mardi 10 octobre 2017

"L'EMPATHIE"


L’empathie désigne la capacité de se mettre à la place d’autrui, de se représenter ce qu’il ressent et/ou pense. Ressentir – Penser : ce sont là les deux facettes essentielles de l’empathie, l’une émotionnelle, l’autre cognitive. Certains auteurs en rajoutent une autre, la dimension comportementale.

- L’EMPATHIE EMOTIONNELLE

C’est une réaction généralement automatique et non intentionnelle. Lorsque nous voyons quelqu’un souffrir, nous sommes nous-mêmes affectés, nous éprouvons généralement un ressenti désagréable. Ce peut être le cas par exemple, lorsque l’on observe à la télévision un sportif qui exprime sa douleur après s’être tordu la cheville. L’empathie émotionnelle se manifeste très précocement puisque, dès les premières heures suivant leur naissance, les bébés réagissent à la détresse de congénères, en pleurant. Les psychopathes (aujourd’hui appelés « personnalités antisociales ») présentent un important manque d’empathie émotionnelle ; il leur est très difficile de ressentir l’état émotionnel d’autrui, tout particulièrement la tristesse et la peur.

- L’EMPATHIE COGNITIVE

Il s’agit de la capacité de se représenter les états mentaux d’autrui. les psychanalystes parlent de « mentalisation » et les cognitivistes de « théorie de l’esprit ». Cette aptitude se révèle très tôt chez les enfants. Les bébés parviennent rapidement non seulement à imiter mais aussi à percevoir les intentions d’autrui.

- L’EMPATHIE COMPORTEMENTALE (« EFFET CAMELEON »)

Tous les spécialistes n’intègrent pas cette troisième facette dans le concept d’empathie. Lorsqu’ils le font, le terme renvoie à un processus de « mimétisme comportemental ». Il arrive fréquemment qu’au cours d’une conversation entre deux personnes, l’une d’elles imite les gestes et postures de l’autre, sans s’en rendre compte. Ceci est particulièrement fréquent chez les personnes qui entretiennent de bonnes relations entre elles.

- L’EMPATHIE DANS LA VIE QUOTIDIENNE

L’empathie constitue un socle essentiel sur lequel reposent nos relations sociales quotidiennes. Dans une série d’études menées auprès d’adolescent(e)s, Daniel Favre, professeur de sciences de l’éducation à l’IUFM de Montpellier, a constaté que l’empathie était corrélée très significativement avec la coopération et les compétences sociales, et inversement corrélée avec la dépression, les troubles de l’attention et la délinquance (1). Selon cet auteur, l’empathie « implique de "s’ouvrir" à l’autre, de lui permettre d’exister dans notre espace de représentation privé comme un vrai Autre. Le lien empathique produit une confirmation de l’existence de l’autre. » .

- L’EMPATHIE EN PSYCHOTHERAPIE

Parmi les divers courants psychologiques, c’est la psychologie humaniste qui a été la plus attentive au concept d’empathie. Selon Carl Rogers, l’empathie constitue l’une des trois attitudes fondamentales que doit adopter le thérapeute - à côté de la considération inconditionnelle et de l’authenticité - pour faciliter le développement des patients (2). Pour lui, il y a empathie lorsque le thérapeute devine les réactions et sentiments personnels éprouvés par le client et qu’il réussit à lui communiquer cette compréhension. Selon Rogers, il faut faire tout notre possible pour penser et ressentir ce que vit autrui, tout en étant lucide sur le fait que ceci n’est jamais vraiment possible.

- L’EMPATHIE ECLAIREE PAR LA NEUROPHYSIOLOGIE

Les recherches sur l’empathie ont connu un regain d’intérêt inattendu depuis une dizaine d’années, à la suite de la découverte des neurones-miroir, par une équipe italienne (3). Lorsqu’une personne observe l’état émotionnel d’une autre (qu’il s’agisse de dégoût, de toucher, de douleur, etc.), cela active des parties du réseau neuronal qui traitent ce même état en elle-même. En d’autres termes, nous éprouvons peu ou prou des émotions en miroir de celles ressenties par autrui. L’une des fonctions majeures des neurones miroir est précisément de faciliter l’empathie, comme l’a souligné Vittorio Gallese, l’un des découvreurs de ces cellules. Dans un article intitulé « L’hypothèse de la "diversité partagée" : des neurones miroir à l’empathie », il affirme que le mécanisme neuronal d’appariement constitué par les neurones miroir est essentiel pour établir un lien empathique entre individus. Ces travaux sont particulièrement troublants et prometteurs. Ils montrent que notre cerveau est prédisposé pour l’interdépendance avec autrui, pour que nous puissions entrer en « résonance » avec nos congénères et leur manifester de l’empathie. Les neurophysiologistes sont en train de redécouvrir ce que les poètes et écrivains nous avaient appris depuis fort longtemps : « Nul n’est une île ».

Par Jacques Lecomte

-  (1) Favre D. (2007). Transformer la violence des élèves, - Paris, Dunod.
-  (2) Rogers C. (1968). Le développement de la personne, - Paris, Dunod, p. 48-49, 204-205.
-  (3) Rizzolatti G. et Sinigaglia C. (2008). Les Neurones - miroir, Paris, Odile Jacob.




mardi 5 septembre 2017

"LA CONSCIENCE DANS TOUS SES ETATS"


Que manque-t-il à l'homme pour être lui ?

A la fin de ma conférence intitulée " Le point de vue d'un physicien sur la conscience " j'ai fait l'affirmation suivante, sans avoir au préalable donné d'explication:

" Les valeurs morales et spirituelles telles que le DÉTACHEMENT, le DON DE SOI, plus l'AUTHENTICITÉ, la CONFIANCE, la FOI et l'INTUITION découlent naturellement du comportement le approprié lorsqu'on a compris la nature du temps et de l'information proposée par la Théorie de la Double Causalité."

C'est cette explication que je fournis sur cette page. Je ne pouvais pas le faire dans l'exposé car la mise en relation d'un seul de ces six termes subjectifs avec la physique, même hautement vulgarisée, aurait gêné l'auditoire et décrédibilisé l'ensemble de mes propos. Je me suis donc contenté de faire un parachutage final de cette affirmation, ce qui avait un double avantage:

    Enchanter les consciences actives avec l'espoir que la science pourrait bien un jour ré-humaniser le monde.
    Soulager les consciences passives de la problématique pour elles effrayante d'avoir à douter de leur équipement.

C'est un peu comme si je voulais tenir compte de la probable présence d'aliens qui en seraient dépourvus dans la salle. Je ne peux en effet m’empêcher de penser depuis un certain temps déjà, face à la résistance énorme et l'incrédulité totale suscitées par mon affirmation que l'homme serait équipé d'un ESPRIT bien distinct de son cerveau, que l'humanité pourrait bien se décomposer en deux sortes d'individus: les uns dotés d'une conscience passive c'est à dire n'ayant pas d'ESPRIT - après tout, puisqu'il y tiennent à ce point - et les autres dotés d'une conscience active bien équipée, mais avec une tendance pour les premiers à écraser les seconds par leur intelligence - compensation oblige - en profitant de la croyance soigneusement inculquée - par l'école et les médias notamment - que cet équipement n'existe pas.

En préambule et en complément à la planche en bas de page (planche 12 de ma conférence), voici quelques rappels sur le temps et l'information selon la TDC: nous n'évoluons pas dans le temps mais nous faisons évoluer nos lignes temporelles hors du temps. Lorsque le temps semble s'écouler, notre futur change en même temps que notre présent. Ce qui préside à ce changement n'est pas seulement la mécanique mais aussi notre collectif de consciences. Au niveau individuel cela se traduit par l'action de l'ESPRIT, à priori individuelle (l'ESPRIT = nous-mêmes hors du temps). Cette action consiste à transférer des informations que j'appelle "exotiques" - mais bien identifiables en physique - de l'ESPRIT au cerveau, par l'intermédiaire de la prise de conscience qui ouvre le canal habituellement fermé par l'ego et le mental. Ces informations président alors au déplacement de notre ligne temporelle le long de la 5ème dimension (ou de toutes les dimensions supplémentaires). On peut le voir aussi comme une intrication quantique entre le présent et le futur (normal, il sont simultanés) qui permettrait d'étendre le modèle Orch'OR de Penrose à toute l'étendue du temps et non pas simplement au présent.

Il en découle que nous devons raisonner d'une part hors du temps, d'autre part en prenant en compte un facteur essentiel: l'ESPRIT, conçu comme source d'informations indispensables à la création de notre réalité dans le futur. Cette création se traduit par un déplacement de notre ligne temporelle sous le contrôle du libre arbitre, ce déplacement étant généralement insupportable au maître de notre automate: l'ego. Il en résulte tout ce qui suit:

Le DÉTACHEMENT consiste à détacher l'ego, qui est le contrôleur usurpé de notre automate, de l'ensemble des conditionnements qu'il entretient et qui donnent un sens falsifié à notre vie, lesquels finissent toujours par nous faire souffrir. Ce qui nous fait souffrir est ce à quoi l'on est attaché, or rien n'est éternel et surtout, ce n'est pas l'ESPRIT qui est attaché mais l'ego, c'est à dire l'image fausse que nous avons de nous-mêmes et que l'ego s'acharne à construire, croyant être le seul maître. Cela ne veut pas dire qu'il faut se détacher de tout, car l'attachement est une condition humaine, et dans ce cas l'astuce est de s'attacher à des choses ou personnes qui permettent de se détacher d'autres choses ou personnes encore plus conditionnantes... Bref, en TDC, le détachement est ce qui permet à notre ligne temporelle de revenir sous le contrôle de l'ESPRIT, donc de pouvoir évoluer.

Le DON DE SOI est ce que notre ESPRIT donne à la vie et aux autres et qui est notre véritable raison d'être sur terre. Cela concerne notre différence, notre originalité (nos qualités comme nos défauts), notre façon de nous exprimer lorsque nous sommes nous-mêmes, nos talents, notre créativité, etc.. Nous avons tous quelque chose de précieux à donner et personne d'autre que nous-mêmes ne peut déterminer de quoi il s'agit. On peut identifier ce que nous avons à donner par tout ce qui nous procure de la joie, une joie authentique qui n'a rien à voir avec le plaisir ressenti par l'ego. Dans ce dernier cas il ne s'agit d'ailleurs pas d'un don mais d'un reçu. Le vrai don procure automatiquement de la joie d'exister (certains disent AMOUR) à celui qui donne. C'est pourquoi en TDC, le DON DE SOI est ce qui permet de remplir notre réservoir d'essence (AMOUR sans additifs, de préférence) afin que la pluie dans le futur soit plus abondante.

