jeudi 30 août 2012

"L'EVOLUTION HUMAINE N'A PU SE FAIRE SANS LA TRANSE"

 peinture de Pablo Amaringo

La transe chamanique serait-elle à l’origine de certaines grandes découvertes de l’humanité ? L’idée paraissait proprement inconcevable du point de vue scientifique, il y a une génération de cela. Et pourtant, elle est devenue en quelques années un enjeu d’importance remettant en question notre paradigme moderne hyper-rationaliste : l’art, l’agriculture, l’écriture, la production du bronze ou d’objets aussi complexes qu’une sarbacane sont-ils apparus à l’esprit humain lors d’une extase de nature spirituelle ou par absorption de plantes psychotropes ?

Tous les paléontologues sont aujourd’hui d’accord pour dire que l’hominisation a commencé en Afrique il y a cinq millions d’années. Or tout se bouscule dans les derniers 50.000 ans, soit à peine durant un centième de ce processus. A ce moment précis, l’homme prend conscience de certaines limites de son existence. Pour dompter la mort, il va développer quantité de rituels visant à accompagner les défunts dans l’autre monde et ainsi tenter de s’approprier l’éternité. De ce phénomène exceptionnel dans l’histoire de la vie sur Terre, naissent de manière concomitante l’art et la religiosité, d’inspiration chamanique fort probablement.

Certains auteurs se sont penchés récemment sur cette question avec un regard novateur. Parce qu’ils avaient osé s’immerger dans le monde des esprits dont parlent volontiers les chamans, ils en étaient sortis transformés. Pour eux, suite à des expériences personnelles et subjectives, il devenait urgent de reconsidérer la transe chamanique, cette sorte d’état second que l’on nomme aussi état modifié de conscience, comme un élément central dans le développement humain. Ce serait dans cet état de conscience si particulier, lorsque l’homme se lie avec le monde invisible au-delà de ses cinq sens quotidiens, qu’il recevrait des messages de « l’univers bouillonnant » à l’origine d’inventions décisives pour l’humanité. Cette hypothèse selon laquelle toute grande innovation est issue d’une transe ou d’une extase permettant de recevoir une information-clé en provenance de l’extérieur, a de quoi choquer notre conception occidentale du monde. Elle est pourtant partagée par tous les peuples chamaniques et s’est maintenue bien vivante jusqu’à nos jours...

Gordon Wasson dans Road of Eleusis (1978) fut le premier à suggérer que les champignons psychotropes ont peut-être joué un rôle déterminant dans l’apparition d’une conscience spirituelle et religieuse. Mais c’est surtout Terrence Mc Kenna dans La nourriture des Dieux (1992) qui en déduira une théorie osée : l’hominisation, c’est-à-dire l’augmentation du volume cérébral et l’acquisition du langage, n’a pu se faire que par l’incorporation répétée de composés psychotropes dans l’alimentation de certains singes. Son objectif est clair, il cherche à revaloriser la transe lorsqu’il écrit notamment : « L’espèce humaine ne perçoit pas l’extase comme un simple plaisir, mais comme une sensation incroyablement intense et complexe, chevillée à notre nature intime et à notre réalité, à nos langages et aux représentations que nous avons de nous-mêmes ».

Jeremy Narby dans Le Serpent cosmique (1995) reprend en partie ces idées, même si son cheval de bataille est plutôt centré sur l’étude des processus de cognition des chamans amazoniens : les visions réitératives de serpents enlacés pourraient être des informations génétiques décodées intuitivement dans les chamans. Bien que son hypothèse n’ait pas convaincu le monde scientifique, il aura grandement marqué les esprits en valorisant, lui-aussi, le rôle déterminant de la transe dans l’acquisition des savoirs. Voilà qu’enfin on ne cherchait plus à expliquer l’accumulation des connaissances selon l’unique modèle cartésien occidental, mais qu’on se permettait d’envisager d’autres formes de rationalisation ou d’organisation du savoir développées depuis la nuit des temps par d’autres cultures. L’entreprise de déconstruction pouvait continuer...

