lundi 27 novembre 2017

"LA NECESSITE DE TRAVAILLER SUR SES PEURS"


Nous sommes à la fois manifestation physique et Essence universelle ; or nous avons oublié notre source.

A mesure de l’éloignement de son identité divine, l’humanité s’est installée dans le doute, la perte de confiance. Le voile s’est graduellement épaissi, et de moins en moins guidée par la sagesse de l’être profond, l’ego trompeur s’est construit avec ses certitudes et son système de croyances. L’ego manipule parfois à notre insu les outils spirituels, énergétiques ou corporels que nous sommes amenés à utiliser. Cela a pour conséquence de générer beaucoup d’illusions et la conviction de l’inutilité de reconnaître nos peurs, la blessure qui nous habite, d’en comprendre le sens…

Il est vrai qu’il peut être tentant de se tourner vers une recherche spirituelle en évitant soigneusement la confrontation avec nos ombres. Lesquelles finissent pourtant par nous rattraper à un moment ou à un autre de notre vie !

Les enseignements d’éveil font de l’instant présent la clé d’accès à l’ouverture de conscience. Il semblerait qu’il y ait parfois une distorsion de compréhension de cette réalité. En effet, ne pas s’identifier à nos pensées, nos émotions et vivre le moment présent ne signifie pas nier, rejeter ou fuir ces aspects de nous. Guérir les divisions intérieures impliquent d’intégrer l’expérience humaine dans la conscience de notre dimension lumineuse et d’unir les forces de l’horizontalité à celles de la verticalité. Cela implique notre responsabilité envers nous même et envers la vie d’une manière toute différente. Ainsi toutes nos blessures constituent le compost de ce qui devient notre force de vie.
Notre peur la plus intense est très souvent associée à ce que nous avons d’essentiel à réaliser dans notre incarnation présente.

A chaque fois que nous appréhendons un événement de la vie, une rencontre de manière difficile, il est en fait question d’une étape initiatique qui s’offre à nous, soit une opportunité de libération, de dissolution de quelque chose qui restreint notre élan de vie. Il est par conséquent de la plus grande importance de vivre nos expériences en toute conscience… Et pour cela nous devons réinvestir ce « territoire sacré », à savoir le présent de notre être dans ce corps. C’est de ce lieu, le corps, la conscience, la sensation dans l’instant présent que nous pouvons accueillir une réaction, une émotion, un sentiment douloureux, prendre conscience d’une programmation qui nous limite. Une réaction, c’est la manifestation d’une mémoire émotionnelle, donc d’une blessure…

Naître à soi-même, car c’est bien de cela dont il est question, c’est s’accompagner dans un processus de reconnaissance de soi à tous les niveaux de l’être, incluant la sphère psychologique.

Nous sommes créateurs de nos états intérieurs et non pas victimes. Il importe d’observer ce que nous avons mis en place pour masquer ce désarroi d’être éloigné de notre nature essentielle. La quête intérieure prend tout son sens quand elle inclut la question de la souffrance. Les pensées compulsives, les sentiments de mal-être, les sensations d’anxiété qui nous habitent, mais aussi les pulsions réactives (colères, émotions) ont leur source dans les peurs et les blessures que nous n’avons pas encore réussis à rencontrer, à accueillir, à embrasser.

A partir d’une expérience douloureuse, il y a tout un programme qui se met en place de sabotage, d’abnégation, de sous-évaluation, de non-amour de soi… Même si notre ego tente de nous persuader que nous sommes le plus intelligent, le plus beau, le plus performant. Et surtout s’il tente de nous en persuader, c’est pour cacher quelle détresse ?
Quelles sont ces circonstances de vie où nous refusons de lâcher prise ?
L’activation d’une blessure, le refus de mouvement, la rétraction de l’énergie.

La conscience de soi nourrit la confiance en soi. Il nous appartient de démystifier la souffrance pour libérer, accueillir et faire grandir cette confiance, la sentir encore plus palpable en soi. Le non-amour de soi, le manque de valeur et d’estime font que nous nous sentons de plus en plus abandonné par la vie. De ce fait nous cherchons davantage de sécurité, de reconnaissance, de pouvoir. Ce qui conduit inévitablement à se blesser encore davantage.

Notre humanité a banalisé l’état de victime et le «consensus social » en joue à notre dépend en actionnant tous les leviers de la peur. Aussi longtemps que nous nous positionnons comme victime de l’autre, de la vie, nous ne pouvons bénéficier du potentiel d’énergie et de conscience à notre disposition. A partir du moment où nous avons créé le petit moi et toutes ces identifications, nous ne vivons plus à partir de notre conscience profonde. Nous fonctionnons à partir d’une conscience de surface qui est une adaptation à notre conditionnement, à notre éducation et toutes les peurs, les appréhensions, les jugements que ceux-ci véhiculent. Ce sont alors nos pensées qui nous disent qui nous sommes, qui nous croyons devoir devenir. Elles élaborent des scénarios sur les autres, sur le monde, souvent fort différents de la réalité. L’être s’est confondu avec le personnage, occultant sa véritable essence… !

Le chemin d’éveil passe, de façon incontournable, par la découverte permanente de ce qui empêche d’Être. La somme des attachements, des attentes, des désirs, des besoins amoindrissent considérablement le sentiment d’Être et de vivre à partir d’une conscience profonde. Un certain nombre d’individus peuvent néanmoins sembler manifester une grande confiance en eux à laquelle s’ajoute force de conviction et charisme mais dont les fondements se trouvent encore dans un système de croyances. Si, de la perspective de l’Être, la peur ne fait que servir l’illusion, sur le plan de la manifestation physique elle n’en constitue pas moins une réelle entrave, générant beaucoup de souffrance.

Mes peurs, mes pensées, ne sont certes pas qui Je Suis ; elles sont pourtant mes créations et il m’appartient de les réintégrer, de les transmuter à la lumière de cet espace de conscience plus vaste et inclusif. Nous ne pouvons retrancher une partie de ce qui nous constitue. La lumière doit faire corps avec la densité. S’éveiller à qui nous sommes, c’est l’expérience d’une profonde réunification en soi. C’est à partir d’une conscience ancrée dans le moment présent que nous apprenons à apprivoiser ce qui nous fait peur. Il n’existe pas de technique ou de méthode miraculeuse. La seule pratique à laquelle se conformer est celle qui nous éveille à une aptitude à revenir au présent, encore et encore… !

C’est une sorte de gymnastique spirituelle qui demande entraînement et persévérance, le mental humain étant très mal adapté au moment présent. C’est faire le choix de cultiver cet art d’exercer sa conscience dans l’ici et maintenant afin d’intégrer sur un plan supérieur les pensées, les émotions et les sensations qui véhiculent les peurs, les attentes, et les frustrations. En d’autres mots : l’intégration du moi limité dans le soi illimité.

Excepté, en situation de danger immédiat, la peur – petite ou grande – n’a ni fondement, ni réalité objective dans l’instant présent.


Il s’agit le plus souvent d’une projection dans le futur en référence à un conditionnement passé tout en « zappant » le présent. Or, si une difficulté surgit dans le moment présent, il y a de grandes probabilités d’y trouver une résolution. Il n’y a cependant aucun pouvoir d’intervention au regard d’un événement passé si ce n’est que rajouter de la culpabilité ou renforcer le sentiment d’être victime. Et c’est la même chose quant aux peurs que nous projetons dans le futur. Elles procurent un sentiment d’impuissance et pompent nos ressources énergétiques. Lorsque nous luttons contre une peur ou tentons de la nier, elle prend tout l’espace, générant de plus en plus de stress, d’anxiété, d’angoisse. Si nous l’observons à partir d’un espace plus profond et de la sensation du corps dans l’instant présent, son intensité, son impact s’amenuise.
La charge émotionnelle qu’elle contient se dissout peu à peu libérant une grande quantité d’énergie jusque là prise au piège de cet état de fixation. La peur peut pourtant se représenter une fois, dix fois… Ce sera alors autant d’opportunités de l’apprivoiser et d’affiner cette aptitude à être de mieux en mieux lesté dans le moment présent, dans le Soi.

En terme métaphorique, la gymnastique spirituelle évoquée plus haut, va permettre de « muscler » la conscience-témoin afin que celle-ci prenne de plus en plus de place. Il est question d’une acuité sensorielle qui donne à voir, à sentir avec clarté les dynamiques dans lesquelles nous sommes à tous moments et les voir à partir d’une certaine distance ; avec empathie et bienveillance. La « Présence » convoque « l’ouverture » ; une ouverture totale envers toute expérience que nous rencontrons !

Puissions-nous cultiver une joyeuse vigilance au quotidien et faire le choix résolu de se resituer dans un ordre intérieur, dans une intégrité à tous niveaux, dans la clarté et le discernement… En sachant refuser la compromission, la manipulation et toute forme d’illusion, même si celle-ci est porteuse de belles promesses, comme la sécurité, par exemple. Nous sommes créateurs de notre propre vie mais notre engagement envers nous-mêmes ainsi que notre persévérance à oser nous hisser au-delà des conditionnements et des habitudes mentales sont souvent bien défaillants.

En chacun sommeille un être libre de tout jugement, de toute pulsion réactive et doté d’une grande capacité à ressentir, à s’émerveiller, à aimer, à compatir !.. Un être capable de se tenir là, dans le moment présent, et d’embrasser tout ce qu’il contient : une peur, une émotion ; sans tentative de fuite, de déni. Sans complaisance et sans compromis non plus. L’époque nous engage à inviter une conscience plus profonde à façonner notre humanité.

Article écrit par Sylvia Garance paru dans la revue le 3e millénaire

samedi 18 novembre 2017

"LES SYNCHRONICITES EN THEORIE"


Informations, archétypes, champs morphiques, formes pensées, psyché quantique ?

La science bute toujours aujourd'hui sur l'incroyable défi pour la raison humaine que représentent les témoignages nombreux et crédibles de certains phénomènes qui par leur synchronisme étrange exigent la recherche de causes physiques, tout en ne laissant aucune possibilité d'explication causale: il s'agit de synchronicités ou de coïncidences dont la forte improbabilité laisse penser qu'elles n'ont pas pour origine un hasard du à notre ignorance des causes.

Du point de vue du commun des mortels, les coïncidences les plus courantes ont été banalisées par différentes expressions comme" Le monde est petit" La loi des séries "; La loi de Murphy"  L'effet Pauli ou "effet Démo"; ou encore" La Chance." Certaines synchronicités peuvent également être très banales comme par exemple: suite à un problème que vous aviez en tête, vous prenez au hasard et sans y penser un livre dans une librairie et vous êtes surpris d'y trouver une réponse à vos questions.


