jeudi 19 mars 2015

"LES 3 KUNDALINI ET LE NOUVEAU DEVENIR HUMAIN"


par François Favre

(publié dans la revue 3ème millénaire)

Depuis un siècle et demi environ, des chercheurs venus de tous les horizons s’intéressent au phénomène de la Kundalini et à son rôle dans l’évolution humaine. Son étude, tant sur le plan ésotérique que scientifique, a suscité nombre d’opinions contradictoires et le plus souvent divergentes : Mme Blavatsky, qui a introduit le concept en Occident vers 1875, la nomme « puissance électrique » et la décrit comme la véritable source des états de conscience supérieurs ; Jung voit dans cette force primordiale et universelle, associée traditionnellement à la sexualité, le fondement d’une « énergétique de l’âme » conduisant à la réalisation du Soi, au moyen de l’individuation ; S. Grof, influencé par les enseignements de Swami Muktananda, considère son activation comme un puissant catalyseur d’éveil spirituel et de développement psychique ; K. Ring comme Gopi Krishna ou A. Bailey, attribuent à cette énergie à la fois vitale et destructrice le pouvoir d’accélérer l’évolution non seulement de la conscience personnelle d’un individu, mais celle de toute la race humaine ; Gurdjieff, à l’inverse des théosophes, nie son caractère « libérateur » (tout comme J. Krishnamurti, Vimala Thakar ou Ramana Maharshi) et affirme de manière provocatrice que « Kundalini est une force qui a été introduite dans les hommes pour les maintenir dans leur état actuel », situation qu’il compare à celle induite par le sommeil hypnotique ou l’ensorcellement.

Pour expliquer ces oppositions concernant le rôle de la Kundalini dans le développement humain, nous proposerons l’hypothèse suivante : il existe dans le corps trois centres dans lesquels cette Force divine, dont le déploiement a produit tous les grands sages et tous les génies de l’Histoire, peut agir afin d’éveiller l’homme à sa véritable vocation de « Fils divin » : le bassin, le cœur, et la tête ; à chaque source correspond une méthode d’éveil particulière ou « énergétique » ;  l’existence d’au moins trois énergétiques différentes explique le phénomène de la « guerre des Maîtres » (Ramana Maharshi, Sri Aurobindo et Osho Rajneesh, par exemple, ne transmettent pas la même réalisation et appartiennent à des « familles énergétiques » distinctes). Nous allons maintenant étudier successivement ces trois méthodes d’Eveil singulières, qui visent chacune à la formation d’un « homme nouveau » et auxquelles nous donnerons le nom d’ « initiation tantrique » (kundalini du bassin), d’ « initiation supramentale » (kundalini de la tête), et d’ « initiation christique » (kundalini du cœur). Nous nous attacherons plus particulièrement à la description de cette dernière, qui demeure largement inconnue des chercheurs occidentaux, et nous tenterons de mettre en évidence le fait que l’Occident possède son propre ésotérisme, un ésotérisme christique, ainsi qu’une méthode d’initiation spécifique (le transfigurisme), parfaitement adaptée à la structure physiologique et mentale de l’homme occidental, et totalement indépendante des chemins et des systèmes anciens enseignés dans les religions orientales.

Le yoga de la Force ascendante

Originellement, le mot Kundalini appartient au lexique technique de l’ésotérisme indien et désigne l’énergie ophidienne lovée à la base de la colonne vertébrale. Les auteurs indiens lui donnent le nom de Shakti et voient en elle la véritable source de l’énergie universelle, du feu cosmique. Cette fantastique énergie, que la plupart des cultures connaissent depuis toujours et honorent sous la forme du serpent (en Inde, la Kundalini-Shakti est représentée sous la forme d’un serpent femelle ; on la dénomme aussi « Puissance du serpent »), possède deux aspects : l’un manifeste l’existence ordinaire, l’autre nous conduit à la Vérité suprême ; dirigée vers l’extérieur, elle nous permet d’explorer le monde qui nous entoure ; éveillée dans le centre de la base où elle demeure, la « Mère divine » nous révèle le monde intérieur, le monde spirituel.

La meilleure description que nous possédions de ce processus d’éveil spécifique nous est fournie par la philosophie du yoga, et plus particulièrement du hatha yoga. Hatha en sanscrit est composé de deux mots, ha et tha, signifiant le soleil et la lune. Ces deux astres sont ici utilisés symboliquement pour représenter les deux courants nerveux circulant du côté droit et du côté gauche de la colonne vertébrale, à l’intérieur des deux nadis ou canaux subtils de pingala et ida. Le premier, masculin, créateur, est rouge et brille comme le soleil ; le second, féminin, réceptif, est jaune et diffuse une lumière semblable à celle de la lune. Leur fonction est d’assurer la circulation du prana (« souffle inspiré » ; fluide cosmique ou supracosmique) dans le corps. Quant à la nadi centrale autour de laquelle s’entrelacent les deux autres à la façon des deux serpents du caducée, elle porte le nom de sushumna et est désignée par les ésotéristes indiens comme la « rivière du Paradis » ; de couleur blanche, elle a l’éclat du diamant. Pingala et ida se croisent six fois sur la sushumna et chacun de ces points de rencontre est appelé « chakra » (il existe encore un septième chakra, distinct des six autres et relié à la pinéale). Ces « roues de feu » sont localisées respectivement à la hauteur  du sacrum, du nombril, du plexus solaire, du cœur, de la gorge, du front, et au sommet du crâne. Elles tournent plus ou moins vite mais toutes dans le même sens (de gauche à droite chez l’homme spirituel, de droite à gauche chez l’homme naturel) ; la philosophie orientale symbolise ces deux mouvements de rotation par la double swastika, dont l’une, dextrogyre, représente la « roue de la vie »  et l’autre, sénestrogyre,  la « roue de la mort » (= croix gammée).

La véritable fonction d’Ida et de Pingala est de conduire jusqu’à la base de l’épine dorsale les différentes énergies libérées par la maîtrise du souffle, afin d’ « exciter » la force de Kundalini qui gît là, à moitié inconsciente (les textes la représentent comme endormie au fond d’une caverne où brûle un feu à demi éteint ; l’essentiel des pratiques yoguiques consiste à souffler sur ce feu afin de le raviver). Sortant de sa léthargie, la Kundalini « se dresse en sifflant » et commence son ascension à travers la sushumna (à la manière d’un « serpent qu’agace le bâton du charmeur », dit une Upanishad) ; au cours de sa montée, elle perce les différents chakras qu’elle rencontre sur son chemin et s’unit finalement au sommet de la tête à l’Esprit universel, qui vient à sa rencontre.

 Il convient de noter que ce type de « processus kundalinien » apparaît clairement non seulement dans la littérature indienne, d’inspiration yogique et tantrique, mais aussi dans le bouddhisme tibétain, le taoïsme, l’occultisme occidental ou  le néo-occultisme du Nouvel Age, et qu’il est généralement basé sur l’utilisation de la magie sexuelle à des fins d’ « expansion de conscience » ou de « développement personnel ».  Comme nous allons le voir maintenant, cette interprétation classique du processus de la libération a été contestée à notre époque par différents enseignants spirituels, dont Sri Aurobindo (1872-1950) et Jan van Rijckenborgh (1896-1968). Le premier, d’origine indienne, basa son yoga intégral sur l’éveil de la kundalini de la tête ; le second, d’origine hollandaise, enracinait sa pratique spirituelle sur l’éveil du Cœur, de la kundalini du cœur (en ce sens, il est proche de quelqu’un comme Ramana Maharshi), se situant dans la lignée des grands gnostiques occidentaux comme Paul de Tarse, Mani, Jacob Boehme ou les cathares.

Le yoga de la Force descendante

Aurobindo partait du principe que l’humanité était entrée depuis le début du XXì siècle dans une nouvelle phase de mutation, qui rendait caduque les anciennes méthodes d’initiation basée sur l’éveil de la kundalini dans le sacrum. Selon lui, l’ouverture des chakras, qui détermine la spiritualisation de l’homme, doit maintenant s’opérer à notre époque non plus de bas en haut  (yoga de la Force ascendante) mais de haut en bas (yoga de la Force descendante). Une fois « réveillée », la force de Shiva, située au-dessus de la tête, pénètre dans le système humain par la porte de la pinéale, descend dans le canal central de la moelle épinière (sushumna) et perce, lentement et doucement, les différents chakras pour s’unir finalement avec la Mère divine, la Kundalini-Shakti, qui s’élève du bas de la colonne vertébrale à sa rencontre. L’un des avantages de cette méthode est que les centres énergétiques situés dans le bassin, vitaux et subconscients, ne s’ouvrent qu’en dernier (à l’inverse du processus tantrique), parfois même longtemps après qu’ils aient été « percés », évitant ainsi au candidat d’être confronté trop rapidement avec les forces chaotiques et sauvages de la Nature (c’est la raison pour laquelle les yogas traditionnels exigent absolument la présence d’un Maître protecteur, pour éviter à l’adepte de sombrer dans la folie ou l’autodestruction). Le but du processus révolutionnaire envisagé par Sri Aurobindo n’est donc pas seulement de « monter »  pour parvenir à la libération de la conscience hors de la matière, mais au contraire de « descendre »  pour transformer la Vie et la Matière jusque dans ses constituants les plus intimes (spiritualisation de la Nature)1.

Transfiguration

Van Rijckenborgh, de son côté, récuse les deux approches précédentes comme partielles et incomplètes et propose dans son enseignement une troisième voie, une troisième  énergétique, qui unit et fusionne les deux visions précédentes. Elle mobilise trois kundalinis et non deux comme dans les autres formes de yogas, lesquelles excluent, de fait et structurellement, le pôle du cœur situé actuellement en dehors du système du « feu du serpent ». Selon le gnostique hollandais, « redresser le cœur », c’est-à-dire éveiller la kundalini dans le « sanctuaire » du cœur et replacer le centre du sentiment dans l’axe de celui de la tête et du bassin, représente la première tâche pour celui qui désire suivre le chemin  de « l’initiation christique ».

En quoi consiste cette méthode de délivrance particulière que Van Rijckenborgh nomme « Transfiguration » et définit comme : « intervertir les personnalités terrestre et céleste », ce qui implique d’abord l’éveil de cette personnalité céleste par un changement fondamental du penser, puis du désir (corps astral) et enfin une maîtrise des éthers (corps éthérique comme matrice d’un nouveau corps physique) ?2

Pour la décrire dans son essence, prenons d’abord une image classique, celle de la métamorphose de la chenille en papillon, utilisée par de nombreuses fraternités gnostiques (en particulier, les cathares) pour exprimer le mystère de la « Grande Transformation «. Une chenille se protège de l’extérieur en s’enfermant dans un cocon ou en s’enterrant. Elle se fige en une sorte de petite momie, la chrysalide (chrysos : l’or) qui curieusement prend très vite l’apparence extérieure du futur papillon. Pendant plusieurs mois rien ne se passe, tout au moins en apparence ; puis un jour, un miracle étonnant se produit : une nouvelle créature ailée émerge du cocon en déchirant l’enveloppe rigide de la chrysalide, déploie ses ailes et s’envole. La chrysalide, l’enveloppe extérieure, avait l’air complètement inerte, comme morte. Pourtant, à l’intérieur, des changements remarquables avaient lieu. Ceux-ci peuvent être décrit de la manière suivante : la chenille et le papillon n’évoluant pas dans les mêmes espaces et ne se nourrissant pas de la même manière (une chenille mâche des feuilles, un papillon boit du nectar liquide), une transformation structurelle est nécessaire, de nouveaux organes doivent être constitués. Ceux de la chenille se dissolvent, se transforment en fluides et il ne reste plus que 7 ganglions, qui rappellent analogiquement les 7 chakras du corps astral chez l’homme ; et c’est à partir de cette matière apparemment informe mais vibrante de vie, d’informations et de conscience, de cette « tourbe alchimique «, que se forment les ailes, les yeux, les muscles et le cerveau du futur papillon. Jusqu’à la réalisation finale qui voit le papillon s’extraire de sa gangue grossière, tous les changements qui s’opèrent dans la chrysalide doivent demeurer secrets et invisibles au regard de l’observateur extérieur, afin que protégé dans la coquille qu’elle s’est fabriquée, la « nouvelle créature » puisse accomplir dans les meilleures conditions cette métamorphose, qui absorbe tout son temps et son énergie vitale.

Le mystère du microcosme

Cette métaphore empruntée au règne animal s’applique parfaitement et totalement à l’homme engagé dans le processus de « transfiguration »,  que les Evangiles canoniques et apocryphes nous  relatent. Le terme « endoura », dont parle la gnose cathare, désigne le processus d’abolition ou d’annihilation de l’égo, par lequel s’opère le remplacement de l’homme naturel par l’homme spirituel. Le mot « transfiguration » se rapporte à l’épisode évangélique précédant la montée au Golgotha (littéralement, le mont du crâne), où le Christ apparaît à ses plus proches disciples dans son « vêtement de lumière » et leur dévoile sa véritable nature. D’où la parole :

« Celui qui acceptera de perdre sa vie pour Moi [par ce processus d’abolition de l’égo], la conservera [par la transfiguration]. »

Il s’agit là de processus complexes et subtils qui doivent s’accomplir dans le « microcosme « humain. La notion de « microcosme » (petit monde) est commune à toutes les grandes traditions spirituelles, qui voient dans le composé humain une synthèse de l’univers, un « reflet fidèle de point en point des cieux et de la terre », selon la formule manichéenne.  Selon les enseignements de Van Rijckenborgh, le microcosme peut être décrit comme une sphère de conscience, multidimensionnelle, dans laquelle est gravée l’image de l’univers entier. C’est l’Homme Primordial, l’Homme parfait, l’Homme solaire, par lequel la Divinité inconnaissable se rend sensible. Au centre de cette sphère, qui est comparable à la chrysalide ou au cocon  de notre exemple précédent, brûle une étincelle du Feu divin. C’est le principe central, propulseur, du microcosme, la « monade », qui contient cachée en son sein le plan de développement de l’homme total. Tout ce qui est de l’Esprit Universel se transmet à l’étincelle divine et par là au microcosme tout entier (c’est ainsi que s’accomplit le véritable devenir de la Création et de la créature).

