. Les médecins se sentent impuissants contre ces assauts, qu’ils n’ont pas les moyens de combattre. Entre le SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) causé par un coronavirus (virus très contagieux) qui s’est déclaré dans le Moyen-Orient, et le virus Ebola en Afrique, en passant par les nombreux virus qui causent les grippes annuelles, sans oublier les infections iatrogènes (contractées dans les hôpitaux ou suite à la pharmacodépendance), on peut se demander ce que l’avenir nous réserve. Une discussion avec un médecin ne m’a pas rassurée. Selon lui, les épidémies d’antan seront bientôt jeux d’enfants comparées à celles auxquelles nous ferons bientôt face.

Elle ne m’inspirent pas


Je n’aime pas les mauvaises nouvelles. Elles ne m’inspirent pas. Depuis mon adolescence, j’ai appris qu’à tout problème, il y a une solution. Passons aux bonnes nouvelles : imaginez votre vie si votre esprit pouvait avoir une mesure de contrôle, ou même le pouvoir d’influencer ce qui se passe dans votre corps. Futuriste ? Peut-être pas. Les recherches prometteuses de la psycho-neuro-immunologie nous offrent de l’espoir.

La psycho-neuro-immunologie

Cette science, comme son nom l’indique, allie principalement la psychologie (l’étude scientifique du comportement et des fonctions mentales), la neurologie (une spécialité médicale se penchant sur les troubles du système nerveux) et l’immunologie (une autre spécialité médicale qui examine les différents aspects du système immunitaire). Simplement dit, la psycho-neuro-immunologie étudie les interactions entre les pensées, le système nerveux et le système immunitaire.

Dans ce premier article, nous allons jeter des bases pour comprendre l’évolution de cette nouvelle discipline. Un article plus "vivant" suivra, ainsi qu’une conférence vidéo en ligne.

Évolution des connaissances


Il est utile de se faire une idée de l’évolution d’une science : voici, très brièvement, un peu d’histoire. Claude Bernard, un physiologue français, s’intéressait à la relation entre les troubles psychiatriques et le système immunitaire et créa le concept de "milieu intérieur" dans les années 1865. Walter Cannon, un professeur de physiologies à l’Université de Harvard, poursuivit ce concept et publia, en 1932, le livre Wisdom of the Body (La sagesse du corps), dans lequel il développait l’idée d’homéostasie, selon laquelle le corps régularise les différents systèmes pour se maintenir dans une condition stable et relativement constante.

Durant ses recherches sur les animaux (recherches qui semblent utiles mais que je déplore), Walter Cannon remarqua que l’anxiété, la détresse et la rage arrêtaient les mouvements de l’estomac des bestioles qu’il étudiait. Il observa que ces émotions déclenchaient les réactions de lutte, fuite ou immobilisation (on lui doit le terme "flight or flight reflex" - "réaction de fuite ou de lutte"). Les fruits de son travail furent publiés dans de nombreux articles et condensés dans le livre The Mechanical Factors of Digestion (Les éléments mécaniques de la digestion).

Nous en arrivons à Hans Selye, un endocrinologue hongrois, pionnier des recherches sur le stress, décédé en 1982. Hans Selye poursuivit ses recherches à l’Université de Montréal, avec l’aide de 40 assistants et sur 15 000 animaux, mettant les animaux dans des conditions physiques et mentales adverses variées. Après plusieurs années d’expérimentation, il développa le modèle du syndrome général d’adaptation, une théorie du stress, durant lequel les glandes surrénales augmentent de volume, le thymus, la rate et certains tissus lymphoïdes s’atrophient ; on observe également des ulcérations gastriques. Il publia 1700 rapports de recherches et 7 livres.

Hans Selye décrit trois étapes de ce processus d’adaptation : 1) alarme, 2) résistance et 3) épuisement. Prenons l’exemple de la cigarette. En général, la première cigarette nous fait tousser : le corps réagit et nous envoie un signal d’alarme. Si l’on continue à fumer, le corps va s’adapter et devenir résistant. On ne toussera plus et tout ira bien, pendant plusieurs années. Finalement, l’adaptation épuisera le corps et une bronchite, l’emphysème, un cancer ou la mort se déclareront.

Au milieu du 20ème siècle, Georges F. Salomon, de l’Université de Californie à Los Angeles, publia le livre Emotions, Immunity and Disease : a speculative theoretical integration (Les émotions, l’immunité et la maladie : une intégration théorique spéculative) dans lequel il forgea le terme psycho-immunologie. Il avait remarqué que les patients psychotiques avaient une réaction différente des patients non-psychotiques à la vaccination contre la coqueluche : le nombre de lymphocytes et d’anticorps était plus bas chez les psychotiques.

Genèse de la la psycho-neuro-immunologie

Nous en arrivons à la psycho-neuro-immunologie. En 1975, Robert Ader et Nicholas Cohen, de l’Université de Rochester à New York, ont démontré, sur des rats, que le système immunitaire pouvait être conditionné. Les rats buvaient de l’eau contenant de la saccharine, puis ingéraient le médicament Cytoxan, qui donne des nausées et supprime le système immunitaire. Ader découvrit qu’après avoir été conditionnés, les rats réagissaient simplement lorsqu’on leur donnait de l’eau avec de la saccharine, sans médicament. Les résultats ont été reproduits maintes fois, attestant leur validité. Ce fut la première expérience scientifique démontrant que le système nerveux (le goût) pouvait influencer le système immunitaire.

En 1981, David Fellen, à l’Université de médecine de l’Indiana, découvrit un réseau de nerfs conduisant à des vaisseaux sanguins et à des cellules du système immunitaire. Des chercheurs ont également trouvé des nerfs, dans le thymus et la rate, se terminant en grappes de lymphocytes, de macrophages et de mastocytes, qui tous contrôlent la fonction du système immunitaire. Ader, Cohen et Felton publièrent le livre révolutionnaire : Psychoneuroimmunology (Psycho-neuro-immunologie).