L’AUTHENTICITÉ est la condition requise pour parvenir à un état d'être qui correspond à l'ESPRIT et non à l'ego. On parvient à être authentique lorsqu'on réussit à dissocier l'égo de son être intérieur (ESPRIT), par exemple au cours de la méditation où l'on observe ses pensées, plus généralement au cours de toute activité qui nous permet de nous déconditionner vraiment. Un bon indice d'authenticité est le sentiment de bonheur hors de toute satisfaction, simplement le bonheur d'exister au temps présent avec la sensation que par exemple notre statut social, notre richesse ou notre pauvreté, n'ont strictement rien à voir là-dedans, le bonheur étant simplement acquis par le fait d'exister dans l'ESPRIT, c'est à dire d'être nous-mêmes, que cela soit clochard sous les ponts ou star des médias. Mieux vaut d'ailleurs clochard sous les ponts pour maintenir l'AUTHENTICITÉ. En TDC, elle mène à l'éveil de l'être intérieur ou ESPRIT.

La CONFIANCE est l'état naturel dans lequel on se retrouve lorsque par exemple rien ne va plus mais que fort heureusement, nous avons rejoint l'ESPRIT. Ce dernier sait bien qu'il est normal de vivre des épreuves car elles le font évoluer, il sait qu'il est normal de ne pas comprendre pourquoi tout cela nous tombe dessus parce que les voies par lesquelles les évènements arrivent sont impénétrables. Il sait que si son heure est venue ce n'est pas un problème, il sait qu'il doit cependant être impeccable dans ses actions - même si elles sont peu reluisantes: rien à voir avec l'impeccabilité de l'ego - car c'est là que son projet d'évolution l'attend. Il sait qu'il a pour cela la plus belle des facultés, c'est son INTUITION. Le fait de ressentir tout ce Savoir, s'agissant bien d'un ressenti car ce Savoir est non mental, mène à l'état de CONFIANCE... et en TDC, la confiance est ce qui permet de maintenir malgré les turbulences notre ligne temporelle dans la direction choisie par l'ESPRIT sans se laisser démonter par le présent.

La FOI est le plus grand atout que l'on puisse avoir car elle assure la domination de l'intelligence par l'ESPRIT dont elle sait qu'il est le seul détenteur du véritable Savoir. Elle est ainsi la garante d'un Savoir qui ne peut être aisément exprimé par des mots car il n'est pas mental. Encore faut-il avoir dissocié cette FOI de toutes sortes de croyances car la FOI est l'inverse des croyances, contrairement à ce que l'on croit usuellement et qui n'est qu'une fausse croyance de plus. Les croyances sont purement mentales et n'ont rien à voir avec le Savoir ou la connaissance. Le seul moyen d'enrichir ce Savoir est d'acquérir des connaissances en vue de l'expérience et mieux encore d'acquérir des connaissances directement par l'expérience. La FOI est alors l'atout qui nous permet d'éviter que ces connaissances n'iront pas entretenir le statut de l'ego qui risquerait de les transformer en principes ou en croyances. Seule la FOI inspirée par l'ESPRIT est bien placée pour décider de ce que l'ego doit considérer comme connaissances valables. Elle agit ainsi en tant que représentante du libre arbitre pour ce qui concerne ce que doit penser le mental, cela étant le seul moyen par lequel l'ESPRIT peut parvenir à contrôler le cerveau. Il est facile de comprendre que sans FOI le mental prédomine, parfois même subtilement en nous faisant croire que nous maitrisons très intelligemment notre ego (l'intelligence = le discret retour de l'ego), mais cette prédominance du mental, caractéristique des intellectuels qui se savent intelligents, finit toujours par les tranformer en automates. Seule la FOI peut les en sauver, car elle est tout à la fois l'intelligence du Coeur et de l'ESPRIT... Et pour revenir en TDC, la FOI est ce qui maintient la connexion entre le cerveau et l'ESPRIT après la prise de conscience (voir planche 12), cette connexion étant la clé de son action sur le futur (via une 5ème dimension enroulée), c'est à dire la clé de "L'Ame agit": elle use notamment abondamment de l'art méconnu de visualiser son futur comme déjà réalisé.

L'INTUITION est la plus puissante des facultés de l'ESPRIT car elle offre une liaison directe - sans passer par le mental - avec la source d'informations dont nous avons tous besoin pour vivre: nous-mêmes. Elle est à ce titre le complément de la FOI, laquelle puise ses informations dans le mental et les sélectionne elle-même pour éviter que cette sélection ne soit faussée par l'ego, ou ce que l'on appelle l'intelligence. On a tous besoin de deux sources d'informations, la première en provenance de notre cerveau, la seconde en provenance directe de l'ESPRIT qui est lui-même relié directement à notre raison d'être sur terre. Lorsque l'ESPRIT ressent que la FOI n'a pas suffisamment d'informations à donner à l'ego pour qu'il puisse résoudre ses problèmes, ce dont rarement l'intelligence se rend compte, et que ces problèmes sont bel et bien pertinents pour l'ESPRIT (sinon il laisse tomber, c'est à dire qu'il laisse souffrir), alors ce dernier ouvre le canal de l'INTUITION pour offrir le complément indispensable. Ce canal ne peut cependant pas être ouvert lorsqu'on est trop conditionné. Dans ce cas il s'ouvre lorsque le mental est distrait voire endormi, par exemple en état de demi-sommeil ou lorsqu'on grimpe sur une montagne ou dans un autobus... Et enfin en TDC, l'INTUITION est une information exotique rétrocausale par excellence car elle parvient directement à la conscience: elle est une synchronicité vécue intérieurement, au lieu de l'être par le biais des évènements extérieurs.





lundi 21 août 2017

"LE CNRS ET LES OVNIs"



ci-dessous commenté:

Un titre plus exact pour cette page de commentaires aurait été "Le CNRS et les extraterrestres" ou "Le CNRS me pousse à parler d'ovnis", mais j'ai trouvé que "Le CNRS et les OVNIs" était plus politiquement correct, voire plus juste si l'on refuse la thèse de l'apocalypse.

Ce gentil mot d'ovni n'est presque plus employé comme il se doit pour qualifier des objets volants non identifiés, tellement il a été associé dans le passé aux petits hommes verts, via une sorte de réflexe de pavlov, voire d'implant psychique [1] installé par notre conscience collective pour limiter les sorties du parc de la pensée, d'où il résulte que nous pratiquons l'auto-censure. Tout de même, certains journaux grand public comme Paris Match et Libération ont osé l'employer à bon escient au sujet des drones qui planent au-dessus de Paris ou des centrales nucléaires. Tous les autres ont eu peur que l'utilisation du mot juste ne crée une sorte de remue ménage qui crédibilise l'ufologie devant le grand public: inadmissible dans un contexte de contrôle de la conscience collective sur l'information, s'agissant de garder les moutons dans le parc de la pensée, l'important étant de ne pas vous laisser sortir du parc sans un implant ou disons une étiquette spéciale qui dissuade les autres de vous suivre.

Je vous propose malgré tout de me suivre librement en dehors de ce parc, sachant que j'ai retiré mon implant pour le coller sur le CNRS (via le titre de cette page), qui nous explique via sa médaille d'argent Gabriel Chardin que  les extraterrestres ne parviennent pas à nous rendre visite parce qu'ils sont victimes d'une extinction avant même de parvenir à quitter leurs planètes

  [2]. Donc en résumé, le CNRS ou disons l'ange Gabriel [3] ne nous laisse le choix qu'entre l'apocalypse et l'invasion extraterrestre sauf si exceptionnellement, dans notre cas d'humains plus forts que toutes les autres races de la galaxie, on parvenait à donner un coup d'accélérateur prioritaire au financement de la recherche.

Pas mal comme argument pour récupérer des fonds, non ? Nous vivons une époque formidable.

Voulez vous savoir comment j'ai fait pour me retirer l'implant qui me collait à la peau pour le refiler ? Laissez moi d'abord vous expliquer comment je l'ai reçu.

Depuis quelques années je suis régulièrement sollicité par des ufologues (u.f.o. = unidentified flying objects), à commencer par l'un des plus réputés, Jacques Vallée, qui par la publicité qu'il a fait à mes travaux sur la synchronicité depuis 2011 (en les associant à une "physique de l'information" qui n'existe pas encore ou n'en est qu'à ses balbutiements), a conduit une bonne partie de la communauté ufologique à s'y intéresser. J'ai alors été poussé à donner des explications sur cet intérêt, Jacques Vallée étant resté volontairement énigmatique sur le lien qu'il faisait entre les ovnis et la synchronicité. Il se contentait en fait d'agir comme un grand inspirateur qui donne la direction: réfléchissez à la physique de l'information. Et alors ? Et la suite ?

La suite, le coquin, il n'avait pas du tout l'intention de la développer lui-même. Il avait soigneusement excité ma curiosité lors de nos rencontres et il se doutait bien qu'en valorisant son énigme à mes yeux j'allais lui emboiter le pas pour finir par répondre moi-même aux questions qu'il avait soulevées publiquement.

Maman !

Je n'ai pas à me plaindre, car avant de citer mes travaux dans ses déclarations publiques, il m'avait toujours demandé mon autorisation, que je lui ai donné. Il faut dire que je ne me serais pas reconnu si j'avais refusé. Un tel refus ne pouvait être fondé que sur de mauvaises raisons: la peur du ridicule, trop souvent agitée par les niais bétas pour les niais lambda: "dormez braves gens, ce que nous ne comprenons pas n'existe pas et ne doit donc pas nous éveiller". Or ce type de peur n'était pas du tout mon genre, sinon je n'aurais pas publié un livre sur la synchronicité, un sujet encore plus énigmatique que les ovnis, car après tout l'idée que nous puissions être visités par des E.T. n'a absolument rien d'illogique. C'est même dorénavant officiel, sauf à verser dans la thèse de l'apocalypse.

Alors, quel est ce fameux lien entre les ovnis et la synchronicité ?

La réponse est simple: la flexibilité de l'espace-temps. Cela veut dire qu'au lieu de considérer notre univers-bloc comme un espace-temps 4D déjà déployé - du big-bang jusqu'à la fin des temps - de façon parfaitement figée - ne laissant donc pas la moindre place à notre libre arbitre, notre futur étant intégralement décrit dans le moindre de ses détails - je considère cet univers-bloc comme éminemment flexible, c'est à dire capable d'évoluer hors du temps et simultanément dans le passé comme dans le futur (via la conscience collective). Pardon d'oser bouger le passé mais rassurez vous, on va dire que dans ce sens c'est aussi loin que la matière noire.

Cette flexibilité entrainant irrémédiablement avec elle la rétrocausalité, c'est ce qui engendre la possibilité des synchronicités (voir mon livre La Route du Temps) et par la même occasion la possibilité de voyages rapides dans l'espace ou le temps via des trous de vers artificiels (ou plutôt des bulles d'espace-temps [4]), sans que d'insupportables paradoxes temporels (grand-père...) ne viennent jouer les troubles fêtes: on ne peut voyager que sur des lignes temporelles (lignes d'univers) compatibles avec le futur du point de l'espace-temps où l'on débarque.