Le mystère de l’Esprit

La monade ou « roue flamboyante de la Vie » a deux pôles. Le premier se trouve au centre du microcosme, à peu près à la hauteur du cœur. C’est le pôle féminin, négatif, récepteur et générateur : l’Âme, la Mère, symbolisée dans les textes alchimiques par la Lune. L’autre pôle, en liaison avec la glande pinéale, se situe au-dessus de la tête, on pourrait dire à la périphérie de la roue de feu : c’est le pôle masculin, positif, créateur et dominateur : l’Esprit, le Père, représenté par le Soleil dans les différentes mythologies. L’aspect-Père et l’aspect-Mère, l’aspect masculin et l’aspect féminin, l’Esprit et l’Âme nous sont donc très proches dans le microcosme, « plus près que les pieds et les mains », déclare Jacob Boehme, « plus proche que la veine jugulaire », dit le Coran des musulmans. C’est à ce mystère de la monade, de l’Esprit en nous, que fait allusion un ancien texte gnostique, attribué à Simon le Magicien : « En chaque être humain réside une puissance infinie qui est à l’origine de l’univers. Cette énergie extraordinaire existe sous deux formes : l’une active, l’autre potentielle. Elle demeure en chacun sous une forme latente ». Ou encore : « Il y a en en chacun [un pouvoir divin] qui existe à l’état latent… Pouvoir unique qui se divise au-dessus et au-dessous… qui est mère de soi-même, père de soi-même… qui est source du cercle entier de l’existence. »

Selon les indications transmises par Van Rijckenborgh, le processus de rétablissement de la liaison, aujourd’hui brisée, entre les deux pôles de la monade dans les sanctuaires du cœur et de la tête (c’est là le sens vrai de la notion de « chute ») s’accomplit en trois phases, en « trois temps « selon la parole christique : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai ». Et l’auteur de l’Evangile de Jean juge nécessaire de préciser « il parlait du temple de son corps « (Jean 2, 19-21). La première phase de ce Grand-Œuvre alchimique concerne la renaissance spirituelle, l’entrée de l’Esprit dans le microcosme, la seconde se rapporte à la renaissance de l’âme, à la nouvelle radiation de conscience qui prend forme dans le système du feu du serpent (le double système nerveux formé par les deux cordons du sympathique et l’axe cérébro-spinal), et la troisième a trait à la renaissance de l’être tout entier (transfiguration).

La naissance de la Lumière

Une ancienne légende chinoise veut que Lao-Tseu, après avoir quitté la Chine pour l’Occident, se soit métamorphosé en une grenade qu’avala, alors, la mère de Mani, Maryam (Marie). Celle-ci se retrouva enceinte et engendra le « Bouddha de Lumière «, Mani. Le récit relate que l’enfant « sortit en fendant la poitrine de sa mère «, fait qui est confirmé par un autre texte manichéen (Compendium) où il est dit que le jeune prophète est né du « sein « de sa mère, et non de son ventre. Ce principe de la « naissance immaculée » se retrouve dans la plupart des grandes traditions religieuses : les disciples du Bouddha font naître leur maître du flanc de sa mère, alors que Jésus, le futur Christ, ou Krishna, sont engendrés de manière miraculeuse d’une Vierge et viennent au jour dans une grotte.

Ces différents récits mythiques attirent ici notre attention sur le fait suivant : pour les gnostiques, d’inspiration « christique », la naissance spirituelle s’accomplit toujours dans la « grotte » du cœur, à partir d’une force pure, non naturelle, « vierge » (= Marie ou Maya), car c’est là que siège l’étincelle divine, la flamme de la monade dans le  microcosme (c’est la grande différence avec les autres énergétiques qui trouvent leur origine soit dans le sacrum, soit dans la tête). Une question se pose ici : comment le premier pôle de la monade, le rayonnement du microcosme, c’est-à-dire la force de rayonnement du noyau divin de l’Ame (Marie), va-t-il pouvoir trouver accès au cœur humain ? Ce processus de réconciliation entre Dieu (la monade) et l’homme peut être à nouveau réalisé grâce à l’existence dans notre corps de ce merveilleux « organe » réflecteur, situé au sommet du ventricule droit du cœur, que Van Rijckenborgh nomme à la suite des rose-croix classiques, « rose du cœur » ou « atome christique », et que la tradition ésotérique désigne comme le « miroir des Mystères ». Sa tâche est de permettre aux activités de l’éternité de percer dans le temps, dans la créature temporelle que nous sommes, nous, hommes terrestres et mortels. Le rayonnement du noyau du microcosme, le rayonnement du premier pôle de la monade, doit pouvoir se relier à l’atome réflecteur de notre cœur ; alors, il peut être dit que la « rose » du microcosme s’unit à la « rose du cœur ». Ainsi naît dans et autour du cœur, un seul foyer puissant d’attouchement divin.

Lorsque la force de la Rose, de l’Esprit, peut pénétrer dans le cœur, elle influence par son activité rayonnante le thymus, glande à sécrétion interne située derrière le sternum, qui joue un rôle important dans les processus physiologiques de croissance, de défense et de régénérescence : celle-ci réagit à ce premier choc de lumière, à cette vibration nouvelle, et libère dans le sang une hormone, porteuse de nouvelles « valeurs éthériques », qui est transmise au sanctuaire de la tête par la circulation céphalique. Ainsi, une première relation s’établit entre le cœur et la tête, et des pensées nouvelles, différentes, se forment dans le champ de respiration (aura) du candidat. L’une des manifestations les plus remarquables de cette nouvelle activité de pensée, alimentée par la source du cœur, est la création et la vivification de « l’image de l’Homme immortel » (le Jumeau, le Double, l’Ange), esquisse du futur « Homme de lumière » qui se développe en dehors de la conscience ordinaire et irradie silencieusement.

Mais, dès que cette image commence à prendre forme dans le champ aural, un conflit violent naît et se développe dans la personnalité humaine : le moi supérieur, Lucifer-Satan en nous, s’efforce, comme Hérode dans l’Evangile, de tuer “ l’enfant divin ”, de détruire dans l’œuf la forme embryonnaire appelée à la vie par le pouvoir magique de l’imagination créatrice (c’est l’épisode du Massacre des innocents). Ce moi supérieur ou « être aural »  selon van Rijckenborgh peut être décrit comme un champ magnétique septuple et conscient, entourant l’étincelle d’Esprit et la  personnalité. La voûte étoilée s’y projette et il possède 12 centres de force en correspondance avec les 12 constellations zodiacales. Ces douze forces du ciel microcosmique, où est inscrit le résultat des incarnations antérieures du microcosme, sont encore reliés à la personnalité par l’intermédiaire des 12 paires de nerfs crâniens dans le sanctuaire de la tête, et déterminent la qualité de l’âme, le type, le caractère, et le comportement de chacun. Seul le cœur par la présence de la Rose échappe à cette emprise totalitaire de la conscience karmique, ainsi que les deux cordons du sympathique, à droite et gauche de la colonne vertébrale, qui fonctionnent de manière automatique et sont insensibles à la volonté-moi (à la différence du système cérébro-spinal). Par cette rapide description, nous comprenons que toute perturbation induite par la force gnostique dans la personnalité est instantanément captée et transmise à l’être aural, et inversement. Ce premier enflammement du sanctuaire de la tête marque donc le début d’une lutte très particulière qui bouleverse en profondeur le système magnétique aural et annonce sa prochaine disparition, car un « nouveau ciel », un nouveau firmament de douze forces, et une « nouvelle terre », une nouvelle personnalité, doivent apparaître dans le microcosme régénéré (c’est à ce fait spirituel incontestable que Jean fait allusion lorsqu’il dit à la fin de l’Apocalypse : « Et je vis un nouveau ciel et une nouvelle terre »).

Involution

Si le candidat résiste aux pressions exercées par l’être aural sur sa conscience, et si  cette orientation du cœur et de la tête sur le « Tout Autre » peut être maintenue suffisamment longtemps, la force-lumière, libérée par la monade et reflétée par l’atome primordial, se concentre dans l’espace libre derrière l’os frontal, entre les deux arcades sourcilières. La voie du sommet lui étant fermée, en raison de la domination exercée par l’être aural sur le cerveau, et l’axe de la moelle épinière lui étant interdit parce qu’il est l’instrument de la volonté personnelle et de la conscience-moi ordinaire, la force-lumière gnostique n’a d’autre choix que de descendre le long du cordon droit du sympathique (pingala) jusqu’au plexus sacré. Ce processus d’involution s’accomplit en cinq étapes et correspond pour le candidat à « cinq épreuves », à « cinq grands combats », se rapportant à la neutralisation du mouvement désordonné des chakras et à la maîtrise des forces qui s’y rattachent.

Le premier chakra touché est, nous l’avons vu, celui du front : sa réorientation et sa nouvelle polarisation engendre une première rénovation des trois pouvoirs de la conscience : désir, pensée et vouloir.

Le feu de la kundalini du cœur influence ensuite le chakra de la gorge, qui est relié au larynx et à la thyroïde, et modifie l’assimilation des forces naturelles captées par la respiration. L’une des conséquences résultant de ce processus est le renouvellement du langage, l’apparition du vrai pouvoir de la parole, que les Anciens symbolisaient par l’épée à double tranchant. A travers le larynx, situé entre la tête et le cœur, l’état réel de nos pensées et de nos sentiments se révélera, et un nouveau son se fera entendre.

Le troisième chakra, dont l’activité est modifiée par la descente du feu gnostique, est celui du cœur. Le conflit incessant entre la tête et le cœur, entre le sentiment et la raison, est la principale cause des désordres que constatons en nous et hors de nous. Parvenir à la pureté du cœur, à la maîtrise des passions, ouvrir l’organe du sentiment à la véritable foi, à la pitié et à la compassion, est la clé du nouveau devenir humain et l’unique voie possible « pour sortir de la barbarie des idées » (E. Morin). Toutefois, ce « redressement du cœur » n’a rien à voir avec une simple modification des sentiments, ni avec un refoulement des désirs ou une émotion mystique suscitée par une expérience transpersonnelle. La Lumière divine ne pénètre que dans un sanctuaire du cœur apte à la recevoir. C’est pourquoi le chevalier spirituel qui a pu extraire l’épée de la pierre et a démontré par des actes concrets la pureté de ses intentions, reçoit ici pour mission de réaliser ce que la Langue Sacrée appelle la « fonte du Graal ». Selon Van Rijckenborgh, les trois circuits des plexus nerveux du larynx, des poumons, et du cœur, reliés aux différents chakras, forment anatomiquement une esquisse de la coupe sacrée3 : le pied du calice repose dans l’orifice cardiaque, la tige se dresse dans les poumons, et la partie haute correspond au larynx4. La construction envisagée ici n’est donc pas purement symbolique, mais correspond à une tâche bien réelle, qui consiste à rétablir organiquement l’unité entre les sanctuaires de la tête et du cœur, afin que l’Esprit universel puisse se manifester dans l’âme humaine.

Si le feu gnostique peut franchir la porte du cœur, après avoir façonné le vase sacré dans le plus pur cristal éthérique et que celui-ci démontre qu’il est capable de supporter le contact du feu céleste, une nouvelle purification a lieu, qui concerne les fonctions du métabolisme, et en particulier le système foie-rate, l’estomac, le pancréas, les reins, les glandes surrénales. Pénétrant toujours plus profondément dans les « Ténèbres » du système humain, la vibration gnostique atteint les centres nerveux vitaux régissant les organes d’assimilation et d’épuration, et leur restitue la capacité de capter, stocker, transformer, et rayonner la lumière spirituelle. C’est à ce processus  de « manducation », consistant littéralement à « manger la lumière », qu’a trait l’épisode évangélique de la Cène (voir aussi le mythe élaboré par Mani). Lorsqu’il est dit : « Prenez et mangez, ceci est mon corps » et « Buvez à cette coupe », notre attention est dirigée sur le fait que la force spirituelle (le breuvage divin), attirée et concentrée par la tête et le cœur, peut désormais influencer durablement les centres de conscience inférieurs, « là où demeure Satan/Lucifer » (Apocalypse 2 : 13), et se répandre dans tout le système nerveux (les 12 paires de nerfs crâniens, les 12 disciples). Ce phénomène de  rétention de la force-lumière gnostique a pour principal effet de modifier la sécrétion interne des organes sexuels et de provoquer une réorientation totale de la force créatrice. C’est ainsi que l’homme naît véritablement de Dieu, qu’il est régénéré « non par une semence corruptible [comme c’est le cas dans l’initiation tantrique, l’occultisme ou le mysticisme5] mais par une semence incorruptible » (1 Pierre 1 : 22-23), celle de la rose du cœur (c’est l’Eros de Platon).

Quand les chakras du plexus solaire et du nombril sont conquis, le courant christique pénètre jusqu’au sacrum, où siège le « serpent lové », la fameuse Kundalini-Shakti des ésotéristes indiens. C’est là, à la base de la colonne vertébrale, au « pôle sud « du système cérébro-spinal, qu’a lieu le combat contre le Dragon, gardien des Enfers, contre « le serpent ancien qui est le diable et Satan » (Apocalypse 20 : 2) ; c’est ici, au fondement même du système humain, que se livre la « Grande Guerre » contre les forces du passé, du karma accumulé au cours des incarnations successives du microcosme, et les « esprits de l’air », les puissances invisibles qui règnent dans le domaine des morts (sphère réflectrice). Nous comprenons par cette description que l’initiation christique diffère fondamentalement des autres méthodes,  occultes, mystiques et magiques, qui prennent pour point de départ l’éveil de la kundalini du bassin non purifiée, et s’efforcent de la faire monter vers le sommet de la tête, afin d’élargir le champ de la conscience et de dissoudre le Moi. Contrairement à ce que croient beaucoup de chercheurs, victimes d’eux-mêmes et des enseignants en qui ils placent inconsidérément leur confiance, ce type de pratiques n’aboutit en définitive qu’à un renforcement de la liaison avec l’être aural et à un adombrement de la conscience.

