
Est-ce que les endorphines permettent d'expliquer le bien-être éprouvé en méditation ? Si par une pratique précise on peut fabriquer sa propre morphine à l'intérieur du corps, n'est-ce pas un gage d'autonomie par rapport à toutes sortes de dépendances, depuis la drogue et l'alcool jusqu'à cette dépendance fondamentale qui consiste à rechercher le bonheur à l'extérieur alors qu'il est déjà là, présent en nous ?
Pour aller droit au fait, on peut dire d'emblée que les endorphines ne sont pas la nouvelle panacée universelle, et qu'on n'en fera pas les "pilules de l'extase" que certains attendent peut-être; mais que leur découverte dans notre organisme depuis une quinzaine d'années ouvre de nouvelles perspectives sur le lien corps-esprit, avec des conséquences indirectes sur la compréhension du mode d'action de la méditation.
Qu'entend-on par endorphines ? Ce sont des peptides, c'est-à-dire de courtes chaînes d'acides aminés; on les qualifie d' "opioïdes" car ils ont une action similaire à celle de l'opium et de la morphine. Ils ont été découverts par J. Hugues en 1975. Ils sont fabriqués au niveau de l'hypophyse et localement a la jonction entre les neurones; ils peuvent, au moins pour la bêta-endorphine, passer dans la circulation générale et être dosés. On trouve des récepteurs à endorphines également dans la peau, les intestins, le cœur et d'autres organes. Pour savoir si une action physiologique, par exemple une anesthésie, est médiatisée par les endorphines, on administre au sujet un antagoniste des morphiniques, en général la Naloxone. Si l'anesthésie cesse, cela signifie qu'elle était due aux endorphines. On a montré ainsi que l'anesthésie par acupuncture était médiatisée en partie par les endorphines. On a également prouvé le rôle des endorphines dans de multiples situations, la situation typique étant l'effort positif à pleine capacité.
Parmi les quatre cent trente articles sur les endorphines dont j'ai pu voir la liste à la Bibliothèque Centrale de l'École de Médecine à Paris, je n'en ai trouvé aucun qui parle nommément de méditation, ce sujet d'étude n'étant guère prioritaire dans les équipes de recherche. Cependant, une étude du Dr Levine de l'université de Californie peut être reliée indirectement à la méditation: Levine a montré que les endorphines médiatisaient l'effet placebo, c'est-à-dire que les patients qui suppriment leur propre douleur en croyant avoir reçu un médicament efficace le font par l'intermédiaire des endorphines. Si on leur administre de la Naloxone, I'effet placebo est supprimé et les patients souffrent de nouveau. L'effet placebo est un exemple particulier d'auto-suggestion qui est une méthode qu'on peut relier sans difficulté à de nombreuses sortes de méditation, même si ces dernières ne sont pas réductibles exclusivement à une auto-suggestion. De plus, il y a un rapport entre la concentration du prana, ce flux d'énergie que l'on concentre spontanément ou systématiquement dans certaines parties du corps, et la stimulation par aiguilles d'acupuncture; or, nous avons vu que l'action de celle-ci se fait en partie par l'intermédiaire des endorphines. Il n'est donc pas absurde de parler du lien entre méditation et endorphines, bien que nous ne puissions que souhaiter en avoir une confirmation expérimentale directe dans un avenir proche. Pour décrire plus précisément l'action des endorphines sur le corps, prenons le cas de la bêta-endorphine qui est sécrétée en cas d'exercice sportif pratiqué à 80% ou plus de la capacité maximale du sujet.
La sécrétion des endorphines est maximum en une minute, et semble influencée, en plus de l'effort, par des facteurs psychologiques. Elle dure en plateau pendant quinze minutes pour s'effacer en quarante-cinq minutes. Les endorphines semblent avoir pour fonction de donner une euphorie, un oubli de la douleur qui permet de se surpasser soi-même. On les a impliquées dans l'euphorie du combat qui permet à quelqu'un dont le bras, par exemple, vient d'être arraché après un obus, de continuer à tirer de l'autre bras. Elles favorisent la résistance au froid et sont certainement en cause dans les exploits des yogis qui vivent à peine vêtus dans le grand Himalaya. Elles sont augmentées pendant l'accouchement pour permettre à la mère de faire face aux douleurs. Les femmes qui ont eu l'habitude de l'exercice sportif pendant leur grossesse, c'est-à-dire qui ont l'habitude de produire leurs propres endorphines, en ont un taux supérieur dans le sang au moment de l'accouchement et supportent mieux les contractions que les femmes qui n'ont pas fait d'exercice.
Les endorphines augmentent la glycémie et la palatabilité, c'est-à-dire le plaisir pris à manger les aliments.