L’exemple classique présenté par le père du concept de synchronicité (1946), Carl Gustav Jung, est celui d’une patiente ayant tendance à trop rationaliser ce qui lui arrive, rendant ainsi son analyse inefficace. Un jour elle raconte un rêve à Jung dans lequel elle reçoit un scarabée d’or. Au même moment, elle entend un bruit à la fenêtre et Jung va l'ouvrir puis saisit l'insecte qui s'y trouve et le montre à sa patiente: « Le voilà votre scarabée » dit-il, attrapant l’insecte qui vient de se cogner contre la vitre. Le choc ressenti par elle à cette vue eu alors pour effet de générer chez elle un déblocage mental qui aida grandement à la poursuite de sa thérapie.

Ce ne sont cependant pas ces évènements plus ou moins imputables au hasard et relativement subjectifs qui justifient à nos yeux la nécessité de rechercher une théorie physique de la synchronicité. Ce sont des évènements encore plus puissants dans leur improbabilité et dans leurs conséquences, par exemple des cascades de coïncidences significatives qui changent une vie profondément, que différents auteurs ont relaté dans de nombreux ouvrages et qu'il serait trop long de résumer ici. L'un des aspects du caractère le plus intriguant des synchronicités est qu'il semble aujourd'hui de plus en plus admis qu'il soit possible de les provoquer, ce qui en ferait ainsi un phénomène reproductible qui ouvre la porte à une possible approche scientifique et expérimentale.

Il semblerait toutefois que les synchronicités les plus improbables tendent à se produire dans certaines circonstances particulières de la vie où une transformation à la fois psychique et matérielle est à l’œuvre, cette situation instable pouvant conduire le sujet à changer radicalement sa vie. La synchronicité semble alors jouer un rôle de guidage dans ce processus de changement. Au contraire, les personnes ayant une vie bien réglée par des habitudes ont très peu de chances d'en vivre. C'est pourquoi il s'agit d'un phénomène difficile à contrôler et qui se prête mal à une investigation rationnelle.

La pensée rationnelle dominante ne sait d'ailleurs y répondre qu'en invoquant le hasard ou la subjectivité de l'observateur, mais cela n'explique pas la caractéristique essentielle de ces phénomènes qui provient moins de leur subjectivité que de leur forte improbabilité. Le fait de mettre systématiquement cette improbabilité sur le compte du hasard lui-même en prétendant qu'il n'y a aucune autre explication à rechercher provient au mieux d'une méconnaissance des lois de la statistique, au pire d'une foi aveugle dans le caractère abouti d'une science qui reposerait exclusivement sur la causalité. Bien qu'il soit juste et sain d'invoquer en première hypothèse le hasard face à de tels phénomènes, il devient obscurantiste de maintenir envers et contre tout cette hypothèse en présence de cas où elle ne résiste pas au calcul des probabilités.

Depuis des décennies, de nombreux auteurs ont cherché à trouver d'autres explications et ont proposé différentes théories alternatives au hasard. Elles s’intéressent toutes à la compréhension de l'ordre sous-jacent au réel qui semble présider à ces manifestations:

Dans la revue qui suit nous développons sommairement chacune de ces approches en tentant d'en extraire les points communs. Chacune apporte un éclairage original et complémentaire sur ce phénomène qui n'est pas encore - ou trop marginalement - intégré par la physique comme sujet d'étude "mainstream". L'objectif de cette page et de ce site est de contribuer à ce qu'il le soit.


1 / Théorie de l'Acausalité

Carl Gustav Jung a étudié le phénomène de synchronicité conjointement avec le physicien Wolfgang Pauli, l'un des pères de la physique quantique qui a reçu le prix Nobel en 1945 pour la découverte du "principe d'exclusion de Pauli", un principe fondamentalement acausal. L'acausalité étant un concept émergeant de la mécanique quantique, la collaboration entre Jung et Pauli les a conduit a rattacher ce phénomène à un "synchronisme acausal " dans lequel les deux événements sont liés par un principe de correspondance dénué de causes. Autrement dit l'Acausalité est l'absence de lien causal entre deux événements corrélés.


Pauli a ainsi eu une participation décisive pour la préparation finale de la théorie de l'inconscient collectif de Jung (Théorie de l'Unus Mundus) dans laquelle il introduit la notion d'archétype comme provenant de la tendance humaine à utiliser une même « forme de représentation psychique donnée a priori ». L'archétype peut ainsi être considéré comme une "forme pensée" qui existe déjà dans un collectif humain et qui est même un principe fondateur de sa tradition.

Si l'on essaie de se rapprocher de la physique on pourrait dire que l'archétype agit en tant qu'attracteur de toute autre "forme pensée" qui s'en rapproche. L'Acausalité peut alors se concevoir comme recouvrant le mécanisme encore inconnu qui tend à synchroniser des évènements reliés par le sens (similarité archétypale) et non par la cause.

Ce n'est qu'en 1992 qu'a été publiée la correspondance entre Jung et Pauli. Il s’agit surtout de discussions entre eux sur la relation entre la psyché et la matière, où l'on découvre qu'ils sont parvenus avec un accord remarquable à la supposition de l’existence d’un seul monde dans lequel la psyché et la matière seraient une seule et même chose. Nous verrons que cette absence de distinction entre matière et psyché, somme toute très objective dans une vision matérialiste, a des implications fortes sur une théorie de la synchronicité qui centre son approche sur le temps..



2/ Théorie de l'Ordre Implicite de David Bohm:


La théorie de l'Ordre Implicite (ou encore implié, caché...) suppose que le comportement des particules élémentaires est à tout instant déterminé par une description d'un ordre supérieur, non observable dans notre espace temps ordinaire à 4 dimensions. En ce sens elle rejoint la théorie des cordes qui fait appel à des dimensions supplémentaires de l'espace, qualifiées de dimensions invisibles, car extrêmement petites ou encore repliées sur elles-mêmes.

Le problème de cette hypothèse est qu'elle est à priori en contradiction avec les conclusions de la mécanique quantique, vérifiées depuis 1982 par l'expérience d'Alain Aspect, suivie de bien d'autres, selon lesquelles il ne peut exister de variables cachées qui détermineraient le comportement apparemment aléatoire des particules.

Cependant, en unifiant la mécanique quantique et la relativité générale d'Einstein, la théorie des cordes nous propose un modèle cohérent de l'univers dans lequel il existerait bien un ordre supérieur caché, qui serait contenu dans des dimensions supplémentaires de l'espace embobinées dans un espace de Calabi-Yau, décrivant les propriétés de vibration des cordes et notamment leurs formes géométriques.

Le comportement des particules ne serait donc pas déterminé par des variables cachées faisant partie de notre espace-temps ordinaire mais par des informations extérieures à cet espace-temps, qui seraient contenues dans des dimensions spatiales supplémentaires, au nombre de 7 selon la théorie M.

Or les conclusions de David Bohm conduisent au solipsisme, cette philosophie selon laquelle le Monde est dans l'esprit de celui qui l'observe, et serait ainsi indissolublement relié à, voire dépendant de, notre psyché: Tout est dans tout, nous dit-il, la masse, l'énergie contiennent des informations sur l'univers tout entier. Quand un son ou une lumière parvient jusqu'à nous, que la conscience les reconnaît, nos organes sensoriels sont confrontés à tout l'Univers. Nous devenons le sujet de notre étude, l'observateur s'observe.

On peut alors s'avancer à conclure, si ces intuitions sont fondées, ainsi que la théorie des cordes, que ses dimensions supplémentaires de l'espace pourraient être intimement liées à notre psyché, à notre esprit, en tant qu'entité douée de la propriété de nous rendre observateur de l'univers. Cette idée est reprise dans la théorie de la double causalité, dans le but d'expliquer le mécanisme des synchronicités.

Le phénomène de synchronicité serait alors l'une des rares manifestations concrètes de l'"ordre caché" de l'univers.



3/ Théorie des Champs Morphiques de Rupert Sheldrake:


La morphogénèse sheldrakienne est censée toucher toutes les formes auto-engendrées, des cristaux aux embryons, du langage à nos comportements. Vaste ambition, que les sciences modernes peuvent toutefois difficilement intégrer. La résonnance morphique remet en effet en cause toutes les disciplines contemporaines.

Dans son premier livre, Une nouvelle science de la vie (1981), ce jeune biologiste de Cambridge essayait de tout prouver par A plus B, citant moultes expériences frappantes, tant sur les cristaux que sur les rats ou sur les humains, mais son approche a toujours eu le même souci que la parapsychologie: grand renfort de statistiques et/ou témoignages, mais absence de modèle de compréhension connecté à la physique actuelle.

Dans son livre, Presence of the Past (1988, traduit La mémoire de l’Univers), Rupert Sheldrake affirme que tout ce qui arrive devient une question d’habitude, de coutume. La lumière même, qui se déplace à 300000 km/s ? Est-ce parce qu’elle a pris cette habitude ? Rien ne serait immuable. Tout pourrait bouger, évoluer. Nous serions influencés par des "champs de forme" depuis en dehors de l’espace-temps, mais nous influençerions ces champs en retour - comme si une idée divine nous modelait tout en étant modelée par nous en permanence.

Avec son livre The rebirth of Nature (1991, traduit L’âme de la nature), le chercheur entre dans une réflexion philosophique. Après deux cents ans de mécanisme forcené, dit-il, on a voulu mordicus comparer la nature à nos machines, la transformant en un enchevêtrement de structures inertes, et voilà que s’annonce un nouvel animisme. La nature a une âme !

A l'occasion de la sortie de son dernier livre "The Science Delusion" Rupert Sheldrake a été invité à faire une conférence à TEDx Whitechapel (2013) où il a présenté la science comme un système de croyances en faisant une liste de dix dogmes selon lui très contestables. Il a ensuite argumenté contre le dogme des constantes universelles de la physique en expliquant que la vitesse de la lumière pourrait varier. Sheldrake n'est pourtant pas physicien. Se rend-t-il compte que la physique sans constantes ne pourrait pas exister ? Or ses résultats sont pourtant là. On ne s'étonnera donc pas que cette conférence ait ensuite été controversée et ait subi une tentative de censure.

Son travail d'argumentation en faveur de son hypothèse des champs morphiques reste toutefois intéressant, d'autant plus que les champs morphiques peuvent être comparés aux archétypes et à l'inconscient collectif de Jung. Là ou Sheldrake a surement raison, c'est lorsqu'il dit que la science fera un fabuleux bond en avant lorsqu'elle sera capable d'appréhender les champs psychiques. En voici autant de qualificatifs: archétypes, fomes pensées, champs morphiques, psyché quantique...? Dans tous les cas, nous avons là des informations qui semblent se situer en dehors de notre espace-temps.