Finalement, en 1985, Candace Pert, faisant des recherches en neuropharmacologie au NIH - National Institute of Health (Institut National de la Santé), découvrit qu’il y avait des récepteurs de neuropeptides spécifiques dans les membranes cellulaires du cerveau et du système immunitaire. La découverte que les neurotransmetteurs et les neuropeptides agissent directement sur le système immunitaire démontre leur étroite collaboration avec les émotions et suggère qu’il y a un mécanisme liant les émotions au système immunitaire.

Cette collaboration entre les différents systèmes, immunitaire, endocrine et nerveux ainsi qu’avec le cerveau, permet de mieux comprendre le lien entre les émotions et les maladies.
Lorsque j’ai étudié l’imagerie guidée interactive, nous nous sommes fortement appuyés sur les travaux de Hans Selye et de Candace Pert.

Pour lire ce que peut nous apporter cette collaboration entre les différents systèmes, lisez l’article sur L’imagerie et la puissance de l’esprit dans la guérison, paru dans Énergie-Santé.

Rendez-vous pour le prochain article, plus vivant, qui mettra en valeur la puissance de l’esprit dans la guérison.

Voir l’article complémentaire, de Danielle Duperret :
Nos pensées contrôlent-elle notre système immunitaire ?
 

Danielle Duperret

Danielle Duperret est un docteur naturopathe et holistique, intéressée par l’énergie de la nourriture, la psychologie quantique, la parapsychologie, le biofeedback et la spiritualité depuis sa jeunesse. Elle est l’auteur de plusieurs ouvrages en anglais, qu’elle est en train de traduire en français.

Née et élevée en Suisse, elle a voyagé à travers l’Europe, le Moyen-Orient et l’Inde avant de venir s’installer aux États-Unis en 1979, où elle vit présentement à Las Vegas.

Elle a donné naissance à 7 enfants (6 filles et 1 garçon), tous nés naturellement à la maison, qui ont eu le privilège d’un enseignement personnalisé à domicile et d’une alimentation biologique.

Elle a préparé des cours de naturopathie traditionnelle et quantique accrédités, pour des professionnels de la santé et offre de nombreux ateliers pour professionnels et grand public.

Sa vie n’a pas toujours été rose… mais elle a transformé les tragédies qui ont failli l’abattre en une force intérieure qui lui a permis de triompher de nombreux coups durs. Atteinte d’un cancer à l’âge de 15 ans, elle s’est mise à étudier la nutrition et la psychologie. Isolée, violée et violentée, mise en prison pour un crime qu’elle n’avait pas commis, elle a mis en pratique toutes les stratégies et techniques mentales et psychologiques qu’elle avait étudiées, puis a distillé celles qui l’avaient soutenue dans les circonstances les plus désespérées.

De la tragédie au triomphe, du chaos à la clarté, de la peur à la foi, le docteur Danielle offre des programmes d’études à domicile, des ateliers et des consultations personnelles, transmettant son savoir et son expérience à ses clients pour leur permettre de surmonter leurs obstacles et de vivre une vie riche et épanouie.

Danielle Duperret
Docteur naturopathe et holistique, ND/PhD - Las Vegas (USA)
dynamicdr1@gmail.com
 

Le site de Danielle: http://www.DanielleDuperret.com/fr


mardi 13 mai 2014

"LA NECESSITE DE TRAVAILLER SUR SES PEURS"


Nous sommes à la fois manifestation physique et Essence universelle ; or nous avons oublié notre source.

A mesure de l’éloignement de son identité divine, l’humanité s’est installée dans le doute, la perte de confiance. Le voile s’est graduellement épaissi, et de moins en moins guidée par la sagesse de l’être profond, l’ego trompeur s’est construit avec ses certitudes et son système de croyances. L’ego manipule parfois à notre insu les outils spirituels, énergétiques ou corporels que nous sommes amenés à utiliser. Cela a pour conséquence de générer beaucoup d’illusions et la conviction de l’inutilité de reconnaître nos peurs, la blessure qui nous habite, d’en comprendre le sens…

Il est vrai qu’il peut être tentant de se tourner vers une recherche spirituelle en évitant soigneusement la confrontation avec nos ombres. Lesquelles finissent pourtant par nous rattraper à un moment ou à un autre de notre vie !

Les enseignements d’éveil font de l’instant présent la clé d’accès à l’ouverture de conscience. Il semblerait qu’il y ait parfois une distorsion de compréhension de cette réalité. En effet, ne pas s’identifier à nos pensées, nos émotions et vivre le moment présent ne signifie pas nier, rejeter ou fuir ces aspects de nous. Guérir les divisions intérieures impliquent d’intégrer l’expérience humaine dans la conscience de notre dimension lumineuse et d’unir les forces de l’horizontalité à celles de la verticalité. Cela implique notre responsabilité envers nous même et envers la vie d’une manière toute différente. Ainsi toutes nos blessures constituent le compost de ce qui devient notre force de vie.
Notre peur la plus intense est très souvent associée à ce que nous avons d’essentiel à réaliser dans notre incarnation présente.

A chaque fois que nous appréhendons un événement de la vie, une rencontre de manière difficile, il est en fait question d’une étape initiatique qui s’offre à nous, soit une opportunité de libération, de dissolution de quelque chose qui restreint notre élan de vie. Il est par conséquent de la plus grande importance de vivre nos expériences en toute conscience… Et pour cela nous devons réinvestir ce « territoire sacré », à savoir le présent de notre être dans ce corps. C’est de ce lieu, le corps, la conscience, la sensation dans l’instant présent que nous pouvons accueillir une réaction, une émotion, un sentiment douloureux, prendre conscience d’une programmation qui nous limite. Une réaction, c’est la manifestation d’une mémoire émotionnelle, donc d’une blessure…

Naître à soi-même, car c’est bien de cela dont il est question, c’est s’accompagner dans un processus de reconnaissance de soi à tous les niveaux de l’être, incluant la sphère psychologique.