Ces deux éléments contribuent sans doute à la sensation globale d'euphorie. Fait intéressant pour les méditants: les endorphines sont à leur maximum à six heures du matin; l'expérience de méditation risque donc d'être plus gratifiante à cette heure-là, pour peu qu'on ait suffisamment dormi auparavant, et les douleurs dues à l'immobilité de la posture risquent d'être mieux supportées. Les endorphines, par ailleurs, sont diminuées chez les arthritiques. Or, les effets de la pensée positive pour favoriser la guérison de l'arthrite sont connus. En rapprochant ces deux faits, il n'est pas interdit de penser que les endorphines sont un neuro transmetteur en cause dans l'amélioration, voire la guérison, de l'arthrite. Il ne faut cependant pas faire des endorphines une substance miracle. Elles inhibent le rythme des hormones sexuelles et peuvent induire un retard de la venue des règles et de la puberté chez des adolescentes qui pratiquent un sport intensivement. De plus, elles provoquent une inhibition des défenses immunitaires quand elles sont en quantité abondantes dans le sang, par exemple dans la demi-heure qui suit l'effort; elle peuvent aussi faire oublier ses propres limites et donner lieu à des accidents.
L'arrêt du mental: endorphines, drogue et extase
Les endorphines sont des opiacés: ceux-ci ont des propriétés de "stupéfiants". Par ailleurs, le mot "stupéfaction" revient souvent dans le vocabulaire des mystiques. En commun, il y a un arrêt du mental. De même, l'ivresse, l'intoxication peuvent être divines. Les souris, particulièrement Omar Khayyam, ont poussé assez loin l'analogie. L'alcool donne une certaine sensibilité et permet d'avoir une conscience relativement détachée du corps.
Par ailleurs, on sait que, par une succession de réactions biologiques, I'alcool en vient à agir sur les mêmes récepteurs que les endorphines. Cela est à rapprocher du fait que chez les alcooliques les endorphines sont basses: elles n'ont plus besoin d'être synthétisées puisque l'alcool prend leur place. Ce bas niveau pourrait expliquer le caractère pénible, douloureux de l'état de manque chez l'alcoolique, qui n'est pas sans rappeler l'état de manque chez l'héroïnomane. Les opiacés provoquent la stupéfaction, l'arrêt du mental entre autres par le blocage des sensations douloureuses; celles-ci sont à la base d'une agitation constante du mental ordinaire, qui se défend en permanence contre telle ou telle petite gêne ou douleur. De plus, ils paralysent la motricité intestinale qui est probablement reliée à la sensation de mal-être quand elle est accélérée (diarrhée, stress) et à une sensation de bien-être quand elle est diminuée ou ralentie.
Le véritable arrêt du mental n'est pas seulement un arrêt du bavardage et de l'imagerie intérieure: il est lié à un arrêt du mouvement interne des sensations ce qui pour les yogis, correspond au samadhi. Cet arrêt provoque un bonheur intense, bien au-delà des bonheurs habituels; même un arrêt partiel du mental procure une expérience de bonheur hors de l'ordinaire.
Quand on envisage les choses dans une perspective suffisamment large, il est erroné de dire que l'extase est une forme d'expérience de drogue sublimée. C'est plutôt le contraire: le drogué dévie de l'expérience du soi dont il a eu un reflet à travers la prise de toxiques; le bonheur qu'il en a éprouvé fait qu'il cherche à le retrouver par tous les moyens, même s'il doit au bout du compte le payer très cher.
A l'inverse de la drogue, les débuts de la méditation sont difficiles; ils demandent une discipline pour apprivoiser son mental, son attention. Il faut payer le prix au début, mais après, le fait de n'avoir même qu'un avant-goût de l'expérience de l'arrêt du mental est suffisant pour récompenser ses efforts et donner envie de continuer. Les témoignages traditionnels convergent autour de cette expérience: au début des Yoga sutras de Patanjali, la définition du yoga est célèbre: citta-nirodha, l'arrêt du mental. Nisargadatta Maharaj parle même d'abandonner le sentiment de "je suis", et compare concrètement le samadhi à de l'eau bouillie qui repose: non seulement elle est immobile, mais les germes des désirs égoïstes qui existaient en elle ont été tués. Il dit par ailleurs: «La Connaissance n'a pas besoin de paix et de quiétude, car elle est en elle-même paix et quiétude. Dans ce principe de la quiétude fondamentale, sans dualité, il n'y a pas de changement, quel que soit le moment.»
Dans le bouddhisme, le terme nirvana- cessation-parle de lui-même; ceux qui ont tant soit peu d'expérience spirituelle comprendront tout le potentiel positif de liberté et de bonheur intérieur qu'évoque ce terme. Le zen est fondé sur mu-la vacuité. Maître Eckhart exprime cette expérience d'arrêt du mental de diverses manières, entre autres lors d'un sermon sur la Béatitude de la pauvreté: «Ici, dans cette pauvreté (de ne rien posséder), l'homme retrouve l'être éternel qu'il a été, qu'il est maintenant et qu'il demeurera à jamais.»
