mardi 12 novembre 2013

"INTERVIEW DU DR JEAN-JACQUES CHARBONNIER"




Dr Jean-Jacques Charbonier

Médecin anesthésiste-réanimateur à Toulouse, il collabore depuis 2006 à La Revue de l’Au-delà où il présente chaque mois sa Chronique.

Conférencier, il est l’infatigable animateur de nombreuses réunions au sein d’associations et participe à des colloques et rencontres en France et en Europe.

ll est l’auteur de plusieurs ouvrages :
Coma dépassé - éd. CL
Derrière la lumière - éd. CLC
Éternelle Jeunesse - éd. CLC
L’après-vie existe - éd. CLC
La mort décodée - éd. Exergue
La médecine face à l'Au-delà - Guy Trédaniel Éditeur

Site internet de Jean-Jacques Charbonier : www.charbonier.fr

Le nouveau livre du Dr Jean-Jacques Charbonier:


"Les 7 bonnes raisons de croire à l'Au-delà"
aux éditions Guy Trédaniel.

La Revue : Beaucoup de gens commencent à vous connaître, mais ne savent pas que vous êtes un miraculé. Voulez-vous nous parler de cet accident qui est survenu quand vous étiez enfant ?

Dr Jean-Jacques Charbonier : J’avais 9 ans, quand un jour de printemps en jouant au ballon dans la cour de l’école, je suis tombé lourdement sur le côté droit. Cette chute brutale me provoqua une intense douleur au niveau de l’épaule. Elle était due à une fracture polyfragmentaire de la tête humérale. Je fus plâtré du cou jusqu’au pubis et restais ainsi tout l’été.

Quand, après plusieurs mois, on m’enleva enfin le plâtre, il fallut commencer la rééducation qui se révéla fort pénible et sans effet puisque je n’arrivais même pas à soulever mon coude. Mes parents se gardaient bien de me dire la vérité, mais ils savaient que je risquais en fait de rester invalide à vie, sauf à recevoir une prothèse à l’âge adulte.

Un jour de décembre, je surpris d’ailleurs leur conversation. Ma mère très angoissée, et que mon père s’efforçait de rassurer, s’interrogeait sur le difficile avenir que j’aurais compte tenu de cet handicap…

 
Pourquoi avez-vous demandé à aller à Lourdes ?

À vrai dire je n’en savais rien, sauf que je voulais y aller. C’était un sentiment très fort au plus profond de mon être. Mes parents et moi sommes partis en voiture avec ma grand-mère qui très pratiquante récita des chapelets durant tout le voyage.


Que s’est-il passé à Lourdes ? Dans quel état d’esprit étiez-vous ?

Nous avons avancé avec la procession et j’ai déjà ressenti une émotion très intense. C’est assez difficile à expliquer : on est porté par un élan de foi. Il y a une véritable communion…                                               

Lorsque nous sommes arrivés à la grotte, et que j’ai eu ce contact avec la roche froide usée par les lèvres des gens qui viennent déposer leur amour, mon émotion a été de nouveau très grande et j’ai prié de toutes mes forces. Je n’ai pas sollicité de guérir de mon épaule à laquelle je ne pensais pas, mais j’ai demandé des grâces pour tous ces malades qui m’entouraient. C’était comme un élan d’amour tourné vers les autres.


Et au retour ?

Je ne pensais pas être guéri, souffrant toujours de mon épaule. Et pourtant j’étais heureux d’avoir fait ce voyage à Lourdes qui m’avait apporté la sérénité.

Nous étions presque arrivés chez moi lorsque j’ai ressenti une chaleur irradier dans mon épaule avec en même temps l’impression d’une pression, comme une main qui l’aurait enserrée. J’ai compris dès cet instant que j’allais guérir. De fait, le lendemain matin, en me réveillant, j’ai constaté que mon épaule était redevenue normale, comme si je n’avais rien eu avant.

Ma mère a été très émue quand je lui ai appris la bonne nouvelle. Un rendez-vous a été pris aussitôt avec le chirurgien qui, après une radio, a exprimé sa stupéfaction et en même temps son incompréhension du phénomène puisqu’il déclara que l’on aurait pu croire que l’épaule n’avait jamais été cassée !


Votre vie en a-t-elle changée par la suite ?

Cette guérison m’a marqué pour toute ma vie et j’ai gardé depuis une grande dévotion pour Marie. Je m’adresse à elle spontanément dans mes prières, d’une façon très directe. Et elle me donne les grâces que je sollicite pour ceux que j’estime avoir besoin d’une aide.

Je l’ai priée avant le décès de mon père survenu l’été dernier. Il était cardiaque et arrivé au dernier stade de l’évolution de sa maladie, ses artères se bouchant, malgré tous les soins qui lui avaient été prodigués. Comme c’était quelqu’un de très actif qui avait encore des projets, il aurait souffert beaucoup de rester immobilisé. Mais il commençait déjà à s’affaiblir et son chirurgien m’avait confié que ses jours étaient comptés à bref délai. Nous avions envisagé de le prendre à la maison pour mieux l’entourer dans ses derniers moments.

J’ai donc demandé à Marie qu’il ne souffre pas, qu’il ne vive pas une déchéance physique et que la famille soit réunie. Marie m’a exaucé en quelque sorte, même si je ne voyais pas les choses tout à fait comme ça, puisque, une semaine après, mon père est mort dans son sommeil ; notre famille a retrouvé son unité pour ses funérailles, unité qui perdure.


Vous aviez beaucoup d’affinités avec votre père !

Mon père était très attaché à tout ce que je faisais, sans doute parce qu’il avait vécu des choses étonnantes. Il avait eu ainsi la vision de sa tante, deux jours après sa mort, dans le couloir de sa maison. Il avait vu également sa maman, qui était décédée depuis de nombreuses années, quelques mois plus tard, et toujours dans le couloir.