Nous sommes créateurs de nos états intérieurs et non pas victimes. Il importe d’observer ce que nous avons mis en place pour masquer ce désarroi d’être éloigné de notre nature essentielle. La quête intérieure prend tout son sens quand elle inclut la question de la souffrance. Les pensées compulsives, les sentiments de mal-être, les sensations d’anxiété qui nous habitent, mais aussi les pulsions réactives (colères, émotions) ont leur source dans les peurs et les blessures que nous n’avons pas encore réussis à rencontrer, à accueillir, à embrasser.

A partir d’une expérience douloureuse, il y a tout un programme qui se met en place de sabotage, d’abnégation, de sous-évaluation, de non-amour de soi… Même si notre ego tente de nous persuader que nous sommes le plus intelligent, le plus beau, le plus performant. Et surtout s’il tente de nous en persuader, c’est pour cacher quelle détresse ?
Quelles sont ces circonstances de vie où nous refusons de lâcher prise ?
L’activation d’une blessure, le refus de mouvement, la rétraction de l’énergie.

La conscience de soi nourrit la confiance en soi. Il nous appartient de démystifier la souffrance pour libérer, accueillir et faire grandir cette confiance, la sentir encore plus palpable en soi. Le non-amour de soi, le manque de valeur et d’estime font que nous nous sentons de plus en plus abandonné par la vie. De ce fait nous cherchons davantage de sécurité, de reconnaissance, de pouvoir. Ce qui conduit inévitablement à se blesser encore davantage.

Notre humanité a banalisé l’état de victime et le «consensus social » en joue à notre dépend en actionnant tous les leviers de la peur. Aussi longtemps que nous nous positionnons comme victime de l’autre, de la vie, nous ne pouvons bénéficier du potentiel d’énergie et de conscience à notre disposition. A partir du moment où nous avons créé le petit moi et toutes ces identifications, nous ne vivons plus à partir de notre conscience profonde. Nous fonctionnons à partir d’une conscience de surface qui est une adaptation à notre conditionnement, à notre éducation et toutes les peurs, les appréhensions, les jugements que ceux-ci véhiculent. Ce sont alors nos pensées qui nous disent qui nous sommes, qui nous croyons devoir devenir. Elles élaborent des scénarios sur les autres, sur le monde, souvent fort différents de la réalité. L’être s’est confondu avec le personnage, occultant sa véritable essence… !

Le chemin d’éveil passe, de façon incontournable, par la découverte permanente de ce qui empêche d’Être. La somme des attachements, des attentes, des désirs, des besoins amoindrissent considérablement le sentiment d’Être et de vivre à partir d’une conscience profonde. Un certain nombre d’individus peuvent néanmoins sembler manifester une grande confiance en eux à laquelle s’ajoute force de conviction et charisme mais dont les fondements se trouvent encore dans un système de croyances. Si, de la perspective de l’Être, la peur ne fait que servir l’illusion, sur le plan de la manifestation physique elle n’en constitue pas moins une réelle entrave, générant beaucoup de souffrance.

Mes peurs, mes pensées, ne sont certes pas qui Je Suis ; elles sont pourtant mes créations et il m’appartient de les réintégrer, de les transmuter à la lumière de cet espace de conscience plus vaste et inclusif. Nous ne pouvons retrancher une partie de ce qui nous constitue. La lumière doit faire corps avec la densité. S’éveiller à qui nous sommes, c’est l’expérience d’une profonde réunification en soi. C’est à partir d’une conscience ancrée dans le moment présent que nous apprenons à apprivoiser ce qui nous fait peur. Il n’existe pas de technique ou de méthode miraculeuse. La seule pratique à laquelle se conformer est celle qui nous éveille à une aptitude à revenir au présent, encore et encore… !

C’est une sorte de gymnastique spirituelle qui demande entraînement et persévérance, le mental humain étant très mal adapté au moment présent. C’est faire le choix de cultiver cet art d’exercer sa conscience dans l’ici et maintenant afin d’intégrer sur un plan supérieur les pensées, les émotions et les sensations qui véhiculent les peurs, les attentes, et les frustrations. En d’autres mots : l’intégration du moi limité dans le soi illimité.

Excepté, en situation de danger immédiat, la peur – petite ou grande – n’a ni fondement, ni réalité objective dans l’instant présent.

Il s’agit le plus souvent d’une projection dans le futur en référence à un conditionnement passé tout en « zappant » le présent. Or, si une difficulté surgit dans le moment présent, il y a de grandes probabilités d’y trouver une résolution. Il n’y a cependant aucun pouvoir d’intervention au regard d’un événement passé si ce n’est que rajouter de la culpabilité ou renforcer le sentiment d’être victime. Et c’est la même chose quant aux peurs que nous projetons dans le futur. Elles procurent un sentiment d’impuissance et pompent nos ressources énergétiques. Lorsque nous luttons contre une peur ou tentons de la nier, elle prend tout l’espace, générant de plus en plus de stress, d’anxiété, d’angoisse. Si nous l’observons à partir d’un espace plus profond et de la sensation du corps dans l’instant présent, son intensité, son impact s’amenuise.
La charge émotionnelle qu’elle contient se dissout peu à peu libérant une grande quantité d’énergie jusque là prise au piège de cet état de fixation. La peur peut pourtant se représenter une fois, dix fois… Ce sera alors autant d’opportunités de l’apprivoiser et d’affiner cette aptitude à être de mieux en mieux lesté dans le moment présent, dans le Soi.

En terme métaphorique, la gymnastique spirituelle évoquée plus haut, va permettre de « muscler » la conscience-témoin afin que celle-ci prenne de plus en plus de place. Il est question d’une acuité sensorielle qui donne à voir, à sentir avec clarté les dynamiques dans lesquelles nous sommes à tous moments et les voir à partir d’une certaine distance ; avec empathie et bienveillance. La « Présence » convoque « l’ouverture » ; une ouverture totale envers toute expérience que nous rencontrons !

Puissions-nous cultiver une joyeuse vigilance au quotidien et faire le choix résolu de se resituer dans un ordre intérieur, dans une intégrité à tous niveaux, dans la clarté et le discernement… En sachant refuser la compromission, la manipulation et toute forme d’illusion, même si celle-ci est porteuse de belles promesses, comme la sécurité, par exemple. Nous sommes créateurs de notre propre vie mais notre engagement envers nous-mêmes ainsi que notre persévérance à oser nous hisser au-delà des conditionnements et des habitudes mentales sont souvent bien défaillants.