Notez bien que la rétrocausalité est devenue récemment elle aussi une hypothèse "mainstream" recevable [5] et qu'il convient donc de prendre au sérieux ses conséquences. Or parmi ces conséquences, il y a une très bonne explication à mon sens de la raison pour laquelle les E.T. ne viennent pas nous rendre visite, et je dirais même plus: ne donnent pas l'impression à notre conscience collective qu'ils viennent nous rendre visite.
Voici deux extraits de mon prochain livre "La Physique de la Conscience" prochainement disponible chez Trédaniel où je propose cette explication, développée de façon encore plus approfondie dans l'ouvrage collectif "Ovnis et conscience":

"S’il est possible de voyager dans le passé, nous devrions avoir la visite de touristes exotiques, mais là non plus, rien n’est simple car un problème très délicat à gérer en ce qui les concerne est qu’ils ne peuvent pas s’introduire chez nous sans choisir une ligne temporelle déjà existante dans notre futur sur terre. Encore faudrait-il pour cela que notre conscience collective sache faire le travail adéquat de négation de leur existence ou, à défaut, de préparation à leur rencontre avec tout ce qui s’ensuit, ce qui implique une acceptation collective de l’impact d’une telle présence. Compte tenu des conséquences gigantesques que la concrétisation de telles visites pourrait avoir si une collaboration aux conséquences mondiales s’ensuivait, il ne peut s’agir que d’une ligne temporelle qui change profondément l’évolution de notre société. Or, un tel changement ne me semble pas encore programmé dans notre conscience collective, et par conséquent la seule possibilité pour que des visites exogènes puissent avoir lieu est qu’elles s’accompagnent d’un déni collectif de leur existence. Nous examinerons plus loin d’autres aspects de l’incontournable résistance du futur qui empêche nos visiteurs de s’imposer à nous."

....

"Prenons simplement l’exemple des ovnis, dont j’ai fait remarquer que c’est grâce à notre déni collectif de leur existence qu’ils pourraient se permettre de nous rendre visite, par simple curiosité ou plus probablement pour nous éveiller doucement, petit à petit. Imaginez que nous n’ayons pas collectivement le « gène du déni » et que nos autorités gouvernementales se soient empressées, à chaque visite avérée mais toujours inexpliquée d’engin qui défie les lois de la physique, voire de rencontre du troisième type, de faire passer l’information officiellement dans les médias. Il est fort probable que de telles annonces auraient été à l’origine d’un désordre épouvantable sur la planète, dont je ne vais pas développer ici les raisons… Un désordre qui aurait été particulièrement difficile à encaisser puis à enrayer par une espèce aussi discordante et primitive que la nôtre, ce qui aurait peut-être même signé son extinction à terme. Mais fort heureusement, nous possédons le fameux « gène du déni » garant de la stabilité de notre espèce. Attention toutefois aux effets secondaires de ce gène qui pourraient nous transformer en robots humains…"

Moralité, je recommande donc de ne pas croire à l'existence des ovnis, ni bien entendu à celle des extraterrestres: vous risqueriez de perturber notre troupeau pour des prunes alors que avez bien d'autres chats à fouetter en dehors du parc de la pensée que de vous aventurer à franchir un ravin trop escarpé pour que l'on vous suive. Attendez que la construction du pont entre la science et la spiritualité soit achevée et qu'il soit largement emprunté. Comprenez qu'il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs et qu'il convient d'abord de travailler à la transformation de notre vision du monde. Comme je le dis en conclusion de mon interview dans le Nexus 97 :

"C'est un dossier [le dossier ovni] qui traîne derrière lui une somme de révélations tellement considérable, à cause de sa connexion avec l'au-delà, que c'est impossible à gérer pour notre espèce. Disons que notre futur n'a pas encore géré la situation. Donc il ne faut pas considérer le déni comme quelque chose de négatif. Même si la révélation de la présence E.T. semble avoir le potentiel d'unifier l'humanité, il faut que nous comprenions d'abord collectivement que notre nature est spirituelle et non pas matérielle. Nous n'y sommes pas prêts car nous vivons dans une société trop matérialiste. Il faut que la science avance suffisamment sur la compréhension de la conscience et de la réalité pour pouvoir jalonner " le terrain d'atterrissage" à sa juste mesure."

Voila donc ce que je voulais dire en déclarant que j'ai retiré mon implant pour le coller sur mon employeur le CNRS: ce dernier reconnait par la voix de l'ange Gabriel l'existence des extraterrestres et même de centaines d'espèces capables de nous rendre visite, mais il nous explique que ça n'a pas lieu parce que nous sommes tous, pardonnez moi l'expression, des enfoirés de déclencheurs d'apocalypses.

Pour conclure, vous avez le choix entre différentes méthodes de déni: soit vous considérez comme moi que nous sommes encore des bébés qui devont gentiment apprendre à sortir de leur parc en élevant notre niveau de conscience, soit vous considérez comme le CNRS que nous sommes des bébés trop irrécupérables pour réussir à sortir de leur berceau sans griller la planète.

Quoiqu'il en soit, vous aurez compris que tous les moyens sont bons pour maintenir le déni, y compris celui de persuader tout le monde que nous courrons vers l'apocalypse (à moins qu'il ne faille adopter l'interprétation [2] ci-dessous).

Sauf si bien entendu, on finance la recherche. Décidément, pour sortir de la crise tous les moyens sont bons, là aussi.

***

[1] Un implant psychique est une croyance de la conscience collective permettant l'autocensure ou l'autodiscipline, évitant ainsi le recours à des chiens ou des bergers.

[2] On peut interpréter différemment le message de cet article du journal du CNRS en considérant ce dernier comme incapable de propager un signal apocalyptique qui pourrait effrayer les gens surtout par les temps qui courrent. Dans ce cas il faut considérer que ce message ne relève pas de A = > B (nous ne sommes pas visités = >; nous courrons vers une extinction) mais de son équivalent non B = > non A, , ce qui alignerait parfaitement la position du journal du CNRS avec la mienne, mais d'une manière que je dois reconnaître comme plus subtile.

[3] L'ange Gabriel est effectivement (comme par hasard) l'ange de l'apocalypse.

[4] La réalisation d'un trou de ver artificiel n'est pas réaliste dans le cadre actuel de la physique. Je propose toutefois dans le livre cité ci-dessus une solution sous la forme de "bulle d'espace-temps" qui serait beaucoup plus facile à réaliser et à exploiter qu'on ne le pense, si ma théorie sur la flexibilité de l'espace-temps en lien avec la conscience est correcte.

[5] Voir les abstracts du colloque "Free wil and retrocausality in the quantum world".



 Le territoire de la pensée

Extrait de "La physique de la conscience" relatif à la figure ci-dessus:

<< La question qui s’impose à nous est : comment faire pour quitter le parc de la pensée qui nous maintient, selon la métaphore que j’ai proposée dans La Route du Temps, entre les quatre murs que sont le déterminisme au sud, le matérialisme au nord, le darwinisme à l’est et la causalité stricte à l’ouest ?


Si nous tentons de nous échapper par l'ouest à la recherche de quelque magie, nous nous heurtons à l'empire du mental qui n'hésite pas à redoubler les rangées de barbelés pour nous exclure ou nous ramener dans le droit chemin du parc.

Si au contraire nous nous échappons par l'est à la recherche de signes du destin, une descente vertigineuse et chaotique risque de nous faire tomber dans le gouffre de l’illusion, ou encore dans la décharge du hasard.

Si nous optons pour les solutions de facilité que forment vers le sud la faille du chaos et la faille quantique, nous parvenons à nous extraire du parc, mais c’est pour nous retrouver dans la vallée de l’ésotérisme, dont on ne peut sortir qu’en suivant le cours du fleuve car, bloquée en amont par une gorge, cette vallée nous emmène invariablement vers l’océan du new-age où nous sommes alors secourus par de nombreux petits bateaux et des chalutiers plus gros. Ils récupèrent moyennant finances les personnes qui arrivent là un peu hébétées et les emmènent dans des îles, loin du parc de la pensée mais aussi loin des cimes de l’Esprit.

Si enfin nous choisissons de franchir le mur du matérialisme édifié au nord du parc, il nous faut alors traverser le marécage de la conscience qui est tellement visqueux qu’il devient ensuite impossible de remonter les pentes montagneuses de l’autre côté, tellement nous avons été embourbés et même souillés par les scories de la religion dogmatique.

N’y aurait-il donc pas d’issue ? Si, il y en a une. Une seule issue qui est de descendre vers l’est tout en faisant très attention à ne pas suivre la ligne de pente, même si elle parait plus douce, pour se diriger plutôt et constamment vers le nord pendant la descente. On arrive ainsi à proximité d’une cascade qui parait infranchissable. Il faut alors surmonter ses peurs, puis accepter de se mouiller et avoir la foi pour faire cette marche insensée qui consiste à avancer sous la cascade en perdant la vision d’un sol hypothétique, dont il est impossible de s’assurer qu’il ne va pas se dérober et nous faire chuter gravement dans la gorge qui mène au gouffre de l’illusion.

Une fois passé courageusement ce qui s’avère finalement n’être qu’un gué pour les initiés, il faut alors remonter la pente vers l’est, vers lequel un chemin escarpé se dessine peu à peu et nous emmène au bout d’une longue marche jusqu’au col de l’Ange. Ce n’est qu’arrivé à ce col de l’Ange que nous pouvons alors contempler, de l’autre côté, la réalité de l’espace-temps et cette merveilleuse vue sur le pic de l’Esprit, pour peu qu’il ne soit pas dans les nuages ainsi que le col lui-même.

Cette métaphore du col de l’Ange symbolise, on l’aura compris, la connexion avec le Soi et le pic de l’Esprit, cet au-delà inaccessible de notre vivant. Si j’ai dessiné ainsi l’horizon d’une transformation de notre vision du monde où cette ouverture d’esprit aurait lieu, sachant que c’est à mon sens la seule issue au monde décadent actuel, c’est pour bien traduire l’optimisme confiant d’un physicien convaincu de cette voie de libération qu’il a emprunté et débroussaillée pour vous, cher lecteur. >>

 



mardi 15 août 2017

"UNE CONFERENCE SUR LA NATURE DE LA REALITE"


La synchronicité: un pont entre l'âme et la science

" Choisis la pilule bleue et tout s’arrête. Après tu pourras faire de beaux rêves et penser ce que tu veux. Choisis la pilule rouge et tu restes au pays des merveilles... et on descend avec le lapin blanc au fond du gouffre."