Evolution et révolution

Lorsque le mélange et la fusion des deux Feux peut être réalisée, au terme d’un processus de purification long et difficile (pensons ici aux différentes phases du Grand Œuvre alchimique), que l’âme nouvelle est totalement libérée du passé et de ses influences, nous voyons le courant de force-lumière remonter par le cordon gauche du sympathique (ida) et revenir à son point de départ, derrière l’os frontal, entre les deux arcades sourcilières. Un nouveau feu du serpent, formé par les deux cordons du sympathique, se dresse au centre du microcosme ; une âme nouvelle, la merveilleuse fleur d’or, rayonne du milieu du front vers l’extérieur ; le sens de rotation inversé des chakras (mouvement dextrogyre) témoigne de sa « conversion » aux valeurs de la Vie nouvelle.

Enfin, c’est la percée vers la pinéale, le chakra-couronne : la troisième source de Kundalini s’ouvre, et la lumière spirituelle embrase le système cérébro-spinal, expulsant ainsi de sa demeure l’ancien moi, le feu-serpent naturel. A cet instant, pingala, ida et sushumna s’unissent et se fondent en une tri-unité parfaite ; un nouveau corps de lumière, glorieux, se forme, constitué d’éthers purs en provenance de la Surnature.  Le triple temple de l’Origine est maintenant reconstitué grâce à la force de Kundalini et un nouveau « fils des Serpents » fait son apparition dans le monde. Conscient du prodige de l’unification qui s’est accompli en lui, il peut, comme le Christ-Jésus, témoigner de ce fait : « Le Père et moi sommes un ; Je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier. »

1. Ce processus est décrit explicitement par Satprem dans son livre : Sri Aurobindo ou l’aventure de la conscience, (Buchet/Chastel, 1970), p. 67-68 ; 46-47.

2. Concernant une description détaillée de ce processus, voir les ouvrages suivants de J. van Rijckenborgh : Un homme nouveau vient ; La Gnose des temps présents ; La Gnose universelle ; Réveil. Ces différents ouvrages sont distribués en France par les Editions du Septénaire, et sont disponibles à l’adresse suivante : rue Tourtel Frères, 54116 Tantonville ; tel : 03 83 52 46 17 ; fax : 03 83 52 53 22 ; e-mail : editions.Septenaire@wanadoo.fr

3. Les plexus, répartis dans le corps en sept groupes de sept, sont des enchevêtrements de filets nerveux formant des sortes de nœuds ou ganglions, en relation avec les chakras et les glandes à sécrétion interne. Du fait qu’ils ne peuvent être observés par les sens ordinaires ou au microscope, aucun manuel d’anatomie classique ne les mentionne.

4. Cf. La Gnose universelle, p. 138.

5. Voir ici le témoignage de Gopi Krishna, dans Kundalini – Autobiographie d’un éveil, J’ai Lu, coll. Aventure secrète.


mercredi 11 mars 2015

"LES DIX VALEURS PRIMORDIALES DES INDIENS KOGIS"


Voici les 10 valeurs primordiales des indiens kogis aux « petits frères » du monde moderne…

1) Une mémoire collective:

Ils se racontent leur histoire et ne l’écrivent pas. Ils discutent longuement et prennent des décisions pour le futur en fonction de leurs expériences passées.
Citation Kogis :
« Nous devons apprendre à écouter les anciens, à les respecter comme nous respectons nos enfants, nos épouses. Pour cela, il faut être humble, apprendre à aimer. Les Kogis doivent se respecter et s’aimer: comme ils respectent et aiment la nature. » M.M Dingula.

2) Une forte convivialité:
Les Kogis parlent beaucoup, pour mieux se comprendre, éviter les conflits… Ainsi, leurs relations sociales sont fortes et harmonieuses.
Citation :  » Nous sommes frères, nous sommes égaux entre frères, les jeunes et les anciens. Lorsque nous mangeons, nous ne mangeons pas chacun dans son coin comme les petits frères, c’est trop triste d’être seul. Quand il n’y a pas beaucoup à manger, on partage ce qu’il y a. Il faut toujours essayer d’aider l’autre, l’accompagner pour qu’il soit bien. » Conchacala.

3) Une finalité d’équilibre:
Pour les Kogis, l’équilibre est partout : équilibre de soi, de soi avec les autres et de soi avec le monde et la nature.
Citation :  » Les petits frères ne savent pas ce qui signifie l’idée de justice, d’équilibre. Ils font des trous, ils causent des dégâts partout, ils coupent des arbres, sans savoir, sans comprendre, ils sont aveugles, ils ne voient pas et n’entendent pas, alors les problèmes arrivent. » M.M Dingula

4) Un temps cyclique:
Pour les Kogis, le temps est cyclique. Chaque année, les étapes fondamentales de la vie sont marquées pas un rituel, une cérémonie.
Citation : « Au début, nous sommes petits enfants, peu à peu, nous devenons grands, puis nous finissons par revenir vers la Mère (la Terre) pour mourir… » M.M Dingula

5) L’appartenance à un lieu:
Les Kogis, et tous les peuples racines appartiennent à un lieu et portent cet endroit dans leur coeur.
Citation :  » Pour nous, ce n’est pas simplement un territoire, c’est le coeur du monde, de la vie, c’est comme un corps vivant.. » MM.Dingula

6) Des lois fondés sur le vivant:
Les Kogis vivent en relation permanente avec la nature et le vivant. Leurs lois sociales et politiques sont basées sur l’observation de la nature.
Citation :
« Nous devons écouter les voix de la nature. Si on écoute pas, chacun va de son côtés et sans direction, cela ne peut pas aller. Pour nous, la nature est comme vos livres, tout y est écrit. Essayez de comprendre que la mère terre, c’est la justice, l’équilibre. » MM.Baro

7) Une association des contraires:

Pour les Kogis, il n’y a pas de bien et de mal dans la vie. Mais il y a des principes opposés : le jour et la nuit, le féminin et le masculin, le haut et le bas..

8) Un pouvoir canalisé:
Chez les Kogis, il n’y a pas de « chef » ( c’est pareil dans tous les peuples racines ). Les décisions sont prises tous ensemble, après avoir longuement parlé dans la « Nuhé ».
Citation : « Dans la Nuhé, on peut pas se disputer, on vient pour discuter de choses importantes… » MM.Dingula

9) Une parole partagée en permanence:

C’est la première chose qui frappe quand on arrive chez les Kogis : chacun demande qu’on lui répète notre histoire. La culture orale inspire bien tant leurs activités quotidiennes que leurs rituels sacrés.

10) Une prédominance de l’invisible:

Chez les Kogis, c’est « Aluna », la pensée ou l’énergie qui a crée le « vivant ». Certains enfants sont sélectionnés pour être « Mamu »; leur éducation vise à rentrer en relation avec l’esprit de chaque chose. Lorsque leur enseignement prend fin, le Mamu qui a accompagné son élève prononce alors la phrase rituelle :

« Tu as à voir à travers les montagnes, à travers le coeur des hommes, tu as appris à regarder au-delà des apparences, maintenant tu es un mamu. » MM.Dingula



http://r-eveillez-vous.fr/les-10-valeurs-primordiales-des-indiens-kogis/

 

dimanche 22 février 2015

"LA RESPIRATION HOLOTROPIQUE"

 

Résumé : Le Dr Grof, psychiatre et érudit, chercheur mondialement reconnu pour ses travaux innovateurs sur la conscience humaine et les états non-ordinaires de conscience, a créé cette méthode d'auto-exploration à partir du chamanisme traditionnel et de ses propres découvertes.
La technique combine d'une manière particulière une respiration profonde avec des musiques spécifiques et un travail corporel si nécessaire. En élevant puissamment les niveaux d'énergie physique et psychique, elle peut nous mener d'une manière immédiate et avec une grande justesse au cœur de nous-mêmes, et nous permettre de vivre des expériences particulièrement transformatrices et libératrices au niveau physique, émotionnel, affectif, et spirituel.

Cette technique simple, ne nécessitant aucune compétence particulière, ne permettant aucune intrusion d'autrui dans une expérience qui est strictement personnelle, développe la conscience de soi, la conscience du monde et de ses réalités, à leur plus haut niveau. Elle repose sur une confiance absolue dans le potentiel de guérison contenu dans notre propre psychisme, sorte de " guérisseur intérieur " à la sagesse infinie qui mène chaque individu vers son être profond.


La Respiration Holotropique de Stan Grof,
Ecole de la Confiance et du Lâcher-prise…


Au début des années 80 , Stanislav Grof, psychiatre, chercheur et érudit, mondialement reconnu pour ses travaux innovateurs sur la conscience humaine et les états non-ordinaires de conscience, mit au point avec son épouse Christina une approche de la psychothérapie et de l'auto-exploration qu'ils nommèrent " Holotropic Breathwork™". En France, on parle de " Respiration Holotropique "(RH).
La RH, qui intègre certains éléments du chamanisme, ainsi que divers aspects des traditions spirituelles et de la psychologie des profondeurs, donne accès très naturellement à des états modifiés de conscience particuliers, que Grof nomme " holotropiques " du fait qu'ils nous permettent d'accéder à une connaissance beaucoup plus complète de la réalité, donc de nous-mêmes et du monde, et qu'ils favorisent grandement l'accès à la paix intérieure et à la complétude. (Cf. articles ). Le mot " holotropique " est issu de racines grecques :
holos signifie totalité, ensemble, et trepeïn, qui se dirige vers.

Cette méthode d'exploration de soi associe d'une manière particulière une respiration profonde avec des musiques spécifiques et un travail corporel. Simple et efficace, elle a depuis vingt ans fait ses preuves dans le monde entier. De fait, en élevant puissamment les niveaux d'énergie physique et psychique, la respiration peut nous mener d'une manière immédiate et avec une grande justesse au cœur de nous-mêmes, et nous permettre de vivre des expériences particulièrement transformatrices et libératrices au niveau physique, émotionnel, affectif, et spirituel.


Nouvelles Perspectives pour la Psychothérapie et l'Auto-exploration

La RH ne nous révèle pas seulement les sources périnatales et transpersonnelles de nos troubles émotionnels et psychosomatiques, sources qui restent généralement inaccessibles aux thérapies verbales de type psychanalytique. Elle nous donne également l'accès à de nouveaux mécanismes de guérison très efficaces sur les niveaux les plus profonds de la psyché.
Dans un état de conscience modifié par la respiration, tout se passe comme s'il y avait activation d'une sorte de " radar intérieur", qui sélectionne et fait automatiquement émerger les contenus inconscients ayant la plus forte charge émotionnelle, et étant les plus aptes à être " traités " maintenant. Puis, en favorisant une décharge énergétique parfois considérable, la RH permet vraiment de revisiter d'une manière extraordinairement authentique des événements irrésolus et non intégrés de notre passé, et ce " revécu " peut aboutir à la compréhension, à l'intégration, et à la guérison du traumatisme initial.


Où chercher l'inspiration…

Dans sa recherche d'une méthode efficace permettant d'utiliser au mieux le potentiel de guérison du souffle, Stan Grof est arrivé à la conclusion qu'il était simplement suffisant de respirer plus vite et plus efficacement que d'habitude, en se concentrant sur le processus intérieur.
Au lieu d'insister sur une technique précise de respiration, comme c'est le cas avec la technique du rebirth, nous suivons, même dans ce domaine, la stratégie générale du travail holotropique, qui consiste avant toute chose à faire confiance à la sagesse intrinsèque du corps et à suivre les indications provenant de notre monde intérieur. Nous encourageons donc les gens à commencer la séance avec une respiration plus rapide et approfondie. Puis, une fois dans le processus, ils trouvent leur propre rythme et leur propre manière de respirer.
Maintes fois, nous avons pu observer, comme Reich et Grof, que les résistances et les défenses psychologiques sont associées à un blocage respiratoire, et observer aussi que l'augmentation volontaire de la fréquence respiratoire conduit habituellement à un relâchement de ces défenses, mène à une libération, et favorise l'émergence de matériaux inconscients (et supraconscients).
Bien évidemment, à moins que l'on ait pu observer ou expérimenter soi-même ce processus, il est difficile de croire à la puissance et à l'efficacité incroyables de ce travail uniquement sur des bases théoriques.


Le Potentiel Curatif de la Musique

Dans la Thérapie Holotropique, l'effet de modification de la conscience par la respiration est potentialisé par des musiques évocatrices. Comme la respiration, la musique fut utilisée pendant des millénaires comme outil essentiel des rituels et pratiques spirituelles. Les archives anthropologiques de différentes cultures contiennent d'innombrables exemples de méthodes inductrices de transe d'une puissance extraordinaire, combinant musique instrumentale, chants et danses.
Les musiques - soigneusement sélectionnées - peuvent avoir différentes fonctions importantes. Elles peuvent mobiliser des émotions associées à des souvenirs enfouis dans l'inconscient, les amener à la surface, et faciliter leur expression. Elles peuvent aider à ouvrir les portes de l'inconscient, intensifier et approfondir le processus thérapeutique, et également fournir un contexte significatif à l'expérience. Le flot continu de musique crée une vague porteuse qui aide le sujet à se mouvoir à travers des expériences difficiles - voire certaines impasses -, et à surmonter ses défenses psychologiques, à s'abandonner, et à lâcher-prise.