David Lewis-Williams et Jean Clottes avec Les chamans de la préhistoire (1996) ont eux aussi bousculé l’establishment. S’inspirant des peintures bushmen dont la continuité dépasse les 10.000 ans jusqu’à nos jours, ils ont avancé que l’art pariétal (de - 35.000 à - 15.000 ans) ne pouvait résulter que de la transe chamanique. Bien au delà de l’aspect esthétique, nos ancêtres cherchaient à communiquer avec les mondes souterrains en figeant leurs visions sur la fine membrane qui les en séparait. Plus surprenant encore, la représentation en deux dimensions n’est pas du tout spontanée chez l’homme, mais une opération mentale hautement complexe et acquise culturellement. L’art et bon nombre des autres techniques de la vie courante se seraient donc développés durant la préhistoire pendant près de 20.000 ans avec un étonnant dynamisme grâce à la pratique assidue de la transe.

Enfin, l’apparition de l’agriculture est un autre sujet très controversé, car la Mésopotamie n’est plus aujourd’hui considérée comme son seul foyer d’origine. Comment expliquer dans ces conditions l’émergence de l’agriculture en même temps à différents endroits de la planète ? Les chamans nous proposent une autre lecture, loin de la mécanique contrainte d’un hypothétique changement climatique. Pour eux, les plantes sont des « personnes douées de conscience », elles parlent aux hommes lorsqu’ils sont en état de transe et ceux-ci les écoutent...

Dans notre société actuelle rongée par les drogues chimiques et obnubilée par la chasse aux dérives sectaires, ce genre de remise en question de l’histoire n’est pas la bienvenue. Car la transe a mauvaise presse tout particulièrement en France. Quelqu’un qui a des visions - et des hallucinations ! - se gardera d’en parler de peur qu’on ne le prenne pour un... malade. C’est oublier que cet état neurophysiologique si méconnu a été de tous temps et en tous lieux attesté, utilisé, voire encouragé, de sorte que les mystiques et les visionnaires faisaient l’objet de considération et de respect... ?

Ethnopharmacien, spécialiste des chamans, Jean-Patrick Costa est l’auteur de Indiens Jivaros (Le Rocher, 1997), L’Homme-Nature (Sang de la Terre, 2000), Les chamans, hier et aujourd’hui (Alphée 2007). Il a aussi collaboré au livre Visions, regard sur le chamanisme de Jan Kounen (Télémaque, 2005) et vient de sortir son premier roman La Chamane du 5ème Age (Alphée 2007).

Thriller chamanique construit sur un tempo implacable, La Chamane du Cinquième Âge sonne comme une destinée qui attend le monde moderne... Car derrière l’action et les rebondissements du récit, se cache une réflexion scientifique et philosophique très pertinente sur la technologie, la spiritualité et les états modifiés de conscience. Plus réaliste que Matrix, plus initiatique que La prophétie des Andes, cet ouvrage futuriste et visionnaire est en fait un puzzle époustouflant et apocalyptique pour une étrange prophétie d’un Cinquième Age...

Jean-Patrick Costa

lundi 27 août 2012

"LA MEDECINE DU FUTUR"