Il nous avait confié, un jour, qu’il était sûr que la vie ne s’arrêtait pas avec la mort. Et il avait ajouté que lorsque son heure serait venue, il nous donnerait un signe avec la pendule, une pendule franc-comtoise qui était dans le salon de sa maison. Lorsque mon père est parti durant sa sieste, le quatre juillet dernier, la pendule s’est effectivement arrêtée à 15 h 20. Ma mère s’en étant rendu compte, un peu plus tard, a voulu aller le réveiller et lui dire que la pendule s’était arrêtée… Il venait de décéder.                                         

Nous avons eu depuis un autre signe très émouvant. Il avait une Vierge en ivoire qu’il avait ramenée d’Afrique où il avait travaillé. Il savait, bien sûr que j’étais attaché à Marie et il m’a légué cette statuette que j’ai placée sur ma table de nuit. Courant août, en pleine nuit, la lumière s’est allumée trois fois, et le cadran de mon portable s’est allumé aussi éclairant la Vierge !…

Un autre soir, alors que nous étions couchés dans notre appartement, ma femme me dit à propos d’un ventilateur de plafond qui était en panne que mon père lui avait donné une adresse d’électricien pour le faire réparer, mais que malheureusement elle ne se rappelait plus où elle l’avait mise. À ce moment-là la lumière de la chambre s’allume trois fois encore et je vois dans ma tête six chiffres lumineux qui s’alignent, comme sur un écran de gare, correspondant à un numéro de téléphone. Le papier avec l’adresse ayant été finalement retrouvé, il s’est avéré que les 6 des chiffres que j’avais vus correspondaient dans l’ordre à ceux du numéro recherché !


La prière, c’est important pour vous, aujourd’hui ?

Bien sûr. Je prie la Force divine, Marie. Je prie, certes à ma façon, sans me référer à la religion. Je prie notamment quand j’ai quelque chose à demander. Quand j’ai peur, cela m’arrive, je demande à Marie de me donner la force de faire face.

Quand je suis chez moi à la campagne, je me rends dans la montagne voisine, toute proche de Montségur et là, à un endroit précis, j’ai l’impression de me recharger. Je fais le vide complet, et je reste quelques minutes à contempler le château. C’est une sorte de méditation qui me recharge complètement en énergie, quelle que soit ma fatigue.

C’est sans doute un endroit tellurique qui dégage une énergie puissante, où l’on se sent très bien, mais aussi pour certains très mal, comme j’ai pu le constater avec un ami.


Changeons de sujet. Dans le domaine des NDE, après l’effervescence médiatique de cet été, les choses évoluent-elles, et notamment sur le plan de la recherche ?

Il y a eu tout un tintamarre avec un neurochirurgien, Olaf Blanke, qui a donné un commentaire à l’Agence France-Presse. Il prétendait expliquer la sortie du corps de la NDE par l’excitation du gyrus angulaire. Dans ce cas-là, a-t-il dit, les personnes voient leur corps dessus, dessous ou sur le côté. C’est donc, d’après lui une hallucination. On situe son corps dans l’espace comme chacun peut le faire en fermant les yeux. Ce qui porte le nom en médecine de propiosection et l’image de son corps se projette par la stimulation du gyrrus angulaire.

Cela n’a rien à voir avec les phénomènes qui se déroulent lors d’une NDE. Non seulement, les expérienceurs peuvent donner leur position dans l’espace, mais ils conservent toutes leurs capacités cognitives et sensorielles. Ils peuvent ainsi donner des détails que leur état comateux devrait les empêcher d’ailleurs de connaître, comme a pu le faire Jean Morzelle avec la plaque qu’il a lue sous la table d’opération sur laquelle il était installé. Enfin, il est bien connu, que les experienceurs parlent aussi de ce qu’ils ont pu voir ou entendre dans d’autres endroits, d’autres pièces que celle où leur corps était étendu.

Finalement, en essayant de prouver que par l’excitation du gyrus angulaire on pouvait expliquer la NDE, il a prouvé le contraire. Car, justement, il ne s’agit que de la sortie du corps et non de tous les phénomènes vécus par l’experienceur infiniment plus complexes. Par ailleurs, faut-il rappeler que l’on constate des sorties du corps dans des comas profonds où l’activité cérébrale est quasi nulle…

C’est à se demander comment un membre éminent du corps chirurgical a pu se livrer à de telles conclusions, alors qu’apparemment il montre une méconnaissance assez troublante du vécu des NDE.


Peut-on dire aujourd’hui que monde médical bouge depuis Martigues ?

Il bouge et même il bouge beaucoup. Je le constate à travers mes conférences auxquelles assistent de plus Les intervenants de Martigues en plus de médecins et également d’infirmières. Les gens commencent à admettre que l’on ne comprend rien aux phénomènes. Et cela est déjà un grand pas, même si la majorité du monde médical reste fermé. En tout cas, ceux qui bougent s’interrogent énormément. Et cela m’encourage à continuer !


Votre site reçoit-il beaucoup de visites ?

Disons que je n’en suis pas mécontent. Nous devons aujourd’hui tourner à un peu plus de 5 000 visiteurs ! C’est beaucoup moins que celui de Sonia Barkallah qui connaît un grand succès.

Indéniablement Martigues a marqué les esprits. D’ailleurs, maintenant, dans mon historique sur les NDE, j’introduis la réunion de Martigues qui reste absolument exceptionnelle. La preuve en est que récemment, aux Etats-Unis, à Huston, une réunion du même type a été organisée par Iands-Usa avec un succès mitigé, puisqu’elle n’a attiré que 400 personnes !

On comprend dans ces conditions que Raymond Moody veuille sortir son prochain ouvrage en France, ainsi qu’il a été annoncé à Martigues !


En mars, vous serez à l’association de Sète. Vous êtes de plus en plus souvent invité dans les associations ? Quel ressenti en retirez-vous, notamment par rapport à l’intérêt du public ?

Je ne me leurre pas, les gens ne viennent pas pour mon personnage. En revanche le fait que je sois un médecin anesthésiste-réanimateur n’est sans doute pas anodin, car ils le situent à la croisée des chemins entre le spirituel, le philosophique et le scientifique.


Vous avez aussi plusieurs projets à l’étranger : au Canada et en Italie, je crois, dans l’immédiat !

Je suis invité par Iands-Québec qui veut organiser en octobre prochain une réunion qui serait en quelque sorte similaire à celle de Martigues et où je donnerai une conférence. L’invitation m’a été transmise par le Le conférencierchercheur en neuro-sciences Beauregard qui étudie les effets de la prière sur le cerveau, notamment chez les carmélites.