En chacun sommeille un être libre de tout jugement, de toute pulsion réactive et doté d’une grande capacité à ressentir, à s’émerveiller, à aimer, à compatir !.. Un être capable de se tenir là, dans le moment présent, et d’embrasser tout ce qu’il contient : une peur, une émotion ; sans tentative de fuite, de déni. Sans complaisance et sans compromis non plus. L’époque nous engage à inviter une conscience plus profonde à façonner notre humanité.

Article écrit par Sylvia Garance paru dans la revue le 3e millénaire


vendredi 18 avril 2014

"L'ESCALIER DE LA VIE"



QUEL EST LE SENS DE MA VIE ?
 
C’est une question souvent posée : " Ma vie a-t-elle un sens ? " ou d’une manière plus générale : " La vie humaine peut-elle avoir un sens ? ". Le sens de la vie est un souci actuel : les gens ne se contentent plus de survivre, ils veulent aussi servir à quelque chose, être utile.

Pourquoi est-il si difficile de vivre ? C’est que la vie est fournie sans son mode d’emploi et son absence nous manque cruellement. Alors on essaie de s’en construire un, mais hélas on met souvent une vie pour y arriver et lorsqu’on l’a, c’est déjà trop tard pour s’en servir. Le secret de la vie se paie fort cher. Qui veut sauver sa vie, la perdra, nous a-t-on répété. Mais de quelle vie donc s’agit-il ?

Il existe beaucoup de sous-vies ou de maladies de la vie, depuis la vie-prison jusqu’à la vie insensée. Il y a des vies limitées, mornes, tristes, routinières, etc. Mais il y a aussi des vies mortes ou au moins moribondes.

A l’opposé sont les vies éveillées, riches de sens et de joie, des vies pleines et bienfaisantes. Il y a aussi des moments où tout baigne dans une lumière parfaite et où l’on se plein de joie et d’espoir, capable de réaliser de grandes choses sans aucun effort apparent. Ces moments privilégiés où l’on est transporté au-dessus de soi-même suffisent à justifier toute une vie. Il faut donc s’éveiller à la Vie, dans la vie et à l’au-delà de la vie. Il faut arriver à une vie ouverte, reliée et épanouie.

Quel modèle peut-on bien utiliser pour classer les types de vies et savoir s’y repérer ? Quel est ce secret de la vie qui rend tout juste et parfait dans la plénitude de la joie ? Pour le mouvement transpersonnel, nous présentons l’escalier de la vie.





L’ESCALIER DE LA VIE

1.L’escalier de la vie est celui des Valeurs. Une valeur est ce pour quoi on est prêt à donner sa vie. On a autrefois commencé ces études en termes de besoins ou de motivations. C’est ainsi qu’ Abraham Maslow en 1965 parlait de " needs " et " meta-needs ". Pour nous, pour déterminer un sens il vaut mieux parler de buts et de valeurs. Nous cherchons à intégrer le triangle des besoins de Maslow dans l’escalier de la vie. Il est double et symétrique et se lit donc en montant et en descendant. Nous distinguons cinq valeurs montantes, la valeur suprême et cinq valeurs descendantes, qui sont en fait des anti-valeurs.

2. Les valeurs physiologiques. La vie commence par les valeurs de la vie, les valeurs vitales, indispensables pour vivre. Après réflexion et étude, elles sont finalement peu nombreuses et réduites. Mais on commence toujours par elles et on est en droit de les exiger. Pour vivre on a besoin de respirer, manger, boire et dormir. C’est tout.

3. Le besoin de respirer est le premier qui se manifeste chez le nouveau-né, il emplit pour la première fois ses poumons qu’il gonfle et déplie. Il prend son premier souffle qu’il rendra avec son dernier souffle, car le souffle c’est la vie. Par la suite cela se complique avec la demande de bon air pour respirer, pas d’air pollué et vicié, pas de dioxine, d’amiante, de fumée de tabac, etc.
Puis le nouveau-né cherche le sein de sa mère pour s’allaiter et il utilise le seul instinct de l’homme, celui de téter. Par la suite le besoin de manger exige bien plus de complications, qui ne peuvent être résolues que par l’entraide. La chasse est ainsi plus fructueuse si l’on se met à plusieurs pour rabattre et encercler le gibier. Puis comme cela ne suffit plus, il faut passer au jardinage, à l’élevage et inventer l’agriculture. Pour lutter contre les famines des mauvaises années, il faut constituer des réserves de plus en plus importantes. Les silos et les greniers doivent être défendus et c’est l’origine des premières villes : Mohenjo-Daro, Sumer, Jéricho …
Boire est peut-être plus vital que manger, car on tient moins longtemps sans boire que sans manger. La lutte pour les points d’eau a toujours été vive et encore maintenant elle commande bien des politiques nationales. Il n’y a d’ailleurs presque plus d’eau naturelle, l’eau purifiée ou dessalée devient un produit industriel.
Dormir est une nécessité vitale qui met le dormeur à la merci des attaques et enclenche donc le besoin suivant qui est celui de sécurité. Le sommeil exige un endroit calme et un toit. Mais les expériences scientifiques ont montré que rêver était encore plus vital que dormir. L’homme ne peut pas rester sans rêver, même s’il ne se souvient pas au réveil de ses quatre ou cinq rêves du sommeil.
Par contre le besoin sexuel, bien qu’impérieux, n’apparaît pas comme vital, ainsi qu’en portent témoignage bien des vierges et des ascètes. La première justification de la vie est de survivre, de se perpétuer. La première valeur de la vie est donc de rester en vie, d’échapper à la mort qui nous guette à chaque instant (accident, maladie…). Et l’un des premiers buts dans la vie ordinaire, et plus spécialement dans celle des narcissiques, est de grandir et d’assurer sa subsistance jusqu’à ce que la maturité permette de se reproduire.