4/ Theorie de l'Ordre Caché de David Peat


Dans son livre, "Synchronicité: le pont entre l'esprit et la matière", David Peat fait une synthèse des approches très distinctes de l'ordre sous-jacent au réel qui ont été faites par de nombreux physiciens. Il développe la liaison possible entre la théorie quantique et la synchronicité, et ouvre la voie à une nouvelle compréhension dans laquelle il considère l'esprit et la matière comme les deux aspects manifesté et non manifesté d'une même totalité liée à la conscience.

Une originalité de David Peat est de prolonger l’œuvre de David Bohm dont il fut un collaborateur en intégrant l'enseignement d'Ilya Prigogine sur la théorie du chaos et les structures dissipatives, dont l'étude nécessite les mathématiques non linéaires:

"L'image suggérée par les mathématiques non linéaires est une image où l'univers apparaît comme une totalité une et indivise, et où ses structures existent en fonction d'un arrière plan plus large. Manifestement, cette image n'est pas loin de celle qui s'applique à la synchronicité. Par ailleurs, cette approche peut éventuellement intégrer l'esprit, puisque la conscience elle aussi peut être considérée comme provenant d'un plan plus profond, commun à la fois à l'esprit et à la matière. En ce sens, donc, on peut voir les modèles déployés de l'esprit et de la matière, qui sont observés lors d'un événement de synchronicité, comme émergeant d'un principe unique."

En étudiant la nature de l'énergie, du temps, du hasard, de la causalité et des coïncidences, il fait une synthèse des idées de C. G. Jung, Wolfgang Pauli, Ilya Prigogine, David Bohm, John Wheeler, Rupert Sheldrake, etc. pour dessiner l'évidence d'un principe fondamental, d'un ordre caché sous la surface du réel. Il reconnaît que sa synthèse est très intuitive et il en conclut:

"Il est possible d'imaginer un univers où le physique et le psychologique ne seraient plus séparés, et où la synchronicité serait complémentaire de la causalité ".

Or nous verrons que cette complémentarité est mise en lumière par la théorie de la double causalité où la synchronicité est liée à une rétrocausalité temporellement symétrique de la causalité.



5/ Théorie des Hasards Nécessaires de Jean-François Vézina:

Nous avons à travers Jean-François Vézina, psychologue, auteur et conférencier, une approche à la fois intuitive et pragmatique de la synchronicité, mais surtout novatrice et utile dans le sens où elle tend à donner du sens à notre rapport au monde et à nos relations. En ce sens on peut qualifier JFV d'éclaireur du quotidien. Il se décrit lui-même comme un explorateur de l'inconscient.

Il scrute les manifestations de l'inconscient collectif à l'aide de différents outils. Ses thèmes de recherches sont la synchronicité relationnelle, le sens des rencontres, la réinvention du couple, le cinéma et la psychologie, l'intelligence émotionnelle et l'influence des nouvelles technologies sur l'être humain.

En 2001, il publie Les hasards nécessaires, un livre qui traite de la synchronicité dans les rencontres qui nous transforment et qui est vite devenu une référence. Il publie ensuite d'autres livres, le dernier en date (2012) étant "Danser avec le chaos" qui apprend le lecteur à accueillir l'Inattendu et à explorer le rôle créateur du chaos et de l'"inattente".

JFV a bien identifié le rôle de la synchronicité dans les rencontres avec ses aspects à la fois romantiques et "mécanistes" au sens du chaos créatif. De nombreux scientifiques avaient ressenti dans les années 80 tout le potentiel de la théorie du chaos dans l'émergence du vivant. Très intuitif, il s'en est brillamment inspiré et l'a transposé dans le domaine de l'humain dans la lignée de Jung, tout en l'enrichissant par son expérience de psychologue. Il a mis à la portée de tout un chacun le sens des coïncidences dans nos rencontres et en particulier la raison pour laquelle nous rencontrons un partenaire plutôt qu'un autre: un partenaire qui correspond exactement au franchissement d'un nouveau cap d'évolution que nous avons à vivre... et qui n'arrive donc jamais par hasard.

Son livre "Les Hasards Nécessaires" décrit fort bien cette dimension fondamentalement humaine, romantique et créative de l'existence tout en nous permettant d'accéder le plus simplement du monde à la véritable dimension spirituelle de l'être.



6/ Théorie de la Psyché Quantique de François Martin:


Cette théorie postule que le psychisme humain est une excitation particulière d’un champ psychique de nature quantique sous-jacent et universel - un champ qui serait de conscience universelle ainsi que d’inconscient universel.

Le psychisme humain aurait ainsi une représentation analogue à un système quantique, avec des états virtuels et des états physiques qui correspondraient respectivement à la potentialité et à l’actualisation de l’esprit humain.

La psyché quantique considère que le libre-arbitre joue un rôle central dans la transition de la potentialité à l’actualisation et vice versa. Elle modélise la psyché humaine comme un champ quantique avec des interactions caractérisées par l’échange d’entités liées à d’autres champs quantiques.

Elle propose un modèle pour l’état fondamental du psychisme de l’espèce humaine et elle montre comment le psychisme d’un individu donné se manifeste en tant qu’excitations d’un état fondamental individuel. Elle donne une brève description quantique des états d’éveil et des états de sommeil de l’esprit humain.

La théorie de la psyché quantique propose finalement un modèle de l’infrastructure du psychisme humain, en particulier de l’inconscient, basé sur les idées d’états liés en mécanique quantique c'est à dire d’états quantiquement intriqués.




7/ Théorie de l'Endo-Système de Joachim Soulières


Dans son livre "Les coïncidences" paru en mars 2012 Joachim Soulières fait le point sur l'état de la recherche scientifique sur les coïncidences (principalement en psychologie et parapsychologie), après en avoir donné de nombreux exemples. Tout en recensant les différentes approches depuis un siècle (les plus anciens étant les travaux de Kammerer, Koestler et Jung), il fait émerger des concepts clés qui favorisent les synchronicités (coïncidences significatives). Pour qualifier ces concepts clés, il conserve les termes parfois alambiqués employés par leurs auteurs, tels que la Transliminalité (Thalbourne, psychologue australien), la Labilité (Braud, parapsychologue américain), ou encore le Trickster qui nous vient de la mythologie et que plusieurs auteurs mettent en avant pour symboliser le lien entre le chaos et la synchronicité. A ce propos, Jean-François Vezina a très joliment développé ce lien dans son dernier livre "Danser avec le chaos"..

A la fin de son livre, Joachim Soulières nous dresse un tableau de synthèse qui décrit l'ensemble des propriétés qui caractérisent les coïncidences en les divisant en fonction de la perspective selon laquelle on les considère (en 1ère personne: endo-perspective, en 3ème personne: exo-perspective). Comprenez l'endo-système comme un système d'évaluation subjective (en 1ème personne) alors que l'exo-système est notre système habituel d'évaluation objective (en 3ème personne) qui, en l'absence d'enchainement de causes à effets, exclut le premier en partant du principe que dans ce cas la réalité extérieure doit rester nécessairement indépendante de notre psyché.

Voici ce tableau dans lequel l'ordre de la liste (1 à 9) a été changé pour faciliter la comparaison qui va suivre :


8/ Théorie de la Double Causalité ... versus ... Théorie de l'Endo-Système


Un aspect intéressant du tableau de Joachim Soulières est qu'il comporte exactement le même nombre d'éléments que celui de la classification de la Théorie de la Double Causalité concernant l'état d'esprit qui favorise les synchronicités provoquées par une demande (voir le livre La Route du Temps page 188 ou cette page). De plus la correspondance entre les éléments de ces deux tableau est impressionnante. Voici la liste de Philippe Guillemant concernant l'état d'esprit:

    avoir un besoin d'aide authentique,
    faire une demande liée à une réelle préoccupation au moment de la demande,
    prendre le risque de " se mouiller " par un comportement risqué, non raisonnable et surtout pas raisonné,
    demander quelque chose dont la réalisation aura une réelle incidence sur son chemin de vie (changement)
    conserver son libre arbitre : surtout ne pas demander à l'"Ange" de choisir à sa place,
    atteindre un niveau suffisant de détachement et de lâcher prise,
    voir naître en soi un authentique sourire intérieur,
    sortir des habitudes et sentiers battus au moment de la demande (ou s’apprêter à le faire),
    Se positionner dans le don de soi et ressentir l'amour qui l'accompagne.

On a donc 9 mots d'un coté et 9 phrases de l'autre pour parler des facteurs favorables à l'apparition des synchronicités. On remarque quelques correspondances évidentes comme "Libre arbitre et Autonomie", "Nouveauté et Changement", "Labilité et Détachement".... Ces deux classifications ayant été établies dans un contexte totalement différent, on pourrait s'attendre à ce que la correspondance s'arrète là, or on découvre au contraire un mariage parfait entre les listes de Joachim Soulières et de Philippe Guillemant:
... et que l'on peut décomposer en 3 catégories qui mettent en évidence le mécanisme de la Théorie de la Double Causalité, à l’œuvre lorsque l'on modifie le chemin que nous allons emprunter sur notre Arbre de Vie:




Rappelons ce mécanisme (avec les mots de Joachim Soulières): la synchronicité se produit en conséquence d'un changement dans notre futur qui agit de façon rétrocausale sur notre présent (déterminisme inversé). Ce changement fait suite à un examen intérieur profond qui permet de dégager le sens que l'on donne à sa vie (autonomie) et de faire émerger en conséquence un destin idéal, une volonté authentique: c'est l'éveil de l'intention, qu'il importe de bien clarifier pour pouvoir être sensible à toute forme de réalisation imprévue qu'elle prendra (significativité), même si elle parait irréalisable au départ (rève). Suite à cet éveil, notre futur est sur le point de se modifier, encore faut-il que nous parvenions à nous détacher de notre passé qui tend à nous maintenir dans une direction contradictoire, car automatique: nous devons lacher prise, puis rester détachés de l'emprise (karmique) de notre passé. C'est ce qui permet alors à notre futur de changer instantanément (labilité): L'intention devient ainsi réellement agissante dans ce futur (débloqué), mais ce dernier ne se maintient que par l'entretien de la confiance qui permet de vivre au temps présent (participation), condition essentielle de préparation aux cadeaux de la vie. L'amour que nous avons peut ensuite énergétiser ce futur pour qu'apparaissent les voies non causales qui nous offrent des ponts pour l'atteindre, lesquels peuvent se présenter n'importe où (non localité) et à tout moment (imprévisibilité). Encore faut-il, là aussi, que nous rendions possible la création de ces ponts. Ils ne peuvent se former que si nous augmentons le champ des possibles en favorisant les chemins du hasard. Ceci n'a lieu que lorsque nous provoquons le changement (nouveauté) et acceptons de danser avec le chaos (trickster) quitte à dépasser nos peurs et limites intérieures (transliminalité élevée) afin que la magie puisse apparaître. Mais attention: l'univers peut nous avoir tendu son cadeau, encore faut-il que notre raison ne réprime pas au dernier moment notre intuition au moment où il devient presque visible (intelligibilité) en nous empêchant de nous engager dans la voie offerte...