Je présente ici les planches de ma conférence à Cassis le 29 mars dernier: "La synchronicité: un pont entre l'âme et la science" avec quelques commentaires. J'ai introduit cette conférence en présentant un extrait de 2 mn du film Matrix car ce film est une version moderne de l'allégorie de la caverne de Platon. Faire un pont entre l'âme et la science nécessite en effet de modifier profondément notre conception de la réalité et la caverne de Platon est la meilleure image que l'on puisse s'en faire, cependant elle est un peu abstraite. Sa version représentée par la Matrice dans laquelle le héros Néo est amené à combattre contre les gardiens de notre condition d'esclave moderne a le double avantage d'être à la fois plus réaliste et plus actuelle, compte tenu de l'état de déliquescence de notre société qui tend à reproduire peu à peu la même matrice. J'explique que ceci est un phénomène tout à fait naturel puisque le monde se structure logiquement en fonction de la façon dont nous pensons. Nos pensées étant en grande majorité trop matérialistes et entretenues comme telles par un système de conditionnement ultra-libéral et consumériste, ce dernier finit par devenir une véritable matrice dans laquelle notre liberté devient de plus en plus contrôlée et illusoire, c'est à dire une véritable prison pour notre esprit.

Pour en prendre conscience il faut choisir la pilule rouge:

    La pilule bleue représente le choix matérialiste qui nous conduit à dormir debout comme une machine Hawkingienne qui ne se pose pas de questions sur la réalité et considère d'avance toute liberté comme illusoire (nous sommes des machines donc pourquoi s'inquiéter ?).
    La pilule rouge représente le risque pris par celui qui trouve que quelque chose ne tourne pas rond dans la réalité (la matrice) et qui en descendant au fond du gouffre du mental pour rechercher la vérité finit par découvrir son esprit, avec une bonne et une mauvaise nouvelle: la bonne nouvelle est que son esprit le rend libre, joyeux et puissant. La mauvaise nouvelle est qu'en parvenant à dissocier son esprit du mental il découvre qu'il vit dans un monde totalement artificiel qui ne correspond pas à la nature humaine de l'esprit. En revanche il découvre des merveilles mais qu'il ne peut même pas partager avec ses congénères, sauf à passer pour un dingue et à se marginaliser: mieux vaut se taire comme je le fais trop souvent. Il s'aperçoit ainsi que la confusion trop longtemps entretenue entre esprit et mental a finit par transformer le monde en une machine gigantesque de contrôle qui nous broie et qui nous transforme peu à peu en esclaves ignorants de notre véritable nature, au risque de la perdre. Je répète que tout cela est tout à fait normal - sans aucun complot à priori - car le monde (la matrice) ne fait en réalité que se conformer à nos pensées.



Plutôt que de passer un temps fou à faire une retranscription de cette conférence déjà faite pour la précédente , je vous laisse découvrir les planches ci-dessous qui parlent d'elles-mêmes. J'aimerais maintenant simplement en faire un bilan inspiré par les questions qui m'ont été posées.

 Bien que beaucoup de personnes n'aient pas compris grand chose à la partie scientifique de mon exposé, que j'ai tenu à maintenir sachant d'avance qu'il y aurait des scientifiques dans la salle, cette conférence a obtenu un franc succès: salle pleine et visiblement passionnée, nombreuses questions et séance interminable de dédicaces. Je remercie le public pour son accueil chaleureux et j'ai été touché par tous les soutiens qui venaient du coeur et des yeux qui brillaient: j'avais manifestement énoncé ce que le public avait envie d'entendre. J'ai ainsi levé tous les doutes que j'avais encore sur le risque (du ridicule) pris par un scientifique à vouloir établir un pont entre la Science et l'Ame: bien que certains râlent encore, je pense qu'il n'y a plus aucun risque à le faire.

Je sais que l'usage de ma crédibilité universitaire pour parler de l'âme dérange certains scientifiques qui n'aiment pas que je fasse dire à la science ce qu'elle ne dit pas. A ce reproche qu'on me fait parfois je répond qu'il est tout à fait justifié et je masque un sourire intérieur, car mon objectif est bel et bien de faire dire à la science ce qu'elle n'ose pas dire sur la spiritualité, faute d'avoir résolu son vieux conflit avec la religion. Ne dirait-on pas que la science est encore névrosée par ce conflit ? Jouerais-je le rôle d'un psy qui essaie de la faire parler: il y a encore du travail! Quoi qu'il en soit, ce mutisme s'explique au moins autant par le fait que la science est excessivement cloisonnée: il en résulte que les travaux de synthèse des connaissances issues de ses innombrables spécialités sont beaucoup trop rares alors que cette synthèse est devenue urgente dans un monde qui est en train de crever de son matérialisme.

Sachant que personne ou presque n'ose le faire, j'ai décidé de prendre le job.

Les raisons pour lesquelles je tente de construire un pont entre la science et la spiritualité et encourage tout autre scientifique à faire de même sont très simples: les physiciens sont les mieux placés pour savoir que le matérialisme et le déterminisme sont des croyances erronées mais ils omettent de le préciser haut et fort à leurs collègues médecins, biologistes, neuroscientifiques et ingénieurs qui se spécialisent dans l'humain ou l'intelligence artificielle, tout en restant dans les erreurs de leur éducation. On aboutit ainsi à des dérives telles que le transhumanisme et bientôt l'acceptation des puces sous la peau. A cause de la défaillance des physiciens dans l'exercice de leur responsabilité qui consisterait à clamer haut et fort que les idées matérialistes sont erronées, tous ces experts continuent ainsi trop souvent de réaffirmer que la conscience est le produit du cerveau et que nous sommes donc des machines. Ils y sont encore encouragés aujourd'hui par les déclarations stupides récentes du physicien qui fait le plus de bruit sur la planète: Stephen Hawking. Le mieux est de l'excuser en disant qu'il n'est pas l'auteur de son dernier livre, sinon il se serait rendu compte qu'il a fondé son affirmation selon laquelle nous sommes des machines - et n'avons pas besoin de Dieu - sur un postulat aujourd'hui totalement contredit par la science: le déterminisme.

Nous constatons ainsi que le plus illustre des scientifiques fait lui-même dire à la science ce qu'elle ne dit pas, le problème étant qu'il lui fait dire n'importe quoi dans ce cas précis. C'est la raison pour laquelle j'ai pris le job qui consiste à affirmer haut et fort le contraire en montrant que les résultats de la physique sont parfaitement en mesure de soutenir l'idée de l'existence de l'âme, de la conscience et de l'esprit dissociés du mental.

J'invite tous les scientifiques qui ne sont pas d'accord avec ces idées à les combattre avec des arguments et non avec un rejet primitif, car c'est ainsi que fonctionne la science. Il est de toute façon déjà trop tard pour eux de se contenter de les rejeter ou de les ignorer car nous avons déjà basculé dans un nouveau paradigme qui bouleversera notre conception de la réalité. Pour ne pas se retrouver ainsi un jour ou l'autre sur la touche les scientifiques qui sont bien placés pour se prononcer sur ces questions doivent le faire, car c'est ce dont notre société a le plus besoin aujourd'hui et qu'elle attend vraiment.



http://www.doublecause.net/index.php?page=Caverne_Matrix.htm








mercredi 26 juillet 2017

"LA THEORIE DE LA DOUBLE CAUSALITE, GERME D'UNE FUTURE REVOLUTION SPIRITUELLE"


Dans l’exercice de son libre arbitre (qu’il soit illusoire ou authentique) l’être humain révèle deux grands types de comportement distincts : le rationnel et le spirituel. Les deux sont rarement conciliés chez le même homme car l’alliance entre la raison et la foi, dans notre société moderne, est rompue. Bien que le culte de la raison, d’inspiration mécaniste, puisse s’harmoniser avec la foi religieuse ou spirituelle (ce qui serait la sagesse même dans un monde où la science n’explique pas tout) ce n’est généralement pas cette attitude équilibrée que l’on voit s’imposer, mais plutôt des formes déviationnistes qui vont de la dérive mécaniste vers le culte du pouvoir et de l’argent, à la dérive des croyances vers le sectarisme, la dévotion excessive ou le renoncement. Les progrès de la science et de la technologie en sont probablement responsables, ayant rendu le paradigme mécaniste beaucoup trop dominant dans la société actuelle. Cet article a pour but de dévoiler l’un des germes d’une possible révolution spirituelle qui serait à même de restaurer l’équilibre entre raison et foi vers la sagesse.

L’attitude rationnelle est aujourd’hui d’inspiration mécaniste et fondée sur la causalité. Elle consiste à croire que pour assurer l’avenir il faut faire des calculs et le planifier afin qu’il se réalise selon un cheminement logique et anticipatif dans lequel il est laissé le moins de place possible au hasard. Face aux aléas de la vie qui s’opposent inévitablement à nos plans, et plus fondamentalement, face à l’augmentation considérée comme inéluctable de l’entropie ou désordre de l’univers, le travail, l’effort, la résistance, la compétition et le jeu sont avancés comme des moyens permettant d’atteindre des objectifs. La maîtrise de son propre avenir, par l’homme, se justifie ainsi par une philosophie mécaniste de lutte ou de concurrence perpétuelle, largement confortée par la théorie darwiniste de l’évolution : lutter pour gagner ou se protéger, lutter contre la dégradation ou pour concourir afin de se hisser à un niveau d’intérêt personnel (ou collectif restreint), censé apporter un état de mieux-être.  Cette attitude est fondée sur une éducation dominée par le paradigme déterministe selon lequel notre futur est uniquement la conséquence de notre passé qui contiendrait également les causes de tous nos actes. Faute de mieux, cette attitude continue de s’imposer – bien que le déterminisme et le darwinisme soient totalement battus en brèche de nos jours – inertie de la pensée oblige.

L’attitude spirituelle, généralement fondée sur la foi, la religion ou autre système de croyances, consiste au contraire à accepter sans résister les évènements qui s’imposent à nous, en les considérant comme des voies d’évolution dont les raisons d’être sont impénétrables. Elle nous suggère l’accomplissement d’une tâche ou d’une mission dénuée de convoitise personnelle et intérieurement épanouissante grâce à une faculté accrue de vivre dans le présent sans souci de l’avenir en cultivant, notamment, le lâcher-prise.»[1] Le plan de la tâche ou de la mission est confié à Dieu, voire laissé en friche au destin. La confiance et la foi jouent un rôle majeur pour assurer la plénitude de l’être et la prière se substitue aux actions d’intérêt personnel pour influer positivement sur le destin collectif. À travers la prière et l’amour du prochain, ce sont les intentions authentiques et détachées de participer à l’harmonie du monde qui sont travaillées, car de tels vœux sont implicitement considérés comme les causes premières du destin favorable de l’humanité. C’est donc à la purification des intentions que l’on consacre la majeure partie du temps car il s’agit là d’un moyen privilégié d’améliorer le « plan divin » pour assurer le bien de tous. Cette croyance n’est pas fondée sur la causalité – ce qui serait vu comme naïf –, mais sur l’idée que le futur est la conséquence d’un plan divin sur lequel il est plus efficace d’agir directement. Tout comme si la prière et l’amélioration de l’être intérieur pouvaient inciter « Dieu » à bonifier ses plans pour le futur. Il s’agit bien là d’une croyance à un type d’influence non causale sur le futur et ses adeptes n’hésitent d’ailleurs pas à croire aux miracles, voire à d’autres manifestations magiques ou paranormales sans pour autant avoir une quelconque compréhension de ces phénomènes.