4. Les valeurs de sécurité. Tout être humain a droit à l’intégrité de son corps (pas de meurtre, de torture, de coups, de viols …). C’est l’Habeas corpus, contre l’emprisonnement arbitraire, accordant la protection de la loi même en prison.

5. La protection de l’abri pour dormir engendre le domicile et le droit de propriété, donc une protection accrue contre les effractions, les cambriolages, les vols … mais aussi contre les incendies, cyclones et autres catastrophes naturelles. Les forces de sécurité collectives n’ont cessé de se développer et de se complexifier depuis les Chevaliers du Guet et les patrouilles des gens d’armes, jusqu’aux brigades du feu et aux Armées. Et malgré tout cela le souci sécuritaire ne cesse d’augmenter.
Le travail aussi doit se faire en toute sécurité, ce qui implique l’organisation d’équipes de sécurité, du droit du travail, d’inspecteurs du travail et de la médecine du travail. En fait la partie montante de l’escalier correspond à toute l’organisation de la civilisation et plus particulièrement à tout le travail des syndicats de travailleurs des XIXième et XXième siècles. Les ouvriers ont réclamé une protection envers les accidents par des Caisses de solidarité, des Mutuelles, des Assurances, puis contre la maladie par la Sécurité sociale et contre la vieillesse par des Caisses de retraites.

6. Les valeurs d’affiliation. L’homme est un animal grégaire, qui est fait pour vivre en groupe, un zoov politikon, un animal qui vit en cités. L’antique malédiction Vaae solis, malheur à ceux qui sont seuls, ils finiront SDF, clochard sans domicile. D’ailleurs littéralement un être humain ne peut pas vivre seul, sans l’aide des autres.

7. Le besoin sexuel pousse à des rencontres qui dans l’espèce humaine n’ont pas de période fixes, mais s’étalent sur toute l’année. Et ce désir se double, surtout chez la femme, d’un sentiment amoureux. L’enfant manifeste un grand attachement à sa mère, sans laquelle il ne pourrait pas vivre. L’ensemble a créé le besoin de famille, plus ou moins favorisé par la société. La famille humaine est une quasi-réalité naturelle, même si à l’origine il s’agit plutôt d’un clan totémique.

Nous trouvons là une des plus fréquentes justification de l’existence : le besoin de se reproduire. Si on laisse un enfant après soi, on ne meurt pas tout à fait ; on vit par delà la mort par personne interposée. Si on a deux enfants, on a remboursé sa dette envers ses parents et l’espèce humaine : le couple a rendu la vie qu’il a reçu. Et cela peut suffire à justifier une existence : comme le disent certaines mères-célibataires ou certaines collégiennes enceintes " cela va donner un sens à mon existence ". Il faut ajouter que derrière le désir de l’individu, il y a la force de multiplication de l’espèce et c’est une force colossale. Les individus meurent mais l’espèce et la vie se perpétuent ainsi.

D’ailleurs lorsqu’il n’y a plus de famille les jeunes en recrée une sous forme de la bande. Et dans l’histoire humaine tout pousse les hommes inexorablement vers des groupes de plus en grands (villages, cités, régions, nations, États-Unis).
Les classes se groupent en écoles, collèges, Universités. Le travail se fait avec d’autres en équipe et les groupes de production ou de distribution deviennent de plus en plus grands avec la concentration industrielle et les multinationales.
Se croisent en plus avec tout cela des milliers d’associations sportives, touristiques, culturelles, humanitaires, musicales, éducatives, caritatives, religieuses, secrètes, politiques, révolutionnaires linguistiques, juridiques, psychothérapiques, scientifiques, littéraires, paramilitaires, informatiques, hygiéniques, écologiques … Dans les pays anglo-saxons ce besoin d’affiliation est poussé à l’extrême avec les Clubs qui tiennent lieu de famille.
A quoi il faut ajouter encore le cercle des amis, des copains et des relations qui prouvent l’universel besoin d’affiliation. L’on peut en sus préciser que l’affiliation ne suffit pas, que l’on recherche en plus une intégration et une reconnaissance.

8. Les valeurs d’estime. Tout le monde a besoin d’estime, nul ne peut vivre continuellement dans le mépris (sauf les masos). Mais l’estime est double, il y a l’estime de soi et l’estime reçue des autres. Il est difficile de vivre sans l’estime des autres : celle de ses parents, de ses enfants, de ses supérieurs, de ses collègues de travail, de ses voisins et de ses amis … Tout le monde est avide de reconnaissance et de signes extérieurs (médailles, décorations, titres …). Et il n’est pas facile de garder l’estime de soi dans l’indifférence ou le mépris des autres. C’est pourtant ce qui est arrivé à combien de peintres comme Van Gogh, de poètes comme Rimbaud, de mystiques comme Jean de la Croix, d’inventeurs comme Hans Berger …

9. L’estime de soi vient de ne pas faire trop de choses qui trahissent son idéal, de réduire les lâchetés et les compromissions, d’éviter de faire ce qu’on ne pourrait pas se pardonner.
Une des formes de l’estime est la considération. Dans une époque où la considération est en baisse (le Temps du mépris) tous le monde en réclame : les policiers, les infirmières, les enseignants, les journalistes … Même les jeunes sauvages des banlieues, qui s’agonissent d’injures, réclament du respect. La politesse avec toutes ses prévenance est l’invention sociale pour régler ce besoin d’estime.

10. Les valeurs de réalisation de soi. Tout être tend à persévérer dans son être, tout être veut se développer, s’épanouir dans toutes ses dimensions, réaliser toutes ses possibilités.