9/ Théorie de la Double Causalité ... versus ... Théorie de la Psyché Quantique:

La théorie de la Double Causalité de Philippe Guillemant fait l'objet d'un développement central sur ce site, aussi nous préférons présenter ses liens avec les autres théories. En dehors de la notion de champ (psychique ou morphique) le principal concept et dénominateur commun à celles-ci est l'Acausalité, aussi il est pertinent de nous centrer sur les liens entre les théories de la psyché quantique et de la double causalité, mais aussi parce qu'elles sont les deux théories les plus physiques de la synchronicité. Cette comparaison sera aussi l'occasion d'approfondir la théorie de François Martin.

A notre connaissance, François Martin étant le seul chercheur qui a tenté de construire un modèle permettant d'appréhender la synchronicité sur la base du concept de l'Acausalité, nous nous fonderons essentiellement sur sa correspondance avec Philippe Guillemant.

François Martin (FM) et Philippe Guillemant (PG) sont les deux seuls chercheurs du CNRS à s'être aventuré publiquement en France dans ce domaine, ce qui s'est traduit par différentes publications et conférences, plus un film présenté au bas de cette page. C'est dans le cadre d'une journée d'étude à l'Institut Métapsychique International de Paris qu'ils se sont rencontrés initialement. Dans leurs échanges qui ont suivi ils ont remarqué que la différence entre leurs points de vue provenait du fait que FM est un mécanicien "quantique" alors que PG est un mécanicien "classique". Toutefois un accord essentiel régnait sur leurs conceptions du temps et du libre arbitre.

FM a effectué ses études à l'Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm à Paris. Il est entré au CNRS en 1971 et a obtenu un doctorat d’Etat ès Sciences Physiques sur la théorie quantique du champ électromagnétique. En 1975 il est distingué par la Médaille de Bronze du CNRS, avec Guy Bonneau. Il a effectué ensuite sa carrière dans différents laboratoires de Physique Théorique à Stanford (USA), Genève, Annecy... puis il a rejoint le Laboratoire de Physique Théorique et Hautes Energies (son laboratoire d'origine) associé à l’Université Paris 6, à Jussieu. Il y a poursuivi des travaux sur l’existence de Matière Noire dans l’Univers. Depuis le 11 septembre 2011 il est chercheur honoraire au CNRS.

En 1990-1991, il a expérimenté par lui-même le phénomène de synchronicité, sans comprendre exactement ce qui lui arrivait ! Dans la même période il a écrit une pièce de théâtre : « L’Astrominotaure. Corps perdu et Univers en expansion » (Editions Comp’Act, Chambéry, 1994), pièce qui a été jouée plusieurs fois. Suite à son expérience des coïncidences et sous l’impulsion de collègues et amis, il a étudié les travaux du psychanalyste suisse Carl Gustav Jung qui s’est associé avec le physicien Wolfgang Pauli pour décrire ces phénomènes. Il a étudié aussi les travaux du physicien américain John Archibald Wheeler qui a conçu l’expérience du choix retardé du photon (confirmée depuis) qui montre la nature « bizarre » du temps en physique quantique. Cela l'a poussé à étudier les phénomènes de synchronicité dans le cadre de la mécanique quantique et c'est ainsi qu'en 2003, avec son collègue et ami Belal Baaquie, Professeur à l’Université de Singapour, il a écrit un article : « Quantum Psyche – Quantum Field Theory of the Human Psyche » (« Psyché Quantique – Théorie Quantique du Champ Psychique ») (NeuroQuantology, 2005). Puis en 2006 il a rencontré Giuliana Galli Carminati, psychiatre et psychothérapeute aux Hôpitaux Universitaires de Genève, avec laquelle il a travaillé sur « Mécanique Quantique et Psychisme ». Ils ont publié plusieurs articles sur ce sujet. En 2009, Federico Carminati, physicien au CERN, les a rejoint pour continuer ce type de recherche.

Les traductions françaises des différents articles publiés par François Martin et ses collègues, ainsi que les textes des différentes conférences qu’il a données sur ce sujet, sont disponibles sur son site web à la rubrique "papers". Voici plus directement une biographie un peu plus complète de François Martin, ainsi que sa Conférence au Département de Psychiatrie des Hopitaux Universitaires de Genève où l'on trouvera sa théorie vulgarisée sans équations.

Venons en maintenant plus en détail sur cette théorie:

La Théorie de la Psyché Quantique considère le psychisme humain comme un champ de conscience de nature quantique qui serait universel et se prolongerait au niveau inconscient. Le psychisme humain aurait ainsi une représentation formelle analogue à un système quantique, avec des états virtuels et des états physiques qui correspondraient respectivement à la potentialité et à l’actualisation de l’esprit humain. Le libre-arbitre jouerait un rôle central dans la transition de la potentialité à l’actualisation et vice versa. Avant actualisation par le libre arbitre, l'esprit humain resterait dans un état superposé. Il résulterait notamment de cette superposition la possibilité que deux psychismes humains soient quantiquement intriqués, comme c'est le cas des systèmes quantiques.

Un aspect particulièrement séduisant de la théorie de François Martin est qu'elle considère l'actualisation d'une réalité comme un processus où la conscience joue un rôle déterminant de par son attente, en particulier lorsque cette attente est programmée à un niveau inconscient. La figure ci-dessous illustre de façon exagérément simplifiée mais tout à fait parlante ce processus:

Nous pouvons alternativement voir dans cette photo, soit une jeune fille, soit une grand-mère, mais jamais les deux simultanément. L'état symbolise ainsi un état de superposition quantique "attendant" d'être actualisé par la conscience. D'une façon plus générale, la conscience agirait sur les superpositions engendrées par toutes les possibilités préparées par l'univers en en privilégiant certaines, celles qui correspondent à nos attentes inconscientes ou que nous nous sommes consciemment préparés à vivre.

Sur ce point fondamental de la Théorie de la Psyché Quantique, il n'y a pas d'incompatibilité avec la Théorie de la Double Causalité qui stipule une influence que notre esprit ou libre arbitre pourrait également avoir directement sur le futur. En effet, FM précise dans sa théorie qu'il peut exister une "distance temporelle" entre deux évènements intriqués, ce qui veut dire que ce que nous attendons aujourd'hui peut également jouer sur des potentiels qui font encore partie du futur. Il faut ainsi resituer à un niveau plus vaste l'interaction de la psyché humaine en considérant cette interaction comme a-temporelle et a-spatiale. C'est d'ailleurs à ce niveau que les synchronicités se mettent en place.

Pour François Martin la Synchronicité est intimement liée aux émotions. Elle a changé complètement sa vision du monde et sa philosophie de vie. Il souscrit totalement à cette citation du Dalaï Lama:
 

" Je me laisse guider par la synchronicité, et ne laisse pas les attentes entraver mon chemin … "

Remarquons ainsi que nos attentes peuvent aussi entraver notre chemin, ce qui peut s'expliquer par le fait que si nous nous attendons à une réalité qui n'est pas inscrite dans nos potentiels (du présent), alors nos attentes peuvent devenir perturbatrices (d'où l'importance du lâcher prise). Il s'agit là d'un point subtil de la psyché quantique sur lequel François Martin répond en analysant notamment le rôle des rêves, mais sur ce point assez complexe il vaut mieux se référer à sa principale publication sur la psyché quantique.

En ce qui concerne la synchronicité, FM et PG se rejoignent pour affirmer qu'elle constitue un fait empirique très important de notre monde qui montre que nous devons penser différemment. Il en déduit que nous devons apprendre à ne plus penser de façon «classique», mais de façon «quantique», cette dernière étant une façon de penser globale et collective et non une façon locale et individuelle. Il justifie cette nouvelle façon de penser par la notion d'intrication quantique, alors que PG la justifie par la notion de rétrocausalité.

Est-ce bien compatible ?

C'est bel et bien cette façon "quantique" de penser sur un mode collectif et global (nous sommes tous quantiquement intriqués, en quelque sorte) qui différencie le point de vue de FM de celui de PG sur la synchronicité. PG conserve pour sa part une vision classique des choses plus proche de l'intuition courante et d'une façon de pensée causale, gravée dans nos neurones. A défaut de pouvoir se passer selon lui de la causalité, faire appel à la rétrocausalité a au moins l'avantage de modérer l'excès (d'invocation) de la causalité, si ce n'est de l'annuler. On aboutit ainsi naturellement à une façon de penser a-causale qui rejoint celle de FM. Pour lui, deux évènements apparaissant comme corrélés par le sens mais non reliés par une causalité spatio-temporelle peuvent tout à fait être le résultat d'une intrication quantique, alors que PG les relie en transcendant la causalité par une autre causalité, à contre sens du temps. Cela ne reviendrait-il pas au même, finalement ?

Là où la vision quantique de FM fait appel à la notion d'intrication quantique, la vision plus classique de PG fait appel à la notion de rétrocausalité, mais à bien y regarder, on peut arriver à joindre ces deux notions, ne s'agissant dans les deux cas que de transcender l'espace-temps. PG donne à FM l'exemple d'un système que l'on fait fonctionner à contre-sens du temps. Pour expliquer comment un verre brisé peut par exemple se reformer intact à partir de tous ses morceaux, il est nécessaire que tous ces morceaux soient corrélés, informés ou "intriqués", afin qu'ils ne suivent pas des trajectoires indépendantes qui les disperseront toujours plus, ce que PG traduit par une "loi de convergence des parties" qui a tout d'une loi d'intrication macroscopique bien concrète. En quelque sorte, le fait de rejouer le temps à l'envers a manifestement rendu inséparables les trajectoires. Mais FM a une objection à ce point de vue:
 

"L'intrication quantique est basée sur la notion d'état non-séparable dans lequel les propriétés physiques des parties ne sont pas définies. Or dans un verre, avant qu'il ne soit brisé, les propriétés physiques de toutes les parties sont bien définies, indépendamment de l'observateur. C'est une caractéristique de la physique "classique"."