Les scientifiques et les médecins veulent toujours trouver une explication à tout et ils continuent de vouloir trouver une explication matérielle au spirituel. Je ne suis pas certain qu’en l’occurrence cela soit très porteur. Le cerveau se modifie pendant la prière, c’est certain. Mais cela est-il fondamental ? je n’en suis pas convaincu. La réponse est peut-être bien ailleurs… Mais, de toute façon, le débat ne peut que nous faire avancer !


Et en ce qui concerne l’Italie ?

C’est tout à fait récent. Il s’agit d’une invitation qui m’a été transmise par le Père Brune à un colloque international auquel participeront des scientifiques du 13 au 15  avril prochain à Rémini.


Vous étiez très proche de votre oncle Gaston qui vous a donné de nombreux signes. Est-ce toujours le cas ?

À priori, avec lui cela paraît terminé. À moins qu’il ne se manifeste encore à travers les chats auxquels il était très attaché et qui viennent spontanément à moi. Mais j’avoue ne pas savoir comme lui décrypter leur comportement et ce qu’ils peuvent nous transmettre. Quand il est mort, il était d’ailleurs entouré de chats !


En mai dernier, vous aviez deux projets d’écriture en cours. Compte tenu de vos nombreuses occupations, avez-vous pu les faire avancer ? Il s’agissait d’abord d’un projet visant à faire le rapport entre les NDE et la physique quantique?                                                                                           

Pour l’instant, j’en suis encore au stade des notes. Il me faudrait maintenant les mettre en ordre.


Et puis, vous parliez d’un nouveau roman initiatique : Médiomania !

Ce livre est déjà bien avancé. Il s’agit d’un roman de type initiatique où je parle notamment de médiums, de la prière. Mon but n’est pas de faire un livre trop ciblé, car on finit par intéresser toujours les mêmes lecteurs. Je voudrais toucher à travers ce roman un public plus large, moins averti et le sensibiliser à ce qu’il ne connaît pas, comme par exemple l’écriture automatique.

Dans L’après-vie existe, mon dernier livre, c’était le contraire. Il s’adressait à des gens plutôt en recherche, un public bien défini. Nous en avons vendu quand même une dizaine de milliers d’exemplaires.


S’il vous fallait faire un bilan de l’année écoulé en ce qui vous concerne que diriez-vous ?


J’aurais d’abord une pensée pour mon papa qui est parti l’été dernier. C’est à la fois merveilleux, puisqu’il s’est manifesté, et triste… Mais si on dit triste cela se réfère aussi à une forme d’égoïsme. L’essentiel n’est-il pas que lui soit heureux, aujourd’hui, là où il a trouvé sa place ?

Cette année 2006, aura été aussi marquée par ces conférences que j’ai commencé à faire dans les associations. J’ai l’impression depuis ma première rencontre avec Sonia Barkallah, puis avec la Revue, que tout s’est enchaîné rapidement.
 
Les gens souvent me disent que je suis courageux. Je ne le ressens pas comme ça. En fait, je n’ai pas l’impression d’avoir le choix de faire autrement, d’avoir tout mon libre-arbitre. Je me sens, pour tout dire, comme porté par ce que je fais…

Mes amis se demandent parfois comment j’arrive à faire face à toutes mes activités, celles qui sont médicales et toutes les autres (livres, conférences, contacts avec la presse, etc.). Mais, si je suis fatigué, je vais à Montségur me ressourcer, comme je l’ai dit tout à l’heure, et je me sens en forme à nouveau. De plus, je dois dire que tous ces contacts avec les personnes que je rencontre dans toute la France sont aussi très enrichissants pour moi. J’espère qu’il en sera longtemps ainsi.

 
http://www.larevuedelaudela.com/nos-collaborateurs/dr-jean-jacques-charbonier.htm

Voir la vidéo:



'LA SCIENCE FACE AUX EXPERIENCES DE MORT EMINENTES"

Une réalité pour des millions de personnes dans le monde, une simple hallucination pour d'autres. Quelqu'un dont le cœur s’est arrêté de battre et dont le cerveau ne produit plus d'activité peut-il vivre l’expérience d’une autre réalité et s’en souvenir ? Que dit la science sur les expériences de mort imminente ?
Alors qu’elles ont été déclarées cliniquement mortes lors d’une opération, des milliers de personnes relatent être sorties de leur corps et avoir vu et entendu tout ce qu’il se passait : les propos échangés entre médecins et infirmières, la musique écoutée durant l’opération, etc… Des détails visuels et des propos souvent vérifiés et confirmés une fois la personne revenue à la vie par l’équipe médicale… déstabilisée par une réalité difficilement explicable suggérant l’hypothèse d’une conscience délocalisée.

En 1969, le Dr Pim van Lommel, considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs spécialistes des expériences de mort imminente au monde, alors jeune cardiologue, arrive à « ressusciter » un patient victime d’un arrêt cardiaque. A l’époque, c’est extrêmement rare. Avant l’apparition des techniques de réanimation cardio-pulmonaire, les victimes d’arrêt cardiaque mouraient. L’équipe est donc très satisfaite de cette réussite. Le patient, lui, est au contraire « déçu »... Il raconte alors ce qu’il vient de vivre : le tunnel, la lumière, les paysages magnifiques… Ce témoignage constitue une véritable surprise pour le jeune médecin. Il n’a encore jamais entendu parler des EMI : « J’avais toujours appris dans mes études médicales que la conscience était le produit de nos fonctions physiques », précise-t-il lors d’une conférence organisée par l’INREES. Plusieurs années passent et dans les années 80, le Dr Pim van Lommel découvre le livre Retour de l’au-delà de George Ritchie, médecin, racontant son expérience de mort imminente lors d’un arrêt cardiaque et d’un arrêt du cerveau ayant duré six minutes. C’est le déclic. Nous sommes en 1986 et le Dr Van Lommel décide de s’intéresser au sujet. Il demande à ses patients ayant survécu à un arrêt cardiaque s’ils ont eu une EMI. En deux ans, douze sur une cinquantaine lui affirment que c’est bien le cas. « Selon la science de l’époque, c’était impossible. Il y a une théorie consensuelle qui postule que la conscience est un produit du cerveau. Dès lors, quand le cerveau ne fonctionne pas, il ne peut pas y avoir de conscience. » analyse le cardiologue. Or, les personnes rapportant leur EMI montrent au contraire qu’elles ont un état de conscience alors que leur cœur s’est arrêté de battre et que leur cerveau ne fonctionne plus.