Loin de la conception cartésienne de l'être humain, des scientifiques sont en train de prouver l'existence de champs énergétiques liant le corps, l'esprit et l'environnement. Le documentaire The Living Matrix évoque ces pistes de recherches qui bouleversent nos conceptions traditionnelles. Si le film juxtapose parfois les témoignages et les découvertes scientifiques sans démontrer leur lien logique, il esquisse aussi le portrait prometteur d'une médecine d'avenir.
Serions-nous à l’aube d’une révolution médicale ? Les avancées en matière de biophysique et de soins bioénergétiques sont en passe de changer fondamentalement notre conception de l’univers et de l’être humain.
Les peuples premiers et les cultures ancestrales ont toujours considéré l’univers comme un tout.
A la fin du 17ème siècle, les découvertes d’Isaac Newton et de René Descartes nous ont extraits de la trame de cet Univers, créant un modèle mécaniste où nous sommes tous séparés les uns des autres, et où l’esprit est séparé du corps. Un esprit réduit à un épiphénomène de la matière. Un corps sans pensée ni intériorité, qu’on voit comme une machine chimique à deux moteurs : le cerveau et le cœur, et qu’il suffit, en cas de défaillance, de rebooster avec la bonne substance chimique pour aller mieux. Il n’y a plus d’interconnexion entre les êtres vivants, et tout n’est plus qu’une histoire de suprématie de la matière, régie par des lois fixes. Cette idée réductionniste demeure le fondement de la pensée occidentale. Et notre médecine actuelle fonctionne encore sur cet ancien paradigme de la physique. Pourtant, aujourd’hui, des chercheurs en biophysique et biologie cellulaire vont vers une nouvelle compréhension de l’Univers, de l’Homme, du corps, de l’esprit et de la maladie, laissant entrevoir alors de nouvelles perspectives sur le plan médical.
Le documentaire The Living Matrix, réalisé en 2009, par Greg Becker, donne la parole à des chercheurs, des thérapeutes, une journaliste scientifique, Lynne Mc Taggart ou encore l’astrophysicien Edgar Mitchell, pour explorer les principes de la bioénergétique du champ corporel humain. Si, à sa sortie, ce film n’avait pas fait grand bruit, il devient aujourd’hui une référence pour tous ceux qui s’intéressent aux médecines alternatives. Un succès tardif qui coïncide avec une ouverture d’esprit récente du grand public, et symbolise une tendance à ne plus vouloir considérer la science comme une vérité immuable et absolue.
« A travers les siècles, explique le Dr Bruce Lipton, biologiste et généticien, nous nous sommes focalisés sur la réalité mécanique et avons abandonné le concept d’énergie et de champs dans la biologie. Mais on reconnaît maintenant que l’esprit est un champ énergétique de pensée que l’on peut lire avec les capteurs d’un électroencéphalogramme ou encore mieux, à l’aide d’un nouveau procédé de magnéto-encéphalographie, une sonde qui, bien qu’elle soit placée en dehors de la tête, peut lire les champs de l’activité nerveuse, sans même toucher le corps ». « La physique quantique tente de comprendre comment les cellules se parlent entre elles et comment elles gèrent l’information », explique Peter Fraser, chercheur en biophysique.

Le pouvoir de la pensée

D’après les scientifiques intervenant dans ce documentaire, tout est question d’interconnexions entre les champs énergétiques du corps et de l’esprit. Les pensées, qui possèdent une réelle énergie physique, iraient même jusqu’à créer le corps. Le mental, l’intention et les croyances seraient alors trois facteurs capables d’influencer la maladie ou la guérison. « Nous avons constaté en laboratoire que lorsque nous avons des pensées positives, nous envoyons des substances chimiques, explique Edgar Mitchell. Pareil pour les pensées négatives qui ont un effet significatif sur le comportement des cellules. »
Si je pense : « Je vais aller mieux », serai-je réellement capable de me soigner ?
« Un tiers des guérisons - incluant les médicaments, la chirurgie et autres interventions allopathiques - tient de l’effet placebo, répond Dr Bruce Lipton, c’est-à-dire au fait qu’une croyance puisse influencer la biologie d’une personne. Autrement dit, un tiers parvient à se guérir par la pensée positive, c’est fabuleux ! Pourtant, on en parle quinze minutes en cours de pharmacologie, et on continue d’ignorer le pouvoir de la pensée et des processus mentaux sur la biologie ! ».
Peut-il exister un transfert d’informations et d’énergies à distance, comme en sont capables certains guérisseurs qui agissent sur leurs patients dont ils sont pourtant séparés par des milliers de kilomètres ou encore des personnes proches qui se connaissent bien ? Après avoir effectué des études sur des couples dont l’un des partenaires souffrait d’un cancer, on a constaté une corrélation significative entre l’activité physiologique de celui qui envoyait des pensées d’amour et de compassion à distance et celle de l’autre qui, même à des centaines de kilomètres, et sans le savoir, réagissait instantanément. « Cela suggère qu’il y a un moyen par lequel l’information est transférée », assure Marilyn Schlitz, chercheuse et présidente de l’Institut des Sciences Noétiques. La physique quantique a découvert ce qu’on appelle le « champ du point zéro » ou l’énergie du vide. Un échange d’énergie entre les particules subatomiques composants de la matière de taille inférieure à celle d’un atome qui « en s’envoyant et en recevant de l’énergie créent, le temps d’un battement de paupière, des particules virtuelles, explique Lynne Mc Taggart. Ce petit échange ne représente pas beaucoup d’énergie, environ un demi-watt. Mais lorsqu’on additionne toutes les particules subatomiques qui font cet échange d’énergie à travers tous les éléments de l’Univers, on arrive à une quantité d’énergie inimaginable. Ce champ d’énergie géant, nous y sommes tous connectés, même aux plus lointains confins de l’univers. ».