11. On a commencé à se réaliser par le travail et le centre a été l’usine. Puis on lui a réclamé un restaurant d’entreprise, des logements sociaux pas chers, une infirmerie. Après ce a été la demande pour que l’usine prenne aussi en charge les loisirs, d’abord le club de football, le stade, la salle de gym, la piscine, la bibliothèque, la chorale ou l’orchestre, la troupe de théâtre, l’agence de voyage, la peinture et l’encadrement, etc. Puis est venu la formation permanente avec les clubs d’apprentissage de langues ou d’informatique … Le plus dur a été le salon de coiffure, l’institut de beauté, la crèche …
L’on a mis un siècle à obtenir tout cela. Et maintenant la même demande arrive dans le Collège (6ème à la 3ème). Il ne doit pas que fournir l’instruction, mais un métier et tout le reste. Il est vrai qu’il en est de même dans les Campus Universitaires américains, qui ont gardé la formule, qu’avaient les premiers monastères chrétiens, du lieu de vie total.
Ce qui est totalement nouveau est le souci de réalisation psychologique. Il y a la forme de la psychothérapie (individuelle ou de groupe, courte ou longue), qui permet de se réparer et de se nettoyer des mauvaises influences de l’enfance pour changer sa vie. Puis est venu le " Mouvement du potentiel humain ", qui au-delà de la réparation, vise exactement à se développer dans toutes ses dimensions et ses potentialités ignorées ou inemployées.
Longtemps cela est apparu comme le sommet du sommet : la totalité parfaitement réussie. L’équivalent du Chevalier du Moyen-Age, de l’honnête homme de l’âge classique ou du saint chrétien. Être bien dans sa peau, totalement épanoui.
Et c’est là qu’intervient l’avertissement de Jung :
" L’existence qui n’a en vue que le moi est étouffante … Le Yoga nous apprend que seule mérite d’être vécue une vie qui nous déborde. "
Tout ceci était intéressé, avec un but égoïste. Alors quoi, au-delà ?

12. Les valeurs de dépassement. Dépassement est désintéressement, ce qui est gratuit, don généreux, sacrifice. Cela est nouveau, on ne l’avait pas encore rencontré : on vient de dépasser le niveau égoïste pour atteindre le niveau transpersonnel. On échappe à l’égoïsme originel.

13. Qu’est-ce qui dépasse la personne ? Les Valeurs, qui sont les raisons de vivre, les justifications d’une existence. La valeur est ce pour quoi on est prêt à sacrifier sa vie : la Liberté, l’Égalité, la Justice, la Patrie, l’Art, la Science, la Vérité, le Bien, etc. Les Valeurs sont assez curieuses parce qu’elles n’existent pas (réalisées sur terre). Par exemple, la Justice ne règne pas sur la terre, on ne peut citer aucune décision de juge qui soit juste, parfaitement, et pourtant bien que ne l'ayant jamais rencontré, combien de personnes (et de juges) luttent pour la justice et sont prêts à réparer une injustice. Il en est de même pour l’Amour. Le fait que les Valeurs ne soit pas réalisées ne les empêche pas de mener le monde.
Faire du développement personnel est encore très égoïste, c’est, comme le disait Hegel, sculpter sa propre statue. On ne s’occupe que de soi. Ce sixième niveau, celui des valeurs de dépassement, mène l’homme vers le dépassement de lui-même, vers le sacrifice et le dévouement, vers l’action gratuite et désintéressée. Aller au delà de soi, se dévouer pour quelque chose qui dépasse l’homme, croire en un espoir, un idéal, une Transcendance : tout cela permet de servir à quelque chose et d’être utile.

C’est cette mutation qui hausse l’homme au dessus de lui-même qui lui permet d’ajouter aux acquis de la civilisation et de remplir le but de l’espèce humaine sur la terre : s’éloigner de la bestialité et aller vers un transhumain. Il en est du beau comme pour l’Art, cela ne sert à rien, c’est gratuit et désintéressé, et justement c’est ce qui fait la grandeur et la noblesse de l’espèce humaine : être capable de faire du beau pour le plaisir.
Le dévouement aux Valeurs donne son sens à la vie humaine. Notre espèce est programmée pour cela : l’accès au niveau spirituel est instinctoïde par nature. Cela est apparu à Maslow lors de son enquête de 1969 où il a demandé " Quel est le moment le plus important de votre vie, l’instant inoubliable ? ". Et les réponses ont porté sur un état de conscience modifié, une extase, ce qu’il a appelé une expérience des sommets (peak-experience). Alors il est passé de " développement personnel " au Transpersonnel. Et il a bien compris que ceci était une nécessité vitale. Lorsqu’on se trouve face à ce que Desoille appelle " l’expérience du sublime ", le refus du dépassement de soi est catastrophique et pathogène. L’égo est la maladie du moi, son exacerbation pathologique, formé de l’égoïsme, l’orgueil et la colère. La racine des échecs dans la vie est l’égoïsme et le refus du sublime. C’est la dégringolade. L’on chute de tout ce qui a été acquis précédemment. Et donc nous redescendons l’escalier marche par marche.

14. Les valeurs secondaires. Si l’accès au sixième niveau a été raté, la désespérance s’installe, car l’on sait que quelque chose d’essentiel a été perdu. On chute alors dans les valeurs secondaires, qui sont celles de l’avoir et non pas de l’Être. On cherche la réussite, on veut réussir sa vie. Et la réussite c’est quoi ? Avoir la T.V., un chien, une auto, une femme et des enfants, une belle maison avec un jardin, une résidence secondaire avec piscine, un bateau, son hélicoptère ou son avion privé, etc. Etc. parce que c’est sans fin et sans limite, " toujours plus ", avoir un appartement dans chaque ville avec les plus belles filles qui vous attendent, son journal, ses avocats et conseillers financiers, sa chaîne de télé, sa banque, sa multinationale, sa fondation humanitaire et son musée …

15. Finalement pour beaucoup réussir c’est être riche, mais cette réussite extérieure est souvent une réussite de façade, une réussite extérieure pour les voisins, puis pour le public. Par contre certains recherchent plus le succès, la célébrité, les fans, la gloire, entrer vivant dans le dictionnaire … D’autres ce sont les honneurs, les médailles et décorations, les titres nobiliaires, être élu président ou Immortel à l’Académie française. Le Rouge et le Noir de Stendhal et tous les romans de Balzac illustrent bien cette soif d’ascension sociale, pour compenser un total vide intérieur.
Une variante se trouve dans le goût du pouvoir : commander, se faire obéir, donner des ordres, être au sommet. On peut le trouver dans les systèmes hiérarchiques (armée, église, administration, usine, prison, école, secte …) et d’autres l’installent dans la famille, ou son substitut la bande de jeunes ou le " milieu ".
De toute manière on ne s’accroche à ces biens périssables que faute de pouvoir accéder aux impérissables. On ne chute dans l’accumulation des avoirs que faute d’Être. On ne sombre dans l’égoïsme que par impossibilité de désintéressement et de générosité. Et l’on camoufle son culte de l’égo sous une Fondation humanitaire qui perpétuera son nom.
Donc ces valeurs sont la dégradation et la caricature de la volonté de développement personnel tout ce qui était centré sur la réalisation de sois (dans sa psychologie) se retrouve aussi égoïstement dans la réussite sociale.