PG répond qu'il s'oppose à cette vision trop vite acquise de la physique classique, selon laquelle la réalité macroscopique serait toujours indépendante de l'observateur. Il avance au contraire l'indéterminisme macroscopique que son étude sur le billard met notamment en évidence, à condition de supposer que nous vivons dans un monde d'informations où aucune grandeur physique n'est infinie. Dans ce cas la réalité macroscopique pourrait être partiellement non configurée, principalement dans le futur: une intrication macroscopique serait alors nécessare pour préserver la causalité. Quoi qu'il en soit, s'il se confirme que l'indéterminisme quantique peut se généraliser à l'échelle macroscopique en observant par exemple des flux d'intrication dans le sens du temps, à notre échelle humaine, alors il deviendra possible de concilier les notions d'intrication et de rétrocausalité dans un cadre plus général où la distinction entre le "classique" et le "quantique " s'estomperait. C'est en tout cas un bon moyen de comprendre intuitivement le concept d'intrication.

Selon FM, dont la vision de la physique classique restera à juste titre figée aussi longtemps que l'indéterminisme n'est pas généralisé à notre échelle macroscopique, il n'est pas nécessaire d'introduire une rétrocausalité qui transcenderait l'espace-temps car l'intrication quantique le fait déjà. Cependant, FM ne nie pas la possibilité d'une causalité transcendante qui prendrait racine dans le fait que l'intrication quantique pourrait être controlée depuis "l'extérieur" de l'espace-temps. Il cite d'ailleurs cette phrase: "Dans le monde quantique, les corrélations ont leurs propres causes, mais elles sont non réductibles aux évènements concernés, car elles sont insensibles à l'espace et au temps: elles se forment de manière a-spatiale et a-temporelle (Nicola Gisin et al, 2001)".

Les deux visions de PG et FM commencent ainsi à se rejoindre: tous deux pensent que les racines des phénomènes de synchronicité transcendent l'espace-temps et sont contrôlées par une entité (peut-être la Conscience ou l'Inconscient) qui se situe hors de l'espace-temps.

FM ouvre ainsi la porte à une certaine métaphysique (dans laquelle la physique quantique nous fait déjà expérimentalement entrer), en déclarant que rien ne va à l'encontre l'idée de considérer la conscience comme liée à des états quantiques du cerveau. Il rappelle qu'au niveau macroscopique, on invoque l'auto-organisation qui en fait est une autre manière de dire que la dynamique neuronale "aléatoire" pourrait être contrôlée en dehors de l'espace-temps par des principes non observables, comme le libre arbitre et la conscience. L'auto-organisation du cerveau équivaudrait alors à l'auto-organisation de l'esprit (Antoine Suarez, 2008). Il cite Anton Zeilinger qui explique qu'il existe deux libertés: la première est celle de l'expérimentateur qui choisit l'instrument de mesure - cela dépend de son libre arbitre - et l'autre est celle de la nature qui donne la réponse qui lui convient. La première conditionne d'une certaine manière la seconde: il y a là une sérieuse matière à méditer. Serait-ce trop subtil pour nos philosophes qui, selon Zeilinger, ne passent pas assez de temps à réfléchir à cette propriété ?

Bien que la physique quantique soit complète selon FM et n'ait pas besoin d'ingrédient supplémentaire, comme par exemple les dimensions supplémentaires que PG soutient pour élargir son cadre, il reconnait qu'un tel élargissement du cadre matériel de la physique quantique est nécessaire afin d'inclure la conscience et plus généralement le psychisme. Or c'est justement sur cet élargissement que travaille le fameux mathématicien Alain Connes qui est d'ailleurs un ami de FM et qui propose lui-même l'ajout de dimensions supplémentaires. Son travail est très difficile à comprendre bien qu'il soit brillant et internationalement reconnu. Après avoir questionné son illustre ami au sujet des dimensions, celui-ci a répondu à FM:
 

"Pour lui [Alain Connes] chaque point de l'espace (non commutatif) renferme une "clé" à six dimensions, en plus des quatre dimensions d'espace-temps. Mais, comme je te l'ai dit, ces dimensions "spatiales" supplémentaires sont discrètes et surtout elles ont un nombre fini de points !! >>

PG fait alors le parallèle entre ces dimensions supplémentaires et une solution possible à son modèle classique de trajectoires de boules de billards qui perdent de l'information au cours du temps, lequel pourrait selon lui légitimer des données supplémentaires issues d'un nombre fini de points... mais le passage de la théorie à la modélisation numérique reste un casse-tête ardu... qui pourrait bien l'occuper jusqu'à sa retraite du CNRS.

Quoi qu'il en soit, que l'on invoque pour expliquer les coïncidences, des dimensions supplémentaires comme PG le fait, ou la circulation d'informations externes dans un système quantiquement intriqué, comme FM le fait, l'espace temps limité à 4 dimensions paraît manifestement trop étriqué - déterministe - pour héberger la psyché, même lorsqu'on l'étend à des superpositions quantiques. Ces informations issues de la psyché interviennent sans aucun doute dans les synchronicités où les coïncidences sont assorties d'un sens et peuvent même être provoquées: la psyché introduirait donc des informations dans l'espace-temps, mais il est très difficile de comprendre comment ce processus a lieu.

Dans sa Théorie de la Double Causalité, PG laisse donc sans réponse la question de savoir comment la psyché interviendrait sur nos lignes temporelles et en particulier sur notre futur. Or la Théorie de la Psyché Quantique de FM répond à cette question en formalisant mathématiquement une entrée par laquelle des informations externes pourraient être introduites puis circuler de manière a-spatiale et a-temporelle dans notre espace-temps. C'est donc un point fort de la théorie de FM, qui ajoute cependant:
 

" ... Un acte ou un choix effectué dans le présent (libre arbitre) peut avoir une influence dans un passé qui n'existe pas, mais dont nous prenons conscience toujours dans le présent. De même, une information peut venir d'un futur qui n'existe pas non plus, mais dont nous prenons conscience aussi toujours dans le présent "

C'est donc par l'opération du saint-esprit (soyons plus sérieux: de la conscience dans le présent) que des informations sont apparemment introduites dans le passé, ou dans le futur. Bien que PG n'ait pas compris dans le formalisme de FM comment il parvient à se passer de dimensions supplémentaires pour intégrer cette action du psychisme humain, tous deux semblent donc en accord sur la question du temps, leurs points de vues se rejoignant ainsi à nouveau. Lorsque PG a proposé le modèle des lignes temporelles pour concevoir l'évolution non pas de façon causale, mais hors du temps, FM lui a répondu:

<< J'aime bien ton image "de "déplacement" d'une ligne temporelle où ce futur et ce passé n'ont pas lieu, vers une autre ligne où ils ont lieu" car j'ai toujours pensé qu'il y avait des lignes "temporelles" potentielles (donc quantiques) qui selon nos choix et nos actions se rejoignent ou s'éloignent, créant ou ne créant pas la "réalité classique", c'est-à-dire celle qui parvient à notre conscience."

Or cette vision de multiples lignes temporelles avec la possibilité de basculer ou glisser de l'une à l'autre par l'intermédiaire de notre psychisme est une puissante base d'accord entre les deux théories. Le reste est presque une question de formalisme. Cela dit, FM insiste sur le fait que vouloir expliquer cela de manière classique ne peut être qu'une illusion, et PG rétorque qu'il ne lui apparaît pas si génant de considérer de façon classique le multivers dans lequel tout ce qui est possible arrive. Mais l'on retombe sur les dimensions supplémentaires...

Au final, la différence de point de vue entre FM et PG provient du fait que dans la conception des choses de ce dernier, il différencie deux types de réalité:

    une réalité vécue, commune à tous et que l'on peut considérer comme classique,
    de multiples réalités potentielles, superposées ou inclues dans un multivers, non vécues et que l'on peut considérer comme quantiques.

FM considère le premier type de réalité comme illusoire (une simple projection de l'une des secondes ?) et privilégie le second type, en considérant notamment que dans ce second type de réalité, les notions de temps et de causalité disparaissent ! Il va même plus loin en rejoignant Platon, Bernard d'Espagnat et d'autres, en disant que le monde "classique" n'est que le monde des apparences. La "réalité ultime", ou le "réel voilé" (selon l'expression de d'Espagnat), est au stade actuel de la connaissance humaine le monde quantique. Pourquoi pas ?

Mais allez expliquer cela à un paysan... ou simplement à un scientifique de base. Ne vaut-il pas mieux introduire des niveaux progressifs de compréhension dans cette affaire ? A minima, la Théorie de la Double Causalité propose au moins un tel palier, en exploitant le concept bien ancré de la causalité au maximum de ses possibilités (ce qui inclut la rétrocausalité).

FM et PG ont donc finalement des points de vue plutôt complémentaires et relatifs. Ils se rejoignent sur l'essentiel: l'esprit ou la conscience ont une action hors du temps qui provoque le déplacement de nos lignes temporelles. FM n'attache cependant pas de réalité tangible à celle que l'on vit quotidiennement. Il considère que c'est à nous de revoir notre vision de la réalité car selon lui, la physique quantique échappe à "l'entendement classique". Il faut donc se mettre à "l'entendement quantique". PG pense que le niveau quantique se construit lui-même à partir de réalités vécues et que c'est tout le sens de l'incarnation et des mémoires akashiques qu'elle crée, ce qui est probablement la clé de l'évolution atemporelle de l'univers.

On peut conclure en remarquant que FM et PG sont d'accord avec Carlo Rovelli sur le fait que l'écoulement du temps provient d'une illusion (thermodynamique) qui serait due à notre connaissance ou perception limitée de l'univers". Carlo Rovelli écrit notamment:


" J'ai beaucoup travaillé sur cette idée et sur l'idée mathématique qui la soutient; celle ci doit montrer comment des phénomènes typiques liés au passage du temps peuvent émerger d'un monde atemporel, lorsque nous en avons une connaissance limitée"

Un monde atemporel ! Voila donc un point de convergence qui bien au-dela de ces deux théories de la synchronicité, semble faire l'unanimité de tous les physiciens qui réfléchissent sérieusement à la question du temps, et qui rejoint au moins la philosophie bouddhiste. Voyez à ce sujet la page de ce site consacrée à Carlo Rovelli où l'on retrouvera cette citation, ainsi que cette citation de Bergson:

« A quoi sert le temps ?... le temps est ce qui empêche que tout soit donné d'un seul coup. Il retarde, ou plutôt il est retardement. Il doit donc être élaboration. Ne serait-il pas alors le véhicule de création et de choix ? L'existence du temps ne prouverait-elle pas qu'il y a de l'indétermination dans les choses ? »

Or que signifie " de l'indétermination dans les choses" si ce n'est la clé du libre arbitre et avec lui, celle du sens éminemment psychique du temps présent qu'une physique par trop matérialiste aura toujours du mal à cerner.





mardi 10 octobre 2017

"L'EMPATHIE"


L’empathie désigne la capacité de se mettre à la place d’autrui, de se représenter ce qu’il ressent et/ou pense. Ressentir – Penser : ce sont là les deux facettes essentielles de l’empathie, l’une émotionnelle, l’autre cognitive. Certains auteurs en rajoutent une autre, la dimension comportementale.