Dans un monde sous l’emprise persistante d’une philosophie mécaniste (pourtant largement controversée) l’attitude spirituelle subit inévitablement des assauts intenses et se retrouve ainsi dévalorisée, ridiculisée, qualifiée de naïve, de pensée magique ou d’insensée. Il s’agit bien d’ailleurs pour les rationalistes de l’éliminer. Il va de soi qu’invoquer un plan divin s’accommode mal de la raison dominante, qui puise ses fondements dans une science classique imprégnée de déterminisme et de causalité, les deux principes à la base du mécanisme.

Mais aujourd’hui, tout cela est en train de changer car la science a évolué bien plus avant et elle nous interpelle fortement à travers les résultats de plus en plus étranges de la physique moderne. Celle-ci nous incite en effet non seulement à dénoncer le caractère universel de la causalité, mais surtout à remettre profondément en question notre vision du monde. En se rapprochant de certaines visions bouddhistes, cette nouvelle physique commence peu à peu à nous faire entrevoir des connexions fortes entre le « plan divin », cher aux spiritualistes, et la réalité multidimensionnelle d’un univers où le futur serait déjà déployé selon des potentiels multiples, dans autant de mondes parallèles que nécessaire, et dont les probabilités d’entrer dans la réalité sont fluctuantes.

Cette révolution de notre vision du monde, susceptible de revaloriser une attitude spirituelle, a pourtant commencé il y a longtemps déjà. Pour ne citer que des prix Nobel, rappelons qu’Einstein est à l’origine de la remise en question de notre conception du temps, à travers la négation de l’existence du présent et l’affirmation de la simultanéité du passé et du futur. Rappelons que le physicien Pauli (prix Nobel 1945) est à l’origine de la remise en question du principe de causalité, à travers l’affirmation d’un principe de non-causalité (ou acausalité, chère à son ami Jung) à l’œuvre à l’échelle des particules élémentaires. Rappelons enfin que Prigogine (prix Nobel 1977) est à l’origine de la remise en question du déterminisme macroscopique (conséquence de la causalité), à travers l’affirmation de l’indéterminisme fondamental de la nature, qui stipule l’existence de multiples possibilités d’évolution de l’univers, et l’absence de cause précise pour déterminer celui qui s’imposera à nous parmi tous les autres possibles. Lequel vivrons-nous donc ? Voilà la question primordiale à laquelle la science ne sait toujours pas répondre, autrement que par le hasard.

Le coup le plus fatal à la causalité a été porté par la physique en 1982 par l’expérience fameuse d’Alain Aspect, qui a démontré que l’indéterminisme prévalait à l’échelle microscopique des particules. Il est depuis lors avéré qu’aucune cause ne permet de déterminer certains évènements observés à cette échelle, c'est-à-dire qu’aucune variable cachée (issue du passé) ne permet d’en expliquer les résultats. Plus fort encore, des améliorations plus récentes de cette expérience ont montré que le passé de certaines particules ne se forme que lorsque le futur de ces particules a été observé, comme si ce passé « attendait » un événement issu de son futur pour se déterminer dans un sens ou dans l’autre. Il s’agit là d’une véritable constatation du fait qu’une cause inverse, c’est-à-dire issue du futur (l’effet précédant ici la cause), peut déterminer le cours de certains évènements, sauf si (car il faut bien envisager une alternative) on abandonnait le principe de réalité en physique pour une science abstraite ne s’intéressant qu’à la prévision des observables, à défaut d’une réalité indépendante de l’observateur. Interloqués par l’étrangeté de l’évolution de la physique moderne, des mathématiciens (ConWay & Kochen) ont publié en 2006 un article qui démontre que si l’on admet deux de ses conclusions les plus indiscutables, et si l’on interdit à un événement futur d’influer sur un événement passé pour préserver la causalité – et avec elle le hasard –, alors on est obligé d’accepter le « théorème du libre arbitre » qui énonce que si le libre arbitre existe pour l’homme, alors il doit obligatoirement exister pour toutes les particules élémentaires ! Démonstration d’autant plus imparable que mathématique, et de quoi faire réfléchir les partisans du hasard – roi dans l’interprétation de l’indéterminisme causal – car nous touchons là un point sensible de l’être humain : son libre arbitre.

Autant traduire sans façon ce théorème par l’énoncé suivant : le maintien envers et contre tout de la causalité en physique fait faire à la science une plongée dans l’ésotérisme le plus complet, et voilà donc où nous en sommes rendus aujourd’hui. Fort heureusement, de plus en plus de physiciens n’hésitent plus à abandonner ce vieux principe de causalité devenu trop fragile et deux d’entre eux (Nielsen & Ninomiya), hautement réputés pour leurs travaux sur la théorie des cordes, ont même développé une théorie dans laquelle le futur peut, enfin, commencer à jouer un rôle pour déterminer le cours de notre présent, par rétrocausalité (causalité dans le sens inverse du temps). Forts de la réversibilité des équations de la physique, qui sont valables dans les deux sens du temps, ils commencent en 2006 par publier un article dans lequel ils réfutent un autre principe trop fragile de la physique constitué par la flèche du temps (ou irréversibilité) pour pouvoir ensuite élaborer des modèles d’évolution contenant des conditions finales en plus des conditions initiales. (…) Une porte est maintenant ouverte quant à la respectabilité de l’idée d’une seconde causalité qui remonte le temps.

Dans mon livre intitulé « La Route du Temps – Théorie de la Double Causalité », paru en 2010, les conséquences d’une telle seconde causalité, qualifiable de « rétrocausalité macroscopique », sont analysées en profondeur pour en déduire comment le libre arbitre de l’homme pourrait s’exercer dans un futur déjà réalisé (quoique non figé). En ce sens, il s’agit d’une théorie métaphysique car, pour qu’elle soit recevable en physique moderne, elle exige d’ouvrir une autre porte qui ne soit pas des moindres : rendre acceptable l’hypothèse que le libre arbitre pourrait s’exercer au moyen d’une influence de nos intentions sur les probabilités d’occurrence de certains futurs plutôt que d’autres ! Tous nos futurs existeraient ainsi à l’état de potentiels latents, c’est-à-dire déjà déployés, mais non encore vécus, et ils seraient directement modelables au niveau de leurs probabilités par le biais de nos intentions libres. Considérée d’un point de vue logique, si effectivement nos futurs probables sont déjà actuels, alors cette idée est imparable : si nous décidons aujourd’hui de changer d’orientation pour notre avenir, les probabilités d’occurrence de l’avenir que nous privilégions seront instantanément augmentées au moment même où notre libre arbitre s’exerce, donc bien avant que cet avenir ne commence vraiment à se préparer, ne serait-ce que par « hasard ». Le problème est que nous avons du mal à imaginer par quel biais notre changement d’intention pourrait se traduire instantanément en modifications physiques de la structure probabiliste de nos avenirs potentiels déjà déployés. Mais dans une physique moderne en pleine mutation, où la théorie des univers parallèles apparaît comme la plus cohérente pour expliquer les observations, et où l’on est forcé d’introduire des dimensions supplémentaires à l’espace pour y parvenir (qui plus est, des dimensions qualifiables d’« intérieures » car extrêmement petites et repliées sur elles-mêmes), n’y aurait-il pas enfin une place pour héberger cette structure intemporelle de notre esprit que l’on appelle l’âme, et qui se définirait fort justement comme cette partie de nous-mêmes douée du libre arbitre authentique, c’est-à-dire capable de privilégier certains futurs indépendamment de tout conditionnement causal ?

Cette Théorie de la Double Causalité peut paraître audacieuse, mais son côté le plus respectable (et qui la rend en effet crédible) est son immense atout d’être productive, au point d’être potentiellement démontrable expérimentalement, car elle permet en effet d’expliquer, entre autres, le mécanisme des synchronicités, ces coïncidences remarquables qui représentent un défi à la science. En bref, l’explication donnée est que l’omniprésence de notre futur a pour conséquence qu’il est possible de remodeler celui-ci au moyen de notre libre arbitre et que ce réarrangement, ainsi produit, agit comme une source de potentialités accrues ayant pour effet d’augmenter les probabilités de tous les chemins pouvant mener à la réalisation de nos choix/intentions, et ce, par rétrocausalité. Il ne reste plus qu’à attendre de rencontrer l’événement susceptible de nous faire bifurquer vers un tel chemin choisi. Si le seul chemin possible est mû par un événement dû au « hasard », alors on ne parle plus vraiment de hasard car les probabilités de ce hasard seront accrues et la rencontre pourra se faire même si sa probabilité était initialement infime, car cette dernière aura été amplifiée par l’intention accompagnée des vertus qui en maintiennent les effets dans le futur : l’attention, la foi et la confiance. A condition, toutefois, de demeurer sincère (dans la prière ou toute autre méthode adressant l’être intérieur) au sens du « Deviens ce que tu es » de Nietzsche !

C’est ainsi qu’à travers la Double Causalité on dispose également d’une explication inattendue pour justifier du bien fondé de pratiques telles que le dialogue intérieur, par le biais de symboles comme, par exemple, ceux du Yi-King (la réponse venant du futur). De plus, on confirme enfin pleinement la philosophie dégagée par James Redfield dans La Prophétie des Andes, qui soutient que, à partir d’un certain degré d’évolution spirituelle nous permettant d’influer directement sur notre futur, nous parvenons à provoquer nous-mêmes les coïncidences remarquables qui nous permettent d’avancer sur le chemin de notre vie en lui donnant le maximum de sens.

Avec un tel gage de productivité, il se pourrait bien que la Théorie de la Double Causalité révèle un puissant germe fondateur susceptible de contribuer à une « future » révolution spirituelle.