16. Les valeurs de l’oubli. Un échec de plus et l’on se retrouve dans les valeurs de l’oubli. Ce qu’il faut c’est s’étourdir et oublier. Ceci se camoufle assez souvent sous le désir de plaisir, de jouir, d’en profiter. Il faut user et abuser de tous les plaisir en niant absolument que cela puisse entraîner une dépendance. Le cas le plus typique est celui des drogués. Ils peuvent présenter leur utilisation des drogues douces puis dures comme une exploration des états intérieures, un changement d’état de conscience, une expérimentation, voir chez certains un culte religieux. Dans la réalité l’égoïsme est forcené, sans aucun scrupule, sans rien respecter, ils sont capables de voler (et même de tuer) ceux qui les aiment et les aident, pour arriver à satisfaire une fois de plus leur terrible passion.

17. Il en est de même pour les joueurs de tous acabits, les grands malades les joueurs de casino et les petits parieurs à la petite semaine aux Courses de chevaux ou de lévriers, au PMU, au Loto, Bingo et tous les systèmes d’exploitation de la Française des Jeux. Leur dépendance est totale, ils sont hors de la vie et ne respectent rien. Mérite tous les sacrifices pour eux, l’instant d’exaltation hors d’eux-mêmes où la Chance va enfin leur donner ses faveurs et où ils pouvoir se refaire. Sont-ils donc si défaits ? Là aussi leur rituel est souvent la parodie d’un acte religieux, qui les transporteraient au dessus d’eux-mêmes.
En fin viennent les alcooliques, si nombreux (masculin, féminin, professionnel, chic, discret, honteux, délirant …). Il est souvent lié à un échec professionnel, familial, sentimental, etc. L’alcoolique a toujours une souffrance à oublier : un drame, une tragédie, une honte, une souillure, une blessure … Il vit une profonde déchéance et une impuissance dont il n’est pas fier, mais il ne peut pas s'arrêter dans cette descente vertigineuse sans fin qui le mènera au délirium trémens.
Lorsque l’on veut entrer dans une relation d’aide, il faut être bien conscient de tout cela. Rien ne peut être obtenu directement sur le comportement, il faut agir d’abord sur la perte d’estime. Les valeurs de l’oubli sont l’inverse exact de l’estime de soi et des autres. Rien ne peut être obtenu tant qu’on a pas agi sur la perte, la honte, l’égoïsme et rendu à la personne l’idéal dont elle s’estime indigne.

18. Les valeurs de la solitude et de l’absurde.Un degré de moins et l’on descend de l’oubli dans le désespoir. C’est l’état d’une vie qui n’a de sens, d’une vie absurde, inutile. Les matérialistes qui nient tout idéal, sont centrés sur eux et ont présenté une image de l’homme tronqué, coupé, réduit, comme Procuste ils coupent tout ce qui les dépasse. Cette apologie de l’absurde et de non-sens a été très à la mode à l’époque de Sartre et des caves de Saint-Germain-des-Prés à la Libération. Cette glorification du désespoir ne pouvait mener qu’à la Nausée sartrienne. Ce qui n’était que matière à amusement chez ces brillants intellectuels est vécu comme un drame dans leur chair pour bien de leurs victimes.

19. Avoir une vie stupide et qui ne sert à rien peut mener à couper tous les liens. Faire l’expérience de la solitude vient souvent de ce que l’on s’est coupé de tout et de tous. C’est ce qui conduit à se marginaliser et il y a bien des formes de la marginalisation. On parle beaucoup actuellement de l’exclusion, mais on oubli que dans bien des cas il y a plus eu marginalisation qu’exclusion. C’est l’individu qui n’a pas pu adhérer aux valeurs du groupe et qui s’est mis à part tout seul. C’est par une désinsertion sociale que l’on tombe dans le vagabondage, la clochardisation et ce que l’on nomme les SDF (sans domicile fixe). La perte de tout espoir est à l’origine de cet abandon de tout, à commencer par la famille et les amis. Il y a la volonté d’avoir raison seul contre tous, ainsi que l’illusion de ne dépendre de personne et de n’obéir à personne. Alors qu’en réalité le SDF est le plus démuni et le plus faible des hommes.
Il est vrai qu’il y a pire dans cette décision d’avoir seul raison contre toute l’humanité. On commence alors à se couper des hommes, à se sentir étranger et seul. Devant l’horreur de ce qu’ils étaient en train de réaliser ou de ce qui allait s’installer, certains se sont séparés, étrangers dans l’étrange (aliénus), aliéné et fou. Combien ont préféré s’absenter et entrer dans le vide de la folie, la plus absolue solitude. Dans la conviction de ne pas pouvoir être compris et de ne pas pouvoir communiquer, on devient un malade mental, retranché de l’humanité.
On est là dans le contraire exact des valeurs d’affiliation et d’intégration. personne ne peut avoir raison tout seul et personne ne peut vivre seul. Ce ne peut être qu’illusion, comme celle du fou qui croit qu’il est seul alors qu’une dizaine de personnes s’occupent de lui pour lui préparer sa nourriture, faire son lit, le soigner, l’habiller et le surveiller.