Un Travail Corporel Original

Les tensions que nous portons dans notre corps peuvent être libérées de deux manières différentes. La première correspond à une catharsis : décharges d'énergies physiques refoulées (tremblements, crispations, mouvements corporels spectaculaires, toux,vomissements), ainsi que libération d'émotions bloquées (pleurs, cris, ou autres types d'expression vocale). Dans le second mécanisme, qui semble plus intéressant et plus efficace, les tensions profondes font surface sous forme de contractions musculaires transitoires d'une durée variable. En maintenant ces contractions pendant de longs moments, l'organisme consomme d'énormes quantités d'énergie auparavant refoulées, et simplifie son propre fonctionnement en se débarrassant de celles-ci. La relaxation profonde qui suit habituellement cette intensification temporaire des anciennes tensions, témoigne de la nature curative de ce processus.

Dans de nombreux cas, les émotions difficiles et les manifestations physiques qui émergent de l'inconscient durant les séances se résolvent automatiquement, et les " respirants " finissent leur séance dans un état de relaxation profonde. Si ce n'est pas le cas, les accompagnateurs offrent aux participants une forme spécifique de travail corporel qui les aide à mieux terminer leur séance. La stratégie générale de ce travail particulier est de proposer au " respirant " de concentrer toute son attention sur la zone corporelle où subsiste un problème, et de faire tout ce qu'il peut pour intensifier les sensations physiques présentes. Le thérapeute peut alors l'aider à intensifier encore davantage ces sensations par des interventions appropriées. Tandis que toute l'attention du " respirant " se trouve concentrée sur la zone énergétiquement chargée, il est encouragé à s'exprimer le plus spontanément possible. Cette réponse ne doit pas résulter d'un choix conscient de sa part, mais être totalement déterminée par le processus inconscient. Elle prend souvent, d'ailleurs, une forme très surprenante et absolument inattendue - cri d'un animal particulier, expression en langues ou dans une langue étrangère inconnue, charabia, ou babillage d'enfant, etc…. Des réactions physiques complètement inattendues sont également très fréquentes : tremblements violents, secousses, toux, vomissements, voire mouvements typiques d'animaux. Il est alors essentiel que les accompagnateurs ne fassent qu'encourager ce processus, et s'abstiennent d'appliquer une quelconque technique provenant d'une école particulière de psychothérapie. Ce travail continue jusqu'à ce que l'accompagnateur et le " respirant " aient le sentiment partagé que la séance est terminée de manière satisfaisante.


Contact Physique Nourrissant

Dans le travail de respiration holotropique, nous utilisons aussi une autre forme d'intervention physique conçue pour fournir un soutien à niveau profond préverbal.
De nombreuses personnes ont des histoires de privation affective, d'abandon, de rejet par autrui, qui aboutissent à une grande frustration de besoins absolument essentiels. La seule manière de guérir ce type de traumatisme est d'offrir une expérience corrective sous la forme d'un contact physique maternant et rassurant dans un état de conscience holotropique. Pour que cette approche soit efficace, il est nécessaire que l'individu ait profondément régressé au stade infantile de son développement où le traumatisme est survenu. En fonction des circonstances et d'un accord préalable, ce soutien physique peut aller d'un simple contact, pouvant consister à tenir la main ou caresser le front, jusqu'à un contact corporel entier.
L'utilisation d'un contact physique maternant et rassurant est un moyen très efficace de guérir certains traumatismes affectifs précoces. Cependant, cela nécessite de suivre des règles très strictes sur le plan éthique. Avant la séance, il est nécessaire d'expliquer aux " respirants " les raisons d'être d'une telle technique, et de recueillir leur accord vis-à-vis de son utilisation.


Déroulement des Séances Holotropiques

La nature et le cours des séances holotropiques varient considérablement d'une personne à une autre, et chez une même personne lors de séances successives. Certains individus restent entièrement calmes, presque sans aucun mouvement. Ils peuvent vivre des expériences très profondes, et pourtant donner l'impression à un observateur extérieur qu'il ne se passe rien, ou qu'ils dorment. D'autres sont agités et font l'expérience de secousses violentes, de mouvements complexes de torsion, roulent et s'agitent dans tous les sens, prennent la position foetale, se comportent comme des enfants luttant dans le canal de naissance, agissent et se comportent comme des nouveaux-nés. Parfois, les gestes et les mouvements peuvent être très spécifiques - mouvements d'animaux particuliers (et cris correspondants), postures de yoga, etc….
La qualité des émotions observées lors de sessions holotropiques peut s'étendre d'un extrême à l'autre : sentiments de béatitude, de paix profonde, de sérénité, de grâce, d'unité cosmique, voire d'extase, mais aussi, épisodes de terreur, culpabilité dévorante, agressivité meurtrière, etc…. L'intensité de ces émotions extraordinaires transcende tout ce qu'il est possible d'imaginer ou d'expérimenter dans l'état ordinaire de conscience de tous les jours. Ces états émotionnels extrêmes sont habituellement associés à des expériences périnatales ou transpersonnelles.
On retrouve aussi une qualité d'émotion moins extrême et plus proche de ce que nous connaissons au quotidien - colère, anxiété, tristesse, désespoir, sentiments d'échec ou d'infériorité, de honte ou de dégoût, sentiments de bonheur, satisfaction affective, joie, épanouissement sexuel, augmentation globale de l'énergie vitale. Ces émotions sont habituellement liées à des souvenirs biographiques : expériences traumatisantes de la petite enfance, de l'enfance, et de périodes ultérieures de la vie.
La séance peut aussi mener directement à une relaxation profonde, à un sentiment d'expansion et de bien-être, à des visions de lumière. Le respirant peut être submergé de sentiments d'amour et vivre une expérience de nature mystique avec les autres, la nature, le cosmos et Dieu. Ces états surviennent souvent à la fin des séances, après les diverses épreuves que contient l'expérience.

Le résultat habituel d'une séance de respiration holotropique consiste en une libération émotionnelle et une relaxation physique très profonds. Après une séance réussie et bien intégrée, de nombreuses personnes témoignent qu'elles se sentent plus détendues qu'elles ne l'ont jamais été au cours de leur existence.


Dessin du Mandala et Groupe de Partage

Lorsque la séance est achevée, et permet au " respirant " de revenir à un état de conscience ordinaire, son partenaire l'accompagne dans une pièce, où il trouvera des pastels, de la peinture à l'eau, et de grandes feuilles de dessin. Il lui est proposé de s'asseoir, de méditer sur l'expérience, puis de trouver un moyen d'exprimer ce qui s'est passé durant leur séance. On peut aussi travailler avec de l'argile.

Plus tard dans la journée, les " respirants " apportent leurs " mandalas " à la séance de partage, au cours de laquelle ils pourront parler de leurs expériences. Les animateurs les encourageront au maximum à s'exprimer avec ouverture et honnêteté. Le partage en groupe du contenu des séances conduit les participants à se rapprocher, et permet de développer la confiance et le sentiment de fraternité à un très haut niveau, ce qui, bien sûr, approfondit et accélère le processus thérapeutique.


Potentiel transformateur de la Respiration Holotropique

Les effets de la respiration holotropique sont souvent spectaculaires et reliés significativement à des expériences précises vécues pendant les sessions. En dix ans d'animation de stages, j'ai vu de nombreux participants sortir de dépressions qui duraient parfois depuis des années, surmonter diverses formes de phobies, se libérer de sentiments irrationnels épuisants, et améliorer radicalement leur estime d'eux-mêmes et leur confiance en eux. J'ai également été témoin de nombreuses fois d'améliorations radicales et durables, voire de guérisons complètes, de troubles psychosomatiques parfois sévères - migraines, asthmes, ou douleurs musculaires chroniques, etc….

A ceux qui se sentent perdus, qui ne savent plus très bien ce qu'ils veulent, ce qu'ils ressentent, ce dont ils ont besoin, de quoi ou de qui ils dépendent, dont la vie semble bloquée par un manque de confiance en eux-même, par le manque d'énergie et d'élan vital, par divers problèmes psychosomatiques, par toutes sortes de peurs…A ceux qui sont confrontés à des difficultés relationnelles, à des crises douloureuses - conflits, deuils, chômage, retraite, ruptures, solitude, mal-être général, non-sens…A ceux qui souhaitent mieux se connaître, développer leurs potentiels, débloquer et libérer leur énergie vitale, qui sont en quête d'un mode de vie plus satisfaisant et plus libre sur le plan physique, émotionnel, intellectuel, affectif et relationnel… le travail de Respiration Holotropique permet de faire l'expérience simple et courageuse d'un vrai face-à-face avec eux-mêmes, en prenant le temps de se rencontrer tel(le) qu'ils(elles) sont aujourd'hui, en apprenant à lâcher-prise… pour écouter leur propre sagesse intérieure.

En se laissant simplement guider par son propre corps et son inconscient, chacun peut apprendre à observer ce qui se passe en lui-même, à tous les niveaux de son être, cesser peu à peu d'avoir peur de souffrir, et aussi de souffrir d'avoir peur. En apprenant à accepter sa propre réalité, il peut entrer, à son propre rythme, dans un processus de transformation très profond et très bénéfique.


Pour une Thérapie du Corps, de l'Ame, et de l'Esprit Stanislav Grof et le Potentiel de Guérison des Etats de Conscience Holotropiques

Partout dans le monde, partout autour de nous, les systèmes de pensée, qu'ils soient d'ordre économique, social, politique, religieux, ou bien psychologique, montrent leur impuissance à sortir le monde de sa violence et de sa cupidité, malgré les efforts actifs et sincères de millions de personnes. Depuis les origines de l'humanité, nos parents et nos ancêtres ont déjà expérimenté à peu près tout ce qu'il est possible de penser, de dire, de faire, ou de subir, en termes de guerre et en termes de paix. En clair, que nous l'admettions ou non, nous sommes tous issus d'une longue lignée d'hommes et de femmes ayant chassé, cueilli, cultivé, construit, soigné, souffert, aimé, et donné le meilleur d'eux-mêmes, mais ayant aussi convoité le bien d'autrui, volé, détruit, blessé, tué, haï, imposé ce qu'ils avaient de pire, et fait souffrir les autres.

Apparemment donc, l'histoire humaine semble mêler contradictoirement évolution et perpétuel recommencement. De fait, les parents continuent de transmettre à leurs enfants le pire comme le meilleur, au gré des circonstances, en un mouvement continuel paraissant se répéter sans cesse, et semblant paradoxalement s'inscrire dans un processus évolutif.

Qu'est-il possible d'entreprendre comme thérapie pour dépasser ce paradoxe et retrouver l'unité qui, elle seule, nous apportera la paix intérieure, et donc œuvrera pour la paix du monde ? Que s'est-il passé depuis Freud ? Que signifie " travailler sur soi " en 2003 ? Quelles sont aujourd'hui les nouvelles propositions de psychothérapie?


Sigmund Freud : une Psychologie limitée au domaine Personnel


Freud, inventeur de la psychologie moderne, fut le fils d'une époque profondément matérialiste et athée, qui vit naître la psychiatrie moderne, abusivement médicalisée, car dominée par une médecine exclusivement préoccupée par le corps. Il avait compris et enseigné que l'homme se trouve embarqué dans deux sortes d'existences très différentes : le monde de la vie personnelle, qui est celui de ses désirs, et celui d'une vie qui le dépasse totalement, et qui ne tient pas compte de sa propre volonté.

Mais, sans doute insuffisamment conscient de l'influence de la naissance sur les choix existentiels de l'individu, Freud semble avoir conservé toute sa vie la vision noire et pessimiste d'un homme coincé entre un gigantesque réservoir de pulsions inconscientes qui ne demandent qu'à s'exprimer, et une instance de contrôle, qu'il nomma " surmoi ", qui sert à filtrer ou réprimer ce qui cherche à émerger de ce réservoir. Pour Freud, il n'y avait d'inconscient qu'au niveau individuel, et sa psychologie ne concernait que l'histoire post-natale de l'individu, le nouveau-né étant censé être vierge de tout traumatisme. Il parlait donc d'" Inconscient Individuel ".

 De blessures psychiques en blessures psychiques, le " moi ", ou conscience d'être au monde, se construit une sorte de faux-moi, nommé " ego ", qui représente et cumule tous les mécanismes de défense mis en place par l'individu pour se protéger de la souffrance du manque d'amour. L'ego est donc pris en tenaille entre la montée à la conscience des pulsions inconscientes et un " surmoi " qui ne peut pas les accepter. De plus, la non-résolution par Freud de sa propre problématique de naissance semble aussi avoir limité au domaine de la sexualité sa vision des besoins primitifs de l'homme.

Pourquoi toutes ces limites ? Il faut savoir qu'à ses débuts, Freud utilisa l'hypnose afin d'accéder à l'inconscient de ses patients. Ses conceptions initiales furent largement inspirées par un travail avec une patiente qui souffrait de graves symptômes d'hystérie, et qui, durant les séances d'hypnose, fit l'expérience d'états de conscience très profonds, qui lui permirent de régresser dans son enfance et de revivre diverses mémoires traumatiques sous-tendant ses troubles. Elle fut tellement soulagée par ces expériences que Freud recommanda comme traitement des névroses toute forme de travail permettant la libération émotionnelle des traumatismes anciens.

Plus tard, il changea radicalement de stratégie en délaissant l'expérience émotionnelle directe vécue en état non-ordinaire de conscience. Il insista davantage sur l'analyse intellectuelle et sur les fantasmes oedipiens, plutôt que sur le travail émotionnel et le revécu conscient des traumatismes réels. Rétrospectivement, il semble que ces choix ne furent pas très heureux, entraînant dans une mauvaise direction la psychothérapie occidentale pendant les cinquante ans qui suivirent. Si la thérapie verbale se montre utile par les enseignements qu'elle apporte sur le plan personnel et interpersonnel, et si elle permet d'améliorer les capacités de communication, elle se montre tout à fait inopérante vis-à-vis des blocages énergétiques et émotionnels, et des traumatismes qui sous-tendent de nombreux troubles émotionnels et psychosomatiques.
Suite à ces nouvelles orientations, pendant la première moitié du vingtième siècle, la psychothérapie devint pratiquement synonyme d'échange verbal face à face, de psychanalyse sur le divan..