Chez les Pères du désert et dans le monachisme grec, I'hésychia-la quiétude- tient la première place, qu'il nous suffise de quelques citations pour le faire sentir. Saint Nil recommande de «s'attacher au chef de file de tous les travaux, l'hésychia, qui montre la contemplation des vertus, douée d'yeux multiples»... Le moine doit avoir «soif de l'hésychia déifiante».Pour lui, le silence est une panacée: «Il n'est pas de souci qui ne puisse être vaincu par le silence. A Dieu lui-même, le silence t'unira...» «Beaucoup de gens courent, pour trouver, mais il n'en est pas un qui trouve, si ce n'est celui qui tient le silence continuellement. »
Il ne faut pas confondre cette grande expérience avec un stade intermédiaire de méditation associé à un plaisir intense; c'est un encouragement, mais il peut donner lieu à une sorte d'accoutumance et on doit être prêt à le dépasser pour aller plus loin. Ramakrishna disait à ses disciples, qui étaient tellement fascinés par lui qu'ils ne pouvaient s'empêcher de revenir tous les jours à heure fixe le visiter: «Vous êtes comme ces paons auxquels on donne quotidiennement et à la même heure une pilule d'opium. On peut être sûr qu'au bout de quelque temps, ils seront obligés de venir au rendez-vous.»
C'est le rôle du Maître spirituel de communiquer une expérience de joie hors de l'ordinaire qui donne au disciple l'envie d'aller plus loin dans sa propre pratique. Dans une étude faite durant les années 70 aux États-Unis, sur deux mille sujets s'étant mis à pratiquer la méditation pendant deux ans, les pourcentages de consommateurs de drogue ont diminué significativement. Au début, 80% des sujets prenaient de la marijuana, au bout de deux ans, ce taux était descendu à 20%. Pour le LSD, le pourcentage d''intoxiqués passait de 60% à 5% et pour les amphétamines, de 35% à 5%. Le fait qu'on puisse se mettre bien par soi-même sans l'aide d'aucun produit extérieur me semble important à dire et à redire du point de vue médical comme du point de vue spirituel et ce, surtout pour un public français, quand on sait que nous battons les records de consommation de vin et de tranquillisants par habitant...
Recherche en physiologie et expérience traditionnelle
Si un fait d'expérience traditionnelle est corroboré par la recherche en physiologie, tant mieux. Cela pourra aider des débutants qui n'ont foi que dans la science à s'intéresser au savoir traditionnel. Mais ne nous faisons pas d'illusion: le principe de base de la tradition est l'expérience personnelle, on peut difficilement échapper à cette loi. Ainsi, il n'y aura pas de miracle tant que les gens ne se mettront pas à pratiquer, même si on réussit à prouver scientifiquement que la méditation fait produire des endorphines euphorisantes en plus des effets anti-stress déjà connus. C'est archiprouvé scientifiquement que le tabac et l'alcool sont nuisibles pris en excès, mais combien de gens font semblant de ne pas le savoir pour continuer à s'intoxiquer ! Même si nous réussissions à fabriquer à partir des endorphines des pilules-miracle, des "euphories", cela ne changerait rien au problème de base: pour quelles raisons allons-nous mal, quel est le pourquoi et le comment de notre souffrance, comment peut-on agir sur ses causes ? Les processus de conscience qui mènent aux expériences de méditation sont au fond plus importants que les expériences elles-mêmes: celles-ci passent, mais ce qu'on a compris pour y arriver reste. L'éveil se fait en nous-même et par nous-même: par exemple, c'est encore par nous-même que nous pouvons le mieux trouver un antidote à un neuro-peptide dont l'action est fort répandue chez les méditants, surtout tôt le matin et tard le soir: "l'endormine" !... Il serait excessif de faire des endorphines une sorte de véhicule tout puissant de la pensée positive, même si on réussit à confirmer le lien entre les deux. Certes, les Simonton guérissent des cancers en faisant visualiser aux patients des leucocytes mangeurs de cellules malignes, pourquoi, alors, ne pas se servir des endorphines pour concrétiser une pensée positive ? Tant mieux si cela marche, mais il faut savoir qu'on reste au niveau d'un truc de visualisation et que les réalités neurochimiques sont plus complexes et plus contradictoires que cela. Du point de vue du yoga, les phénomènes neurophysiologiques sont seulement des corrélatifs, des conséquences de ce qui se passe à un autre niveau. Nous sommes inconsciemment héritiers de la pensée mécaniste des chimistes du XIXe siècle. La vie, l'esprit se réduiraient à un ensemble de réactions chimiques; mais en cette fin du XXe siècle revient au premier plan, par de multiples voies, la notion que l'homme est relié à ce qui l'entoure, au pouvoir cosmique, au "champ unifié" pourrait-on dire pour ne pas rentrer dans trop de particularités culturelles.
Le fait d'être dans une situation de stress intense et d'avoir soudain une force insoupçonnée pour la dépasser est pour le yogi le signe de l'intervention d'un pouvoir "autre"-qu'on l'appelle pouvoir de l'Autre ou Kundalini, qu'on le fasse venir d'en haut ou d'en bas, peu importe. Le fait de savoir ou de ne pas savoir que ce phénomène peut être corrélé à tel ou tel neuromédiateur n'empêche pas de le comprendre et de l'utiliser.