Une étude scientifique et des questions

Pour le cardiologue, cela devient une curiosité scientifique. En 1988, il décide de mener une étude prospective sur 344 survivants d’arrêt cardiaque dans dix hôpitaux hollandais. Ces patients sont interrogés cinq, puis huit ans après l’incident. 18% d’entre eux rapportent avoir vécu une EMI. En 2001, les résultats de cette étude sont publiés dans la célèbre revue médicale The Lancet et font l’effet d’une bombe : « Cette étude a démontré qu’une conscience lucide, avec des souvenirs et des perceptions, est possible pendant une période d’inconscience, donc indépendamment du cerveau et de l’organisme, explique le Dr Pim van Lommel. Cette conclusion s’est imposée à partir de preuves incontestables que l’EMI se produit bien pendant la période de mort clinique, et non juste avant ou juste après un arrêt cardiaque. Il s’agit d’une expérience authentique, qui ne peut être attribuée ni à l’imagination du patient, ni à sa peur de la mort, ni à une hallucination, une psychose, des médicaments, ou tout autre cause physiologique ». Ces résultats interpellent non seulement sur la survie de la conscience après la mort du cerveau mais aussi sur sa localisation : « Les patients qui m’ont raconté avoir fait une EMI pendant un arrêt cardiaque avaient perçu clairement leur environnement et le récit qu’ils en faisaient pouvait être clairement vérifié. Si l’hypothèse selon laquelle la conscience et les souvenirs sont localisés dans le cerveau était exacte, il ne pourrait y avoir aucun signe de conscience au moment où le cerveau ne manifeste plus d’activité. Cette découverte nous contraint à reconsidérer la relation entre cerveau et conscience. Car comment pourrait-on jouir d’une conscience exceptionnellement lucide pendant une période d’interruption de toutes les fonctions mesurables du cerveau ? » s’interroge le cardiologue.


Le cerveau émetteur-récepteur de la conscience

En prouvant que les EMI se produisent dans les moments d’inconscience, précisément quand le cerveau ne peut plus fonctionner, les résultats de cette étude prospective remettent en cause l’hypothèse, jamais démontrée, selon laquelle la conscience est produite par le fonctionnement du cerveau. « Quand on parle du cerveau et de la conscience, selon mon opinion, le cerveau ne produit pas la conscience. Le cerveau est un facilitateur, il rend possible le fait de faire l’expérience de la conscience. Le cerveau, mais également le corps, sont des émetteurs-transmetteurs. Comparez cela avec un ordinateur. Vous pouvez recevoir plus de 1 milliard de sites web, mais ces derniers ne sont pas produits par votre ordinateur. Pour recevoir la conscience, nous avons besoin de notre corps. Votre cerveau est l’instrument, mais ce n’est pas lui qui produit la conscience. Il ne fait que la transmettre. La conscience n’est pas localisée dans le cerveau, elle a un aspect non-local, c’est-à-dire en dehors de l’espace et du temps. » explique le spécialiste des EMI.


La frontière de la mort sans cesse repoussée

Cette hypothèse pourrait expliquer pourquoi les personnes ayant vécu une expérience de mort imminente rapportent par exemple des souvenirs du passé retrouvés lors du panorama de vie, ou la vision d’évènements futurs. Mais pas seulement. « Ce modèle de cerveau émetteur-récepteur de conscience permettrait d’expliquer à la fois la médiumnité, c’est-à-dire la réception d’informations qui viendraient d’une autre dimension mais aussi des phénomènes télépathiques. » observe le Dr Jean-Jacques Charbonier, médecin et anesthésiste. Au sujet des EMI, il préfère employer l’expression d’expérience de mort provisoire (EMP) : « Les personnes sont véritablement mortes durant le laps de temps où le cœur s’est arrêté de battre et où leur cerveau n’était plus en activité. On a en effet pu démontrer que dans les quinze secondes qui suivent le dernier battement cardiaque, il n’y a plus aucune activité électrique décelable au niveau du cortex cérébral. On peut donc dire que toutes les personnes qui ont vécu un arrêt cardiaque et sont revenues ont bien vécu un état de mort clinique. ». En soins intensifs de réanimation, pour diagnostiquer un arrêt cardiaque, il y a une période incompressible d’au moins une minute avant que l’infirmière ne se rende auprès de la personne et lui fasse les premiers massages cardiaques. Les personnes ayant vécu une « expérience de mort provisoire » parlent d’une frontière qu’elles n’ont pas pu franchir, explique le Dr Charbonier, qui a suivi les progrès en matière de réanimation permettant d’aller rechercher les personnes de plus en plus loin dans le processus de la mort. « Peut-être qu'un jour le point de non retour actuel évoluera en fonction de nos capacités de réanimation, et qu'il sera alors possible de franchir cette frontière. Des gens nous diront peut-être "Je suis quand-même passé au-delà de la frontière, derrière la lumière" ». Ce jour là, nous serons peut-être en mesure d’en savoir plus sur l’existence éventuelle d’une vie après la vie.

Depuis peu, nous savons qu’un EEG devient plat dans les quinze secondes qui suivent un arrêt cardiaque. Etant donné que dans les meilleures conditions de surveillance, comme c’est le cas en soins intensifs, il existe une période incompressible d’au moins une minute pour porter les premiers secours, on peut considérer que toutes les victimes réanimées après un arrêt cardiaque ont bien connu une mort clinique. Et c’est sans compter les personnes isolées à la campagne dont les cœurs sont repartis au bout de plusieurs dizaines de minutes après l’intervention du SAMU le plus proche !

