samedi 10 janvier 2015

"LES MYSTERES DU CERVEAU: LES POSSIBILITES DE LA NEUROPLASTICITE"


Alors que l'on pensait encore il y a quelques temps que le cerveau était une machine figée et précablée, les scientifiques se sont rendus compte, relativement récemment, qu'ils étaient en fait totalement dans l'erreur.
En effet, nous savons désormais que cet organe évolue tout au long de la vie et que même lorsque des dommages lui sont faits, il est capable de compenser les effets négatifs engendrés par ces derniers dans certains cas.
Cette découverte permit aux médecins et autres professionnels de la santé de ne plus considérer certains handicaps comme irrémédiables.

L'une des techniques qui découla de cette avancée fut la « substitution sensorielle ». Grâce à cette dernière, il est possible de compenser un sens manquant en acheminant le signal vers une zone traitant un autre sens.
Ainsi, il est possible d'une certaine manière de rendre la vue à un aveugle en faisant correspondre un stimulus visuel avec un traitement tactile. Ces personnes deviennent alors capables de voir littéralement leur environnement grâce à des images reconstruites dans leur mental.
En d'autres termes, certaines parties du cerveau que l'on pensait jusqu'alors exclusives peuvent se réorganiser afin de traiter l'information dans une autre zone.

Un autre exemple, que vous pourrez voir au sein de ce reportage, est celui d'une femme qui a perdu son sens de l'équilibre du jour au lendemain de façon, à priori, irréversible.
Pourtant, des chercheurs ont réussi à inventer un appareil lui envoyant des signaux tactiles au niveau de sa langue. Ceux-ci sont transmis à la zone cérébrale responsable du sens du toucher qui les transmet à son tour vers la zone contrôlant l'équilibre en utilisant des connexions jusque-là peu usitées.
Au fil des expérimentations, les chercheurs se sont rendu compte que l'effet persistant de l'appareillage après son extraction était cumulatif d'une séance à l'autre. Ils ont donc compris qu'il s'agissait en fait, dans ce cas, d'une simple rééducation et non juste une substitution sensorielle.

Mais les possibilités de la neuroplasticité ne s'arrêtent pas seulement au niveau sensoriel. En effet, il est également possible de combattre certaines déficiences cognitives en stimulant la partie du cerveau responsable de la fonction déficiente à l'aide d'exercices spécifiques. De cette manière, l'organe développe de nouvelles connexions et améliore la conductivité du signal.
Ceci est également valable pour des personnes ne présentant pas de déficits, mais qui souhaitent améliorer leurs compétences. Ceci prend d'ailleurs tout son sens pour lutter contre le vieillissement normal.

Ce constat a été largement adaptée au niveau neuropsychologique. Par exemple, on s'est rendu compte qu'après un traitement chimiothérapique, de légers troubles cognitifs pouvaient apparaître. Cet effet secondaire appelé « chemobrain » est aujourd'hui connu et on arrive à en limiter les effets grâce à des ateliers permettant de stimuler les fonctions cognitives.

Par ailleurs, certains déficits entrainés par un AVC peuvent également être compensés. C'est ainsi qu'une thérapie appelée « mouvement induit par la contrainte » a vu le jour. Celle-ci consiste à stimuler la partie du corps paralysée en immobilisant la partie valide. Cette technique portant le nom de modelage fonctionnel permet de faire prendre en charge les fonctions perdues par de nouveaux neurones situés dans la partie « valide » du cerveau, grâce à un phénomène de compensation.
Cette méthode est bien sûr applicable à d'autres pathologies cérébrales.

Pour autant, la plasticité cérébrale n'est pas forcément bonne dans tous les cas. En effet, la routine de nos actes cognitifs et moteurs, et donc l'utilisation des mêmes réseaux neuronaux, nous permet d'effectuer avec plus d'aisance ceux-ci. Par ailleurs, certains chercheurs soupçonnent même qu'une hyperplasticité cérébrale pourrait être la cause de certains spectres autistiques.
Dans un autre registre, la neuroplasticité est également responsable de la douleur que ressentent certains amputés via le phénomène connu sous le nom de « membre fantôme ».

Encore plus troublant, il semblerait que le simple fait de penser modifie notre cerveau. C'est en tout cas la conclusion à laquelle sont arrivés certains chercheurs qui ont constaté que les mêmes zones cérébrales étaient activées lorsqu'un sujet faisait une action de façon concrète ou par la pensée.
Ainsi, en suivant ce constat, le cerveau changerait à chaque pensée que nous émettrions !

Pour conclure, la plasticité cérébrale semble avoir peu de limites, comme vous pourrez le voir au travers du cas d'une jeune fille qui naquit avec un seul hémisphère cérébrale qui finalement réussit à porter en lui les fonctions qui étaient normalement destinées à celui manquant.
Pour autant, le domaine de la neuroplasticité est encore jeune, et nul doute que le futur nous réserve des découvertes encore bien plus incroyables...




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