En Inde, on trouve de nombreux exemples de gurus qui mettent intentionnellement leurs disciples dans des situations extrêmes pour déclencher chez eux l'éveil d'une énergie dormante. Dans le zen, le rythme soutenu et prolongé des sesshins permet également ce dépassement de soi-même. Dans le monachisme chrétien, on peut rapprocher de ce processus l'ascèse du staretz Silouane du Mont-Athos: «Se tenir en enfer et ne pas désespérer.» Le risque de telles méthodes fortes, si elles sont mal indiquées, est de créer un dégoût que même le souvenir d'une éventuelle euphorie des endorphines ne réussira pas à dissiper.
Pour donner un autre exemple de la prudence nécessaire dans le rapprochement d'éléments de recherche scientifique et d'expériences traditionnelles, on peut parler du lien entre méditation et hémisphère droit, lien qui n'est en fait que partiellement justifié. C'est ce que montre un article de J.B Earle qui avait fait à l'époque une synthèse d'une centaine de publications sur le sujet. L'idée de départ était logique: la méditation cherchant à inhiber le mental verbal, rationnel (hémisphère gauche) et à stimuler les capacités intuitives (hémisphère droit) on devrait observer une certaine prédominance droite, au moins pendant et juste après la méditation.
Certes, L’hémisphère droit est physiologiquement lié à l'attention soutenue et à la production d'images mentales. On constate qu'il est stimulé chez les débutants en méditation alors que l'hémisphère gauche est inhibé. Cela correspond sans doute au fait que le débutant s'efforce de faire taire le bavardage mental et se trouve envahi par un afflux d'images mentales qu'il ne réussit pas encore à contrôler.
Mais quand le méditant progresse, ce n'est plus l'excitation de l'hémisphère droit qui est caractéristique, mais une plus grande synchronicité intra et inter-hémisphérique des ondes enregistrées à l'électro-encéphalographie. Ces ondes sont en phase, ce qui est probablement relié à un glissement de l'activité principale du cerveau du cortex vers les régions sub-corticales; le ressenti du sujet serait alors un sentiment d'unité, de «vacuité de la conscience». Nous en revenons à cette expérience fondamentale de l'au-delà du mental, ou de son arrêt, ce qui a une signification analogue. Témoin, cette histoire zen, pour terminer:
Un jour que le maître Yao-shan Wei-yen était assis tranquillement les jambes croisées, un moine vint et lui dit:
«A quoi pensez-vous dans l'immobilité ? -Je pense à ce qui est au-delà de la pensée.
-Comment faites-vous pour penser ce qui est au-delà de la pensée ?
-En ne pensant pas.»
Par le Dr Jacques VIGNE
http://www.anandamayi.org/devotees/jv/jv10.htm

L’état dépressif est le contraire de la joie de vivre. Pour autant, il ne la fait pas disparaître. Selon le psychanalyste Moussa Nabati, il peut même être l’occasion de sa renaissance.
Bernadette Costa-Prades
Une fois la thérapie terminée, la joie de vivre revient-elle ?
Moussa Nabati : La psychanalyse n’a jamais promis la béatitude, mais elle permet de récupérer l’énergie jusque-là dépensée à lutter contre la dépression, pour la mettre au service de projets nouveaux.C’est la souplesse, le lâcher-prise, la créativité qui reviennent. Ce n’est pas la joie que l’on retrouve en guérissant, mais plutôt la joie d’être en vie, de se sentir vivant. Tant que vous restez dans le combat,vous êtes comme anesthésié,car en voulant faire barrage à la douleur, vous supprimez du même coup les plaisirs ! Quand vous ne l’êtes plus, vous retrouvez la capacité d’accueillir toute la palette des émotions, joie et tristesse comprises. Contrairement à ce que nous souffle notre culture occidentale très manichéenne,qui a du mal à conjuguer les contraires, le bonheur et le malheur ne sont pas antinomiques.
Psychologies : Vous affirmez que la dépression est une chance, n'est-ce pas provocateur ?
Moussa Nabati : Oui, j’ai conscience que, dans notre culture hédoniste qui refuse d’en passer par la douleur, c’est un peu dérangeant. Mais mon hypothèse est que la dépression est une opportunité fantastique pour guérir une bonne fois pour toutes de ses blessures du passé. Entendons-nous bien : je ne dis pas que l’on a de la chance de faire une dépression, mais qu’elle peut être une chance…
Par quel mécanisme ?
Moussa Nabati : Contrairement à ce que l’on croit, la dépression n’est pas la conséquence du coup dur qui la déclenche – divorce, chômage,deuil – ici et maintenant. Cette épreuve vient réveiller une douleur non cicatrisée. La dépression à l’âge adulte entre toujours en écho avec une dépression infantile précoce qui vient refaire surface.
Que s’est-il passé dans l’enfance ?