Nos études ont montré qu’environ 18% des sujets réanimés d’un arrêt cardiaque racontaient la fameuse expérience décrite au début (de ce chapitre). Les termes de near death experience (NDE) employé par les Anglo-Saxons depuis les années soixante dix, d’expérience imminente (EMI) ou encore d’expérience aux frontières de la mort (EFM) sont par conséquent aujourd’hui complètement dépassés. Il est désormais plus juste de parler d’expérience de mort provisoire (EMP). La mort clinique est en effet déjà là quand les patients sont réanimés puisque l’activité cérébrale est nulle dès le moment du premier massage cardiaque. Le propriétaire d’un cœur arrêté n’est pas « proche de la mort » ni « aux frontières de la mort » ou en « état de mort imminente » ; il est déjà mort et souvent depuis de nombreuses minutes !


http://www.inrees.com/articles/La-science-face-aux-experiences-de-mort-imminente/

« D’après la pensée scientifique occidentale, tout ce qui n’est pas scientifiquement prouvé n’est pas réel », observe le Dr Jean-Jacques Charbonier. Il aime rappeler la citation de Schopenhauer : « Toute grande idée est d’abord ridiculisée, puis violemment combattue, avant d’être acceptée comme étant une vérité. » Pour avoir interrogé des centaines de personnes ayant vécu cette expérience, il assure que la totalité d’entre elles savent qu’il existe quelque chose après la mort et n’ont pas besoin de preuve scientifique. « Aucune n’a jamais émis de doute là-dessus. Vivre l’expérience est bien plus fort qu’une démonstration scientifique. » 

"LES MEDECINS FACE A L'AU-DELA"

Découvrez la Conférence du médecin anesthésiste Jean-Jacques Charbonier

Comment les médecins gèrent-ils la mort ? Que représente-t-elle pour ceux-là même qui la combattent avec la plus grande vigueur ? Chaque année 525 000 personnes meurent en moyenne en France. Une soixantaine toutes les heures. Une toutes les minutes.

Comment le monde médical est-il formé pour y faire face ? L’est-il seulement ? Et puis alors, comment les médecins perçoivent-ils les phénomènes inexpliqués auxquels ils sont nombreux à être quotidiennement confrontés : expériences de mort imminente, expérience de « visions » au seuil de la mort, phénomènes de conscience accrue en fin de vie ? Eléments de réponse avec le Dr Jean-Jacques Charbonier, médecin anesthésiste réanimateur.








samedi 9 novembre 2013

"LA SORTIE HORS DU CORPS OU PROJECTION ASTRALE (OBE)"


La sortie hors du corps (SHC) ou projection astrale est le nom donné à un phénomène qui consiste par des techniques de relaxation, à extraire son corps astral hors de son corps physique, afin de mouvoir sa conscience dans d’autres dimensions de l’espace et du temps. Lors d’une expérience de « sortie » hors du corps (OBE, Out-of-body experience), le sujet a l’impression que son « soi », ou le centre de sa conscience, est situé à l’extérieur de son corps physique. Il peut alors avoir la sensation de flotter, de voyager vers des lieux lointains ou d’observer son corps.


Le web regorge de témoignage et de « méthodes », certaine basées sur le souffle et le travail « énergétique » et incluant en général la visualisation mentale. Environ 10% de la population rapporte avoir vécu cette expérience et ce chiffre s’élève à 25% pour les populations étudiantes et jusqu’à 48% chez ceux ayant un intérêt marqué pour les phénomènes dits paranormaux.
Parfois cette expérience se produit spontanément. Ce genre d’expérience peut en effet survenir de façon tout à fait fortuite, en particulier suite à un choc, une anesthésie, un accident. Cela peut aussi arriver le plus simplement du monde dans votre lit durant votre sommeil. Mais en général, si cela ne vous est jamais arrivé, sauf prédispositions particulières, on ne sort pas hors de son corps après un quart d’heure d’exercice. Il faut généralement plusieurs tentative, une motivation réelle et un engagement dans le temps, mais aussi un travail sur soi, et de la persévérance à toute épreuve.

La SHC doit s’inscrire dans une démarche de connaissance de soi continue et avancée. Il est recommandé de ne pas tenter cette expérience par curiosité ou par désir de se différencier du commun, encore moins par désir d’évasion ou besoin de se fuir. La motivation doit être spirituelle, évolutive et soutenue. La SHC n’est pas non plus une expérience mystique qui survient comme un miracle et provoque l’illumination. Mais c’est une ouverture de conscience qui permet au sujet de percevoir différemment la vie, son rapport aux autres et à l’environnement.
Différents niveaux de conscience peuvent être observés :
- Niveau de conscience aussi élevé ou plus élevé que lors d’un état de conscience normal (veille). C’est le cas lors de projections volontairement induites depuis une transe (sans qu’il n’y ait d’interruption de conscience), ou lors de certaines NDE.
- Projection en semi-conscience. Elle peut être induite pendant le sommeil (depuis un rêve lucide par exemple), et elle présente des interruptions de conscience au moment de la sortie ou de la réintégration. Les projections semi-conscientes sont les plus fréquentes. Lorsque le niveau de conscience est très bas, l’expérimentateur se souvient juste, au réveil, qu’il est sorti de son corps, mais sans plus de précisions. Avec l’entraînement, le niveau de conscience lors des projections peut être considérablement augmenté.

SENSATIONS LIEES A UNE SHC

Ces « symptômes » les plus fréquemment notés lors de l’état d’un état de conscience modifié favorable au voyage astral se retrouvent dans plusieurs ouvrages traitant sur le sujet, comme par exemple le livre de William Buhlman : Voyages au delà du corps ou encore Journey’s Out of the Body de Robert A. Monroe :

-Bourdonnement ou rugissement,
-Sensations inhabituelles de fourmillement ou d’énergie s’irradiant depuis la nuque ou apparaissant -progressivement sur le corps tout entier
-Des voix, des rires, ou bien des appels
-Sensation d’apesanteur ou légèreté
-Toute vibration interne sortant de la norme
-Sensation d’énergie semblable à un courant électrique
-Un balancement, tournoiement, sensation de vertige léger
-Bras ou jambes qui semblent s’élever
-Afflux soudain d’énergie à travers le corps
-Tout bruit sortant de l’ordinaire, vent, moteur, musique, cloches, …
-Impression de rater une marche à l’endormissement ou au réveil (signe d’un déphasage et retour brusque du corps astral dans le corps physique) Cette forte secousse est dite « hypnique ». Elle est souvent associée à une sensation de chute dans un trou (ou une impression de rater une marche).
-Impression que le rythme cardiaque s’accélère considérablement sans que ce ne soit le cas.
-Ces « symptômes » seraient le signe d’un état favorable à une SHC imminente