De Jung à Grof : avènement d'une Psychologie Transpersonnelle

Contemporain et disciple de Freud, Carl Gustav Jung, ouvrant la psychologie freudienne au monde des archétypes et à la dimension mystique, contribua largement à réintégrer la psychologie dans une dimension plus large et correspondant davantage à la réalité humaine. Il développa donc la notion d'" Inconscient Collectif ", rassemblant toutes les mémoires de l'humanité.

Puis, dans les années 50, un groupe de psychologues américains mené par Abraham Maslow, insatisfait par le comportementalisme et la psychanalyse, lança un mouvement révolutionnaire, la psychologie humaniste. En très peu de temps, ce mouvement devint très populaire et donna naissance à toute une gamme de thérapies fondées sur des principes entièrement nouveaux. Tandis que les psychothérapies traditionnelles utilisaient principalement des moyens verbaux et une analyse intellectuelle, ces nouvelles thérapies, insistaient davantage sur l'expérience directe et l'expression des émotions.

Elles proposaient diverses formes de travail corporel faisant partie intégrante du processus thérapeutique, par exemple la gestalt-thérapie. Mais les innovations les plus radicales résultèrent d'approches tellement puissantes qu'elles en venaient à modifier profondément l'état de conscience des patients, comme la thérapie psychédélique, la thérapie primale, le rebirth et quelques autres.

Dans les années 80, alliant les plus récentes découvertes de la recherche moderne sur la conscience à des méthodes de guérison traditionnelles multi-millénaires comme le chamanisme, Grof mit au point avec son épouse Christina le travail de Respiration Holotropique, méthode facilitant l'accès à de profonds états de conscience par des moyens très simples - une combinaison de respiration consciente, de musiques évocatrices, et de travail corporel. Grof désigne ces états de conscience particuliers par le mot " holotropique ", qui signifie " aller vers la complétude, accéder à une vision élargie de la réalité ".

L'induction d'états holotropiques est une pratique dont on retrouve les traces dès l'aube de l'humanité avec le chamanisme, qui est certainement le mode de guérison le plus ancien, et qui date probablement d'au moins 40 000 ans. Les moyens utilisés étaient très variés : le souffle (chez les hindous, les bouddhistes,…), la danse des derviches tourneurs ou des lamas, le jeûne, la prière, les substances psychédéliques (plantes hallucinogènes) etc… Selon Grof, les états holotropiques révèlent une sorte d'" esprit primordial " de l'humanité, transcendant race, sexe, culture, et pays. On les utilisa dans toutes les cultures : chez les Egyptiens, les Grecs (par exemple dans les Mystères d'Eleusis), les soufis de l'Islam, les Esséniens (exercices respiratoires et immersion), dans différents types de yoga et de méditation hindous et bouddhistes, chez les Chrétiens (exercices d'Ignace de Loyola), et dans bien d'autres traditions encore.

Ces états holotropiques semblent mettre en marche une sorte de " radar intérieur " faisant venir automatiquement à la conscience les contenus de l'inconscient ayant la plus forte charge émotionnelle ou énergétique, ce que ne permettent pas les psychothérapies purement verbales. Les expériences associées aux états holotropiques couvrent tout le spectre des émotions et des sentiments humains, de sensations d'extase profonde à des épisodes de terreur, en passant par la colère, le désespoir, la culpabilité,…et permettent d'accéder à une compréhension psychologique profonde de ce que nous sommes. Ainsi, il est possible, par exemple, de vivre des expériences extra-sensorielles (télépathie, médiumnité), de découvrir ce qui semble pouvoir être interprété comme des mémoires de vies antérieures, de percevoir les sensations énergétiques des corps subtils, de comprendre intuitivement des symboles universels, et bien sûr, d'avoir des éclairages extraordinaires sur des problèmes psychologiques très enfouis dans l'inconscient.

Grof est donc allé encore plus loin que Jung et tous ses successeurs. Il a découvert, au-delà des archétypes jungiens et des différentes mythologies, un univers illimité d'expériences possibles dans la conscience, qui transcendaient les limites de l'ego personnel, et furent donc nommées " expériences transpersonnelles ". Ces expériences inaugurent tout un champ de découvertes potentielles pour le monde de la psychologie.

Suivant une méthodologie scientifique parfaitement rigoureuse, Grof a également confirmé grâce aux états de conscience holotropiques ce qu'avaient découvert de nombreux successeurs de Freud, à-savoir l'importance primordiale du traumatisme de naissance, donc du domaine " périnatal ", vis-à-vis du psychisme. Il a démontré que le vécu personnel du processus de naissance constitue une sorte de prototype de toutes les situations de crise que vivra l'individu ultérieurement, ce qu'en général la psychiatrie académique veut ignorer.

Nous proposerons dans plusieurs articles ultérieurs de développer les découvertes de Stanislav Grof, pour aider chacun à prendre conscience de l'enjeu colossal que représente l'exploration de soi, qui n'est, ni plus, ni moins, qu'un chemin de guérison physique et psychique, donc le chemin de la découverte et de l'expression de nos potentialités les plus profondes.

Aucune paix dans le monde n'est possible tant que chacun ne mettra pas en priorité absolue la pacification personnelle. Commençons par bien nous connaître et nous aimer, alors nous ne pourrons que mieux aimer les autres. Conflit dedans, conflit dehors. Paix intérieure, paix extérieure.


Les nouvelles dimensions de la conscience


Les états modifiés de conscience nous apprennent que les possibilités de notre cerveau sont illimitées car il peut ne connaître ni l'espace ni le temps. Sont présentes en lui toutes les circonstances de notre naissance, il suffit d'aller les chercher, et les séquelles psychologiques qu'elle a pu laisser, car notre arrivée sur cette terre n'est pas toujours bien vécue tout de suite.

 Et puisque l'homme est un reflet de l'univers. Il porte en lui le cosmos tout entier et peut ainsi potentiellement vivre une expansion de conscience au-delà de l'espace-temps qui procure un sentiment profond d'unité avec la vie, à travers des "voyages" qui varieront en fonction de sa personnalité et sa culture

 Les expériences vécues dans des états de conscience normaux, mais non-ordinaires, que l'on appelle aussi états modifiés de conscience, ou états de transe, ceux que le psychiatre Stanislas Grof appelle les états "holotropiques" (mot inventé par lui, qui signifie "qui tend vers le Tout"), ne peuvent pas s'expliquer dans le cadre normal de la psychologie classique, qui se limite à l'histoire de l'individu depuis sa naissance et à l'inconscient individuel Freudien. Pour rendre compte de ces expériences, nous avons besoin d'un modèle du psychisme humain qui soit incomparablement plus vaste, et d'une vision de la conscience qui soit radicalement différente. Dès les premières années de sa recherche, Grof a proposé une cartographie élargie de la psyché qui semble correspondre à ce besoin.

 Cette cartographie s'étend, au-delà du domaine biographique déjà décrit par Freud, à deux autres royaumes : le domaine périnatal, lié au traumatisme de la naissance, et le domaine transpersonnel, concernant les phénomènes outrepassant les limites spatio-temporelles du corps et de l'ego.


Niveau Biographique et Inconscient Individuel .


 Le domaine biographique de la psyché comprend toutes les mémoires de l'histoire que nous avons vécue depuis la naissance : petite enfance, enfance, et âge adulte. Selon Freud, l'inconscient concerne principalement celles de ces mémoires qui ont été oubliés ou activement refoulés.

 Le travail avec les états modifiés de conscience a révélé certains aspects complètement inconnus des psychanalystes. Tout d'abord, à la différence des thérapies verbales, il n'y a pas seulement remémoration des événements significatifs sur le plan émotionnel ou affectif, mais on revit (c'est une véritable re-expérience) les émotions, les sensations physiques, et même les perceptions sensorielles originelles correspondant à ces évènements. Si l'on revit aussi un traumatisme important de la petite enfance ou de l'enfance, cela signifie que l'on revivra l'image du corps, la perception naïve du monde, les sensations et les émotions, correspondant à l'âge que l'on avait à cette période. L'authenticité de cette régression dans le temps est rendue évidente par exemple par le fait que les rides du visage peuvent disparaître temporairement, donnant à celui-ci une expression infantile, et que les gestes, postures, et comportements, peuvent momentanément redevenir ceux d'un enfant.

De plus, le travail dans ces états de conscience nous permet, non seulement de nous confronter aux habituels traumatismes psychiques bien connus de la psychologie, mais aussi de revivre et d'intégrer des traumatismes qui étaient au départ purement physiques. Lorsque ceux-ci refont surface, nous prenons conscience de l'impact très puissant de ces traumatismes physiques, et du rôle déterminant qu'ils jouent dans nos problèmes émotionnels et psychosomatiques. Ainsi, nous retrouvons fréquemment de vieilles histoires de traumatismes physiques (pseudo-noyade, coqueluche, épisodes de strangulation accidentelle, etc…) chez des patients souffrant d'asthme, de migraines, de douleurs psychosomatiques, de phobies, d'angoisses, de tendance sado-masochistes, de dépression, ou de tendances suicidaires.

Revivre et intégrer des mémoires traumatiques de ce genre peut avoir des conséquences thérapeutiques d'une très grande portée. Constatons que les découvertes de Grof s'opposent fortement aux positions de la psychiatrie et de la psychologie universitaires, qui ne reconnaissent pas l'impact psychologique des traumatismes physiques.


Le Niveau Périnatal de l'Inconscient.


Lorsque notre processus d'auto-exploration nous permet de régresser au-delà du niveau des mémoires de l'enfance et de la petite enfance, et donc d'atteindre le moment de la naissance, nous pouvons faire l'expérience de sensations physiques et émotionnelles d'une intensité extrême, surpassant généralement tout ce que nous considérions jusqu'alors comme humainement possible. A ce niveau précis, l'expérience mêle étrangement les thèmes de la naissance et de la mort. Elle porte le sens d'un emprisonnement menaçant sur le plan vital, et celui d'un combat " désespéré " - mais déterminé - pour la liberté et la survie. Préçisons que l'utilisation du terme périnatal en ce qui concerne la conscience est issue des recherches de Stanislas Grof et est entièrement nouvelle.

Revivre les divers aspects de la naissance peut-être très authentique et convaincant, et reproduit ce processus avec une précision quasi-photographique. Elle peut advenir chez des personnes n'ayant aucune information sur la manière dont s'est passé leur naissance, ni la moindre connaissance sur le plan obstétrical. Les détails de la naissance revécue peuvent parfois être confirmés si l'on dispose de bons rapports d'observation au moment de la naissance, ou de témoins fiables. Par exemple, nous pouvons découvrir par l'expérience directe que nous sommes nés par le siège, que les forceps furent utilisés pendant l'accouchement, ou que nous sommes nés avec le cordon ombilical enroulé autour du cou. Nous pouvons ressentir l'anxiété, la rage de vivre, la douleur physique, et l'étouffement que nous avons expérimentés durant la naissance, et même reconnaître précisément le type d'anesthésie qui fut employé lorsque nous sommes nés.

 Divers mouvements et postures du corps, des bras et des jambes, ainsi que rotations, flexions et déflexions de la tête, peuvent recréer très précisément les mécanismes d'un type particulier d'accouchement. Il arrive même que des traces de contusion, d'oedème, ou d'autres phénomènes vasculaires, apparaissent de manière inattendue sur la peau aux endroits où les forceps furent appliqués, ou bien là où le cordon ombilical enserrait la gorge (On peut effectivement parfois observer l'apparition temporaire de zones de rougeur importante à ces endroits au cours de séances holotropiques). Ces observations suggèrent que l'enregistrement du traumatisme de naissance siège au niveau cellulaire même.

Stanislas Grof a magistralement démontré que la manière dont nous naissons constitue le prototype de toutes les situations de très grand stress que nous aurons à vivre ultérieurement : crises existentielles de la vie, périodes de transformations profondes, etc. Ces situations sont ainsi véritablement calquées sur notre expérience personnelle de la naissance. Le revécu conscient et l'intégration du traumatisme de naissance jouent donc un rôle très important dans le processus de thérapie et d'auto-exploration, en nous permettant de nous libérer des limitations que nous " impose " notre mode d'arrivée au monde.

Le domaine périnatal de la psyché représente aussi une voie d'accès importante à l'inconscient collectif, au sens ou Jung l'entendait. L'identification à l'enfant confronté à l'épreuve du passage du canal de naissance semble nous donner accès à des expériences impliquant des hommes d'autres temps et d'autres cultures, de nombreux animaux, et même des personnages mythologiques. Tout semble se passer comme si, en nous reliant au fœtus luttant pour venir au monde, nous parvenions à un contact intime, quasiment mystique, avec toutes les créatures sensibles se trouvant dans une situation semblable.

Notre naissance peut donc construire notre perception du monde, influencer profondément nos comportements de tous les jours, et contribuer au développement de divers troubles psychosomatiques.


Le Domaine Transpersonnel de la Psyché.

Le terme "transpersonnel" terme signifie littéralement " allant au-delà de ce qui est personnel ". Ces expériences impliquent donc la transcendance de nos limites habituelles - notre corps et notre ego - et la transcendance générale des limites spatiales et temporelles.

Dans les expériences transpersonnelles, il n'y a pas de limites aux possibilités de nos organes sensoriels, et nous pouvons expérimenter des événements appartenant au passé, et parfois même des événements qui ne se sont pas encore produits, mais qui se produiront réellement dans le futur.

Le spectre des expériences transpersonnelles est extrêmement extrêmement riche et inclut des phénomènes appartenant à plusieurs niveaux de conscience différents.

Il peut y avoir une expansion de la conscience au sein de l'espace-temps et de la réalité que nous connaissons. Par exemple, il est possible de transcender les limites spatiales en faisant une expérience d'un vécu simultané de l'unité et de la dualité, en s'identifiant à d'autres personnes, à des groupes, ou à une conscience de groupe, à des animaux, à des plantes et à des processus botaniques.