Moussa Nabati : Les déprimés n’en ont pas eu ! Ils n’ont pas été aimés, choyés,soutenus comme ils auraient dû l’être. Or, l’enfant qu’ils étaient s’en est senti coupable, comme tout enfant mal aimé qui s’accuse des maltraitances qu’il subit. Il a refoulé cette culpabilité, a lutté contre sa déception pour continuer à grandir. À l’âge adulte, cette culpabilité va le pousser à s’autopunir en s’interdisant de goûter au bonheur. Il va encore faire passer les désirs d’autrui avant les siens, dans la tentative vaine de démontrer aux autres son « innocence ». Et puis,un beau jour, un abandon, une perte viennent briser toutes ses digues…
Pourtant, certaines personnes font des dépressions sans véritable facteur déclenchant…
Moussa Nabati : C’est vrai, ces personnes ont, apparemment, « tout pour être heureuses ». Mais elles aussi ont mis en place des défenses pour faire barrage à leur souffrance,en se battant pour réussir leur vie de famille, leur vie professionnelle. Paradoxalement, le jour où elles atteignent leur but, elles se retrouvent face à elles-mêmes, à leur douleur masquée par l’énergie dépensée pour ces réussites. Finalement, l’effondrement peut survenir aussi bien quand tout va mal que quand tout va bien,mais la cause reste la même.
Que faut-il, alors, pour que la dépression soit une chance ?
Moussa Nabati : La dépression va permettre de déposer cette arme du déni, qui a été efficace dans l’enfance pour ne pas sombrer, mais qui ne l’est plus. Quand nous tombons en dépression, c’est que nous sommes prêts psychiquement, nous nous sentons assez forts pour y faire face. Pour en faire une chance, il faut que la personne puisse l’accueillir pour ce qu’elle est : un message envoyé par l’inconscient, et non une maladie à éradiquer. Qu’elle accepte de s’occuper d’elle en effectuant un travail d’introspection, en revisitant son passé avec l’aide d’un analyste afin de comprendre ce qui s’est joué dans son enfance.
Mais cela ne fonctionne pas toujours, certains rechutent…
Moussa Nabati : Pour moi, ils n’ont pas fait ce travail analytique en profondeur, ils ont sans doute voulu aller trop vite pour aller mieux. De plus en plus de thérapies proposent de ne pas s’attarder sur son histoire, de regarder l’avenir en adoptant une pensée positive ; mais si l’enfant intérieur n’est pas soigné,la dépression rejaillira. Ce n’est pas en la niant qu’elle s’en va, mais en acceptant de la traverser. J’ajoute que si les médicaments sont une aide momentanée et indispensable pour soulager la souffrance, ils ne doivent pas remplacer l’analyse. Ce serait aussi peu performant que de se contenter d’antalgiques en cas de fracture ! Ne négligeons pas non plus le fait que certains y trouvent beaucoup de bénéfices secondaires : l’entourage s’occupe d’eux, les plaint… Inconsciemment, ils veulent parfois rester inconsolables.
http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Bonheur/Articles-et-Dossiers/Cultivons-notre-joie-de-vivre/La-depression-est-une-opportunite
Par Jean Pierre FONTAINE
INTRODUCTION
Le CHI : de quoi s’agit-il?
D’après la tradition chinoise, nous avons tous notre propre CHI.
Cette énergie vitale est présente dans tous les êtres vivants, dans les animaux comme les plantes. Elle est bien connue en acupuncture et représente l'assise même de plusieurs arts orientaux dont la calligraphie, les arts floraux ou les arts martiaux. Cela nous apparait encore bien obscur à ce stade
Pour mieux appréhender cette énergie il faut déclencher le travail interne du Chi.et pour ce faire, on peut s’appuyer sur le hara
Faire travailler son centre ou hara c’est en prendre conscience et se rendre compte de son existence est un grand pas pour chacun de nous
Ainsi dans la pratique des arts martiaux nous avons tous, au sein du Dojo, entendu des phrases comme celle-ci :
"Prend son centre !", "Rentre dans son centre !", " Avance ton centre !"…
Dans la pratique de l'Aïkido ou du karaté, les techniques que l’on nous apprend, les réflexes que l’on tente de nous faire acquérir et qui sont presque toujours conditionnés par le positionnement de ce fameux "centre", nous amènent à le considérer comme un élément majeur.
Ce positionnement du centre intervient aussi dans la pratique du hatha-yoga pour pouvoir réaliser certaines postures, qui ne pourraient être abordée sans celui-ci.
En réalité, ce "centre", désigné en Japonais par le Hara, ne se satisfait pas d'être un point physique d'équilibre, correspondant au centre de gravité, localisé à quelques centimètres sous le nombril.
Il revêt une importance qui dépasse largement celle de la pratique sportive puisqu’il détermine un fondement important de l'être.
Comprendre le véritable sens du Hara permet de progresser dans la pratique des arts martiaux ou du yoga puisque grâce à lui, nous prenons conscience que l'apprentissage ne se limite pas à l'acquisition d'une somme de techniques.
A première vue tout dans l'univers subit la loi de la pesanteur, chaque objet a un centre de gravité. Pourtant, tout ce qui vit s'oppose à cette loi : du moindre brin d'herbe jusqu’à l'arbre qui tend vers le ciel; tant l'animal que l'homme qui, eux aussi, se redressent et bougent. Il faut savoir que le Hara se trouve au même endroit que notre centre de gravité!