SHC ET ONDES CEREBRALES
Des centaines d’expériences en laboratoire auprès de sujets pouvant induire des sorties hors du corps, il ressort que les sorties hors du corps sont favorisées par un corps relaxé et un esprit apaisé : on mesure dans le cortex des ondes alpha (et non les ondes bêta de l’état de veille), qui ralentissent jusqu’au rythme alphoïdes (7-8 cycles/sec.), correspondant à la description « corps endormi, esprit éveillé ». Les sorties hors du corps n’ont pas lieu pendant les phases de rêve, mais peuvent survenir alors que le cerveau ralentit aux ondes thêta voire delta (1-3 cycles/sec), ondes du sommeil profond où l’on ne rêve plus et dont on ne garde donc aucune mémoire ; pourtant, les personnes ont des souvenirs précis de leur sortie hors du corps, pouvant même décrire des lieux très éloignés ou confirmer des événements survenus loin de leur corps physique…

 POUR LES PLUS SCEPTIQUES…

On peut sans doute expliquer toutes les séquences de la NDE par tel ou tel phénomène neurochimique. Néanmoins, un aspect des témoignages demeure énigmatique : c’est les cas où l’expérienceur dit avoir vu pendant son coma des détails de son intervention, de la salle, des appareils, détails impossibles à inventer. Pour avoir une idée de ce genre de témoignages, aller sur le site de IANDS-France En fin de page recherche, voir l’article du Dr Jourdan qui présente plusieurs récits troublants, de sources différentes.

« Le cas suivant a été rapporté aux auteurs d’une récente étude hollandaise par une infirmière de l’unité de soins intensifs, et est remarquablement similaire au précédent, à ceci près qu’il s’agit d’une histoire de dentier et non de planche : Récit de l’infirmière : « Une ambulance amène aux urgences cardiologiques un homme de 44 ans, cyanosé et comateux. Il avait été trouvé une heure auparavant dans un pré par des passants. A son admission, il est mis sous respiration artificielle sans intubation, pendant qu’on pratique massage cardiaque et défibrillation. Quand nous avons décidé de l’intuber, nous nous sommes aperçus qu’il portait un dentier. Je lui ai enlevé son appareil et l’ai rangé sur le chariot à pansements. Pendant ce temps, la réanimation intensive était poursuivie. Après une heure et demie, le rythme cardiaque et la tension étaient remontés à des valeurs suffisantes, mais il était toujours ventilé et intubé, et encore dans le coma. On le transféra dans une unité de soins intensifs pour continuer la respiration artificielle et la surveillance que nécessitait son état. Ce n’est qu’une semaine plus tard que je le revois, quand il est de retour dans le service de cardiologie. Au moment où il m’aperçoit (je distribuais les médicaments), il dit : « oh, cette infirmière sait où se trouve mon appareil dentaire ! » Je suis surprise, et il m’explique : « Oui, vous étiez là quand on m’a emmené à l’hôpital, vous m’avez enlevé le dentier de la bouche et vous l’avez mis sur ce chariot avec tous ces flacons, il y avait un tiroir sous le plateau et c’est là que vous l’avez rangé ! » J’étais totalement stupéfaite, car je me souvenais parfaitement que tout cela s’était passé pendant que ce patient était dans un coma profond, durant la réanimation cardio-respiratoire. Quand je lui demandai de m’en dire un peu plus, il me raconta s’être vu allongé sur le lit, voyant aussi de dessus les infirmières et les médecins occupés à le réanimer. Il a été capable de décrire avec précision et en détails la petite pièce dans laquelle il avait été ressuscité, aussi bien que l’apparence physique des personnes présentes, dont moi même. Au moment où il observait cette scène, il avait très peur de mourir si nous cessions nos efforts. Et effectivement, nous étions très pessimistes sur ses chances de survie, à cause de son état désastreux à l’arrivée. Le patient me raconta qu’il avait désespérément, mais sans succès, essayé de nous faire comprendre qu’il était toujours vivant et que nous devions continuer la réanimation. Cette expérience l’a profondément impressionné et il dit n’avoir plus peur de la mort. Il a quitté l’hôpital un mois plus tard, en bonne santé. » In Van Lommel Pim & al., « Near-Death Experience in survivors of cardiac arrest : a prospective study in the Netherlands », The Lancet, vol 358, Décembre. 2001″ Ce document a été trouvé sur le site de IANDS-France, remerciements au Dr Jean-Pierre Jourdan.


http://www.iands-france.org/


mardi 5 novembre 2013

"PEUT-ON GUERIR PAR LE SOUFFLE?"


Respirer, tout le monde sait le faire. Mais connaissons-nous vraiment les pouvoirs de notre souffle ? Pour les yogis, exercer sa respiration est l'un des secrets de la plénitude émotionnelle, physique et mentale. Explications.
La pièce est dans la pénombre. Pas un bruit, si ce n’est celui d’un souffle lent, profond, semblable à la respiration d’un enfant endormi. Inspiration. Silence. Expiration. Ce chuchotement feutré s’étire, jusqu’à durer parfois une minute. D’ordinaire, en ce laps de temps, un homme respire seize fois.

En yoga, cette pratique s’appelle la respiration psychique. Porte d’entrée vers un état méditatif, elle est aussi l’une des clés d’une technique ancestrale de guérison nommée Prana Vidya.


La source de l’énergie

En sanskrit, Vidya signifie connaissance, Prana la force de vie qui nourrit tout l’univers. « Cette notion n’est pas spécifique à la tradition indienne », note Christian Möllenhoff, fondateur de l’école de Yoga et Méditation Paris. C’est le Qi des Chinois, le Mana des Polynésiens, le champ d’énergie subtile exploré par les guérisseurs européens…

« Cette énergie est intimement liée à la respiration, explique l’enseignant. En chinois, le même mot peut désigner les deux. En suédois, le terme qui veut dire “souffle” fait aussi référence à l’esprit, l’essence. » Comme si respirer ne permettait pas seulement de remplir nos poumons d’air mais de canaliser le Prana, d’en irriguer notre corps subtil. « Notre façon de respirer est le miroir de ce que nous sommes et ce que nous vivons. Voyez comme elle s’accélère sous le coup d’un stress », comme un événement peut nous couper le souffle, comme nous soupirons de soulagement lorsqu’une situation se détend… « En influant consciemment sur notre respiration, nous pouvons agir sur notre état. En la forçant à se ralentir ou à s’interrompre un moment, nous confrontons les tensions et les peurs qui sont à l’origine de nos émotions, de nos pensées, de nos attitudes, et bloquent le Prana. Si le souffle devient calme, l’esprit cesse de s’agiter, l’énergie se libère, le corps psychique se purifie, la santé se renforce, la vie intérieure s’épanouit. »