[1] Le « lâcher prise » dont il est question ici est d’ordre « intérieur ». C’est un retrait du mental permettant de favoriser l’action, voire de la purifier. Il ne s’agit en aucun cas d’une attitude d’abandon, de laisser aller ou de démission face à l’action, mais bien au contraire d’un état d’esprit devant favoriser l’action, la rendre plus juste, en la débarrassant d’un mental instable ou trop calculateur.

http://www.doublecause.net/index.php?page=blog.htm



vendredi 14 juillet 2017

"LE CHAT, UN THERAPEUTHE AU POIL"


Les soirs où je rentre stressée, sans aucune envie de communiquer avec des humains, je prends mon chat sur mes genoux et je lui raconte mes soucis, confie Zouhour, 48 ans, professionnelle du tourisme. Blotti contre moi, il me laisse parler sans me contredire, et son ronronnement régulier m’apaise. Quand je n’ai plus rien à dire, je me contente de le caresser en silence. Progressivement, j’accède à une sorte de béatitude inégalable. »

Plusieurs études récentes montrent que les gens qui vivent avec un chat jouissent d’une meilleure santé psychologique que ceux qui vivent sans (In Tout sur la psychologie du chat de Joël Dehasse - Odile Jacob). Tous les propriétaires constatent, jour après jour, le pouvoir de leur compagnon griffu, sans pour autant pouvoir l’expliquer. Paradoxalement, c’est une ancienne « ennemie » des chats, la journaliste Véronique Aïache, qui lève en partie ce mystère avec un beau livre intitulé La Ronron Thérapie. « Disons que ces animaux me laissaient indifférente, rectifie-t-elle. Mais ma fille a tellement insisté que je me suis laissé convaincre, et Plume est entrée dans ma vie. Je me suis surprise à me délecter de sa présence, et même à puiser dans ses ronronnements l’inspiration de mes écrits. Plume, 2 ans aujourd’hui, est devenue l’“âme de la maison”, comme disait Cocteau. En fait, j’ai écrit ce livre parce que je ne trouvais rien, en dehors d’infos éparses sur Internet, qui me permette de comprendre comment un simple ronronnement peut se révéler si précieux pour le corps et l’esprit. »

Des ronronnements anti-jet lag

Sans Jean-Yves Gauchet, vétérinaire toulousain et véritable inventeur de la « ronron thérapie », le livre n’aurait jamais vu le jour. Cette « thérapie », il l’a découverte sans l’avoir cherchée. « Tout a commencé en avril 2002, se souvient-il. J’étais en quête d’informations pour Effervessciences, la petite revue scientifique que je dirige sur le Net. Je suis tombé sur une étude d’Animal Voice, une association de recherche qui étudie la communication animale. Elle a repéré, statistiques à l’appui, qu’après des lésions ou des fractures, les chats ont cinq fois moins de séquelles que les chiens, et retrouvent la forme trois fois plus vite. D’où l’hypothèse d’une authentique action réparatrice du ronronnement : en émettant ce son, les chats résistent mieux aux situations dangereuses. » Car s’ils « vibrent » de bonheur en s’endormant, ils le font aussi quand ils souffrent et sont plongés dans des situations de stress intenses.

Jean Yves Gauchet publie aussitôt un article sur le sujet et propose à des volontaires de tester les pouvoirs du ronronnement grâce à un CD de trente minutes, Détendez-vous avec Rouky (disponible sur le site d’Effervesciences) – le chat Rouky existe vraiment, il s’agit en fait de l’un de ses « patients ». Les résultats sont parlants : les deux cent cinquante « cobayes » ont ressenti du bien-être, de la sérénité, une plus grande facilité à s’endormir. D’un point de vue purement physique, ces sons sont des vibrations sonores étagées sur des basses fréquences de vingt-cinq à cinquante hertz. Ces mêmes fréquences qui sont utilisées par les kinés, les orthopédistes, et en médecine du sport pour réparer les os brisés, les muscles lésés et accélérer la cicatrisation. Les compositeurs de musiques de films utilisent aussi ces basses fréquences afin de susciter des émotions.

« Le ronronnement utilise le même chemin dans le cerveau, à travers le circuit hippocampe-amygdale, une structure étroitement liée au déclenchement de la peur, indique Jean-Yves Gauchet. Écouter ce doux bruit entraîne une production de sérotonine, l’“hormone du bonheur”, impliquée dans la qualité de notre sommeil et de notre humeur. » Le ronronnement « joue un peu le rôle de la madeleine de Proust, ajoute le praticien, sauf, bien sûr, si vous êtes encore traumatisé par ce chat qui vous a griffé au visage quand vous aviez 6 ans ». Récemment, il s’est aperçu que ces vibrations aidaient à réduire le jetlag, la fatigue liée au décalage horaire. Au printemps 2009, il a conçu, en collaboration avec le géant américain de l’informatique Apple, une application destinée aux téléphones portables iPhone. Le but : aider, après un voyage vers des rivages lointains, à récupérer le bon rythme plus rapidement grâce à une savante association de ronrons enregistrés, de conseils diététiques (notamment manger des noix), et la diffusion d’une lumière bleue générant la production de mélatonine.

Une éponge émotionnelle

Le chat ronronne pour se guérir, mais ronronne-t-il aussi volontairement pour nous faire du bien ? Nous aimerions le croire. Violaine, 40 ans, pharmacienne, témoigne : « Ma psychanalyste avait un chat. Il restait sagement à sa place, sauf dans des moments très difficiles où il grimpait sur le divan à côté de moi. »

Cela dit, Joël Dehasse, vétérinaire à Bruxelles, est formel : un chat vibre essentiellement pour accroître son propre confort. S’il est champion pour nous débarrasser de nos énergies négatives, c’est aussi parce qu’il a vérifié qu’un humain serein est plus attentif et répond mieux à ses besoins. Le chat est capable de repérer notre détresse instinctivement, grâce aux phéromones que nous émettons (chaque émotion a sa propre odeur). Rien de très altruiste, donc. Sauf allergie aux poils de chat, il n’y a que des avantages psychiques et physiques à vivre avec lui.

Véronique Aïache cite plusieurs expériences : « En 1982, Aaron Katcher, psychiatre américain, prouve en direct devant des caméras de télé que caresser un chat diminue l’anxiété, la tension artérielle, donc le risque d’infarctus. Dennis R. Ownby, responsable de la section allergologie et immunologie de l’université de Géorgie, aux États- Unis, conclut, au terme d’une étude de sept ans, qu’en étant quotidiennement au contact de chats, on s’expose à des molécules connues pour leur efficacité protectrice du système immunitaire. » Mais, curieusement, si le chat possède des vertus antidépressives, il ne nous met pas de bonne humeur. « Il libère les humains de leurs énergies négatives, sans pour autant en apporter de positives, constate Joël Dehasse. Le bien-être ressenti est surtout lié à la disparition des humeurs sombres. »

La Ronron Thérapie, ces chats qui nous guérissent…de Véronique Aïache

Tous les bienfaits du ronronnement, études à l’appui. Le livre est accompagné d’un CD de ronronnements (Le Courrier du livre).

Le ronronnement n’est pas la seule « fonction » thérapeutique des chats. Certains ne ronronnent pas. Et certains maîtres sont incommodés par le « bourdonnement » trop bruyant de leur minet. « J’en ai eu une, Olympe, qui dormait avec moi et ronronnait fortement pendant son sommeil, avoue Madeleine, 60 ans, historienne. Or ce bruit censé m’apaiser m’énervait beaucoup. Il m’est arrivé de la caresser doucement pour que je puisse enfin m’endormir. » Car le chat nous guérit aussi – et peut-être surtout – par les caresses que nous lui prodiguons, par les contacts physiques qui nous lient à lui. À travers eux, nous ressuscitons les premiers câlins avec notre mère. D’ailleurs, « plus nous avons manqué de tendresse dans l’enfance, plus nous avons tendance à nous tourner vers les animaux pour trouver auprès d’eux une complétude affective », affirme Isabelle Claude, équithérapeute, auteure du Cheval, miroir de nos émotions (Éditions DFR).

Les fameux bars à chats de Tokyo, où les Japonais viennent évacuer leur stress et se relaxer en compagnie de félins, remplissent cette fonction. Les matous jouent, vont, viennent. Les clients regardent, caressent. À l’entrée, un avertissement : « Interdiction de forcer un chat à être caressé. » Pour la tranquillité de tous, les enfants sont interdits. « Une loi autorise les propriétaires d’immeubles à interdire les animaux domestiques, faute de place et par souci d’hygiène, explique encore Véronique Aïache dans son livre. Les bars à chats permettent de profiter d’eux sans en avoir les contraintes. » Pour l’anecdote, citons l’histoire de ces deux clients qui ont fait connaissance en caressant le même chat et se sont mariés… « Ce n’est pas seulement parce qu’il rend des services – comme chasser les rongeurs – que l’homme a laissé le chat s’installer sur ses canapés, observe Jean-Yves Gauchet. Non, je crois que les félidés et les hominidés étaient faits pour se retrouver. C’est au-delà du rationnel, ça nous dépasse. »

La vérité est que, entre l’homme et le chat, c’est magique !


http://www.psychologies.com/Planete/Les-animaux-et-nous/Articles-et-Dossiers/Le-chat-un-therapeute-au-poil/4Des-caresses-antistress



jeudi 25 mai 2017

"AUGMENTER SA VIBRATION"


Serge-Reiver Nazare "Pèlerin du cosmos" (Éditions "le temps présent")

Vers l'âge de 16 ans, Serge Nazare commence à recevoir intuitivement des informations sur la structure spirituelle et physique du cosmos. Il entre en contact avec des êtres de l'espace qui lui enseigneront durant plus de 40 ans les lois et les organisations cosmiques qui régissent la création et le développement de la vie sur les différents plans d'existence. Cet ouvrage présente les grandes lignes de la vie spirituelle et sociale de cet homme qui, bien intégré dans la société, assumant la vie de monsieur tout le monde, a été impliqué dans une aventure extraordinaire faite de rencontres et de contacts étroits avec ces intelligences supraterrestres qui forment ce qu'on appelle la « Confédération intergalactique ». Il nous entraine dans une spirale ascendante qui nous fait prendre conscience des dimensions cosmiques de la vie et de l'évolution.



Autres vidéos sur: https://cheminsdelaconnaissance.blogspot.fr/ 


mercredi 17 mai 2017

"CHANGER D’ETAT DE CONSCIENCE"


par Marc-Alain Descamps


Les premières technologies ont été chamaniques, puis religieuses.

Les chamans voulaient changer d’état de conscience pour pénétrer dans le monde des esprits et de l’après-mort. Ils utilisaient le tambour, les chants, les danses et les drogues …

Les religions ont utilisé les chants, les litanies, les prières, l’encens, les jeunes, les insomnies, les flagellations, les cérémonies du culte …

Sur leurs marges, les mystiques utilisaient des techniques orthodoxes (la monologie ou prière du cœur de l’hésychasme), soufis (zikhr et derviches tourneurs), yoga (postures, respirations, méditation, kundalini), taoïstes (taï-chi, kung-fu, tantras), tibétaines (ermites, toumo, pho-wa), japonaises (budo, zazen, hara) ...

Elles ont été d’abord secrètes, transmises, seulement après initiation, à des disciples qui le méritaient. Puis avec l’ère du Verseau, leur connaissance s’est diffusée ouvertement et a été soumise aux vérifications scientifiques. Pour provoquer une expansion de conscience, elles prennent la place des drogues hallucinogènes, qui toutes créent une accoutumance et finissent par détruire ceux qu’elles devaient libérer.

Voici les techniques les plus vérifiées.