Aussi, travailler le Hara nous fait découvrir une autre relation, d’abord avec l’effort musculaire , on peut réaliser des choses surprenantes avec la pesanteur, on s'amuse avec elle, on se joue d'elle parfois, pour atteindre un équilibre remarquable qui change notre relation avec notre environnement!
Le hara est un peu "la poignée" du Tan Tien qui est une zone du corps, située dans le ventre, où se concentre naturellement notre énergie.
Les rares écoles qui en parlent (dans des disciplines telles que le yoga, la méditation, le Zen, le Gong Fu, la médecine chinoise et l'acupuncture, notamment), le traduisent par un concept, une théorie ou un élément de tradition.
C’est bien plus que cela car, par le biais d'un travail musculaire précis, vous apprenez à le sentir physiquement et à l'utiliser concrètement
Postulat :
Pour bien appréhender la notion de Hara, il faut considérer l’homme comme un être bipolaire, dans lequel coexistent le Moi et le Hara, le ciel et la terre.
LE MOI
Dans le Moi, "symbole de notre conscience naturelle", sont rassemblés l’entendement, la volonté et les sentiments, respectivement représentés par la tête, la poitrine et le cœur.
• L'entendement, c'est la raison, le siège de notre rationalité.
• Les sentiments, à l'inverse, relèvent de l'impulsion, de l'instinct.
• La volonté se situe entre les deux. On pourrait la considérer comme un "sentiment raisonné".
LE HARA
Certains affirment que le Moi est comme un arbre dont la cime ne peut se développer sans les racines, c’est à dire sans le Hara,
Plus exactement, un développement du Moi sans "posséder" le Hara entraîne un déséquilibre de l’être. "Posséder" le Hara signifie, en prendre conscience et le maîtriser. Or la Voie de l’homme réside précisément dans la recherche de son équilibre, "le développement de son être profond". L’équilibre doit ici être pris dans le sens équilibre physique, psychique mais également spirituel.
Le Hara représente les racines de l’homme. Il est le rappel constant de ses origines, il rassemble toutes les énergies et tous les éléments. C'est le fond de l'être, inébranlable, indestructible, qui le lie irrémédiablement à la nature dont il est issu. C'est par lui que l'homme développe sa richesse intérieure. Il est la base de "l'attitude juste".
LE HARA ET L'AIKIDO
A partir des liens qui unissent le Moi et le Hara dans un ensemble que l'on pourrait appeler "l'être complet", nous voyons bien à quel point l'acquisition du Hara, et donc le travail du centre, est une donnée essentielle.
Le Hara nous assure un équilibre physique nécessaire, on parle alors de stabilité au sol, d'enracinement, ce qui constitue la partie visible de l'acquisition du Hara.
Il nous assure également une stabilité psychique qui est la capacité à se maîtriser en toute circonstance, à garder le contrôle de soi quelles que soient les influences extérieures. Il nous permet d'accéder à l'énergie pure, tirée de la nature, à des forces nouvelles grâce auxquelles nous pourrons atteindre un niveau plus élevé de spiritualité.
Cette nouvelle dimension explique l'absence de la compétition dans la philosophie de certains arts martiaux. Elle nous renvoie également à la conception qui confère aux grades et au nom des techniques une importance relative. A travers la pratique du yoga ou des arts martiaux et en particulier l'Aïkido, ce n'est pas le résultat visible, la réalisation d'une technique, qui est visé, mais bien le résultat intérieur, la réalisation de soi. Ce concept est d'autant plus difficile à assimiler que nous sommes habitués, dans nos cultures occidentales, à mesurer la performance et à nous "arrêter au résultat acquis». A partir de là, la pratique n'a pas de fin, c’est le chemin qui est important non le but, la quête de soi s'achevant avec la fin de l'être.
LA PRATIQUE REGULIERE
C'est la régularité de l'exercice qui nous permet de suivre la Voie.
A ce propos, un Maître zen japonais dont le nom est OKADA TORAJIRO a utilisé la métaphore suivante :
"Placez une carpe dans un étang, au milieu duquel il y a une pierre ; placez une autre carpe dans un second étang, dépourvu de pierre. Dans le premier étang, la carpe nagera autour de la pierre, et cela lui procurera un exercice constant, sans pour autant éprouver de la résistance. Vous verrez qu'elle grossira plus vite que la carpe de l'autre étang : cela vient de la répétition sans fin du même exercice."
L'exercice régulier nous permet d'acquérir une somme de techniques. C'est après l'acquisition de toutes les techniques d'une discipline que "l'élève pourra relâcher l'emprise de son Moi qui constitue un obstacle sur la Voie aussi bien par l'ambition et le désir de briller que par la crainte d'échouer qui le caractérise". C'est donc après l'acquisition de toutes les techniques que le vrai travail commence, celui de la maîtrise du Hara, celui de l'enrichissement intérieur.