Ainsi en va-t-il dans Prana Vidya. Lentement, consciemment, par la respiration psychique et la visualisation des différents points et canaux d’énergie qui parcourent le corps (« équivalents des méridiens de la médecine chinoise »), la pratique amène à ressentir et activer le « champ de Prana » pour dissoudre les blocages, réveiller et harmoniser les flux d’énergie… Jusqu’à parvenir, « une heure et demie d’immobilité plus tard », à une telle connexion et maîtrise de l’énergie psychique « qu’on peut la diriger vers une zone précise de son corps, mais aussi vers une autre personne, par la pensée », témoigne Christian Möllenhoff.


Dissoudre les tensions

La technique est puissante, mais elle ne s’enseigne traditionnellement que dans le cadre d’une retraite d’au moins quinze jours, à des pratiquants expérimentés. « Il existe d’autres exercices de respiration plus accessibles et très efficaces », indique Christian Möllenhoff. Regroupés sous le nom de Pranayama (« maîtrise du Prana » en sanskrit), ils sont d’ailleurs à la base du yoga : « A l’origine, les postures physiques, ou Asanas, n’étaient là que pour préparer le corps à la respiration et à la méditation », souligne l’enseignant.

Si le Prana et la dimension énergétique de l’être ne sont pas adoubés par la science, plusieurs chercheurs se sont penchés sur les vertus du Pranayama. Ainsi, à la fin des années 80, une équipe de l’Université de Cologne a découvert, en étudiant la pression sanguine, le rythme cardiaque, et l’activité cérébrale de professeurs de yoga, que la respiration psychique les plongeait dans un état de relaxation dit « alpha », permettant à la fois de se détendre, reprendre des forces, se libérer des pensées quotidiennes, faire émerger des idées créatives, clarifier l’esprit et se recentrer. Soumis à des perturbations extérieures, les yogis ne sont pas sortis de l’état alpha, preuve que la pratique rend aussi moins réactif, plus robuste face aux aléas.

Les scientifiques de l’Université de Cologne ont également constaté que la respiration alternée – un autre exercice essentiel de Pranayama –, régulait le système nerveux, équilibrait l’activité des deux hémisphères du cerveau, et y augmentait non seulement les ondes alpha mais les ondes béta, symptomatiques d’un état de concentration et d’activité intense.

A la clé donc : une étonnante alliance d’énergie et de sérénité, de créativité et d’efficacité. « Quand j’ai commencé à pratiquer la respiration alternée, mon humeur s’est équilibrée, confirme Christian Möllenhoff. Au lieu d’osciller entre excitation et déprime, elle s’est ancrée dans un espace de contentement et de calme. Cet exercice accroît aussi ma vitalité. Si je fais la respiration alternée et psychique lorsque je suis fatigué, ensuite, spontanément, je vais m’attaquer aux tâches que je laissais traîner ! »

D’autres recherches, encore, pointent les effets sur l’asthme, les rhumes, les bronchites, les allergies respiratoires… « La respiration alternée m’aide à me défaire de mes migraines », constate également une élève de l’école de Yoga et Méditation. Christian, lui, a découvert qu’elle le rendait plus fort physiquement : « Un jour, après une séance, je me suis mis à charrier de lourdes pierres pour un projet de construction. Ma puissance m’étonnait moi-même ! »


En pratique

Envie de vous lancer ? Commencez par la « respiration de vague », dont les effets peuvent être « impressionnants pour qui n’a jamais pratiqué ». Allongé au sol dans un endroit paisible, respirez profondément par le nez en gonflant votre ventre d’air, retenez le souffle puis faites passer cette « bulle » du ventre au thorax, puis du thorax au ventre, et ainsi de suite, jusqu’à ce que vous ne puissiez plus retenir le souffle. Expirez, laissez votre respiration se calmer, puis recommencez deux fois. Essayez aussi après expiration. « Pour moi, c’est un excellent moyen de dénouer les tensions, commente un élève de l’école de Yoga et Méditation. Physiques, d’abord, au niveau du ventre. Emotionnelles et mentales, ensuite, lorsque la sensation remonte vers la poitrine et la tête. »

« Si vous combinez cette pratique à la respiration alternée, les effets seront encore plus sensibles », poursuit Christian Möllenhoff. Assis le dos droit, aussi confortablement que possible, en tailleur, lotus ou demi-lotus, restez immobile quelques minutes. Une fois le calme établi en vous, posez l’index et le majeur de la main droite sur votre front. Fermez la narine droite avec le pouce, puis inspirez lentement par la narine gauche. Fermez-celle-ci avec l’annulaire, libérez la narine droite, et expirez doucement. Recommencez en sens inverse : inspiration par la narine droite, expiration par la gauche. Faites six autres cycles, sans vous arrêter. A mesure que l’exercice devient plus facile, augmentez jusqu’à onze cycles, puis tâchez de ralentir la respiration, de la rendre fluide et régulière.

Pour aller un cran plus loin, retenez le souffle après chaque inspiration, selon un rythme précis : comptez deux temps pour l’inspiration, huit pour l’apnée, quatre pour l’expiration. Faites cinq cycles. Quand vous êtes à l’aise, comptez trois, douze, six. Puis quatre, seize, huit… L’inconfort au départ est inévitable. Essayez de rester détendu, ne vous mettez pas la pression. Et concentrez-vous sur le compte des respirations, pour éviter que les pensées s’agitent et « consomment du Prana ». Si votre mental s’évade, revenez au souffle. « C’est le sésame d’une pratique calme et efficace », dont les bénéfices se feront rapidement sentir.