- L’EMPATHIE EMOTIONNELLE

C’est une réaction généralement automatique et non intentionnelle. Lorsque nous voyons quelqu’un souffrir, nous sommes nous-mêmes affectés, nous éprouvons généralement un ressenti désagréable. Ce peut être le cas par exemple, lorsque l’on observe à la télévision un sportif qui exprime sa douleur après s’être tordu la cheville. L’empathie émotionnelle se manifeste très précocement puisque, dès les premières heures suivant leur naissance, les bébés réagissent à la détresse de congénères, en pleurant. Les psychopathes (aujourd’hui appelés « personnalités antisociales ») présentent un important manque d’empathie émotionnelle ; il leur est très difficile de ressentir l’état émotionnel d’autrui, tout particulièrement la tristesse et la peur.

- L’EMPATHIE COGNITIVE

Il s’agit de la capacité de se représenter les états mentaux d’autrui. les psychanalystes parlent de « mentalisation » et les cognitivistes de « théorie de l’esprit ». Cette aptitude se révèle très tôt chez les enfants. Les bébés parviennent rapidement non seulement à imiter mais aussi à percevoir les intentions d’autrui.

- L’EMPATHIE COMPORTEMENTALE (« EFFET CAMELEON »)

Tous les spécialistes n’intègrent pas cette troisième facette dans le concept d’empathie. Lorsqu’ils le font, le terme renvoie à un processus de « mimétisme comportemental ». Il arrive fréquemment qu’au cours d’une conversation entre deux personnes, l’une d’elles imite les gestes et postures de l’autre, sans s’en rendre compte. Ceci est particulièrement fréquent chez les personnes qui entretiennent de bonnes relations entre elles.

- L’EMPATHIE DANS LA VIE QUOTIDIENNE

L’empathie constitue un socle essentiel sur lequel reposent nos relations sociales quotidiennes. Dans une série d’études menées auprès d’adolescent(e)s, Daniel Favre, professeur de sciences de l’éducation à l’IUFM de Montpellier, a constaté que l’empathie était corrélée très significativement avec la coopération et les compétences sociales, et inversement corrélée avec la dépression, les troubles de l’attention et la délinquance (1). Selon cet auteur, l’empathie « implique de "s’ouvrir" à l’autre, de lui permettre d’exister dans notre espace de représentation privé comme un vrai Autre. Le lien empathique produit une confirmation de l’existence de l’autre. » .

- L’EMPATHIE EN PSYCHOTHERAPIE

Parmi les divers courants psychologiques, c’est la psychologie humaniste qui a été la plus attentive au concept d’empathie. Selon Carl Rogers, l’empathie constitue l’une des trois attitudes fondamentales que doit adopter le thérapeute - à côté de la considération inconditionnelle et de l’authenticité - pour faciliter le développement des patients (2). Pour lui, il y a empathie lorsque le thérapeute devine les réactions et sentiments personnels éprouvés par le client et qu’il réussit à lui communiquer cette compréhension. Selon Rogers, il faut faire tout notre possible pour penser et ressentir ce que vit autrui, tout en étant lucide sur le fait que ceci n’est jamais vraiment possible.

- L’EMPATHIE ECLAIREE PAR LA NEUROPHYSIOLOGIE

Les recherches sur l’empathie ont connu un regain d’intérêt inattendu depuis une dizaine d’années, à la suite de la découverte des neurones-miroir, par une équipe italienne (3). Lorsqu’une personne observe l’état émotionnel d’une autre (qu’il s’agisse de dégoût, de toucher, de douleur, etc.), cela active des parties du réseau neuronal qui traitent ce même état en elle-même. En d’autres termes, nous éprouvons peu ou prou des émotions en miroir de celles ressenties par autrui. L’une des fonctions majeures des neurones miroir est précisément de faciliter l’empathie, comme l’a souligné Vittorio Gallese, l’un des découvreurs de ces cellules. Dans un article intitulé « L’hypothèse de la "diversité partagée" : des neurones miroir à l’empathie », il affirme que le mécanisme neuronal d’appariement constitué par les neurones miroir est essentiel pour établir un lien empathique entre individus. Ces travaux sont particulièrement troublants et prometteurs. Ils montrent que notre cerveau est prédisposé pour l’interdépendance avec autrui, pour que nous puissions entrer en « résonance » avec nos congénères et leur manifester de l’empathie. Les neurophysiologistes sont en train de redécouvrir ce que les poètes et écrivains nous avaient appris depuis fort longtemps : « Nul n’est une île ».

Par Jacques Lecomte

-  (1) Favre D. (2007). Transformer la violence des élèves, - Paris, Dunod.
-  (2) Rogers C. (1968). Le développement de la personne, - Paris, Dunod, p. 48-49, 204-205.
-  (3) Rizzolatti G. et Sinigaglia C. (2008). Les Neurones - miroir, Paris, Odile Jacob.




mardi 5 septembre 2017

"LA CONSCIENCE DANS TOUS SES ETATS"


Que manque-t-il à l'homme pour être lui ?

A la fin de ma conférence intitulée " Le point de vue d'un physicien sur la conscience " j'ai fait l'affirmation suivante, sans avoir au préalable donné d'explication:

" Les valeurs morales et spirituelles telles que le DÉTACHEMENT, le DON DE SOI, plus l'AUTHENTICITÉ, la CONFIANCE, la FOI et l'INTUITION découlent naturellement du comportement le approprié lorsqu'on a compris la nature du temps et de l'information proposée par la Théorie de la Double Causalité."

C'est cette explication que je fournis sur cette page. Je ne pouvais pas le faire dans l'exposé car la mise en relation d'un seul de ces six termes subjectifs avec la physique, même hautement vulgarisée, aurait gêné l'auditoire et décrédibilisé l'ensemble de mes propos. Je me suis donc contenté de faire un parachutage final de cette affirmation, ce qui avait un double avantage:

    Enchanter les consciences actives avec l'espoir que la science pourrait bien un jour ré-humaniser le monde.
    Soulager les consciences passives de la problématique pour elles effrayante d'avoir à douter de leur équipement.

C'est un peu comme si je voulais tenir compte de la probable présence d'aliens qui en seraient dépourvus dans la salle. Je ne peux en effet m’empêcher de penser depuis un certain temps déjà, face à la résistance énorme et l'incrédulité totale suscitées par mon affirmation que l'homme serait équipé d'un ESPRIT bien distinct de son cerveau, que l'humanité pourrait bien se décomposer en deux sortes d'individus: les uns dotés d'une conscience passive c'est à dire n'ayant pas d'ESPRIT - après tout, puisqu'il y tiennent à ce point - et les autres dotés d'une conscience active bien équipée, mais avec une tendance pour les premiers à écraser les seconds par leur intelligence - compensation oblige - en profitant de la croyance soigneusement inculquée - par l'école et les médias notamment - que cet équipement n'existe pas.

En préambule et en complément à la planche en bas de page (planche 12 de ma conférence), voici quelques rappels sur le temps et l'information selon la TDC: nous n'évoluons pas dans le temps mais nous faisons évoluer nos lignes temporelles hors du temps. Lorsque le temps semble s'écouler, notre futur change en même temps que notre présent. Ce qui préside à ce changement n'est pas seulement la mécanique mais aussi notre collectif de consciences. Au niveau individuel cela se traduit par l'action de l'ESPRIT, à priori individuelle (l'ESPRIT = nous-mêmes hors du temps). Cette action consiste à transférer des informations que j'appelle "exotiques" - mais bien identifiables en physique - de l'ESPRIT au cerveau, par l'intermédiaire de la prise de conscience qui ouvre le canal habituellement fermé par l'ego et le mental. Ces informations président alors au déplacement de notre ligne temporelle le long de la 5ème dimension (ou de toutes les dimensions supplémentaires). On peut le voir aussi comme une intrication quantique entre le présent et le futur (normal, il sont simultanés) qui permettrait d'étendre le modèle Orch'OR de Penrose à toute l'étendue du temps et non pas simplement au présent.

Il en découle que nous devons raisonner d'une part hors du temps, d'autre part en prenant en compte un facteur essentiel: l'ESPRIT, conçu comme source d'informations indispensables à la création de notre réalité dans le futur. Cette création se traduit par un déplacement de notre ligne temporelle sous le contrôle du libre arbitre, ce déplacement étant généralement insupportable au maître de notre automate: l'ego. Il en résulte tout ce qui suit:

Le DÉTACHEMENT consiste à détacher l'ego, qui est le contrôleur usurpé de notre automate, de l'ensemble des conditionnements qu'il entretient et qui donnent un sens falsifié à notre vie, lesquels finissent toujours par nous faire souffrir. Ce qui nous fait souffrir est ce à quoi l'on est attaché, or rien n'est éternel et surtout, ce n'est pas l'ESPRIT qui est attaché mais l'ego, c'est à dire l'image fausse que nous avons de nous-mêmes et que l'ego s'acharne à construire, croyant être le seul maître. Cela ne veut pas dire qu'il faut se détacher de tout, car l'attachement est une condition humaine, et dans ce cas l'astuce est de s'attacher à des choses ou personnes qui permettent de se détacher d'autres choses ou personnes encore plus conditionnantes... Bref, en TDC, le détachement est ce qui permet à notre ligne temporelle de revenir sous le contrôle de l'ESPRIT, donc de pouvoir évoluer.

Le DON DE SOI est ce que notre ESPRIT donne à la vie et aux autres et qui est notre véritable raison d'être sur terre. Cela concerne notre différence, notre originalité (nos qualités comme nos défauts), notre façon de nous exprimer lorsque nous sommes nous-mêmes, nos talents, notre créativité, etc.. Nous avons tous quelque chose de précieux à donner et personne d'autre que nous-mêmes ne peut déterminer de quoi il s'agit. On peut identifier ce que nous avons à donner par tout ce qui nous procure de la joie, une joie authentique qui n'a rien à voir avec le plaisir ressenti par l'ego. Dans ce dernier cas il ne s'agit d'ailleurs pas d'un don mais d'un reçu. Le vrai don procure automatiquement de la joie d'exister (certains disent AMOUR) à celui qui donne. C'est pourquoi en TDC, le DON DE SOI est ce qui permet de remplir notre réservoir d'essence (AMOUR sans additifs, de préférence) afin que la pluie dans le futur soit plus abondante.