1. L’isolation sensorielle. La première de toutes les techniques est le retrait des sens, la coupure avec le monde extérieur ou l’intériorisation. Le méditant s’installe dans une pos­ture assise stable et ferme, et les yeux fermés il ne bouge plus. Diverses expériences sur la concentration ont pu prouver qu’effectivement, le méditant n’entend plus rien : chez les débutants le message du son parvient encore jusqu’à la zone auditive du cerveau, mais plus on a d’ancienneté et de pratique, plus tôt il est arrêté le long du nerf auditif, et aucune message sonore n’arrive au cerveau.

Une telle situation est étudiée dans les laboratoires de psychologie expérimentale depuis des décennies sous le nom d’isolation sensorielle. Des caissons d’isolation isophones sont utilisés pour les astronautes et des caissons hyperbares en plongée sous-marine profonde. Enfin en milieu naturel de longs séjours d’isolement sensoriels ont été réalisés par des spéléologues dans la nuit des grottes.

À partir de l’invention des « citernes de l’extase » par John Lilly, s’est développée la mode des caissons d’isolation sensorielle ou tanking. Ce sont des baignoires à couvercle où l’on flotte sur un liquide très salé, sans entendre aucun son. Leur rapide désaffection est venue de leur manque d’accompagne­ment psychothérapique et spirituel, car l’on ne peut pas espérer remplacer en quelques minutes une vie d’entraînement mystique, ce qui était pourtant le secret espoir de tous. On utilise aussi des matelas d’eau ou waterbed. Cependant ces diverses expéri­mentations d’isolation sensorielle ont prouvé que cela produisait rapidement une ouverture et un déferle­ment des images intérieures. Mais dans la méditation elles sont guidées par une orientation vers les états supérieurs de conscience et les images-forces.

2.   L’immobilité et la relaxation. Toutes les voies recommandent de s’allonger, de s’immobiliser et de se relaxer dans une posture détendue. Ceci a donné lieu à un grand nombre de vérifications scientifiques grâce aux appareils de bio-feedback ou rétro-action biologique. À l’aide d’un appareil à bruiteur dont on fait diminuer le son en se relaxant, on peut induire et mesurer la relaxation musculaire avec un électro-myographe, la transpiration émotive avec un dermographe, la régula­tion des battements du coeur avec un électro­cardiographe ou l’obtention des ondes alpha du cerveau avec un électro-encéphalographe... Ainsi, on a pu mesurer récemment que les moines bouddhistes tibétains pouvaient en quelques minutes faire monter leur température entre 44°  et 46° par la technique du toumo. On comprend mieux ainsi comment peuvent se produire certains des phénomènes physiques qui accompagnent une extase.

3.   L’hyperventilation. L’hyperventilation se trouve dans les techniques respiratoires de bien des voies, comme la transe chamanique, le yoga, le soufisme ou l’hésychasme. Son utilisation systématique est deve­nue la base de diverses psychothérapies : Rebirth/ Renaissance de L. Orr ou holotropic breathing de S. Grof. Elle peut induire un état de transe et faire re­monter à la conscience un flot d’images du passé lointain et oublié (naissance, vie utérine, vies antérieu­res, expériences transpersonnelles). C’est une des plus simples techniques corporelles de l’extase confirmée dans son efficacité pour ouvrir au voyage intérieur. Le contrôle du souffle est aussi classiquement utilisé par bien des sportifs et tous les plongeurs en apnée.

4.   Le tournoiement. Les rotations accélérées de la tête puis tourner sur soi-même en décrivant un cercle était la technique des Derviches tourneurs et des soufis. Mais elle est aussi pratiquée dans toutes les danses primitives tout autour du monde. La Transe­Terpsychore-thérapie, issue du Cadomblé brésilien, met dans un état de transe où surgissent des images inconscientes puis des visions ou flashs lumineux. Certaines danses peuvent aussi préparer un état mystique ou au moins un changement d’état de conscience. 

5. La répétition verbale ou MANTRA. La répétition incessante d’une même formule a un effet puissant pour anesthé­sier le processus automatique de production d’idées obsessives dans l’esprit. À l’origine, il s’agissait d’invocations, de prières ou d’appel à Dieu pour se connecter à lui. Le yoga a rendu célèbre le mantra : un maître spirituel vous donne une formule sonore qui vous convient, en général quelques syllabes de la langue sacrée, le sanskrit. Il a en lui la force de milliards de répétitions par des millions de gens. De nombreux travaux expérimen­taux ont été publiés sur ses effets entre autre par le mouvement dit « méditation transcendantale ». Cette invocation protectrice est certainement une des techniques les plus efficaces dans les cas rebelles pour se préparer un jour à entrer dans la méditation, puis le silence du mental et enfin atteindre l’état de vacuité. L’hésychasme ou prière du cœur orthodoxe permet que ce mantra chrétien se répète de lui-même, jour et nuit. Par la suite, des mots profanes ont été aussi utilisés dans des méthodes de psychologie pour stopper un processus de préoccupation obsessif et produire un état d’apaise­ment et de calme.

5. Le MANDALA ou dessin auto-centré. Un mandala est un dessin centré qui se déploie autour d’un centre. Son action thérapeutique et de reconstruction de la personnalité a été redécouverte, expérimentée et recommandée par Jung. Il existe maintenant des livres de ces dessins qu’il suffit de colorier, un mandala par jour. On peut aussi en contempler, avec ou sans les initiations appropriées du Yoga, des Tibétains ou du Tantrisme. Il est aussi possible de s’exercer, seul ou avec de l’aide, à inventer et dessiner ses propres mandalas, dans un but thérapeutique ou artistique. Des logiciels informatiques permettent maintenant de visualiser en trois dimensions les Yantras ou Tankhas et de les voir comme le font les tibétains. D’autres logiciels font retrouver les dessins en 3D. où lorsque les deux hémisphères sont connectés, du dessin à plat, tenu à bonne distance, surgit dans l’espace un objet ou un mot vu en relief au dessus du dessin.

6.   La visualisation. La visualisation d’images mentales n’est pas universelle. Toutes les voies sèches et abruptes, comme le T’chan, le Zen ou le Shivaïsme du Cachemire, s’en méfient absolument, alors que c’est la méthode du yoga nidra, du bouddhisme tibétain ou des Exercices spirituels d’Ignace de Loyola. C’est donc à chacun de choisir sa voie d’entrée dans l’état sans mental.

Cette technique a eu un grand succès dans toute la psycholo­gie de type américain sous les noms divers de « pensée positive », « visualisation créatrice », modeling, autop­sychorégulation, symbolic identification, auto-hypnose, imagination active, programmation mentale ou méta­programmation, etc. On promet que, par le réveil des puissances de l’imagination, on va pouvoir program­mer sa vie et ses tendances, comme un ordinateur, et accéder à une nouvelle vie riche et créatrice. Les résultats sont souvent provisoires ou décevants, car il y a image et image.La pratique conjuguée de yoga nidra et du Rêve-éveillé analytique a permis d’en expérimenter les raisons. Tout dépend du niveau de conscience et de la nature des images. Autant les visualisations de yoga nidra faites en état de conscience crépusculaire ont une efficacité fulgurante, autant celles en état de conscience ordinaire ne sont qu’un  agréable passe-temps. En Rêve-éveillé, les images proches de la pensée, de type intellectuel, produites volontairement par le moi sont totalement différentes des Images-Forces et de celles qui surgis­sent toutes seules de l’inconscient. Il faut donc, par un long travail, arriver au niveau des images de puissance pour qu’elles puissent avoir un effet par elles-mêmes et nous connecter avec les forces de  l’au-delà.

7. Situations paroxystiques et sports de l’extrême. Certaines personnes pratiquent des sports de l’extrême, hors de toute compétition, pour changer leur état de conscience : escalade, surf, courses en altitude, descentes de rapides en canoë, kayak ou bateaux pneumatiques, trekking magique, courses en solitaire de nuit de pic à pic, parapente, saut à l’élastique, descentes d’éboulis, courses dans les bois de nuit sans contourner les obstacles... Dans la détresse de l’inéluctable, on traverse sa peur et l’on atteint un état de calme, de paix et de syntonie. La conscience s’expanse au-delà du corps et surgit “un sentiment d’interdépendance mystique avec le monde extérieur, jaillissant du tréfonds du corps, et se manifestant sous la forme d’une conscience sensorielle aiguë et d’une force relâchée et illimitée” (Schultheis Bob, Cimes, Albin Michel 1988). Cet auteur, ayant atteint lors d’une chute en altitude une véritable extase, a cherché à la retrouver toute sa vie. Dans le désespoir de l’impossible les forces paroxystiques du corps se libèrent et l’on change d’état de conscience. Le temps semble se démultiplier et l’on peut voir lentement arriver les menaces et y parer opportunément avec calme et détachement.

Certains utilisent donc le stress pour invoquer ce pouvoir impersonnel et obtenir une “adresse omnipotente”. Ainsi en 1972, John Brodie trois-quart arrière des Forty-niners de San Francisco raconte à Michael Murphy : "Parfois, et de plus en plus souvent, je fais l'expérience d'une sorte de clarté que je n'ai jamais vue décrite adéquatement. Parfois, par exemple, le temps semble ralentir de façon étrange comme si tout le monde se mouvait au ralenti. Il semble que je dispose de tout le temps du monde pour observer les receveurs et pourtant je sais que les défenseurs s'approchent de moi aussi rapidement que d'habitude. Je sais parfaitement bien que ces gars s'en viennent à toute allure. Néanmoins tout ressemble à un film ou à une danse au ralenti. C'est de toute beauté".

8. Bien d’autres techniques, issues des voies traditionnelles, sont maintenant l’objet d’une expérimentation dans le Développement transpersonnel (DT), comme la musicothérapie, la danse-thérapie, la mise en transe, les sorties hors du corps, les voyages aux confins de la mort, la luminescence corporelle et la circulation de l’énergie, la transmutation de l’énergie …

Les techniques du chant harmonique, des marches sur le feu, du rêve lucide, de l’éveil de la Kundalini demandent des études plus détaillées.


Références:

Descamps Marc Alain, Corps et extase, les techniques corporelles de l’extase, Guy Trédaniel éd. 1992


http://www.europsy.org/marc-alain/sacre1divers.html

Site de Marc-Alain Descamps:  http://www.europsy.org/marc-alain/

vendredi 7 avril 2017

"INTERNET, TRADITION ET MEDITATION"


Quelques réflexions par le Dr Jacques Vigne
ancien psychiatre, installé en Inde depuis douze ans pour la sadhana (pratique spirituelle)

On a beaucoup parlé de la révolution de l'Internet, pour le meilleur et pour le pire. Je livrerai ici quelques réflexions sur le sujet, du point de vue qui est le mien: celui d'un chercheur spirituel et méditant qui a été auparavant en Occident professionnel de la santé mentale. Nous envisagerons deux aspects de la question: d'abord, celui de la psychologie spirituelle, puis celui de la communication des enseignements spirituels entre cultures.