Il est possible d'être en harmonie avec toute la création, de s'identifier à tout l'univers physique. Il peut y avoir transcendance des frontières temporelles, et expérimentation de la vie fœtale et embryonnaire. Il est possible de vivre des expériences ancestrales, des expériences raciales et collectives, des expériences d'incarnations passées, etc. Il peut y avoir exploration de la conscience tissulaire et organique, de la conscience cellulaire, de l'ADN, ou du monde atomique.

 Il est également possible de vivre une expansion de conscience au-delà de l'espace-temps. Par exemple, expériences spirites et médiumniques, phénomènes énergétiques du corps subtil, expériences d'esprits animaux (animaux de " pouvoir "), rencontres avec des " esprits guides " et des créatures supra humaines, incursions dans des univers parallèles et rencontres avec leurs habitants, expériences de séquences mythologiques et de contes de fées, expériences de divinités spécifiques bienveillantes et malveillantes, expériences d'archétypes universels, compréhension intuitive de symboles universels, expériences démiurgiques et incursions dans la création cosmique, expérience de Conscience Cosmique.

Aussi absurdes et incroyables qu'elles puissent paraître à un occidental s'en remettant uniquement au matérialisme, ces expériences montrent que nous pouvons obtenir des informations sur l'univers de deux manières radicalement différentes. Le mode d'apprentissage conventionnel est fondé sur les perceptions sensorielles, l'analyse, et la synthèse des données par notre cerveau. L'alternative, qui devient accessible dans les états modifiés de conscience, consiste à apprendre par identification expérimentale directe avec divers aspects du monde.

Les comptes-rendus de sujets ayant expérimenté des épisodes de la vie embryonnaire, le moment de la conception, ainsi que l'existence d'une conscience cellulaire, tissulaire, et organique, regorgent d'informations très précises sur le plan médical en ce qui concerne les aspects anatomiques, physiologiques, et biochimiques, des processus mis en jeu. De même, les expériences d'incarnation passées et de mémoires ancestrales, raciales, et collectives, fournissent très souvent des détails très précis sur l'architecture, les costumes, les armes, les formes d'art, de structures sociales, et les pratiques religieuses et rituelles, des cultures et périodes historiques correspondantes, voire des détails d'événements concrets.

La recherche sur les états holotropiques met à jour un remarquable paradoxe sur la nature des êtres humains. Elle démontre clairement que, d'une manière mystérieuse et encore inexpliquée, chacun d'entre nous contient les informations concernant l'univers entier et tout ce qui existe, chacun a potentiellement un accès empirique à toutes les parties qui le composent, et, en un sens, est lui-même la totalité du réseau cosmique, tout en n'étant qu'une partie infinitésimale de celui-ci.


                                                       GUÉRIR, MAIS DE QUOI ?

 Guérir. Un seul mot pour désigner la guérison de l’acné, de l’angine, du cancer, de l’anorexie et de la boulimie, des phobies, des peurs et des angoisses diverses, des compulsions, des états d’excitation ou de dépression, et aussi pour la guérison du mal-être, du non-désir de vivre, de la solitude, et de l’abandon…

 Je propose, à partir mon expérience personnelle et professionnelle de médecin et de psychothérapeute, ainsi que des enseignements reçus à Château Saint Luc avec Bernard Dubois, et à Ressource d’Eau Vive avec Ephraïm, de partager avec vous quelques réflexions sur la guérison, et les différentes modalités de guérison et de transformation de l’être humain.


Les Différentes Voies de Guérison

Savoir qui nous sommes est utile si nous voulons savoir qui veut guérir.

Dans l’anthropologie chrétienne, nous considérons que l’être humain a une structure tridimensionnelle - corps, âme, et Esprit -, et admettons aussi une double réalité, facile à vérifier : tout être humain, sans exception, est blessé dans les profondeurs de son être ; tout être humain, sans exception, a besoin d’aimer et d’être aimé pour vivre heureux et joyeux. Que nous pensions être des êtres spirituels incarnés, ou bien des êtres de chair en quête d’une dimension spirituelle, n’y change pas grand-chose.

Depuis une vingtaine d’années, j’ai pu observer, comme de nombreux thérapeutes, les aspirations et les croyances populaires en ce qui concerne la guérison.

Au niveau du corps, les malades de la « tribu matérialiste » s’adressent en général aux professionnels compétents de la même tribu, à savoir les médecins. S’ils ne sont pas satisfaits, et que l’urgence les pousse, ils se laissent un peu aller à la superstition, et vont voir - discrètement - les guérisseurs, les magnétiseurs, etc…, partant du principe qu’« on ne sait jamais, …des fois que… ». Et ils ont tout à fait raison, puisqu’en faisant cela, non seulement ils s’offrent une chance supplémentaire de guérison de leur maladie, mais en-sus, ils font mémoire - sans le savoir - de leur nature immatérielle, ou spirituelle. A ce niveau-là, il est clair que le malade reste consommateur de soins et ne se sent que peu ou pas responsable de son état morbide et de sa guérison.

Toujours au niveau du corps, les malades de la « tribu psy » ont tendance à s’adresser préférentiellement au psychothérapeutes, aux thérapeutes pratiquant les médecines qu’on appelle aujourd’hui « non-conventionnelles », et aux stages de développement personnel. S’ils ne sont pas satisfaits, ou si c’est trop grave, ils abandonnent ce terrain d’expériences, délaissent leurs convictions et leurs croyances, et retournent finalement consulter les médecins, dont ils moquaient jadis l’incompétence dans le domaine des relations humaines et de la guérison.

Quant aux malades de la « tribu religieuse », ils croient en tout, « puisque tout est l’œuvre de Dieu, et qu’il est en toute chose ».

Au niveau psychique, la « tribu matérialiste » consulte le psychiatre pour mettre fin à ses symptômes au moyen de médicaments, selon la logique  médicale. La « tribu psy » s’adresse au psychanalyste pour comprendre ses symptômes, au psychothérapeute si elle veut connaître (re-naître avec) ses symptômes, et aux maîtres spirituels si elle veut guérir de son besoin de guérir. La « tribu religieuse » s’adresse directement à Dieu et à ses saints, qui sont les plus efficaces à long terme, selon notre observation…

Les tendances actuelles sont de tout essayer en allant cuisiner sa guérison au feu du chamanisme, des thérapies psycho-corporelles, de la régression-thérapie, de la chromothérapie, de la lithothérapie, de l’astrologie, de la numérologie, de l’art-thérapie, de la musicothérapie, de la danse-thérapie, des voyages-méditation dans le désert saharien, des séminaires et retraites spirituels, etc…Et on peut facilement observer que tout le monde est très content des démarches entreprises, et très heureux d’avoir progressé dans un domaine. On guérit de sa peur de sourire à l’autre, de sa peur d’être regardé, de sa peur d’exprimer ses émotions, de sa peur de chanter ou de dessiner, de toucher et d’être touché, etc..., ce qui, évidemment, est déjà merveilleux en soi.

Mais ce que l’on peut également observer, c’est que l’effet bénéfique des différentes thérapies ne dure en général pas très longtemps. Cela explique peut-être pourquoi il y a tant de nouveaux modes de thérapies, et tant d’engouement à tout tenter, parce que « je veux voir si cette fois, çà va me guérir définitivement de mon angoisse existentielle ». La vie se fait fort de nous présenter de nouvelles épreuves qui mettent en péril nos certitudes les plus récentes, et nous voyons de plus en plus souvent les gens se précipiter sur de nouvelles techniques ou de nouvelles approches en croyant dur comme fer que cette fois, ils ont trouvé ce qui va résoudre leur problème. Et le cycle continue de se dérouler inexorablement. Il s’agit d’un pseudo-cycle, d’une vraie spirale de croissance, car on ne repasse jamais deux fois au même endroit.


Comment pouvons nous vraiment guérir ?

On peut se poser la question de savoir quel est le point d’efficacité commun à toutes les démarches que nous venons d’énumérer, et y répondre assez facilement. Au-delà de toutes les techniques et approches particulières, ce qui fait du bien, c’est que l’on nous adresse la parole, que l’on dise du bien de nous, que l’on nous encourage, que l’on nous accepte comme nous sommes, que l’on nous tienne la main pour les « passages » difficiles, en un mot, c’est que l’on nous aime de manière sensible, en nous touchant par le regard, par la main, par la parole. L’anthropologie chrétienne nous aide à comprendre pourquoi.

Croyant nous séparer de Dieu, du Principe Créateur, en nous incarnant, donc en naissant, nous sommes blessés par nature, blessés de manque d’amour, du manque de l’amour infini et absolu que nous habitions et qui nous habitait. Nous cherchons inexorablement à combler ce manque par tous les moyens, et de ce point de vue, il est clair que nous sommes tous frères et sœurs. D’ailleurs, c’est de cette souffrance commune que jaillit notre espérance en un monde d’amour et de paix, ainsi que notre motivation à abandonner progressivement tout ce qui est faux, erroné, ou mensonger, autrement dit à dégonfler cet encombrant ballon de notre faux-moi, de nos mécanismes de défense, de notre ego, afin de retrouver ce pur joyau d’amour et de joie qui constitue notre vraie nature.

Comme nous l’avons vu au paragraphe précédent, nous pouvons choisir entre différents niveaux de guérison. Nous pouvons penser et expérimenter qu’il est bon de guérir de troubles ou maladies somatiques ; nous pouvons penser et expérimenter qu’il est bon également de guérir de nos différentes blessures psychiques et affectives. Ainsi, guérir du corps malade peut impliquer de s’occuper des causes profondes, psychologiques et spirituelles de la maladie, de faire un décodage biologique, d’identifier les blocages énergétiques qui provoquent la tension, l’inflammation, l’infection, la douleur, et parfois la lésion, la tumeur bénigne ou maligne. Guérir de troubles psychiques, du plus banal au plus grave, implique d’apprendre à reconnaître nos peurs, nos croyances limitantes, nos dysfonctionnements, nos schémas comportementaux pathogènes ou auto-destructeurs.

Mais nous pouvons nous heurter douloureusement à l’impuissance de guérir définitivement par des voies humaines toutes ces blessures somatiques et psycho-affectives, parce que nous sommes impuissants à guérir seuls de la blessure qui sous-tend toutes les autres, le sentiment de séparativité, ou sentiment d’être séparés de l’amour. Guérir véritablement, c’est retrouver l’unité, l’union avec Dieu, l’union avec l’Amour, que l’on soit seul ou pas. Quelques exemples.

Guérir vraiment de l’amour passionnel-fusionnel sur le plan humain, c’est apprendre à continuer à aimer dans la séparation. C’est guérir un minimum du fantasme de séparativité et de l’abandon, pour pouvoir s’unir et s’allier au lieu de se fondre et de se con-fondre. C’est préférer la com-union à la con-fusion.

Guérir, c’est aussi apprendre à goûter, toucher, sentir, Dieu, qui est la Vie, qui est l’Univers, qui est la Création toute entière. Notre sensorialité n’est autre que le cadeau du Créateur pour que nous puissions nous unir à lui en le touchant physiquement, puisque nous sommes des êtres matériels et physiques. Tous les sens se rapportent au toucher : quand je goûte, je touche avec ma langue ; quand je sens, je suis touché dans mon odorat par l’air qui véhicule les odeurs et les divers parfums ; quand j’entends, je suis touché dans mes oreilles par l’onde sonore, par la vibration aérienne ; quand je vois, je suis touché dans mes yeux par l’onde lumineuse ; quand je sens sur le plan subtil, je suis touché dans mon intuition par des informations…

Guérir d’une sexualité insatisfaisante implique de passer de la sensualité à une sensorialité sous-tendue par l’amour et le désir de se donner. En effet, la sensualité est-elle autre chose qu’une sensorialité pervertie par le désir de posséder l’autre, de ressentir pour soi, d’avoir quelque chose pour soi, en quelque sorte de garder la distance par rapport à l’autre, au lieu du désir véritable de donner et de se donner.

Guérir de la culpabilité, c’est pardonner et se pardonner. C’est se réconcilier, donc encore se ré-unir.

Guérir, c’est passer de l’homme psychique, qui vit dans une dépendance affective aliénante, à l’homme spirituel, qui vit dans la dépendance d’amour, qui est libérante. C’est passer de la fusion humaine à la communion divine, car seul l’amour peut guérir la blessure de manque d’amour.

    
Guérir est une Décision
    
Quel que soit le domaine dans lequel nous souhaitons guérir, il semble bien que le résultat dépende surtout d’une décision existentielle majeure, celle de vouloir vivre heureux à tout prix, donc de guérir du malheur. Le mal-heur, c’est de vivre à la mauvaise heure, c’est-à-dire dans les douleurs ou les regrets du passé, ou dans les angoisses et projections dans le futur. Le bon-heur, c’est vivre à la bonne-heure ; et il n’y a qu’une seule heure qui soit bonne, c’est ici et maintenant, dans le présent, dans la présence à soi-même, dans la présence à l’autre, en présence de la Relation, donc en présence du Tout-Autre. Cela n’est-il pas une définition possible de l’Amour ? En français, le présent n’est-il pas un cadeau ?

Notre naissance est une métaphore de nos devenirs parce qu’elle concentre toutes les dynamiques de la mort et de la renaissance psychocorporelle et spirituelle. Elle représente l’archétype de toutes les situations de crises et de transformations majeures que nous aurons à subir au cours de notre existence. Elle nous montre si nous sommes présents à ce qui se passe, comment nous choisissons, subissons, ou refusons la réalité présente, et nous montre comment nous pouvons être heureux ou malheureux. Ainsi, notre naissance nous montre comment nous engager dans un chemin, dans une voie de guérison, et nous montre en même temps qu’elle nous a blessés. Le message est donc relativement clair : nous avons cette effrayante et enivrante liberté de choisir ou de refuser l’expérience blessante qui nous est proposée ; mais si nous l’acceptons, nous apprendrons à la transformer de manière créative. Un petit exemple récent : une femme de 65 ans m’a raconté son histoire de naissance, travail très long et très difficile, ayant fortement imprimé ses dynamiques psychiques ; ainsi, claustrophobie maladive, agoraphobie, toutes ses peurs d’être coincée dans ses relations affectives, ses fuites et refus de s’engager…Que fait-elle maintenant ? Elle entre en contact télépathique avec les victimes de tremblements de terre isolées et coincées sous les décombres, elle prie pour eux, les encourage à tenir jusqu’à l’arrivée des secours… Comme le dit souvent Ephraïm, « Là où est ta blessure se trouve aussi ta rédemption ».