L’AUTHENTICITÉ est la condition requise pour parvenir à un état d'être qui correspond à l'ESPRIT et non à l'ego. On parvient à être authentique lorsqu'on réussit à dissocier l'égo de son être intérieur (ESPRIT), par exemple au cours de la méditation où l'on observe ses pensées, plus généralement au cours de toute activité qui nous permet de nous déconditionner vraiment. Un bon indice d'authenticité est le sentiment de bonheur hors de toute satisfaction, simplement le bonheur d'exister au temps présent avec la sensation que par exemple notre statut social, notre richesse ou notre pauvreté, n'ont strictement rien à voir là-dedans, le bonheur étant simplement acquis par le fait d'exister dans l'ESPRIT, c'est à dire d'être nous-mêmes, que cela soit clochard sous les ponts ou star des médias. Mieux vaut d'ailleurs clochard sous les ponts pour maintenir l'AUTHENTICITÉ. En TDC, elle mène à l'éveil de l'être intérieur ou ESPRIT.

La CONFIANCE est l'état naturel dans lequel on se retrouve lorsque par exemple rien ne va plus mais que fort heureusement, nous avons rejoint l'ESPRIT. Ce dernier sait bien qu'il est normal de vivre des épreuves car elles le font évoluer, il sait qu'il est normal de ne pas comprendre pourquoi tout cela nous tombe dessus parce que les voies par lesquelles les évènements arrivent sont impénétrables. Il sait que si son heure est venue ce n'est pas un problème, il sait qu'il doit cependant être impeccable dans ses actions - même si elles sont peu reluisantes: rien à voir avec l'impeccabilité de l'ego - car c'est là que son projet d'évolution l'attend. Il sait qu'il a pour cela la plus belle des facultés, c'est son INTUITION. Le fait de ressentir tout ce Savoir, s'agissant bien d'un ressenti car ce Savoir est non mental, mène à l'état de CONFIANCE... et en TDC, la confiance est ce qui permet de maintenir malgré les turbulences notre ligne temporelle dans la direction choisie par l'ESPRIT sans se laisser démonter par le présent.

La FOI est le plus grand atout que l'on puisse avoir car elle assure la domination de l'intelligence par l'ESPRIT dont elle sait qu'il est le seul détenteur du véritable Savoir. Elle est ainsi la garante d'un Savoir qui ne peut être aisément exprimé par des mots car il n'est pas mental. Encore faut-il avoir dissocié cette FOI de toutes sortes de croyances car la FOI est l'inverse des croyances, contrairement à ce que l'on croit usuellement et qui n'est qu'une fausse croyance de plus. Les croyances sont purement mentales et n'ont rien à voir avec le Savoir ou la connaissance. Le seul moyen d'enrichir ce Savoir est d'acquérir des connaissances en vue de l'expérience et mieux encore d'acquérir des connaissances directement par l'expérience. La FOI est alors l'atout qui nous permet d'éviter que ces connaissances n'iront pas entretenir le statut de l'ego qui risquerait de les transformer en principes ou en croyances. Seule la FOI inspirée par l'ESPRIT est bien placée pour décider de ce que l'ego doit considérer comme connaissances valables. Elle agit ainsi en tant que représentante du libre arbitre pour ce qui concerne ce que doit penser le mental, cela étant le seul moyen par lequel l'ESPRIT peut parvenir à contrôler le cerveau. Il est facile de comprendre que sans FOI le mental prédomine, parfois même subtilement en nous faisant croire que nous maitrisons très intelligemment notre ego (l'intelligence = le discret retour de l'ego), mais cette prédominance du mental, caractéristique des intellectuels qui se savent intelligents, finit toujours par les tranformer en automates. Seule la FOI peut les en sauver, car elle est tout à la fois l'intelligence du Coeur et de l'ESPRIT... Et pour revenir en TDC, la FOI est ce qui maintient la connexion entre le cerveau et l'ESPRIT après la prise de conscience (voir planche 12), cette connexion étant la clé de son action sur le futur (via une 5ème dimension enroulée), c'est à dire la clé de "L'Ame agit": elle use notamment abondamment de l'art méconnu de visualiser son futur comme déjà réalisé.

L'INTUITION est la plus puissante des facultés de l'ESPRIT car elle offre une liaison directe - sans passer par le mental - avec la source d'informations dont nous avons tous besoin pour vivre: nous-mêmes. Elle est à ce titre le complément de la FOI, laquelle puise ses informations dans le mental et les sélectionne elle-même pour éviter que cette sélection ne soit faussée par l'ego, ou ce que l'on appelle l'intelligence. On a tous besoin de deux sources d'informations, la première en provenance de notre cerveau, la seconde en provenance directe de l'ESPRIT qui est lui-même relié directement à notre raison d'être sur terre. Lorsque l'ESPRIT ressent que la FOI n'a pas suffisamment d'informations à donner à l'ego pour qu'il puisse résoudre ses problèmes, ce dont rarement l'intelligence se rend compte, et que ces problèmes sont bel et bien pertinents pour l'ESPRIT (sinon il laisse tomber, c'est à dire qu'il laisse souffrir), alors ce dernier ouvre le canal de l'INTUITION pour offrir le complément indispensable. Ce canal ne peut cependant pas être ouvert lorsqu'on est trop conditionné. Dans ce cas il s'ouvre lorsque le mental est distrait voire endormi, par exemple en état de demi-sommeil ou lorsqu'on grimpe sur une montagne ou dans un autobus... Et enfin en TDC, l'INTUITION est une information exotique rétrocausale par excellence car elle parvient directement à la conscience: elle est une synchronicité vécue intérieurement, au lieu de l'être par le biais des évènements extérieurs.





lundi 21 août 2017

"LE CNRS ET LES OVNIs"



ci-dessous commenté:

Un titre plus exact pour cette page de commentaires aurait été "Le CNRS et les extraterrestres" ou "Le CNRS me pousse à parler d'ovnis", mais j'ai trouvé que "Le CNRS et les OVNIs" était plus politiquement correct, voire plus juste si l'on refuse la thèse de l'apocalypse.

Ce gentil mot d'ovni n'est presque plus employé comme il se doit pour qualifier des objets volants non identifiés, tellement il a été associé dans le passé aux petits hommes verts, via une sorte de réflexe de pavlov, voire d'implant psychique [1] installé par notre conscience collective pour limiter les sorties du parc de la pensée, d'où il résulte que nous pratiquons l'auto-censure. Tout de même, certains journaux grand public comme Paris Match et Libération ont osé l'employer à bon escient au sujet des drones qui planent au-dessus de Paris ou des centrales nucléaires. Tous les autres ont eu peur que l'utilisation du mot juste ne crée une sorte de remue ménage qui crédibilise l'ufologie devant le grand public: inadmissible dans un contexte de contrôle de la conscience collective sur l'information, s'agissant de garder les moutons dans le parc de la pensée, l'important étant de ne pas vous laisser sortir du parc sans un implant ou disons une étiquette spéciale qui dissuade les autres de vous suivre.

Je vous propose malgré tout de me suivre librement en dehors de ce parc, sachant que j'ai retiré mon implant pour le coller sur le CNRS (via le titre de cette page), qui nous explique via sa médaille d'argent Gabriel Chardin que  les extraterrestres ne parviennent pas à nous rendre visite parce qu'ils sont victimes d'une extinction avant même de parvenir à quitter leurs planètes

  [2]. Donc en résumé, le CNRS ou disons l'ange Gabriel [3] ne nous laisse le choix qu'entre l'apocalypse et l'invasion extraterrestre sauf si exceptionnellement, dans notre cas d'humains plus forts que toutes les autres races de la galaxie, on parvenait à donner un coup d'accélérateur prioritaire au financement de la recherche.

Pas mal comme argument pour récupérer des fonds, non ? Nous vivons une époque formidable.

Voulez vous savoir comment j'ai fait pour me retirer l'implant qui me collait à la peau pour le refiler ? Laissez moi d'abord vous expliquer comment je l'ai reçu.

Depuis quelques années je suis régulièrement sollicité par des ufologues (u.f.o. = unidentified flying objects), à commencer par l'un des plus réputés, Jacques Vallée, qui par la publicité qu'il a fait à mes travaux sur la synchronicité depuis 2011 (en les associant à une "physique de l'information" qui n'existe pas encore ou n'en est qu'à ses balbutiements), a conduit une bonne partie de la communauté ufologique à s'y intéresser. J'ai alors été poussé à donner des explications sur cet intérêt, Jacques Vallée étant resté volontairement énigmatique sur le lien qu'il faisait entre les ovnis et la synchronicité. Il se contentait en fait d'agir comme un grand inspirateur qui donne la direction: réfléchissez à la physique de l'information. Et alors ? Et la suite ?

La suite, le coquin, il n'avait pas du tout l'intention de la développer lui-même. Il avait soigneusement excité ma curiosité lors de nos rencontres et il se doutait bien qu'en valorisant son énigme à mes yeux j'allais lui emboiter le pas pour finir par répondre moi-même aux questions qu'il avait soulevées publiquement.

Maman !

Je n'ai pas à me plaindre, car avant de citer mes travaux dans ses déclarations publiques, il m'avait toujours demandé mon autorisation, que je lui ai donné. Il faut dire que je ne me serais pas reconnu si j'avais refusé. Un tel refus ne pouvait être fondé que sur de mauvaises raisons: la peur du ridicule, trop souvent agitée par les niais bétas pour les niais lambda: "dormez braves gens, ce que nous ne comprenons pas n'existe pas et ne doit donc pas nous éveiller". Or ce type de peur n'était pas du tout mon genre, sinon je n'aurais pas publié un livre sur la synchronicité, un sujet encore plus énigmatique que les ovnis, car après tout l'idée que nous puissions être visités par des E.T. n'a absolument rien d'illogique. C'est même dorénavant officiel, sauf à verser dans la thèse de l'apocalypse.

Alors, quel est ce fameux lien entre les ovnis et la synchronicité ?

La réponse est simple: la flexibilité de l'espace-temps. Cela veut dire qu'au lieu de considérer notre univers-bloc comme un espace-temps 4D déjà déployé - du big-bang jusqu'à la fin des temps - de façon parfaitement figée - ne laissant donc pas la moindre place à notre libre arbitre, notre futur étant intégralement décrit dans le moindre de ses détails - je considère cet univers-bloc comme éminemment flexible, c'est à dire capable d'évoluer hors du temps et simultanément dans le passé comme dans le futur (via la conscience collective). Pardon d'oser bouger le passé mais rassurez vous, on va dire que dans ce sens c'est aussi loin que la matière noire.