TROUVER LE HARA
Le hara se situe au centre du ventre, entre nombril et pubis, à la hauteur de la charnière sacro-lombaire. Sa présence peut être ressentie de façon très concrète, réelle, tangible, comme si, à cet endroit, se trouvait une boule de pétanque. Il devrait servir de point d'appui à toutes les postures de yoga.
Le point de repère avant du hara est le point de convergence du tonus musculaire abdominal. Plus ce point est précis et solide, plus on peut avec précision et puissance accéder au hara, où l'énergie se concentre. Le hara cesse alors d'être un concept pour devenir une présence physique tangible. Comme le montre la figure, le coccyx rentre, et le hara sert de point d'appui pour permettre à la colonne vertébrale de se redresser naturellement
Pouvoir littéralement prendre en main le hara demande à la musculature du ventre, du plancher pelvien et des fesses à la fois tonus et souplesse : un ventre tombant vers l'extérieur, des fesses et un plancher pelvien relâchés laissent s'échapper, se volatiliser toute la force vitale. Le hara se dissout, le dos, n'étant plus soutenu, se creuse, les vertèbres s'écrasent ce qui entraîne des problèmes au niveau des lombaires, des sacro-iliaques etc. À l'opposé, un abdomen en béton permet d'accumuler une grande force, mais en bloque en même temps l'usage.
LE HARA ET LE SOUFFLE
C'est sur le hara que s'appuie le souffle pour monter comme une colonne d'air sous pression, venir ouvrir les clavicules, se frayer un passage à travers les muscles et les os des bras pour les étirer lorsque les bras sont levés. L'usage volontaire de la force musculaire pour tirer, pousser, n'est plus nécessaire et devient même une entrave : plus on peut s'en défaire, plus le souffle peut prendre sa place : l'ouverture qui s'ensuit se fait alors toute seule.
C'est aussi grâce à l'appui sur le hara que le souffle descendra dans les jambes à condition qu'elles ne soient pas crispées — jusqu'à traverser la plante des pieds et nous enraciner au sol.
Respirer dans le hara, ce n'est pas respirer dans tout le ventre, mais seulement sous le nombril. Le haut du ventre, la région de l'estomac doivent être maintenus vers l'intérieur : cette zone est destinée à s'effacer au fur et à mesure que l'on progresse sur la voie. Au contraire, la zone située sous le nombril représente ce qu’on appelle « Être essentiel » : plus l'ego diminue, plus l'Être essentiel prend sa place véritable et réciproquement...
LE TAN TIEN
REMPLACER LA TÊTE PAR LE VENTRE
Nous les Occidentaux avons la tendance à vivre dans notre tête, tandis que les Orientaux placent leur centre énergétique et géométrique dans le ventre, le TAN TIEN, la fournaise qui alimente tout le corps. Le Tan Tien est le centre de l'énergie vitale, le Chi. Le TAN TIEN est également le centre de gravité du corps, là ou sont subis les effets de la loi de l'attraction universelle.
Le Tai Chi Chuan place la tête dans le ventre. Pour les Occidentaux, il s'agit de déconditionner notre corps de ces tensions qui nous détournent de ce qui est vivant en nous. Prisonniers de notre propre construction, nous devons retrouver la façon de bouger par une autre voie. Pour y arriver, on fait retrouver à notre corps certains mouvements qui font appel à sa mémoire. Le grand atout de cette technique, c'est qu'elle n'est pas échafaudée sur des constructions verbales. Chacun en fait l'expérience directe.
Ce n'est pas de la danse, il n'y a pas de miroir. Le Tai Chi propose d'aller voir au dedans de nous, avec son corps, pas avec sa tête, contrairement à notre éducation dans la civilisation occidentale.
APPLICATION AUX POSTURES DE YOGA : SOUFFLE ET RESPIRATION
En yoga le souffle et la respiration sont distincts : le souffle est la force qui sous-tend la respiration et qui la porte, comme elle porte les battements du cœur et toutes les activités physiologiques.
Mais à la différence des autres activités physiologiques, la respiration nous offre une prise, un contact avec cette force sous-jacente. Au départ, j'utilise donc la respiration pour guider cette force dans les bras, les jambes, les clavicules etc. ensuite, lorsque je peux laisser tomber tout effort respiratoire, c'est le souffle qui va ouvrir les différentes zones du corps et y porter la respiration.
L'origine de cette force est dans le hara : c'est là que le souffle prend sa source. L'expiration permet de s'en rendre compte. On sent le mouvement des côtes, du diaphragme, du ventre. On laisse ce mouvement se poursuivre même lorsqu'il ne sort plus d'air. On s'aperçoit alors que les muscles du ventre et le plancher pelvien se resserrent comme pour comprimer le hara. Il ne s'agit pas d'expirer à fond, mais plutôt de laisser s'installer une apnée qui n'est ni contrainte ni forcée, qui n'est pas non plus une immobilité mais un mouvement subtil, imperceptible de l'extérieur, qui rassemble le souffle, la force vitale, dans le hara.