Seule la volonté déterminée de guérir, associée à une foi aveugle dans la guérison, permet de guérir, que ce soit au niveau physique, psychique, ou spirituel. La première étape de tout processus de guérison passe obligatoirement par la motivation à changer.


Guérir, qu’est-ce que çà coûte ?
    

Vouloir guérir à tout prix signifie qu’en effet, il y a un prix à payer : il s’agira, en connaissance de cause, en pleine conscience, de dégonfler progressivement notre ego, ou faux-moi, de renoncer à nos mécanismes de défense, qui, pour avoir été utiles en leur temps en nous protégeant d’agressions extérieures, ont aussi pour inconvénient de nous éloigner de nous mêmes et les uns des autres. Pour aller voir au-delà, il faudra cesser de se protéger, de se mettre à l’abri, accepter de devenir sensible et vulnérable, car c’est la nature de l’amour de ne rien forcer. Il faudra décider que la vie vaut la peine d’être vécue, avec ou sans ego. La guérison psychospirituelle vient dès qu’il nous est possible de ne plus nous identifier à notre faux-moi, à notre ego.

Pour cela il faudra vouloir croire que la blessure de séparation est illusion. Et cette volonté est déjà véritablement soulageante. Mais la guérison ne viendra vraiment qu’à travers l’expérience tangible que Dieu est là, dans notre cœur, bien au chaud, priant pour que nous voulions de son amour, donc de la vie qu’il nous donne, et pour que nous l’aimions.

Je cite Ephraïm, à peu de choses près : « Notre âme psychique est tellement insatisfaite de la vie que le monde nous propose, que ce soit au niveau culturel, dans le monde du travail, ou dans celui des loisirs, qu’il y a lieu de nous demander si au moins notre vie affective nous comble, et si ce n’est pas le cas, si notre vie spirituelle nous fait expérimenter le bonheur…/… nous devons nous rendre compte que la vie nous demande bien plus que d’être les acteurs de notre propre guérison psychique ou somatique, et nous propose sur le plan spirituel bien plus que d’être simplement des fidèles qui cherchent l'accomplissement le plus parfait possible d'un devoir religieux, et bien plus que d’être des adeptes, ou des disciples, éternels chercheurs de vérité sur ce chemin spirituel. La vie nous demande d’entrer véritablement dans le mystère de la relation à Dieu et à la création, c’est-à-dire d’entrer dans la vie mystique. Il y a donc un grand pas entre vie religieuse et vie spirituelle, et un pas plus grand encore entre vie spirituelle et vie mystique.

La vie religieuse consiste à satisfaire à des devoirs, à observer des règles ; la vie spirituelle ouvre sur une autre dimension de l'être, comme si l'âme cherchait sa respiration ; mais dans ces deux démarches, c'est toujours soi-même que l'on recherche, et c’est toujours l’ego qui tient les rênes. Dans la vie mystique, par contre, on accepte de se laisser envahir par la Présence du Ciel, et on la laisse nous diriger. L'important, ce n'est plus nous-même, mais ce Tout Autre qui est Dieu, et c’est seulement là que nous pouvons être comblés. Et que pouvons-nous apporter d’intéressant aux autres si nous ne sommes pas joyeux, témoins d'un miracle insigne, d'un événement étonnant, de la Présence de Dieu dans nos vies ? ». 

La guérison psychospirituelle concerne donc ceux qui éprouvent la nécessité de savoir vraiment qui ils sont – corps, âme, Esprit- , qui se sentent prêts à se confronter à leur corps de plaisir et de souffrance, à leur inconscient, à l’inconscient collectif, à leurs blessures les plus profondes, donc à la séparation, à l’abandon, au manque d’amour, et qui veulent simplifier leur existence - leur manière d’être au monde - par des voies empiriques et non-intellectuelles, et qui sont prêts à s’abandonner, à lâcher-prise véritablement.
    
Guérir, c’est donc aussi guérir du besoin « religieux » (des règles qui enferment l’être et le contiennent par leurs exigences…), et guérir du besoin « spirituel » (de l’ascèse, de l’ermitage…), pour accéder à la vie mystique, pour entrer dans le mystère de l’existence. Ce qui est mystérieux ne se comprend pas. « Quand les gens parlent de leur vie spirituelle, ils parlent souvent de ce qu’ils ont compris de la vie spirituelle avec leur intelligence. Mais Dieu ne se comprend pas avec l’intelligence, Dieu se goûte et se touche à travers nos cinq sens ( et les autres, à découvrir…). Mais celui qui ne « goûte » pas Dieu avec ses cinq sens ne le connaît pas, ni ne peut en parler. La vie mystique, c’est toucher Dieu, c’est le toucher divin « de substance à substance ». C’est être informé de ce qu’est Dieu par les dons du Saint-Esprit. Celui qui « goûte », touche, et se laisse toucher par Dieu, celui-là connaît Dieu, et pourrait en parler, mais il n’en éprouve pas le besoin. Grégoire le Sinaïte disait : « Considère que la connaissance de la Vérité est avant tout la sensation de la Grâce ». 

    
Différents modes de guérison   

Habituellement, la guérison psychosomatique et spirituelle semble se faire de cinq manières différentes. Guérison totale  : elle est immédiate, évidente, et définitive. Guérison progressive : le processus amorcé continue dans les jours, semaines, et mois, qui suivent. Il faut savoir rester vigilant par rapport aux doutes qui assiègent le mental, et faire confiance, quoiqu’il arrive. La foi dans le processus de guérison est la clé. Guérison retardée, ou différée  : rien ne semble avoir change, mais le processus est actif, quoique non conscient. Si on coupe à la racine un vieux lierre qui pousse depuis des années, a fortiori des décennies, et qui menace de détruire un beau chêne, ses feuilles continuent de vivre comme si rien ne s’était passé, pendant des jours, voire des semaines. Pourtant, ses racines sont bien coupées! C’est seulement après un certain temps que les feuilles finissent par mourir, et montrent l’efficacité de la taille. La guérison ne devient évidente qu’après une période plus ou moins longue, et d’autant plus longue que le mal est ancien. Dans ce cas, non seulement le doute peut détruire tout l’espoir mis dans la thérapie, mais l’habitude de la pathologie peut voiler la prise de conscience du changement. Donc, vigilance, et confiance resteront les maîtres mots. Guérison partielle : la libération est incomplète. Peut-être faut-il apprendre à vivre ainsi pendant un certain temps, et accepter la nécessité de continuer la thérapie. Un simple changement de perception de la situation est peut-être suffisant pour le moment. Guérison temporaire : le problème qui semblait réglé ressurgit. C’est une invitation à la patience, à l’acceptation du temps qui passe, à l’acceptation de la précarité de la vie, et parfois la conséquence du doute.

    
Guérir, c’est s’engager à aimer
    
Les différentes voies décrites se résument dans la volonté persévérante d’être vraiment heureux, qui reste le choix majeur de toute notre existence. Notre capacité au bonheur n’est pas liée à la quantité d’épreuves douloureuses que nous avons vécues ou que nous expérimentons aujourd’hui, mais aux décisions et aux choix que nous posons face à ces difficultés.

Guérir, c’est se prendre en charge, devenir totalement responsable de soi-même, corriger les errements de toutes sortes ayant conduit à la pathologie. Cela exige patience et confiance, et une foi inébranlable dans le processus de « guérison » du corps et de la psyché.

Guérir, c’est aussi découvrir que l’être humain abrite au plus profond de son cœur la mémoire ontologique de sa divinité. C’est aussi s’abandonner à plus grand que soi, accepter d’être vulnérable, avec la confiance d’un tout-petit enfant.

Guérir, c’est adhérer à ce qui est, adhérer au « paquet » qui nous est confié. Accepter que ce soit du marbre ou de l’argile. Le marbre ne permet pas de faire des bols, ni l’argile de construire des marches d’escalier. Notre liberté, c’est de désirer ou de refuser ce qui nous est imposé, notre matière, notre nature, notre héritage. C’est la liberté de nous donner un sens vers le beau et le meilleur pour nous et pour les autres. C’est vouloir de la vie, ou n’en pas vouloir. C’est même désirer ce qui nous est imposé, s’ouvrir à la réalité, aimer ce qui est, au lieu de désirer ce qui n’est pas. C’est commencer la vie dans une inspiration douloureuse, respirer profondément dans la réalité, puis mourir dans une expiration paisible. C’est braver avec courage notre peur ancestrale de la folie et de la mort, en utilisant comme arme, la plus simple, la plus vieille, la plus utile, et la plus difficile à manier qui soit : la persévérance dans la confiance.

Pour conclure et recadrer précisément où se situe la guérison essentielle, je laisserai la parole à Mère Térésa : « La plus grave des maladies n’est pas la tuberculose, ni le cancer, ni le SIDA, mais tout simplement le fait de se sentir seul et indésirable ». Être guéri, c’est être heureux seul avec Dieu, et au milieu des autres.


Pour en savoir plus, vous pouvez lire " La respiration holotropique " de Patrick  Baudin (Ed. Médicis), et " Pour une Psychologie du Futur " de S. Grof (Ed. Dervy).

http://holotropique.free.fr/respiholo.htm

samedi 24 janvier 2015

"LE CERVEAU, THEORIE DE L'EVEIL"


Carl Gustav Jung

Il naquit en 1875 et fut le disciple et ami de Sigmund Freud.
Au lieu de considérer la spiritualité et la religion comme des évasions par rapport à la santé mentale il admit, en effectuant une synthèse de traduction religieuse de l’Orient et de l’Occident, une présence divine qui donnait un sens à la vie.

Pour Jung, en Occident on est porté à chercher à l’extérieur de soi-même une présence divine dispensatrice de grâce alors qu’en Orient, on insiste sur l’universalité, l’intemporalité et la vie intérieure.
Il a observé que l’homme oublie trop facilement la tâche qui consiste à s’autoréaliser. Il est souvent bien commode d’éviter ce qui comporte le plus de sens pour nous en tant qu’être humain et de prendre le chemin de la moindre résistance. Le chemin qui mène au sens et à la réalisation de soi, Jung l’a appelé le « processus » d’individuation ».

Ce processus comporte deux phases :

– la première est en relation avec le développement de la « personna » qui est un masque ou une série de masques que nous portons dans la vie. Cette première phase passe à travers tous les défis rencontrés entre la puberté et l’âge de quarante ans. Cette période regorge de choix de vie opposés : la liberté ou l’engagement, le besoin de solitude ou l’intimité, pour n’en nommer que quelques uns. Cette phase alterne entre introversion et extraversion.

– la seconde phase, qui généralement commence vers quarante ans, apporte l’occasion de découvrir un sens plus profond et plus personnel à sa vie.
Cette phase comporte deux démarches :

– devenir de plus en plus conscients de ces aspects de nous-mêmes que nous avions laissés de côté: quelle que soit la crainte que nous inspire cette entreprise, nos aspects cachés ont un cadeau magnifique à nous offrir.

– la quête de l’intégralité. Ayant reconnu nos parties cachées, nous devons les accueillir et les intégrer. Elles nous enrichissent et nous font découvrir que le sens de la vie vient de la réalisation de l’unicité et de l’individualité.

Bibliographie:

« L’Homme à la découverte de son âme » de Carl Jung

Toute la vie humaine est le reflet du passage de l’ego à l’âme (ou du psychologique au spirituel)
 

L’ultime but de la vie est de vous permettre de découvrir qui vous êtes vraiment. Vous avez pris une forme physique pour réaliser cet objectif, pour découvrir par vous-même que vous êtes un être spirituel.
Vous découvrez qu’en réalité, tout est spirituel et que les étiquettes que vous attribuez aux différentes maladies et aux conflits psychologiques ne sont que des termes différents qui parlent tous du seul processus en cours : celui de l’éveil de la conscience.
La maladie est une forme de malaise localisé qui a été engendré à un moment de l’existence par la dénégation, la culpabilité, le jugement, la honte, l’autocritique et le manque d’amour. Elle est aussi liée à un réflexe biologique de survie qui est à mettre en relation avec la conscience primale de la vie, tant végétale, qu’animale ou humaine.

La maladie est un cri de l’âme qui attend d’être entendu et replacé dans son juste contexte


La maladie est intimement liée à l’éveil spirituel lorsque celui-ci ne peut se faire dans des conditions harmonieuses. C’est un des moyens qu’utilise le corps pour « rectifier la trajectoire » lorsque celle-ci s’éloigne de notre être véritable. Lorsqu’une guérison se produit, la peur devient lumière, une nouvelle orientation est donnée au corps et la santé se rétablit. Mais il est bien entendu qu’il n’est pas obligatoire de passer par cette expérience de la maladie pour y arriver.
L’éveil spirituel peut être favorisé par la compréhension du processus psychologique de l’être humain qui, observé sous cet angle, globalise et réunit toutes les données.
Une science récente, la psychobiologie, résume tout le périple de la conscience humaine comme le passage de l’homme animal à l’homme Dieu.
Vous trouverez ci-après, le tableau et l’explication de cette synthèse qui permet de situer plus justement l’homme dans son chemin de vie.





Le cercle symbolise la vie humaine.
Il est divisé en quartiers qui représentent les quatre grandes étapes psychologiques (ou spirituelles) à franchir pour permettre le passage du Moi au Soi, ou de l’ego à la conscience de l’âme, ou encore, de l’homme-animal à l’homme-Dieu.
Chaque quart se divise encore en trois roues qui concernent les étapes d’entrée, d’installation et de sortie nécessaires pour le passage d’un quart à un autre.