20. Les valeurs destructives. Par contre il est possible de tomber encore plus bas, au lieu d’être inutile, on peut devenir un nuisible. Ces valeurs négatives sont celles de la délinquance, qui cherche à organiser une anti-société. Son principe de base est que tu n’as pas le droit de me faire ce que je te fais. Je ne reconnais que ma loi, mon désir. Et sous la forme actuelle " tu n’as pas le droit de m’empêcher de pratiquer mon " métier " ". On passe de la récup. à la fauche, puis au cambriolage et au hold-up. Mais certains dans le désespoir le plus total ne respectent rien et veulent simplement qu’on les laisse tranquillement tout casser et tout détruire.

21. Un autre degré est celui des criminels, les assassins, les sadiques, les violeurs, les pédophiles et les tortionnaires … Nous sommes là dans le contraire complet du besoin sécuritaire, ces êtres dangereux ne respectent rien. Certains ont pourtant une conscience morale et regrettent beaucoup leurs actes, mais ils savent que lorsque la pulsion et la crise reviendront, ils ne pourront pas s’empêcher de recommencer à nouveau.
Pire sont les terroristes, car ils se drapent dans une apparence de légitimité et même se prétendent au sommet au stade 6, celui du dévouement à un idéal. Mais cet idéal, qui est celui de la domination d’un peuple ou d’une langue, est un idéal de mort et de destruction, qui justifie amplement la mort de nombreux innocents. Comme le proclamaient les premiers soviétiques " la fin justifie les moyens ", la victoire du prolétariat justifie les attentats, les guerres et les goulags. Ce n’est pas un ennemi que l’on cherche à cibler, mais une violence aveugle, qui utilise la prise d’otage ou les bombes pour engendrer la terreur en tuant des innocents non-concernés.

22. Les valeurs de mort. Le cycle est bouclé avec le contraire des valeurs de vie. Tout le monde a faim et réclame à manger sauf l’anorexique, qui vit la faim comme le plaisir suprême. Il est vrai que l’anorexie est une conduite suicidaire inconsciente. * Dans le suicide la pulsion de mort est à son comble et la plus grande agressivité possible est retournée contre soi, dans le désespoir. C’est le néant et l’auto-destruction, on ne croit plus à rien. L’alcool ne suffit pas, on ne veut plus penser, on ne veut plus souffrir et se faire des reproches. La peur et l’angoisse se conjuguent à l’idée, je m’évanouis, je ne suis plus là, je ne vais plus souffrir puisqu’il n’y aura plus de " Je ". De toute manière, comme ils disent, je n’ai pas demandé à vivre et je choisis de défaire la vie et de retourner dans le néant. Comme s’ils étaient surs qu’il n’y a plus rien après la mort, mais s’ils savaient ce qui les attend ils n’attenteraient pas à leur vie.
Il faut maintenant échapper à toutes ces vies pathologiques et à toutes ces maladies de la vie pour trouver ce qu’est la vraie vie, celle qui mérite d’être vécue ;


LA VIE QUI VAUT LA PEINE D’ÊTRE VÉCUE

La question a été posée dès les Grecs. Les Épicuriennes assuraient qu’une vie de plaisir est ce qu’ils recherchaient, à quoi Aristote objecte que le plaisir ne suffit pas pour être heureux et qu’il préfère une vie de bonheur. Et finalement a été envisagée la qualité de la vie avec l’axiome : " Il vaut mieux être un Socrate mécontent qu’un pourceau satisfait ". Le plaisir c’est pour les porcs, ce n’est pas ce que recherche le héros. Son " plaisir " est d’un autre ordre, il est dans son sacrifice joyeux à son idéal et au bien de l’humanité. La morale du Héros présentée par Bergson est déjà une préparation au Transpersonnel.

Comme l’a écrit Albert Einstein : " L’émotion la plus magnifique et la plus profonde que nous puissions éprouver est la sensation mystique".

Là est le germe de toute science véritable.

Celui à qui cette émotion est étrangère, qui ne sait plus être saisi d’admiration ni éperdu d’extase est un homme mort ".

Ainsi nous est indiqué le secret de la vie. Pour avoir une vie vivante et non morte, il faut découvrir la Vie de la vie, ce que cherche le mystique toute sa vie. " Pour quoi ai-je mérité de vivre ? ".

Une vie qui vaut la peine d’être vécue est une vie riche et intense, une vie de don, de joie et d’espoir. Ce ne peut donc pas être une vie égoïste à la recherche du plaisir, au prix bien souvent de la souffrance d’autrui. La vie véritable est une vie généreuse, une vie qui donne et qui se donne. La vie qui a un projet de vie et qui se dévoue à une œuvre, reçoit beaucoup plus que celui qui ne pense qu’à lui et exige tout des autres. Une vie épanouie est une vie reliée, reliée aux autres, à soi et ses différentes composantes et aux forces qui nous dépassent. Il n’y a pas de vie épanouie sans Amour et l’amour véritable demande tous les sacrifices. Aimer c’est s’unir et c’est le souhait de l’univers de se rassembler uni vers un centre par l’Amour universel.

Pour trouver la source de la vie, il faut rentrer en soi et partir au pèlerinage de la vie intérieure. Le secret de la vie est dans la présence du Sacré, qui est sa source. Il convient donc de réaliser que ce n’est pas nous qui avons produit notre vie, mais que nous sommes habités par la vie, ce qui conduit à être plein de respect pour cette vie et par conséquent pour nous-mêmes. La source de la vie n’est pas notre petit moi, mais quelque chose de plus grand et de plus mystérieux qui nous dépasse infiniment. Une vie illuminée est une vie qui permet de retrouver la joie, de pouvoir s’émerveiller et de remercier à chaque instant pour ce don inestimable et gratuit qu’est la Vie. Le secret de la Vie c’est : les Vivants vivent dans la jubilation d’être en vie dans la Vie.

Marc-Alain DESCAMPS



(Marc-Alain Descamps, né en 1930, est un philosophe et psychologue français, professeur de philosophie, de psychologie, psychanalyste, enseignant de yoga, animateur de formation, conférencier et écrivain.)