LE TRAVAIL SUR L’ÉNERGIE PASSE PAR UNE CONSCIENCE PRÉCISE DU CORPS
Tout travail sur l'énergie doit s'appuyer sur une conscience et un contrôle précis du corps physique, sinon, comme l'apprenti sorcier, on court le risque d'être submergé par les forces que l'on a mises en branle. En apprenant à contrôler les muscles du corps, on s'entraîne à utiliser l'énergie au lieu d'être utilisée par elle..,
Ne perdons pas de vue non plus que le but de tout ce travail, c'est de nous amener à accepter l'intégralité de notre être : corps, cœur, âme, esprit, sexualité etc. Sans cette acceptation de toutes les parts de soi, il n'y a pas de progrès possible !
Maîtriser son Hara aide à :
• Sentir sa route
Comme une conviction jaillissant de votre intérieur, comme une certitude. Les autres n’ont pas tort, mais acquérir de l’expérience nécessite de vivre par soi-même les choses.
Les autres ne peuvent décider pour nous, et nous ne pouvons décider pour eux. Nous ne pouvons que suggérer à l’autre. L'imposition est dictature, quel que soit le contexte. Au mieux, de par la validation de notre bonne et juste action dans l'acte manifesté, nous pouvons devenir un exemple pour ceux qui sont dans notre cercle d'influence.
• Selon la tradition, développer son pouvoir de créer et matérialiser le vrai pour soi.
Créer est bon car le mal est, la majeure partie du temps, une action sur l’Autre, que l’on s’arroge, que l’on manipule, maltraite parce qu’on lui enlève le droit de décider, le droit de vivre autrement que nous.
Ce mal provient souvent d’une émotion comme la colère, l’envie, le mépris. Lorsque nous avons travaillé sur nous correctement, nous apprenons à aimer ses limites pour mieux les repousser, à tolérer ses défauts et sa situation matérielle pour mieux les améliorer. A ce moment, l’Autre apparaît comme un double de soi nous exposant par miroir à la face cachée de notre vie.
• Devenir créateur, non plus seulement avec son corps physique et la procréation, mais avec son Âme
Agissant dans les mondes inférieurs, c’est-à-dire créer par soi-même quelque chose de viable (viable dans le sens de « ce qui est en harmonie avec l'univers »). Agir sur la matière mentale en toute connaissance de cause.
Lors de la procréation, chacun d'entre nous est contraint par la nature de notre corps physique à rechercher l’autre moitié qui nous manque, au niveau exotérique.
Mais créer au niveau ésotérique nécessite que nous réalisions notre mariage intérieur. Découvrir que la respiration est primordiale, comme porteuse de pouvoir hors des pulsions émotives et des états d'esprit extrêmes, est primordiale afin d’avancer.
• Acquérir son libre arbitre envers et contre tout.
A savoir, prendre et assumer ses décisions, dans la limite de la liberté individuelle, sans jamais laisser l’autre nous envahir et/ou prendre la décision à notre place.
• Accepter que l’autre nous remette en question,
Nous mette au défi de prouver la validité de nos principes, nos idées, nos façons de faire, sans pour autant tolérer des relations basées sur la destruction mutuelle du dialogue de sourds.
• Rester à l’écoute
En ayant la souplesse du bambou qui plie, qui s’adapte, tout comme l’eau à son contenant, sans pour autant y perdre son âme.
Enfin maîtriser son Hara, c’est établir un contact avec son essence, son âme
Car respirer au niveau du bas ventre, c’est ventiler, faire vivre cette essence, la bonifier, l’affiner par la somme d’expérience que la vie nous apporte.
C’est aussi prendre conscience que ce centre regroupe trois axes (pour trois dimensions et trois corps) de nature triple, dont les 7 chakras, sont les plans de conscience mais aussi les portes.
Il convient de développer un travail musculaire précis pour toucher, puis pour « tenir » le hara donc le Tan Tien
Une fois tenu, l’utiliser pour changer progressivement notre perception de l'effort
Que ce soit en position assise, couchée ou debout en mouvement, notre Tan tien va devenir un point d'appui bien physique, indispensable pour agir. De même que pour marcher nous avons besoin que le sol ne se dérobe pas sous nos pieds, pour avancer à l'intérieur, dedans, pour intervenir et agir avec le Chi, nous devrons nous appuyer sur le Tan Tien
CONCLUSION
Avancer dans la Voie, parvenir à la réalisation de soi, signifie se libérer du Moi pour prendre conscience de son Hara et parvenir à le maîtriser.
L'exercice seul permet d'avancer dans la voie. Ainsi, au Japon, la calligraphie, le théâtre, la cérémonie du thé ou les arts martiaux permettent à l'être de se réaliser par la maîtrise du Hara. Le chemin reste néanmoins long, car s'il correspond pour chacun à ce qu'il lui reste à vivre, il a toujours le sentiment que le plus court est passé.
http://partageetconnaissance.e-monsite.com/pages/hara-et-tantien.html
Voir: http://mawashido.free.fr/quotidien.htm