Le premier quart supérieur gauche (1) représente la création de l’ego. Il débute par l’entrée dans la vie du fœtus dans le ventre maternel.
Le fœtus vit en symbiose avec sa mère. Lui ou sa maman, c’est pareil. Il ressent ce qu’elle ressent, il vit ses joies et ses peines. Il vit dans la conscience subconsciente. Cette période est représentée par la première roue (entrée) dans le premier quart.

A la naissance, il quitte cette union et connaît la séparation. Ses pleurs et ses cris sont la manifestation de son travail de deuil et de sa souffrance de cette séparation.
Au fil des mois, en même temps qu’il découvre son corps, il va réaliser qu’il n’est pas sa mère et que sa mère n’est pas lui. Le nourrisson fait alors une sorte de dépression qui se manifeste par le fait que chaque fois qu’il est en présence de quelqu’un d’étranger à sa mère, il pleure ou il se cache.
Vers un an, l’enfant réalise qu’il y a sa mère, les autres et lui. C’est cette séparation qui donne l’identité de l’enfant. Ainsi naît le Moi, au niveau psychologique.
Cette période (entre un an et trois ans) correspond à l’installation dans la conscience sociale. (voir 2ème roue du premier quart supérieur gauche)

Ce petit Moi va chercher des solutions pour ne pas souffrir dans la vie de tous les jours de ses frustrations et de ses manques. C’est là qu’il va installer ses propres programmes de survie suivant les événements qu’il rencontrera et ses réactions premières vis-à-vis de ceux-ci. Souvent, la première expérience consciente est déterminante et sera l’objet de référence pour les situations ultérieures qui verront se répéter les mêmes schémas comportementaux. Il va se forger ses défenses en prenant conscience du pouvoir qu’ont ses « oui » et ses « non ». (Conscience du petit moi ou de l’ego).
A ce stade, l’ADN est porteur de toutes les informations relatives à la survie, à la douleur, à la souffrance et au pouvoir de l’ego.
La création de l’ego est un processus naturel et obligatoire sur le chemin de la prise de conscience du Soi. Il est une aide qui, normalement, dès l’âge de sept ans, devrait aider l’enfant à se repérer dans la vie.
Mais dans la réalité, il en va tout autrement.
C’est durant cette période, (entre trois et sept ans) qu’il va adopter les comportements qu’on lui apprend. C’est là qu’une faille se creuse entre ses émotions vraies et ses émotions fausses, entre ce qu’il « aurait dû ressentir » et ce qu’il ressent effectivement. Les comportements appris avant qu’ils ne soient désirés par l’enfant prennent la place de ses sentiments véritables. Le processus est subtil car il est lié à « la bonne éducation » que veulent lui donner ses parents et la société pour « son bien ».
Un « faux moi » prend la place de son identité et éteint tous ses véritables repères.
Exprimer sa joie ou sa tristesse, sa colère ou sa désapprobation, donner ou conserver pour soi devient pour l’enfant un choix impossible à faire tant il est conditionné par ce qu’on attend de lui et ce qu’on lui a inculqué.
C’est là que le niveau de la sensation à votre véritable identité a été détruit

L’être humain est soumis aux lois et aux règles de la société qu’il s’est créé et qui vont, le plus souvent, à l’encontre des deux seules lois auxquelles répond l’âme et qui sont la liberté et l’auto-responsabilité.
C’est ce qui permet l’installation « des masques ».(voir 3ème roue du premier quart supérieur gauche)

A partir de là, l’enfant va vivre avec ce comportement appris non désiré qu’il a intégré à son identité jusqu’à l’inévitable « crise de l’adolescence » ou son âme, à la recherche de l’unité perdue, va le pousser à se différencier de ses parents pour trouver son propre centre. (Voir 1ère roue du second quart supérieur droit)



Il va passer ensuite par un travail d’organisation et de socialisation et la rencontre de l’autre sexe.
Si toutes les étapes de ce processus de maturation psychologique se sont bien passées, l’homme ou la femme est devenu capable d’un amour altruiste.
Mais là aussi, les déviations de la société, de l’enseignement, de l’éducation font que rares sont « adultes » ceux qui arrivent à l’âge adulte. La plupart du temps, ils en sont encore à se débattre avec un émotionnel resté accroché à l’âge de la petite enfance et avec un ego qui cherche désespérément à combler ses besoins.
Normalement, l’âge adulte devrait conduire à la découverte des masques (voir 2ème roue du 2ème quart) et à sa conséquence directe : le désir de libération du comportement appris non désiré (3ème roue du 2ème quart).

Ce désir de libération du comportement appris non désiré va amener l’être humain à rencontrer son « ombre », c’est-à-dire, reconnaître toutes les parties de lui qui n’ont jamais pu s’exprimer. C’est là qu’il doit arriver à ne plus se juger, à comprendre que tout est juste. Il rencontrera la peur de la perte des valeurs qui le soutiennent, la révolte et enfin l’acceptation de ce qui est. (voir 1ère roue du 3ème quart inférieur droit)





N.B. Le cancer apporte souvent avec lui cette remise en question brutale. La résolution des conflits qui en sont la cause et la mise en conscience du processus de conscience qui est en train de s’opérer, conduit le plus souvent à sa guérison.
Il n’est, bien évidemment, pas nécessaire d’avoir recours au cancer ou à la maladie pour réaliser cette étape; le cancer ou la maladie est un moyen qu’a choisi la personne dans le cadre de ses croyances et de ses limitations pour atteindre cet état de conscience. (Une des croyances les plus répandues est que l’évolution passe par la souffrance et la maladie.)

La découverte du « compagnon » (terme qui désigne l’ego véritable) va lui permettre de mettre bas les masques (2ème roue du 3ème quart).

Il voit alors clairement qui il n’est pas mais il ne sait pas encore qui il est. Cette perte des repères de l’identité va le plonger dans la confusion. Il pourra avoir l’impression de « perdre la tête ». Son mental ne lui semblera plus d’aucun secours.
Mais ne faut-il pas se perdre pour se « retrouver » ? (3ème roue du 3ème quart)
 

Cette étape est cruciale car il y a le risque de confondre les symptômes de libération avec les symptômes de l’ancien état de souffrance. Des symptômes de guérison peuvent être interprétés comme des maladies alors que c’est le corps qui saisit l’occasion pour évacuer toutes les scories qu’il a accumulées depuis bien longtemps, pour éliminer ce qui n’est plus utile et pour réparer et restaurer ce qui doit l’être.

La recherche de l’unité, de l’amour infini ne peut être comblée tant que la dualité se manifeste en l’Être. Aussi, va-t-il inverser le processus. Plutôt que de chercher à l’extérieur la plénitude, il va la rechercher en lui-même. C’est le chemin de l’introversion, de la méditation. Il va mettre une distance entre les évènements extérieurs et sa perception, ce qui va empêcher les émotions de le submerger et de ressentir des émotions violentes face aux événements.
Un quatrième brin d’ADN est activé : il est porteur de toutes les informations concernant l’amour inconditionnel.
A ce stade, l’humain n’a réalisé qu’une partie de sa croissance. (Conscience de transmutation) (1ère roue du 4ème quart).





Cela va lui permettre de découvrir « l’Autre » qui l’habite, c’est-à-dire, son Être intérieur. Cette partie de lui libre et non soumise aux conditionnement social, aux habitudes, cette partie qui se suffit à elle-même et qui échappe à la dualité. Cette étape est celle de la supraconscience qui correspond à l’activation d’un cinquième brin d’ADN porteur des informations relatives au fait de s’exprimer et de vivre au-delà de la dualité. (2ème roue du 4ème quart)

Après le chemin de l’introversion, il va prendre le chemin de la croissance spirituelle qui se fait au dehors, dans la relation à l’autre car il a désormais compris que l’Autre, c’est lui. La sympathie devient empathie, la communication communion.
Sa relation avec Dieu va être radicalement changée car elle est la découverte de la dimension divine en l’homme. (Hyper conscience)
Un sixième brin d’ADN est activé avec toutes les informations relatives aux facultés de précognition du subconscient. ( 3ème roue du 4ème quart)

Commence alors une nouvelle spirale qui accueille un humain « guérit » de ses souffrances psychologiques, parfaitement libre et lucide du monde qui l’entoure et qui peut désormais œuvrer, en possession de sa pleine puissance.

C’est en vivant dans le monde dans l’état d’hyper conscience, que l’être humain atteint ensuite l’illumination et la réalisation pour vivre l’ascension.

Pour conclure, nous pouvons dire qu’il existe une médecine d’urgence et une psychologie d’urgence qui servent à soutenir le petit « Moi » dans ses moments de fragilité, qui servent à réparer les traumatisme physiques, affectifs et psychologiques. Mais la véritable médecine et la psychologie de demain s’adresseront ensuite au Soi pour l’aider à reprendre sa place dans l’évolution humaine.


https://hyperconscience.wordpress.com/category/theorie-de-leveil/

samedi 10 janvier 2015

"LES MYSTERES DU CERVEAU: LES POSSIBILITES DE LA NEUROPLASTICITE"


Alors que l'on pensait encore il y a quelques temps que le cerveau était une machine figée et précablée, les scientifiques se sont rendus compte, relativement récemment, qu'ils étaient en fait totalement dans l'erreur.

En effet, nous savons désormais que cet organe évolue tout au long de la vie et que même lorsque des dommages lui sont faits, il est capable de compenser les effets négatifs engendrés par ces derniers dans certains cas.
Cette découverte permit aux médecins et autres professionnels de la santé de ne plus considérer certains handicaps comme irrémédiables.

L'une des techniques qui découla de cette avancée fut la « substitution sensorielle ». Grâce à cette dernière, il est possible de compenser un sens manquant en acheminant le signal vers une zone traitant un autre sens.


Ainsi, il est possible d'une certaine manière de rendre la vue à un aveugle en faisant correspondre un stimulus visuel avec un traitement tactile. Ces personnes deviennent alors capables de voir littéralement leur environnement grâce à des images reconstruites dans leur mental.
En d'autres termes, certaines parties du cerveau que l'on pensait jusqu'alors exclusives peuvent se réorganiser afin de traiter l'information dans une autre zone.

Un autre exemple, que vous pourrez voir au sein de ce reportage, est celui d'une femme qui a perdu son sens de l'équilibre du jour au lendemain de façon, à priori, irréversible.
Pourtant, des chercheurs ont réussi à inventer un appareil lui envoyant des signaux tactiles au niveau de sa langue. Ceux-ci sont transmis à la zone cérébrale responsable du sens du toucher qui les transmet à son tour vers la zone contrôlant l'équilibre en utilisant des connexions jusque-là peu usitées.


Au fil des expérimentations, les chercheurs se sont rendu compte que l'effet persistant de l'appareillage après son extraction était cumulatif d'une séance à l'autre. Ils ont donc compris qu'il s'agissait en fait, dans ce cas, d'une simple rééducation et non juste une substitution sensorielle.

Mais les possibilités de la neuroplasticité ne s'arrêtent pas seulement au niveau sensoriel. En effet, il est également possible de combattre certaines déficiences cognitives en stimulant la partie du cerveau responsable de la fonction déficiente à l'aide d'exercices spécifiques. De cette manière, l'organe développe de nouvelles connexions et améliore la conductivité du signal.


Ceci est également valable pour des personnes ne présentant pas de déficits, mais qui souhaitent améliorer leurs compétences. Ceci prend d'ailleurs tout son sens pour lutter contre le vieillissement normal.

Ce constat a été largement adaptée au niveau neuropsychologique. Par exemple, on s'est rendu compte qu'après un traitement chimiothérapique, de légers troubles cognitifs pouvaient apparaître. Cet effet secondaire appelé « chemobrain » est aujourd'hui connu et on arrive à en limiter les effets grâce à des ateliers permettant de stimuler les fonctions cognitives.

Par ailleurs, certains déficits entrainés par un AVC peuvent également être compensés. C'est ainsi qu'une thérapie appelée « mouvement induit par la contrainte » a vu le jour. Celle-ci consiste à stimuler la partie du corps paralysée en immobilisant la partie valide. Cette technique portant le nom de modelage fonctionnel permet de faire prendre en charge les fonctions perdues par de nouveaux neurones situés dans la partie « valide » du cerveau, grâce à un phénomène de compensation.


Cette méthode est bien sûr applicable à d'autres pathologies cérébrales.


Pour autant, la plasticité cérébrale n'est pas forcément bonne dans tous les cas. En effet, la routine de nos actes cognitifs et moteurs, et donc l'utilisation des mêmes réseaux neuronaux, nous permet d'effectuer avec plus d'aisance ceux-ci. Par ailleurs, certains chercheurs soupçonnent même qu'une hyperplasticité cérébrale pourrait être la cause de certains spectres autistiques.


Dans un autre registre, la neuroplasticité est également responsable de la douleur que ressentent certains amputés via le phénomène connu sous le nom de « membre fantôme ».

Encore plus troublant, il semblerait que le simple fait de penser modifie notre cerveau. C'est en tout cas la conclusion à laquelle sont arrivés certains chercheurs qui ont constaté que les mêmes zones cérébrales étaient activées lorsqu'un sujet faisait une action de façon concrète ou par la pensée.
Ainsi, en suivant ce constat, le cerveau changerait à chaque pensée que nous émettrions !

Pour conclure, la plasticité cérébrale semble avoir peu de limites, comme vous pourrez le voir au travers du cas d'une jeune fille qui naquit avec un seul hémisphère cérébrale qui finalement réussit à porter en lui les fonctions qui étaient normalement destinées à celui manquant.


Pour autant, le domaine de la neuroplasticité est encore jeune, et nul doute que le futur nous réserve des découvertes encore bien plus incroyables...




Les étonnants pouvoirs de transformation du... par enfant-du-big-bang


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