« Guidé par un bon professeur, on peut les ressentir dès la première fois », encourage Christian Möllenhoff, mais leur pérennisation passe par la régularité : « Pratiquer une fois par semaine, c’est déjà un bon début. » Tous les jours, c’est encore mieux, de bon matin à jeun ou à distance d’un repas, car « il est impossible de respirer lentement et de bien retenir le souffle si l’on n’a pas digéré ». A vous de jouer : expérimentez, observez combien la pratique change la face de votre journée. Petit à petit, elle pourrait même faire émerger d’autres perceptions, ouvrant à une nouvelle approche du réel… Mais ça, à chacun de le découvrir.
 
Yoga et Méditation Paris (cours, stages, retraites) : www.yogaetmeditationparis.fr


dimanche 3 novembre 2013

"L'INTEGRATION DE LA PLEINE CONSCIENCE (MINDFULNESS) EN PSYCHOTHERAPIE EST UNE INTEGRATION ESSENTIELLE"


Depuis quelques années, l'exercice de la pleine conscience ou mindfulness, s'est imposé comme un outil thérapeutique essentiel dans la guérison et l'amélioration de nombreux symptômes physiques et surtout psychologiques, en particulier ceux en rapport avec le stress, l'anxiété, les troubles du sommeil, la dépression, etc.
C'est le mérite de deux livres  - « Méditer, c'est se soigner » du Dr Rosenfeld et « La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour la dépression » écrit par un collectif de chercheurs en psychologie - de poser la méditation et la thérapie par la pleine conscience - études scientifiques à l'appui -, comme un incontournable.
Pour moi aussi, c'est un incontournable de la psychothérapie intégrative, non seulement comme une thérapie anti-stress ou anti-dépression, mais comme un moyen d'accès essentiel à notre dimension transpersonnelle, telle qu'entre autres, Ken Wilber a voulu la définir.

Voici le compte rendu du livre du Dr Rosenfeld, que j'ai écrit pour le magazine "Spasmagazine".(doc PDF)
Voir aussi l'article sur la pleine conscience écrit dans le magazine "Santé Intégrative" n°13, dans une série d'article sur les paradigmes de la psychothérapie intégrative.(doc PDF)
Voir aussi sur mon blog les nombreux articles consacrés à la pleine conscience et à la méditation dans une perspective et une intégration psychothérapeutique.

"Méditer, c'est se soigner” Dr Frédéric Rosenfeld Editions les arènes
La parution de ce livre est une bonne nouvelle pour plusieurs raisons. Il manquait en France un travail exhaustif sur les bienfaits de la méditation dans le domaine de la santé, c'est chose faite avec ce livre. Il nous manquait aussi un ouvrage capable de faire le point de manière complète sur les rapprochements entre les sciences (surtout neurologiques avec l'imagerie cérébrale) et les expériences de méditation. Enfin, dans le domaine de la réduction du stress et de ses symptômes (angoisse, anxiété, panique, etc...), ce livre montre de manière claire et convaincante, toutes les qualités thérapeutiques de la méditation, en s'appuyant bien sûr sur les travaux du Dr Jon Kabat-Zinn, qui depuis longtemps utilise, outre-atlantique, ces techniques dans sa clinique de réduction du stress (cf. la critique de son livre traduit en français « Où tu vas, tu es »).
Bref, ce livre est un plaidoyer pour une pratique laïque de la méditation délivrée de tous ses arrières fonds culturels-orientalistes et pour l'intoduire comme un outil essentiel de toute psychothérapie intégrative, ainsi que nous le montre le Dr Rosenfeld dans sa pratique de médecin psychiatre.
Pour cette intégration de la méditation dans le champ thérapeutique, il faut d'ailleurs rendre hommage aux TCC (Thérapies Cognitives et Comportementales), qui dans leur souci de pragmatisme ont bien reconnu l'efficience de la méditation et travaillent actuellement à en divulguer les méthodes et les techniques en Europe. Ainsi, saluons la sortie du livre « La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour la dépression » avec une préface de Christophe André et Matthieu Ricard, aux éditions belges De Boeck, ouvrage destiné aux professionnels qui voudraient approfondir la méthode mise point par Jon Kabat-Zinn.

La thérapie de la pleine conscience représente une remarquable intégration, celle d'une approche orientale basée sur la méditation bouddhiste (principalement vipassana et zazen) intégrée à une approche occidentale basée sur l'expérimentation scientifique rigoureuse (voir en particulier les travaux de Jon Kabat-Zinn dans sa clinique de réduction du stress). Voici ce que ce dernier dit de cette intégration, dans la préface du livre "La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour la dépression" :

"La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour la dépression" est pour moi un livre source. Ce livre unit pour la première fois ce qui, dans l'opinion habituelle, relève des pratiques et perspectives méditatives orientales (dans ce cas la méditation en pleine conscience) à des pratiques et épistémologies occidentales (dans ce cas, la thérapie cognitive), pour en faire une synthèse nouvelle et bien ficelée. Cette nouvelle approche thérapeutique a été développée pour soulager la souffrance humaine, spécialement la souffrance émotionnelle qui afflige les gens souffrant de dépression. Elle a été également développée pour étendre notre compréhension et le traitement de la dépression. Les implications de ce travail vont toutefois au delà de la dépression et offrent des ouvertures qui peuvent s'avérer utiles sur les plans théorique et thérapeutique dans toute une série de troubles affectifs.


Jon Kabat-Zinn préface de "La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour la dépression" éditions De Boeck 2006

Il faut saluer les traductions de deux gros livres majeurs de Jon Kabat-Zinn "L'éveil des sens" éditions Les Arènes 2009 et "Au coeur de la tourmente, la pleine conscience" chez de Boeck 2009

Au sujet de cette intégration de la méditation et de la pleine conscience en psychothérapie et en médecine intégrative, voir aussi les pages consacrées à Thierry Janssen et à David Servan-Schreiber:

http://www.psychotherapie-integrative.com/psy-integrative/thierry-janssen.htm


http://www.psychotherapie-integrative.com/psy-integrative/david-servan-schreiber.htm


Voir aussi le best seller de Christophe André "Méditer jour après jour" paru en 2012 et le livre destiné à la sensibilisation des enfants à la pleine conscience " Calme et attentif comme une grenouille" de Eline Snel.

voir aussi les pages consacrées à Charlotte Joko Beck et à Eckhart Tolle, pour leur présentation d'une nouvelle spiritualité simple et laïque, reliée à la vie actuelle, proche à mon avis de ce courant de la pleine conscience.