Cette flexibilité entrainant irrémédiablement avec elle la rétrocausalité, c'est ce qui engendre la possibilité des synchronicités (voir mon livre La Route du Temps) et par la même occasion la possibilité de voyages rapides dans l'espace ou le temps via des trous de vers artificiels (ou plutôt des bulles d'espace-temps [4]), sans que d'insupportables paradoxes temporels (grand-père...) ne viennent jouer les troubles fêtes: on ne peut voyager que sur des lignes temporelles (lignes d'univers) compatibles avec le futur du point de l'espace-temps où l'on débarque.

Notez bien que la rétrocausalité est devenue récemment elle aussi une hypothèse "mainstream" recevable [5] et qu'il convient donc de prendre au sérieux ses conséquences. Or parmi ces conséquences, il y a une très bonne explication à mon sens de la raison pour laquelle les E.T. ne viennent pas nous rendre visite, et je dirais même plus: ne donnent pas l'impression à notre conscience collective qu'ils viennent nous rendre visite.
Voici deux extraits de mon prochain livre "La Physique de la Conscience" prochainement disponible chez Trédaniel où je propose cette explication, développée de façon encore plus approfondie dans l'ouvrage collectif "Ovnis et conscience":

"S’il est possible de voyager dans le passé, nous devrions avoir la visite de touristes exotiques, mais là non plus, rien n’est simple car un problème très délicat à gérer en ce qui les concerne est qu’ils ne peuvent pas s’introduire chez nous sans choisir une ligne temporelle déjà existante dans notre futur sur terre. Encore faudrait-il pour cela que notre conscience collective sache faire le travail adéquat de négation de leur existence ou, à défaut, de préparation à leur rencontre avec tout ce qui s’ensuit, ce qui implique une acceptation collective de l’impact d’une telle présence. Compte tenu des conséquences gigantesques que la concrétisation de telles visites pourrait avoir si une collaboration aux conséquences mondiales s’ensuivait, il ne peut s’agir que d’une ligne temporelle qui change profondément l’évolution de notre société. Or, un tel changement ne me semble pas encore programmé dans notre conscience collective, et par conséquent la seule possibilité pour que des visites exogènes puissent avoir lieu est qu’elles s’accompagnent d’un déni collectif de leur existence. Nous examinerons plus loin d’autres aspects de l’incontournable résistance du futur qui empêche nos visiteurs de s’imposer à nous."

....

"Prenons simplement l’exemple des ovnis, dont j’ai fait remarquer que c’est grâce à notre déni collectif de leur existence qu’ils pourraient se permettre de nous rendre visite, par simple curiosité ou plus probablement pour nous éveiller doucement, petit à petit. Imaginez que nous n’ayons pas collectivement le « gène du déni » et que nos autorités gouvernementales se soient empressées, à chaque visite avérée mais toujours inexpliquée d’engin qui défie les lois de la physique, voire de rencontre du troisième type, de faire passer l’information officiellement dans les médias. Il est fort probable que de telles annonces auraient été à l’origine d’un désordre épouvantable sur la planète, dont je ne vais pas développer ici les raisons… Un désordre qui aurait été particulièrement difficile à encaisser puis à enrayer par une espèce aussi discordante et primitive que la nôtre, ce qui aurait peut-être même signé son extinction à terme. Mais fort heureusement, nous possédons le fameux « gène du déni » garant de la stabilité de notre espèce. Attention toutefois aux effets secondaires de ce gène qui pourraient nous transformer en robots humains…"

Moralité, je recommande donc de ne pas croire à l'existence des ovnis, ni bien entendu à celle des extraterrestres: vous risqueriez de perturber notre troupeau pour des prunes alors que avez bien d'autres chats à fouetter en dehors du parc de la pensée que de vous aventurer à franchir un ravin trop escarpé pour que l'on vous suive. Attendez que la construction du pont entre la science et la spiritualité soit achevée et qu'il soit largement emprunté. Comprenez qu'il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs et qu'il convient d'abord de travailler à la transformation de notre vision du monde. Comme je le dis en conclusion de mon interview dans le Nexus 97 :

"C'est un dossier [le dossier ovni] qui traîne derrière lui une somme de révélations tellement considérable, à cause de sa connexion avec l'au-delà, que c'est impossible à gérer pour notre espèce. Disons que notre futur n'a pas encore géré la situation. Donc il ne faut pas considérer le déni comme quelque chose de négatif. Même si la révélation de la présence E.T. semble avoir le potentiel d'unifier l'humanité, il faut que nous comprenions d'abord collectivement que notre nature est spirituelle et non pas matérielle. Nous n'y sommes pas prêts car nous vivons dans une société trop matérialiste. Il faut que la science avance suffisamment sur la compréhension de la conscience et de la réalité pour pouvoir jalonner " le terrain d'atterrissage" à sa juste mesure."

Voila donc ce que je voulais dire en déclarant que j'ai retiré mon implant pour le coller sur mon employeur le CNRS: ce dernier reconnait par la voix de l'ange Gabriel l'existence des extraterrestres et même de centaines d'espèces capables de nous rendre visite, mais il nous explique que ça n'a pas lieu parce que nous sommes tous, pardonnez moi l'expression, des enfoirés de déclencheurs d'apocalypses.

Pour conclure, vous avez le choix entre différentes méthodes de déni: soit vous considérez comme moi que nous sommes encore des bébés qui devont gentiment apprendre à sortir de leur parc en élevant notre niveau de conscience, soit vous considérez comme le CNRS que nous sommes des bébés trop irrécupérables pour réussir à sortir de leur berceau sans griller la planète.

Quoiqu'il en soit, vous aurez compris que tous les moyens sont bons pour maintenir le déni, y compris celui de persuader tout le monde que nous courrons vers l'apocalypse (à moins qu'il ne faille adopter l'interprétation [2] ci-dessous).

Sauf si bien entendu, on finance la recherche. Décidément, pour sortir de la crise tous les moyens sont bons, là aussi.

***

[1] Un implant psychique est une croyance de la conscience collective permettant l'autocensure ou l'autodiscipline, évitant ainsi le recours à des chiens ou des bergers.

[2] On peut interpréter différemment le message de cet article du journal du CNRS en considérant ce dernier comme incapable de propager un signal apocalyptique qui pourrait effrayer les gens surtout par les temps qui courrent. Dans ce cas il faut considérer que ce message ne relève pas de A = > B (nous ne sommes pas visités = >; nous courrons vers une extinction) mais de son équivalent non B = > non A, , ce qui alignerait parfaitement la position du journal du CNRS avec la mienne, mais d'une manière que je dois reconnaître comme plus subtile.

[3] L'ange Gabriel est effectivement (comme par hasard) l'ange de l'apocalypse.

[4] La réalisation d'un trou de ver artificiel n'est pas réaliste dans le cadre actuel de la physique. Je propose toutefois dans le livre cité ci-dessus une solution sous la forme de "bulle d'espace-temps" qui serait beaucoup plus facile à réaliser et à exploiter qu'on ne le pense, si ma théorie sur la flexibilité de l'espace-temps en lien avec la conscience est correcte.

[5] Voir les abstracts du colloque "Free wil and retrocausality in the quantum world".



 Le territoire de la pensée

Extrait de "La physique de la conscience" relatif à la figure ci-dessus:

<< La question qui s’impose à nous est : comment faire pour quitter le parc de la pensée qui nous maintient, selon la métaphore que j’ai proposée dans La Route du Temps, entre les quatre murs que sont le déterminisme au sud, le matérialisme au nord, le darwinisme à l’est et la causalité stricte à l’ouest ?


Si nous tentons de nous échapper par l'ouest à la recherche de quelque magie, nous nous heurtons à l'empire du mental qui n'hésite pas à redoubler les rangées de barbelés pour nous exclure ou nous ramener dans le droit chemin du parc.

Si au contraire nous nous échappons par l'est à la recherche de signes du destin, une descente vertigineuse et chaotique risque de nous faire tomber dans le gouffre de l’illusion, ou encore dans la décharge du hasard.

Si nous optons pour les solutions de facilité que forment vers le sud la faille du chaos et la faille quantique, nous parvenons à nous extraire du parc, mais c’est pour nous retrouver dans la vallée de l’ésotérisme, dont on ne peut sortir qu’en suivant le cours du fleuve car, bloquée en amont par une gorge, cette vallée nous emmène invariablement vers l’océan du new-age où nous sommes alors secourus par de nombreux petits bateaux et des chalutiers plus gros. Ils récupèrent moyennant finances les personnes qui arrivent là un peu hébétées et les emmènent dans des îles, loin du parc de la pensée mais aussi loin des cimes de l’Esprit.

Si enfin nous choisissons de franchir le mur du matérialisme édifié au nord du parc, il nous faut alors traverser le marécage de la conscience qui est tellement visqueux qu’il devient ensuite impossible de remonter les pentes montagneuses de l’autre côté, tellement nous avons été embourbés et même souillés par les scories de la religion dogmatique.

N’y aurait-il donc pas d’issue ? Si, il y en a une. Une seule issue qui est de descendre vers l’est tout en faisant très attention à ne pas suivre la ligne de pente, même si elle parait plus douce, pour se diriger plutôt et constamment vers le nord pendant la descente. On arrive ainsi à proximité d’une cascade qui parait infranchissable. Il faut alors surmonter ses peurs, puis accepter de se mouiller et avoir la foi pour faire cette marche insensée qui consiste à avancer sous la cascade en perdant la vision d’un sol hypothétique, dont il est impossible de s’assurer qu’il ne va pas se dérober et nous faire chuter gravement dans la gorge qui mène au gouffre de l’illusion.

Une fois passé courageusement ce qui s’avère finalement n’être qu’un gué pour les initiés, il faut alors remonter la pente vers l’est, vers lequel un chemin escarpé se dessine peu à peu et nous emmène au bout d’une longue marche jusqu’au col de l’Ange. Ce n’est qu’arrivé à ce col de l’Ange que nous pouvons alors contempler, de l’autre côté, la réalité de l’espace-temps et cette merveilleuse vue sur le pic de l’Esprit, pour peu qu’il ne soit pas dans les nuages ainsi que le col lui-même.

Cette métaphore du col de l’Ange symbolise, on l’aura compris, la connexion avec le Soi et le pic de l’Esprit, cet au-delà inaccessible de notre vivant. Si j’ai dessiné ainsi l’horizon d’une transformation de notre vision du monde où cette ouverture d’esprit aurait lieu, sachant que c’est à mon sens la seule issue au monde décadent actuel, c’est pour bien traduire l’optimisme confiant d’un physicien convaincu de cette voie de libération qu’il a emprunté et débroussaillée pour vous, cher lecteur. >>