Les biophotons, transmetteurs d’information à distance

Quel est le mécanisme de cette intercommunication ? Comment cette connexion se produit-elle ? La réponse la plus probable se trouverait dans les biophotons. En effet, notre corps émet constamment de la lumière sous forme de biophotons, de faibles émissions de lumière émanant des cellules de tous les êtres vivants. Les molécules ne pouvant s’autoréguler, elles ont besoin d’un champ. Ces biophotons pourraient être porteurs d’informations nécessaires à la régulation de notre métabolisme. Mais n’est-ce pas le rôle de l’ADN et de nos gènes ? « Les gènes ne contrôlent pas notre biologie, répond le Dr Bruce Lipton. Ils ne sont pas déterministes comme on le pensait jusqu’à il y a encore dix ans, mais subordonnés à un système d’informations « extérieures » se révélant être le produit de l'environnement dans lequel ils évoluent. D’après cette nouvelle compréhension de la biologie cellulaire, ils ne représenteraient désormais que des potentiels. L'être humain aurait donc beaucoup plus de pouvoir qu'il ne le pense sur sa propre biologie et, par conséquent, sur ses fonctions corporelles. Cela tendrait à prouver que nous ne sommes pas des "automates génétiques" victimes de l’hérédité biologique de nos ancêtres. Nous sommes, au contraire, les co-créateurs de notre vie et de notre biologie. Ce que j’appelle l’épigénétique. »
Alors qu’est-ce qui contrôle notre métabolisme ?
C’est ce que Rupert Sheldrake appelle les « champs morphogénétiques ». Ces champs seraient déterminants dans le comportement des êtres vivants qui hériteraient d’habitudes de l’espèce par « résonance morphique ». Pour le biologiste, chaque type de système naturel possède son propre type de champ. Il y a un champ pour le chêne, un champ pour l'hirondelle, un champ pour l’abeille, un champ pour le singe, un champ pour l’homme...

La médecine informationnelle : la médecine de demain ?

De nombreuses cultures par le passé ont exploré les systèmes énergétiques des êtres vivants. Aujourd’hui, les chercheurs émettent la théorie que le corps a bien des champs d’énergie connus sous le nom de champs morphogénétiques ou champs corporels. « Il existe une hiérarchie de champs organisant votre corps, explique Rupert Sheldrake. Il y a le champ du corps en entier, des organes, des tissus, des cellules. Le champ de notre corps est à l’intérieur et autour du corps. Il y a un champ global et des champs subsidiaires pour les bras, les jambes et les différents organes. Et ces champs sont intrinsèquement un tout. »
Si le système de contrôle du corps n’est pas régi par les gènes mais par l’information disponible dans notre champ corporel, la maladie n’est plus considérée comme faisant partie du patrimoine génétique. Elle est perçue une distorsion de l’information dans le champ corporel ; est-il alors possible d’intégrer de nouvelles informations dans ce corps pour générer du bien-être ? C’est ce qu’un certain nombre de chercheurs font. « Nous avons appris à stopper la distorsion de l’information qui se produit du fait de divers processus pathologiques, raconte le Dr Peter Fraser. Une fois qu’on a stoppé la distorsion, de façon assez surprenante, la physiologie se met à fonctionner correctement, de même que la chimie. Je peux vous raconter de merveilleux récits de guérisons juste parce qu’on a réussi à stopper la distorsion de l’information dans le champ corporel. »
« La médecine informationnelle qui utilise l’information et change celle qui est perturbée constitue la médecine du futur, affirme Lynne Mc Taggart. La maladie, d’une certaine façon, c’est de l’information brouillée. Si on a accès à la bonne information, on peut corriger le brouillage. C’est ce que font de nombreuses techniques énergétiques. » L’Occident serait-il bientôt prêt à rendre aux guérisseurs, magnétiseurs et autres énergéticiens leurs lettres de noblesse ?


The Living Matrix
 Distributeur : Corzéame - http://www.corzeame.fr/accueil/index.html
 

http://www.inrees.com/articles/La-medecine-du-futur/