La première chose à voir clairement; c'est que le fonctionnement de l'Internet suit et imite de près celui du mental. Les deux sont basés sur des associations, des liens. C'est pourquoi l'Internet a le pouvoir de rendre les gens rapidement dépendants, comme une sorte de drogue. Au contraire, la méditation coupe régulièrement les associations automatiques pour laisser la place à la présence authentique. Elle désintoxique du parasitage continu du mental, cette machine à faire des associations. Celui-ci a une tendance à l'extériorisation qu'on appelle en psychologie du yoga 'avritti'; la méditation inverse ce processus et correspond à une intériorisation, 'nivritti'. Le mental est comme une araignée qui va chercher les insectes à différents endroits de sa toile; de même qu'un agent intelligent (webcrawler) va chercher des informations sur le Net; la méditation nettoie les insectes, la toile et l'araignée. C'est l'arrêt de l'idéation automatique, des concepts et opinions erronées et même, chez des méditants avancés, des vaguelettes de sensations, rendant possible un aperçu du fond du lac, c'est à dire le Soi.

Une forme de psychose, c'est la schizophrénie, de 'schizo' qui signifie 'di visé' et 'phren' ; l'esprit. Cela veut dire que l'esprit est à la fois coupé du monde extérieur et divisé contre lui-même ; mais il existe une autre forme de psychose qu'on pourrait appeler 'interphrénie', où l'individu s'épuise à force d'être trop relié. La tendance vers l'extérieur est au maximum, c'est une sorte d'hémorragie qui suce le sang de la vie intérieure. En fait, même dans la recherche scientifique, associer n'est pas le tout, on a besoin d'avoir un fil directeur, sans cela on est perdu. Cette loi est encore plus valable en ce qui concerne la vie intérieure. Le mental d'une personne ordinaire est comme la lumière habituelle, celui d'un méditant expérimenté est comme un rayon laser, non seulement concentré, mais aussi cohérent avec lui-même. Il peut accomplir des miracles.

Du point de vue pratique, c'est la raison pour laquelle nous avons évité de mettre trop de liens à l'intérieur des textes même de ce site, nous avons laissé pour l'introduction. Une lecture spirituelle est basée sur la concentration et l'imprégnation d'un message - comme par osmose. Bien sûr, quand on recherche sa voie ou qu'on souhaite trouver des documents intéressants, il est normal d'aller ici ou là, mais c'est simplement une phase de début. Après, il faut être capable de ralentir singulièrement le rythme pour savourer intérieurement ce qu'on lit. A l'autre extrémité de l'évolution méditative, on peut abandonner en quelque sorte la concentration pour simplement observer l'esprit avec une 'attentivité non sélective' (choiceless awareness' comme disait Krishnamurti); mais le problème de cette méthode, c'est que peu sont réellement capables de la suivre, d'où le risque d'auto-illusion. De toutes façons, quelque soit le type de méthode que l'on suive, méditer signifie 'débrancher l'écran', non seulement des objets extérieurs, mais aussi du mental lui-même, et demeurer gaiement et sans souci dans son propre Soi.

L'Internet est un media puissant, et comme toute médicament efficace, il peut avoir des effets secondaires sérieux, le principal étant de renforcer la tendance à l'extériorisation de l'esprit. A notre époque en particulier, celui-ci est envahi d''informations inutiles, est en état d'embouteillage quasi-permanent --comme une boîte aux lettres électronique encombrée de messages inutiles. La façon radicale d'en finir avec cet encombrement, c'est de changer son adresse, c'est à dire de cesser son identification à l'ego. Les messages venant de l'extérieur vont rebondir avec la mention:'N'habite pas à l'adresse indiquée', et il vont diminuer progressivement.

Il est intéressant de noter que l'Internet nous renvoie à un des messages fondamentaux de la philosophie de l'Inde: ce que nous appelons la réalité objective est bien plus virtuelle que ce que nous croyons; et le mental aime à se plonger dans ce virtuel tant qu'il y trouve du plaisir. On en arrive ainsi logiquement à la constatation que la véritable source de dépendance, c'est le mental lui-même, et que tout découle donc de sa connaissance et de sa maîtrise. C'est la question fondamentale du cheminement spirituel depuis l'époque des Upanishads : si le mental voit le monde à la fois extérieur et intérieur, quel est ce 'cela' qui voit le mental? Quel est ce 'cela' qui peut voir l’œil sans yeux? Quel est ce 'cela' qui peut écouter l'oreille sans oreille?

Si nous abandonnons maintenant le champ de la psychologie et que nous nous tournons vers celui de l'histoire religieuse et spirituelle de l'humanité, l'Internet est certainement une grande chance. Il suffit de réaliser que l'intolérance -par exemple celle du Christianisme au Moyen-Age- s'est manifesté par le contrôle des écrits. Il est non seulement tragique, mais aussi symbolique que les 'hérétiques' qui proposaient des idées nouvelles aient été brûlés en même temps que leurs livres. C'étaient les clercs et les moines qui avaient la structure matérielle pour copier les manuscrits et qui avaient donc le pouvoir de transmettre la culture de leur choix. Quand l'imprimerie a été découverte, chacun a pu avoir sa Bible, la lire et réfléchir directement sur elle; les Églises réformées ont pu se développer et mettre au défi le monopole religieux de Rome. Je vois le développement de la littérature religieuse et spirituelle sur l'Internet comme un autre grand pas en avant pour mettre au défi les monopoles religieux de grandes institutions ou ceux commerciaux d'éditeurs, et ainsi de favoriser un pluralisme réel.

Rome a conquis la Grèce et Israël militairement, mais s'est fait conquérir par eux sur le plan philosophique et religieux. De même, il est possible que l'Occident qui domine le monde économiquement de nos jours soit conquis par des formes spirituelles et religieuses d'origine orientale; le processus sera certainement plus complexe que ne l'est ce schéma, il y a déjà et il y aura probablement de multiples échanges à double sens, mais cette possibilité mérite d'être prise au sérieux.

Pour prendre notre propre exemple actuellement, nous mettons la plus grande partie de la littérature à propos de Ma Anandamayi (elle même n'a rien écrit) sur Internet, et elle devient donc disponible pour le public mondial, tout cela pour un coût extrêmement minime. Cette possibilité était impensable il y a seulement quelques années. Elle va favoriser un contact direct des chercheurs spirituels avec les livres-sources, de différents groupes et enseignements, ils pourront se faire une idée par eux-même et choisir le chemin qui leur convient réellement de façon plus indépendante. Il est tout à fait compréhensible qu'un éditeur ait envie de rentrer dans ses frais quand il publie un ouvrage, et même qu'il souhaite en retirer un certain bénéfice, mais cela limite plus qu'on ne pense le choix de textes possibles, et restreint, ne serait-ce qu'inconsciemment, les possibilités d'auteurs par ailleurs de bonne volonté. Pour parler de façon directe, cela tend à éliminer les écrits trop bons pour plaire au grand public.

Si malgré tout un mouvement religieux veut publier des écrits mystiques non 'rentables', il doit investir des fonds dans cette entreprise et donc rentrer dans une sorte de cercle vicieux de collecte d'argent tout d'abord pour cela, et de propagande ensuite pour malgré tout écouler son stock d'ouvrages; finalement, il développe les travers habituels de tout organisation missionnaire de qualité moyenne. L'Internet a la capacité de résoudre en partie ce problème. La question de la surabondance de textes de mauvaise qualité sur le Net se pose, mais elle peut être résolue par la création de sorte de comités éditoriaux de personnalités bien connues et respectées dans leur tradition ou ligne spirituelle et qui font une sélection des meilleurs textes à proposer au public, de même qu'un éditeur choisit les manuscrits qu'il propose à son public, mais sans les contraintes financières, et c'est en soi un grand progrès. Dans l'histoire religieuse de l'Occident, l'équilibre entre les mystique individuels et l’Église a été perdu à partir du XIIIe quand les ermites se sont vu progressivement retirer le droit d’enseigner au peuple, et que la hiérarchie habituelle s'est de plus en plus arrogé ce pouvoir. En Inde, grâce à l'indépendance du gourou, le mystique individuelle a conservé et même développé ses droits. De nos jours au niveau mondial, en particulier grâce à l'Internet, cette communication entre enseignants spirituels et aspirants disciples peut être rétablie plus facilement, mais avec deux réserves:

D'une part, la communication rapide des informations peut aussi jouer en sens inverse, c'est à dire renforcer la centralisation et l'emprise des 'multinationales du religieux'. D'autre part, quand la relation d'enseignement spirituel devient un tant soit peu sérieuse, elle nécessite un contact direct entre maître et disciple, de même qu'il faut un contact direct entre le papier de verre et la pierre qu'on veut polir si l'on souhaite un quelconque résultat.

Quand on étudie l'histoire de la spiritualité, on y trouve des mises en garde régulières contre le danger de la connaissance livresque, sans l'expérience spirituelle qui devrait normalement l'accompagner et le contact fécondant d'un maître. Les livres ou manuscrits représentaient la réalité virtuelle de l'époque; de toutes façons encore maintenant les informations sur la spiritualité transmise par l'Internet le sont principalement sous forme de textes. Ces mises en gardes sont encore plus importantes de nos jours où la quantité d'informations disponibles s'accroît vertigineusement. Plus d'information signifie plus de confusion, d'où l'insistance renouvelée sur le développement d'une relation réelle avec des, ou même seulement un ami spirituel réel, pour reprendre ce terme (kalyan mitra) qui désigne le maître dans la tradition du bouddhisme ancien. Le livre ou l'écran d'ordinateur qui sert de canal de communication peut aussi à partir d'un certain point devenir un écran au sens 'obstacle' du terme, un bouclier protecteur par rapport à une relation qui risque de remettre en cause l'égo de l'aspirant disciple.

Cependant, lire un texte spirituel, par exemple des entretiens avec un sage est une forme d'association avec lui, même s'il est mort depuis longtemps ou qu'il habite à l'autre bout du monde, et on en retirera un profit certain; on dit qu'un bon livre vaut mieux qu'un mauvais gourou, c'est bien pour cela que les personnes spirituelles continuent de publier de bon livres, et aussi à partir de maintenant, créent de bon sites sur l'Internet....

note: ce texte date de 2012. 

A propos de l'Internet, l'auteur explique: C'est pourquoi l'Internet a le pouvoir de rendre les gens rapidement dépendants, comme une sorte de drogue. Au contraire, la méditation coupe régulièrement les associations automatiques pour laisser la place à la présence authentique. Elle désintoxique du parasitage continu du mental, cette machine à faire des associations.Ceci me semble très important.


http://www.anandamayi.org/devotees/jv/jv1.htm

Site de Jacques Vigne : http://www.jacquesvigne.com/